> Poèmes d’Ewa Lipska choisis par Isabelle Macor-Filarska

Poèmes d’Ewa Lipska choisis par Isabelle Macor-Filarska

Par |2018-12-11T07:55:37+00:00 15 mars 2014|Catégories : Blog|

 

 

Extraits du recueil Chère madame Schubert /​ Droga Pani Schubert
Traduction Isabelle Macor-Filarska avec la collaboration d’Irena Gudaniec-Barbier

 

 

Labyrinthe

 

Chère Madame Schubert, je vous salue depuis le Labyrinthe, ville d’eau poly­sé­mique qui m’induit en erreur. Je cherche les sources brû­lantes de notre amour, les fon­taines de nos paroles miné­rales, les heures de cure à deux. Je me perds dans l’entrelacs des sou­ve­nirs, aux car­re­fours des che­mins ; je tombe dans le piège de la géo­mé­trie. Je m’emmêle dans les câbles du calen­drier. Tout ce qui nous a aimés, chère Madame Schubert, est désor­mais sans issue.

 

Traduction : Isabelle Macor-Filarska
avec la col­la­bo­ra­tion d’Irena Gudaniec-Barbier

 

 

Labirynt

 

Droga pani Schubert, poz­dra­wiam panią z Labiryntu, wie­loz­nacz­ne­go uzdro­wis­ka, które wpro­wad­za mnie w błąd. Szukam gorą­cych źró­deł nas­zej miłoś­ci, pijal­ni mine­ral­nych słów, lecz­nic­zych god­zin we dwoje. Gubię się w krę­tych wspom­nie­niach, krzyżu­ją­cych się dro­gach ; wpa­dam w pułapkę geo­me­trii. Plączę się w kablach dat. Wszystko, co nas kochało, dro­ga pani Schubert, nie ma już wyjś­cia.

 

— —  — —

Le héros du roman

 

Chère Madame Schubert,  le héros de mon roman trans­porte une malle. Dans la malle il a sa mère, ses sœurs, la famille, la guerre et la mort.  Je ne peux rien pour lui. Il traîne cette malle tout au long de deux cent cin­quante pages. Il tombe de fatigue. Et quand enfin il sort du roman, on le dépouille de tous ses biens. Il perd sa mère, ses sœurs, sa famille, la guerre, la mort. Sur les espaces de dia­logue inter­net on écrit que c’est ce qu’il mérite. C’est peut-être un Juif ou bien un nain ? Les témoins assurent qu’ils ne diront rien sur le sujet.

 

Traduction : Isabelle Macor-Filarska
avec la col­la­bo­ra­tion d’Irena Gudaniec-Barbier

 

 

Bohater powieś­ci

 

Droga pani Schubert, boha­ter mojej powieś­ci dźwi­ga kufer. W kufrze ma matkę, sios­try, rod­zinę, wojnę, śmierć. Nie jes­tem w sta­nie mu pomóc. Wlecze ten kufer przez dwieś­cie pięćd­zie­siąt stron. Opada z sił. I kie­dy wresz­cie wychod­zi z powieś­ci, zos­taje ze wszyst­kie­go okrad­zio­ny. Traci matkę, sio­try, rod­zinę, wojnę, śmierć. Na forum inter­ne­towym piszą, że dobrze mu tak. Może jest Żydem albo karłem ? Świadkowie twierdzą, że bedą milc­zeć na ten temat.

— —  — —

 

La langue

 

Chère Madame Schubert, je vous écris en polo­nais. C’est une langue étrange. Elle colle au palais. Il faut sans cesse la tra­duire en d’autres langues. Parfois son par­fum est lourd et a le goût d’une mou­tarde sans piquant. Il arrive qu’elle s’emballe dans une his­toire d’amour. Vous vous sou­ve­nez de ce ver­tige lexi­cal tan­dis que nous cou­rions sur la plage – la pluie lavait les restes des pro­pos de nos lèvres ?

 

Traduction : Isabelle Macor-Filarska
avec la col­la­bo­ra­tion d’Irena Gudaniec-Barbier

 

 

Język

 

Droga pani Schubert, piszę do pani w języ­ku pols­kim. To dziw­ny język. Przykleja się do pod­nie­bie­nia. Trzeba go stale tłu­mac­zyć na języ­ki obce. Ma cza­sa­mi tępy zapach i sma­kuje jak apa­tycz­na musz­tar­da. Bywa, że roz­krę­ca się w miłoś­ci. Pamięta pani ten lek­sy­kal­ny zawrót głowy, kie­dy bie­gliś­my przez plażę, a deszcz zmy­wał nam reszt­ki mowy z ust ?  

— —  — —

 

Extraits du recueil : Rumeur du temps/​Poglos

 

Traduit par Isabelle Macor-Filarska
avec la col­la­bo­ra­tion d’Irena Gudaniec-Barbier

 

JE DIS A MON PAYS

 

Je dis à mon pays :
pars
démé­nage
Sois un étran­ger
l’espace d’un ins­tant.
Puis reviens
et habite en toi-même.
Réfléchis à tout ça
encore une fois. 
Attrape -toi
en vol.

 

Traduction : Isabelle Macor-Filarska
avec la col­la­bo­ra­tion d’Irena Gudaniec-Barbier

 

 

MÓWIĘ DO MOJEGO KRAJU

 

Mówię do moje­go kra­ju :
wypro­wadź się
wyjedź.
Bądź przez moment
cud­zo­ziem­cem.
Potem wróć
i zamiesz­kaj w sobie.
Przemyśl to wszyst­ko
jeszcze raz.
Schwytaj się
w locie.

 

 


DE TEMPS EN TEMPS

De temps en temps reviennent l’amour et
les nuits aveugles pen­dant les­quelles
nous n’avons plus que le tou­cher.

De temps en temps le même res­tau­rant d’hôtel.
Une table cou­verte d’un drap. Un souffle échap­pé
de l’au-delà sur le visage du gar­çon.

De temps en temps quelqu’un fouille les poches
de notre mort. Dans une peur
qui hurle comme un oiseau aux urgences.

De temps en temps on voit quelqu’un qui nous res­semble.
Dans le même res­tau­rant d’hôtel.
Avec le même bou­lier
qui lui ôte la rai­son.

Avec le même amour
qui paie une contra­ven­tion
pour avoir dépas­sé 
les mêmes éclairs.

 

Traduction : Isabelle Macor-Filarska
avec la col­la­bo­ra­tion d’Irena Gudaniec-Barbier

 

 

CO JAKIŚ CZAS

Co jakiś czas wra­ca miłość i
nie­wi­dome noce podc­zas któ­rych
może­my lic­zyć jedy­nie na dotyk.

Co jakiś czas ta sama hote­lo­wa res­tau­rac­ja.
Stół nakry­ty poś­cielą. Zbiegły z zaś­wiatów
oddech na twar­zy kel­ne­ra.

Co jakiś czas ktoś grze­bie w kies­ze­niach
nas­zej śmier­ci. W lęku któ­ry
drze się jak ptak na ostrym dyżurze.

Co jakiś czas ktoś podob­ny do nas.
W tej samej hote­lo­wej res­tau­rac­ji.
Z tym samym lic­zydłem które
ode­j­muje mu rozum.

I z tą samą miłoś­cią
któ­ra pła­ci man­dat
za prze­kroc­ze­nie
tych samych błys­ka­wic.

 

X