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QUI S’EST PERDU NE RENTRE PAS

Par | 2018-06-25T21:16:40+00:00 22 septembre 2013|Catégories : Blog|

 

Si tu veux savoir où demeurent les fau­bourgs
de ta cité, et si tu te perds dans les voies rapides,
dans les champs inon­dés, dans les quar­tiers de fenêtres
fer­mées et dans les rues aux tra­vaux inache­vés, ferme les yeux,
ima­gine que tu es en hiver, sens les gouttes
de la pluie qui com­mence à tom­ber te mouiller
la tête, et oublie le lieu d'où tu viens. C'est
comme si ton abri était l'arrêt
d'un bus qui ne passe plus, ou
comme si, à tes côtés, les branches
de l'ombre de l'arbre agi­tée par le vent, étaient
des bras qui cherchent à t'attraper. Alors,
rien de ce dont tu as rêvé n'est devant toi,
et seul le mur sans fin qui longe la ligne de
train pour­ra te don­ner l'illusion
d'un che­min. Mais tu ne le suis pas ; le mieux
c'est que tu attendes la nuit et t'enfonces dedans,
à la recherche d'une lumière, d'un éclat per­du.

 

tra­duc­tion du por­tu­gais Béatrice Bonneville et Yves Humann

 

QUEM SE PERDEU NÃO REGRESSE

 

Se qui­seres saber onde ficam os arre­dores
da tua cidade, e se te per­deres nas vias rápi­das,
nos cam­pos ala­ga­dos, nos bair­ros de jane­las
fecha­das e ruas por aca­bar, fecha os olhos,
ima­gi­na que estás no inver­no, sente as gotas
da chu­va que come­ça  a cair e te mol­ham
a cabe­ça, e esquece o lugar de onde vieste. è
como se o teu abri­go fosse a para­gem do
auto­car­ro que não vol­tará a pas­sar, ou
a tua com­pan­hia a som­bra da árvore que
o ven­to agi­ta, como se os seus ramos fos­sem
bra­ços que te pro­cu­ram agar­rar. Então,
nada do que son­haste está à tua frente,
e só o muro sem fim que segue a lin­ha de
com­boio te poderá dar a ilusão de
um camin­ho. Mas não o sigas ; o mel­hor
é espe­rares pela noite, e entrares nela,
em bus­ca de uma luz, um bril­ho per­di­do.

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