Thierry Cazals et Julie Van Wezemael, Des haïkus plein les poches

Par |2020-01-21T08:59:46+01:00 20 janvier 2020|Catégories : Critiques, Julie Van Wezemael, Thierry Cazals|

Thier­ry Cazals a une pas­sion con­tagieuse pour le haïku. Depuis plus de vingt ans il trans­met sa pas­sion pour ce genre poé­tique venu du Japon à des écol­iers, col­légiens et lycéens de toute la France. En vrai péd­a­gogue, il détaille aujourd’hui (en com­pag­nie de l’artiste Julie Van Weze­mael) l’originalité et la spé­ci­ficité du haïku.

Des pro­pos qu’il accom­pa­gne de textes de maîtres du genre mais, surtout, d’enfants qu’il a ini­tiés à l’écriture si par­ti­c­ulière de ce nano-poème.

Il n’y a pas de lour­deur dans le haïku. Il n’y en a pas, non plus, dans le livre de Thier­ry Cazals. Se met­tant dans la peau d’un jar­dinier (de la terre et des mots), il nous entraîne dans un réc­it vivant et col­oré, fait d’échanges et de dia­logues, qu’il engage notam­ment avec des jumeaux, « une fille et un garçon qui passent toutes leurs vacances d’été dans le coin ». Le pro­pos est limpi­de, accom­pa­g­né des illus­tra­tions de Julie Van Weze­mael dont le graphisme et le cha­toiement de couleurs nous ramè­nent au meilleur des albums ou livres pour enfants.

Pas de grand dis­cours, donc. Plutôt rap­pel­er des règles sim­ples. Ne pas se focalis­er par exem­ple sur le nom­bre de syl­labes par vers mais plutôt « com­mu­ni­quer une impres­sion de fraîcheur et de légèreté ». Thier­ry Cazals nous le rap­pelle : « La beauté du haïku ne découle pas du respect des règles, mais de sa sim­plic­ité, de son évi­dence, de sa nat­u­ral­ité ». Et il cite à deux ou trois repris­es ce mag­nifique haïku de Nao­jo : « La cueil­lir quel dom­mage ! / la laiss­er quel dom­mage ! / Ah ! cette violette ».

« Le haïku n’est jamais autant réus­si que lorsqu’il abrite à la fois le grandiose et le cocasse, la beauté sub­lime et le triv­ial » et quand il peut aus­si « mélanger douce com­pas­sion et ironie », note Thier­ry Cazals. Exemple ?

Thier­ry Cazals et Julie Van Weze­mael, Des haïkus plein les poches, Cot­cot­cot édi­tions, 260 pages, une ver­sion à 10 euros et une ver­sion lim­itée car­ton­née à 25 euros.

Ce haïku de Jean Féron : « Après le mariage / le curé bal­aie le riz / pour ses poules ».

Au-delà des con­seils avisés de l’auteur (Thier­ry Cazals est lui-même haïjin), on décou­vre dans ce livre un pan­el d’exercices pra­tiques, sou­vent ludiques, à réalis­er en classe ou en groupe. Par exem­ple, appren­dre à repér­er lequel des cinq sens s’exprime dans tel ou tel haïku d’auteur, appren­dre à écrire un haïku sans verbe, faire son auto­por­trait en haïku, par­tir des qua­tre mots « là où je vis » pour écrire un haïku… « Là où je vis / il y a plus d’épouvantails / que d’humains », écrivait le haïjin  japon­ais Cha­sei. « Là où je vis / un vol­u­bilis amoureux / d’une échelle », écrit Thier­ry Cazals lui-même. « Là où je vis / mon bal­lon / fait rage con­tre le mur », écrit un col­légien de Cherbourg.

Le livre four­mille de sug­ges­tions pour s’approprier ce genre poé­tique et Thier­ry Cazals ramasse au fond, dans ce livre, tout ce qu’il a expéri­men­té. De Lesn­even à Courbevoie, d’Abbeville à Condé-sur-Sarthe, de Ploumagoar à Romoran­tin… « Com­bi­en d’enfants ai-je ren­con­trés depuis que je vais dans les bib­lio­thèques et les écoles partager ma pas­sion du haïku ? Mille ? Dix mille ? Plus ? ». Et Thier­ry Cazals, man­i­feste­ment, n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin.

Présentation de l’auteur

Julie Van Wezemael

ulie van Weze­mael est illus­tra­trice, anci­enne élève de la KASK, l’A­cadémie Royale des Beaux-Arts de Gand. Ses illus­tra­tions sont faites d’une com­bi­nai­son orig­i­nale de pein­ture acrylique et de fils cousus ou brodés.

© Met­al Magazine.

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Présentation de l’auteur

Thierry Cazals

Thier­ry Cazals est un écrivain français né le 11 décem­bre 1962 à Bag­nols-sur-Cèze (Gard), vivant à Paris.

© Crédits pho­tos (sup­primer si inutile)

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Pierre Tanguy

Pierre Tan­guy est orig­i­naire de Lesn­even dans le Nord-Fin­istère. Ecrivain et jour­nal­iste, il partage sa vie entre Quim­per et Rennes. En 2012, il a obtenu, pour l’ensemble de son œuvre, le prix de poésie attribué par l’Académie lit­téraire de Bre­tagne et des Pays de la Loire. Ses recueils ont, pour la plu­part, été pub­liés aux édi­tions ren­nais­es La Part com­mune. Citons notam­ment “Haïku du chemin en Bre­tagne intérieure” (2002, réédi­tion 2008), “Let­tre à une moni­ale” (2005), “Que la terre te soit légère” (2008), “Fou de Marie” (2009). Dernière paru­tion : “Les heures lentes” (2012), Silence hôpi­tal, Edi­tions La Part com­mune (2017).

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