Yvon Le Men et Simone Massi, Les mains de ma mère

Par |2020-04-06T05:27:32+02:00 6 avril 2020|Catégories : Critiques, Yvon Le Men|

Les poèmes racon­tent-ils des his­toires ? Oui, à coup sûr, sous la plume d’Yvon Le Men. Surtout quand ces poèmes par­lent de l’enfance et racon­tent des aven­tures famil­ières. Le poète bre­ton s’associe pour le dire au grand dessi­na­teur ital­ien Simone Massi.

  Courir à per­dre haleine sur la plage, jeter des bouteilles à la mer (avec, de préférence, un mes­sage d’amour à l’intérieur), s’approcher des oiseaux, regarder la lumière des phares clig­not­er la nuit sur la mer… Autant de petites « aven­tures » que tant d’enfants (surtout autre­fois et plus par­ti­c­ulière­ment en Bre­tagne) ont bien con­nues. Ces aven­tures avaient déjà été pub­liées dans deux des trois tomes de l’autobiographie poé­tique d’Yvon Le Men (Une île en terre en 2016 et Le poids d’un nuage en 2017, aux édi­tions Bruno Doucey). Les voici réu­nies en forme de best-off dans la col­lec­tion Poes’histoires chez le même édi­teur. Ne boudons surtout pas notre plaisir de lire ou relire ces textes poé­tiques (des­tinés à tout pub­lic)  dont le dénom­i­na­teur com­mun est l’enfance.

 

Yvon Le Men, Les mains de ma mère, Simone Massi, 
édi­tions Bruno Doucey, col­lec­tion Poes’histoires, 63 
pages, 12 euros.

 

Si les mains d’une mère don­nent le titre à ce livre, c’est parce qu’elles ren­voient à une mère dont le poète a pris les mains « le jour où ses yeux se sont ouverts/une dernière fois ». Amour fil­ial, retour sur « l’île » de par­ents aimés et aimants« quand les voyelles/pas si nombreuses/poussaient les consonnes/jusqu’au bout de leurs phrases/ de leurs chants ». Et puis, le temps pas­sant, la famille s’élargit jusqu’à ces « incon­nus mais pas étrangers » que le poète ren­con­tr­era en Castille, en Fin­lande, au Dane­mark « le jour de Noël », à Bamako « le jour de l’Aïd », et dans tant d’autres pays.

Qu’il soit en Bre­tagne ou au bout du monde, Le Men con­serve le regard émer­veil­lé de l’enfance. « Nous avons regardé/à tra­vers le vitrail/passer la mer et le ciel », écrit-il à pro­pos d’une chapelle qu’il a vis­itée. « Et comme les enfants/écoutant chanter la mer/dans un coquillage// nous avons écouté/chanter les images/qui trem­paient leurs couleurs/dans l’eau pro­fonde du ciel ».

Les très beaux dessins de Simone Mas­si, célèbre dans le monde du ciné­ma d’animation, appor­tent une touche par­ti­c­ulière à ce recueil. On voit un enfant sous le regard des adultes, ten­ant ici la main d’un père, absorbé ailleurs par la lec­ture d’un livre ou lev­ant des yeux vers le ciel… Dessins en noir et blanc ponc­tués, à l’occasion, d’une petite touche de couleur : l’orange d’une orange dans la main, le rouge d’un rouge-gorge posé sur la tête. Magnifique !

 

Présentation de l’auteur

Yvon Le Men

Textes

Yvon Le Men est l’auteur d’une œuvre poé­tique impor­tante, de qua­tre réc­its et deux romans. A Lan­nion où il vit, il a créé, en 1992, les ren­con­tres inti­t­ulées « Il fait un temps de poème ». En 1997, il y crée un espace poésie. De 2006 à 2008, il a pub­lié une chronique heb­do­madaire dans le jour­nal Ouest-France : « Le tour du monde en 80 poèmes ». Ses textes, livres ou antholo­gies, sont traduits dans une douzaine de langues. Il tra­vaille aus­si depuis de nom­breuses années dans les écoles, avec les enfants pour lesquels il a écrit. Il reçoit en 2012 le Prix Théophile Gau­thi­er de l’A­cadémie Française pour son recueil “A louer cham­bre vide pour per­son­ne seul” (Rougerie).

Poèmes choi­sis

Autres lec­tures

Rezâ Sâdeghpour, Yvon Le Men, Marc Baron

                 Rezâ Sâdegh­pour : « Le bris lent des bouteilles »   Il est Iranien. Il a trente-qua­tre ans et il est déjà recon­nu dans son pays comme un très grand poète. Rezâ Sâdegh­pour – avo­cat dans […]

Yvon Le Men : un poète à plein temps

          Prix Goncourt 2019 de poésie Yvon Le Men : un poète à plein temps   Il est une excep­tion dans le paysage poé­tique français. Yvon Le Men vit de la poésie […]

Yvon Le Men et Simone Massi, Les mains de ma mère

Les poèmes racon­­tent-ils des his­toires ? Oui, à coup sûr, sous la plume d’Yvon Le Men. Surtout quand ces poèmes par­lent de l’enfance et racon­tent des aven­tures famil­ières. Le poète bre­ton s’associe pour le […]

mm

Pierre Tanguy

Pierre Tan­guy est orig­i­naire de Lesn­even dans le Nord-Fin­istère. Ecrivain et jour­nal­iste, il partage sa vie entre Quim­per et Rennes. En 2012, il a obtenu, pour l’ensemble de son œuvre, le prix de poésie attribué par l’Académie lit­téraire de Bre­tagne et des Pays de la Loire. Ses recueils ont, pour la plu­part, été pub­liés aux édi­tions ren­nais­es La Part com­mune. Citons notam­ment “Haïku du chemin en Bre­tagne intérieure” (2002, réédi­tion 2008), “Let­tre à une moni­ale” (2005), “Que la terre te soit légère” (2008), “Fou de Marie” (2009). Dernière paru­tion : “Les heures lentes” (2012), Silence hôpi­tal, Edi­tions La Part com­mune (2017).

Voir la fiche d’auteur

Aller en haut