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John Keats : La poésie de la terre ne meurt jamais

Par |2022-03-05T17:03:25+01:00 21 février 2022|Catégories : Critiques, John Keats|

Con­tem­po­rain de Byron, Wordsworth et Coleridge, poètes majeurs de son époque, le Bri­tan­nique John Keats (1795–1821) n’a pas eu le temps de déploy­er tout son tal­ent. Décédé à l’âge de 26 ans, il est l’auteur de longs poèmes nar­rat­ifs et surtout d’odes qui ont assis sa répu­ta­tion. A l’occasion du bicen­te­naire de sa dis­pari­tion, les édi­tions POESIS nous pro­posent des extraits de sa cor­re­spon­dance ain­si qu’un choix de poèmes (tra­duc­tions de Thier­ry Gilly­boeuf et Cécile A.Holdban) la plu­part axés sur une forme de célébra­tion de la nature.

« La poésie de la nature ne meurt jamais ». C’est le pre­mier vers d’un poème inti­t­ulé « La sauterelle et le gril­lon » que John Keats écrit en 1816. Il y par­le de « pré frais fauché » où se repose la sauterelle, du gril­lon dont le chant « par une soirée d’hiver soli­taire » monte du poêle. Tout l’art de Keats s’exprime dans des poème de qua­torze vers à la gloire de la nature et de ses habi­tants les plus minuscules.

Ce qui ne l’empêche pas, par­al­lèle­ment, de s’émerveiller d’une nature « majus­cule » quand, par exem­ple, il se rend à Win­der­mere dans le Lake dis­trict ou dans les High­lands d’Ecosse. En juil­let 1818, il écrit ain­si à son ami Ben­jamin Bai­ley. « Je ne me serais pas con­sen­ti ces qua­tre mois de ran­don­née dans les High­lands, si je n’avais pas pen­sé que cela me fourni­rait davan­tage d’expérience, me débar­rasserait de davan­tage de préjugés, m’habituerait à davan­tage d’épreuves, iden­ti­fierait de plus beaux paysages, me charg­erait de mon­tagnes plus majestueuses et ren­forcerait davan­tage la portée de ma poésie, qu’en restant chez moi au milieu des livres, quand bien même j’aurais Homère à portée de main ».

Le jeune Keats avait mis la poésie au cœur de son exis­tence. Et il dit com­ment il la conçoit dans une autre let­tre à son ami Bailey.

John Keats, La poésie de la terre ne meurt jamais, POESIS, 125 pages, 16 euros

« La poésie devrait être quelque chose de grand et dis­cret, qui pénètre dans votre âme, et la sur­prend ou l’émerveille non par elle-même, mais par son sujet. Qu’elles sont belles, les fleurs qui restent en retrait ! Elles perdraient toute leur beauté si elles pre­naient la grand-route d’assaut en s’écriant : « Admirez-moi, je suis une vio­lette ! Adorez-moi, je suis une primevère ! ». Des pro­pos qui sig­nent véri­ta­ble­ment son art poé­tique et sa manière d’habiter poé­tique­ment le monde.

Si Keats dit son amour de la nature, il le dit moins quand il s’agit de par­ler des hommes. Il a pour eux peu de con­sid­éra­tion, « tout en affir­mant, mal­gré tout, qu’il aime la nature humaine », note Frédéric Brun dans l’avant-propos de ce livre. Keats était, avant tout, en proie au doute et les juge­ments sévères portés sur ses textes par les jour­nal­istes de l’époque l’atteignaient donc pro­fondé­ment. Mais on con­naît la notoriété posthume dont béné­ficiera le poète bri­tan­nique. Il est aujourd’hui traduit dans le monde entier.

                                                                                                  

Présentation de l’auteur

John Keats

John Keats est un poète anglais né à Fins­bury Pave­ment, près de Lon­dres , le 31/10/1795, et décédé à Rome , le 24/02/1821.

Orphe­lin à 15 ans, il est placé par son tuteur à l’é­cole d’En­fields, puis placé  en appren­tis­sage auprès d’un chirurgien d’Edmonton. 

