Cécile A. Holdban, Solitude des seuils

2018-01-30T23:54:40+01:00

 

Soli­tude des seuils
soli­tude des rives

on marche
sans l’étreinte du temps
bêtes d’ombres mais
libres.

On marche
dans le moût de la terre
au flanc
brisé des pierres
chair brassée d’écume

on marche dans des champs
des forges
désertées par le feu.

on marche
sous des rameaux
aux graines d’amertume
dans le sel de l’autan
la cou­ture des fleuves
à l’horizon tranchant
dans le bois du sumac
des dunes.

On marche dans les remous
les cratères d’îles
qu’aucune algue ne lie
dans le miel de brèche
dont la cire se trouble
les fleurs sans éclat.

on marche
sur la toi­son rêche
du monde son extrême
relief de glace
où la lumière aveugle
et où on
disparaît.

Présentation de l’auteur

Cécile A. Holdban

Hon­groise d’origine, après une enfance en France,  Cécile A. Hold­ban décide à l’adolescence de pour­suiv­re sa sco­lar­ité dans un inter­nat hon­grois, dans la cam­pagne bavaroise dont elle con­serve la nos­tal­gie. Elle com­pose à cette époque ses pre­miers poèmes en hon­grois, sa langue mater­nelle qui l’a bercée à tra­vers chants et poésies que lui con­taient sa mère et sa grand-mère.

Elle suit, pen­dant qua­tre ans, aux Langues ori­en­tales, des études de lin­guis­tique au cours desquelles elle s’initie à la civil­i­sa­tion fin­landaise et au quechua, et, surtout, entre­prend ses pre­mières tra­duc­tions du poète hon­grois Weöres Sándor.

Sen­si­ble aux arcanes de la nature, cette pas­sion­née de botanique est aus­si une grande voyageuse dans l’âme, dont les itinérances l’ont con­duite en Europe de l’Est, en Amérique du Sud et en Asie.

 

Cécile A. Holdban

En 2011, Angèle Paoli, la créa­trice du site « Terre de Femmes », pub­lie pour la pre­mière fois un de ses poèmes.

En 2012, elle pub­lie un pre­mier recueil aux édi­tions L’Échappée Belle, Ciel pas­sager, que suiv­ra un recueil de haïkus en 2013, aux édi­tions La Part Com­mune, Un nid dans les ronces.

En 2013, elle pub­lie plusieurs tra­duc­tions de Weöres Sán­dor en revue (Vari­a­tions…), et sur des sites en ligne con­sacrés à la poésie (Terre de Femmes, Poezibao…).

En 2014, elle traduit une antholo­gie de Jószef Atti­la, avec Fran­cis Combes et Georges Kas­sai, aux édi­tions Le Temps des Ceris­es, Le Men­di­ant de la beauté, ain­si qu’un recueil de textes inédits de Karinthy Frigyes aux édi­tions du Son­neur, Tous sports con­fon­dus.

Actuelle­ment, elle pré­pare un vol­ume con­sacré à Weöres Sán­dor pour la col­lec­tion de poésie « Orphée » aux édi­tions de La Dif­férence, ain­si que deux recueils de poésie, dont l’un a pour thé­ma­tique l’exil, l’arrachement au pays natal, et l’autre la vie et les écrits d’une poétesse néo-zélandaise mécon­nue du début du vingtième siè­cle, Emil­ia Wandt.

Depuis 2015, elle codirige la revue de poésie Ce qui reste.

En 2016, elle pub­lie Une robe couleur de jour/Napszín Ruhában. En juin 2016, elle reçoit le prix A. Ribot.

Elle a égale­ment pub­lié poèmes, textes et tra­duc­tions dans de nom­breuses revues (Thau­maEuropePaysages écritsLa femelle du requinTer­res de femmesRecours au poème…).

En 2017, elle pub­lie L’Été et Viens dans mon poème. Elle est récom­pen­sée par le prix Yvan Goll, qu’elle partage avec Anne Mala­prade. Le prix lui est décerné lors du fes­ti­val du Marché de la poésie le 9 juin 2017. Le 10 juin 2017, elle reçoit le prix Cal­liope du Céna­cle Européen de la Francophonie.

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