> PRIERES Suivi de DIRELLE (extraits)

PRIERES Suivi de DIRELLE (extraits)

Par | 2018-05-26T02:10:43+00:00 23 octobre 2013|Catégories : Blog|

 

           So I, with bosom-swell,
Make wit­ness here bet­ween the good and bad
That Love, as strong as Death, retrieves as well.

Elizabeth Barrett Browning
(Sonnets from the Portuguese)

 

PRIERES

(extraits)

 

C’est en pèle­rin
sans espoir
que je monte vers elle :

son énigme
vivante
qui me tente
sans cesse –

Mais jamais le mys­tère
ne sera
réso­lu

à por­tée de la main
sur
l’impossible hori­zon
de son rire
de joie

 

**********

 

Le par­fum de ses lèvres est celui de la terre inon­dée de la grâce, la fra­grance des fleurs en échange de ce monde,
Il est le vin de l’Amour dont s’enivre mon âme.

« Qu’elle me baise des bai­sers de sa bouche ! »

Les étoiles dans le ciel, et les pôles tour­noient sur leurs axes trem­blants comme le vin de ses lèvres me cha­vire le cœur.

 

*********

Elle sort de l’eau –
je sais bien –
comme Déesse des vagues sur les côtes de Chypre :

sur ses hanches mouillées
redo­rées
de lumière,

toute l’énigme de mer
des bap­têmes
nou­veaux –

se marie l’âme au corps

et se donne
à l’Esprit
la splen­deur                       de la chair
 

**********

 

Et dans le coeur
de l’amour –

cette étreinte de glace
où se fige le sang
et expire le mot
qui
se for­mait juste aux lèvres –

le néant essen­tiel
où se baigne
la lune :

dans les traînes du soir
qu’obombrent
les sen­tiers
lumi­neux de son coeur

 

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Il n’y a pas moindre doute :

Tu es tout l’univers,
et
dans les étoiles loin­taines des galaxies
vaga­bondes,
l’exubérance de la Vie que sus­citent tes yeux –

Je dois tour­ner tout autour
de ton coeur incen­dié
si tu t’absentes
de mes mains,
de mon corps,
de mon coeur exhaus­sé
par
la puis­sance de ton rire…

 

*********

 

Les eaux lentes et noires
d’où percent
les lotus …

N’est-elle pas ce lotus
que l’on tient
à la main,

le lo-
tus tout ouvert
sous les mains ado­rantes
des déesses
jumelles

dans la nuit qui mur­mure
du zodiaque
empor­té ?
 

**********

 

DIRELLE

(extraits)

 

Il ne sert à rien de dire – Et encore beau­coup plus :
on se perd en par­lant, on s’exile de soi-même.
Même si c’est néces­saire …

 

  (Poésie : ne serait-ce dès lors la parole qui pré­tend qu’elle nous dit quelque chose – sans pou­voir rien nous dire : le lan­gage du silence
où s’exprime le silence
de devoir se bri­ser ?)

 

**********

 

Une feuille qui balance
et
la crois­sance de sa tige :

vraie parole de poète.
 

**********

 

La Nature est poète – qui se fabrique sans cesse.

Ce qui va adve­nir en se for­çant à mon­ter à la lumière du soleil –

Et qui est tou­jours fémi­nin

 

 

 

 

 

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