> Cécile A. Holdban : Toucher terre

Cécile A. Holdban : Toucher terre

Par |2019-02-03T06:58:53+00:00 3 février 2019|Catégories : Cécile A. Holdban, Critiques|

La poé­sie de Cécile A. Holdban touche à l’intime mais demeure en per­ma­nence auréo­lée d’une forme de mys­tère. La poète creuse l’énigme de la vie.  « Il res­tait une fleur/​sur terre/​pour l’éclairer », écrit Cécile A. Holdban, comme en écho à ces mots de Philippe Jaccottet : « Prends cette fleur pour t’éclairer dans la tra­ver­sée des jours ».  Mais si l’écriture de l’auteure a par­fois des accoin­tances avec celle du grand poète fran­çais, son uni­vers poé­tique la rat­tache plu­tôt à une veine d’écrivains anglo-amé­ri­cains qui lui sont chers (Kathleen Raine, Sylvia Plath…) et, encore plus, à ces auteurs des ex-pays de l’Est, notam­ment hon­grois, pour les­quels elle éprouve une affec­tion (lit­té­raire) par­ti­cu­lière.

 

Cécile A. Holdban, Toucher terreArfuyen, 115 pages, 14 euros.

Pas éton­nant : Cécile A. Holdban est d’origine hon­groise et mène à la fois un tra­vail d’écrivain et de tra­duc­trice d’ouvrages publiés en hon­grois ou en anglais. Elle intro­duit d’ailleurs, volon­tiers, dans ses propres recueils, des textes d’auteurs qu’elle tra­duit et qu’elle aime par­ti­cu­liè­re­ment. C’est encore le cas, dans son nou­veau livre. Elle y publie notam­ment des poèmes de Sandor Weöres (1913-1989), consi­dé­ré comme l’un des plus grands poètes hon­grois, de Janos Pilinszki (1921-1981), poète et dra­ma­turge éga­le­ment hon­grois, mais aus­si des Américains Howard Mc Cord ou Linda Pastan.

A pro­pos de ce nou­veau livre de Cécile A. Holdban, son édi­teur affirme qu’il « impose avec une sûre­té et une déli­ca­tesse infi­nie un monde trou­blant et magni­fique, peu­plé d’obscures menaces et des grâces envoû­tantes ».   Les obs­cures menaces sont là quand « l’aube s’efface », et « la lune rouille », quand « les arbres au loin noir­cissent »  ou quand « le corps est bien là », mais que « le cœur se fige ». Les grâces envoû­tantes, elles, s’arc-boutent à « notre seule via­tique : l’espérance secrète du prin­temps ».  La poète peut alors s’émerveiller et noter que « les yeux rubis des gro­seilles ouvrent des mil­liers de pau­pières » et se mettre à l’écoute de « la res­pi­ra­tion pal­pi­tante de la pluie mêlant le sang des fleurs à la terre ».

Entre les « menaces » et les « grâces », il y a cette « obs­ti­na­tion à chercher/l’étincelle, la part/​manquante ».  Car Cécile A. Holdban nous dit avoir « plon­gé dans le monde avec empor­te­ment ». C’est cette éner­gie vitale (native) qui conti­nue à l’animer. Elle est demeu­rée « la fillette qui s’élance » en quête de « cette vio­lence joyeuse, cette libé­ra­tion dans le jaillis­se­ment de cer­taines sources » . Car, s’il y a « l’hiver du monde », il y a aus­si cette femme qu’elle est (et que l’amour éclaire) dont le « corps déborde » et dont la « tête chante ».

 

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Pierre Tanguy

Pierre Tanguy est ori­gi­naire de Lesneven dans le Nord-Finistère. Ecrivain et jour­na­liste, il par­tage sa vie entre Quimper et Rennes. En 2012, il a obte­nu, pour l’ensemble de son œuvre, le prix de poé­sie attri­bué par l’Académie lit­té­raire de Bretagne et des Pays de la Loire. Ses recueils ont, pour la plu­part, été publiés aux édi­tions ren­naises La Part com­mune. Citons notam­ment “Haïku du che­min en Bretagne inté­rieure” (2002, réédi­tion 2008), “Lettre à une moniale” (2005), “Que la terre te soit légère” (2008), “Fou de Marie” (2009). Dernière paru­tion : “Les heures lentes” (2012), Silence hôpi­tal, Editions La Part com­mune (2017).

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