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Post-scriptum au sacré

Par |2018-11-19T02:40:22+00:00 24 novembre 2012|Catégories : Blog|

 

Le sacré s’était réfu­gié dans des poèmes qui se lisaient
          entre eux
Et pas­saient le mes­sage
À des peuples absents, veufs du sur­na­tu­rel.
« Les morts ont des oreilles », chu­cho­tait le papier
          gla­cé, ivre d’imprononcé
Au dor­meur des grands fonds tor­ré­fié à cœur par la
          cré­ma­tion de sa propre voix.
Le poème non lu parait au plus pres­sé,
S’aggravant de stri­dences, d’inversions en apnée des
     poé­sies per­dues,
Radeau de la Méduse char­gé de débris de sta­tues
Dont les mains sup­pliaient ou sup­pli­ciaient le ciel.
Chaque recueil consti­tuait le der­nier livre, et l’origine
          du pre­mier.
Orphée, tra­vailleur au noir sans cesse mena­cé de
          recon­duite à la fron­tière,
Chauffait en l’athanor l’image, la magie,
Seul ain­si qu’une ligne en bas de casse dans l’évangile
          de la nuit.
De zone en zone, par­mi les rides, les acides
De vastes remue­ments de para­boles annon­çaient la
          dis­til­la­tion finale de l’alchimiste.

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