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Pour Gilbert Lely

Par |2018-08-21T16:30:39+00:00 23 octobre 2014|Catégories : Blog|

 

1

Le ven­dan­geur plus grand que le monde
a fait tom­ber sur nous
une trop lourde grappe

Que de tré­sors per­dus
retrou­vés dans la forge des dieux

Sur la pas­se­relle du vide
pro­fane et sacré dansent
dans une déchi­rante clar­té

Visite ailée de la féli­ci­té
Demain la lumière
ruis­sel­le­ra à gros bouillons
sur le sillage brû­lant de l’aimé

 

 

                  
2

Retrouver le sens caché
des osse­ments de bois mort
sous la lune rousse
Trace de la che­nille
sur l’écorce d’un chêne creux
Fragments de pote­ries bri­sées
sous les lits de cal­caire
et de figues écra­sées
Savoir enfoui des rouges baies
Inconcevable enchaî­ne­ment
des phé­no­mènes

 

 

3

Carré magique en liesse
Joie buis­son­nante de l’éveil

Éclatante énigme réti­nienne
du migrant venu de nulle part
Je le retrouve à la lisière du jour
Lorsqu’il se fond
dans la splen­deur du monde
il sait que la mort
n’est plus un mys­tère

 

  

4

Une vapeur amou­reuse
émane des corps épris
sous l’aura des aman­diers
Loin des fron­dai­sons
l’esprit vole où il veut
Il rede­vient enfant
près de sa lumi­neuse ori­gine

De l’aube dorée du mil­lième matin
sur­gissent les fruits juteux du silence
O la simple queue plan­tée
jusqu’au noyau de la cerise

                    

 

5

Allongée sur une col­line
j’ai dor­mi par éclairs
en cette nuit d’orage
Rêve et réel s’étreignent
sur les crêtes du som­meil
De même
le poème jaillit par sac­cades 

Le rejoindre à la fron­tière
des ténèbres radieuses
La nuit a la forme
et toutes les cou­leurs de l’instant
Le pré­sent seul est l’or du temps

 

6

Des paroles fusent
étin­celles qui trans­fi­gurent
le silence des pierres
Derniers feux du soleil pourpre
sur les mon­tagnes de quartz
Miel sau­vage gouffres colombes
tur­quoises sur le tor­rent
Melon écla­té de stu­peur
Frelons incan­des­cents

 

                 
7

Quelques mots suf­fisent
aus­si bons que le pain d’antan
un souffle fra­ter­nel
un oiseau sur l’épaule
un veilleur émer­veillé
par les cieux sans âge
un fes­tin de sons liquides
une rémi­nis­cence de l’éden
Les formes mou­vantes qui nous vêtent
ne finissent plus de défer­ler

La grande vie inté­rieure
N’a ni dehors ni dedans

                                  
                 (inédit)

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