En 1813, il quitte le chirurgien pour effectuer un stage à l’Hôpi­tal de Saint Thomas comme assis­tant en médecine chirur­gi­cale, et en 1815, il décide d’a­ban­don­ner la chirurgie pour se vouer totale­ment à l’écri­t­ure. Fréquen­tant les cer­cles lit­téraires, il ren­con­tre très rapi­de­ment des écrivains de renom comme Leigh Hunt et Per­cy B. Shel­ley. Leigh Hunt l’aide à pub­li­er dans un mag­a­zine son pre­mier poème, “Lines in Imi­ta­tion of Spencer”.

Il com­mence par pub­li­er un pre­mier recueil, inti­t­ulé “Poems” et se fait beau­coup d’amis dans les cer­cles lon­doniens. C’est durant cette péri­ode qu’il ressent les pre­miers signes de la mal­adie qui va l’emporter.

Il entre­prend un tour d’Écosse avec son ami Charles A. Brown. Il com­pose dans ce cadre la “Bal­lade de Meg Mer­rilies”. Alors qu’il com­mence “Hype­r­i­on”, il ren­con­tre chez des amis Fan­ny Brawne. À la Noël 1819, ils se fian­cent. La même année parais­sent dif­férentes bal­lades et odes. Sa mal­adie com­mence alors à s’aggraver sérieuse­ment et, sur le con­seil de ses médecins, il quitte l’Angleterre pour l’Italie où il meurt. 

Bib­li­ogra­phie 

  • Lines in Imi­ta­tion of Spenser : Vers imités de Spenser
  • Endymion
  • Tales and Poems, con­tenant le poème Hype­r­i­on
  • The Eve of St Agnes : La Vig­ile de la sainte Agnès
  • Hymn to Soli­tude : Hymne à la solitude
  • La Belle Dame sans merci
  • Ode sur l’indolence
  • Ode sur la mélancolie
  • Ode à Psyché
  • Ode sur une urne grecque
  • Ode à un rossignol
  • Ode à l’automne
  • To one who has been long in city pent : « À celui qui depuis longtemps est con­finé dans la ville »
  • On first look­ing into Chap­man’s Homer : « Après avoir ouvert pour la pre­mière fois l’Homère de Chap­man »
  • A song about myself : Chant sur moi-même
  • Traductions en français

  • John Keats, traduit par Élis­a­beth de Cler­­mont-Ton­n­erre, Paris, Émile-Paul frères éd., 1922 (1923?) (3e éd. ; nouv. éd.)
  • Albert Laf­fay, Keats, Select­ed Poems, Poèmes choi­sis, col­lec­tion bilingue Aubier, Paris, Aubier-Flam­­mar­i­on, tra­duc­tion, pré­face et notes, 1968, 375 pages.
  • John Keats, Seul dans la splen­deur, traduit et pré­facé par Robert Davreu, éd. bilingue, Édi­tions de la Dif­férence, coll. « Orphée », Paris, 1990.
  • John Keats, Poèmes et poésies, pré­face de Marc Porée, tra­duc­tion de Paul Gal­li­mard, NRF. Poésie/Gallimard, 1996.
  • John Keats, Ode à un rossig­nol et autres poèmes, édi­tion bilingue, traduit par Fouad El-Etr, La Déli­rante, 2009.
  • John Keats, Les Odes, édi­tion bilingue, traduit par Alain Suied, Arfuyen, 2009.
  • John Keats, La poésie de la terre ne meurt jamais, extraits de cor­re­spon­dances et flo­rilège de poèmes, traduits par Thier­ry Gilly­bœuf et Cécile A.Holdban, Con­cep­tion, choix des textes et avant-pro­­pos de Frédéric Brun, Poe­sis, 2021.

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Pierre Tanguy

Pierre Tan­guy est orig­i­naire de Lesn­even dans le Nord-Fin­istère. Ecrivain et jour­nal­iste, il partage sa vie entre Quim­per et Rennes. En 2012, il a obtenu, pour l’ensemble de son œuvre, le prix de poésie attribué par l’Académie lit­téraire de Bre­tagne et des Pays de la Loire. Ses recueils ont, pour la plu­part, été pub­liés aux édi­tions ren­nais­es La Part com­mune. Citons notam­ment “Haïku du chemin en Bre­tagne intérieure” (2002, réédi­tion 2008), “Let­tre à une moni­ale” (2005), “Que la terre te soit légère” (2008), “Fou de Marie” (2009). Dernière paru­tion : “Les heures lentes” (2012), Silence hôpi­tal, Edi­tions La Part com­mune (2017). Ter­res natales (La Part Com­mune, 2022) Voir la fiche d’auteur
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