Encore et tou­jours Xavier Grall

La pre­mière biogra­phie du poète bre­ton Xavier Grall vient d’être rééditée par Coop Breizh. Son auteur, le jour­nal­iste Yves Loisel, l’avait pub­liée en 1989 aux édi­tions Jean Picol­lec, soit huit ans après la mort de Grall. Il lui avait fal­lu « deux ans et neuf mois d’enquête et de recherch­es » pour dress­er le por­trait d’un « per­son­nage aux mul­ti­ples facettes », qui « déroutait, fasci­nait, agaçait aussi ».

Le 31 août dernier, inter­rogé sur les ondes de RCF Alpha, à Rennes, par Arnaud Wass­mer, dans son émis­sion « Regards », Yves Loisel a expliqué ce qui l’avait attiré chez Xavier Grall. « Sa hau­teur de vue », a‑t-il souligné, évo­quant le poète mais aus­si le jour­nal­iste qu’il lisait chaque semaine dans les colonnes de La Vie catholique. Car Grall a, sans doute, d’abord assis sa renom­mée en y rédi­geant ses fameux « bil­lets d’Olivier ». Ce qui l’a amené à touch­er un large pub­lic, en par­ti­c­uli­er quand il évo­quait son quo­ti­di­en à Bossu­lan, près de Pont-Aven, aux côtés de son épouse Françoise et de leurs cinq filles. « La reli­gion a été, avec la Bre­tagne, la grande préoc­cu­pa­tion de Xavier Grall, un des thèmes qui reve­naient le plus sou­vent sous sa plume », avait souligné Yves Loisel en ouver­ture du col­loque tenu en 2011, au Bois de la Roche (Mor­bi­han), à l’occasion des trente ans de la dis­pari­tion du poète. Reli­gion, Bre­tagne (« con­trée de l’âme », dis­ait Grall) : cela vaut aus­si bien pour ses chroniques que pour ses poèmes.

Tous les amoureux de l’œuvre de Grall reliront donc avec plaisir cette biogra­phie qui rep­longe notam­ment les lecteurs dans les ent­hou­si­asmes et soubre­sauts du « revival » cul­turel et poli­tique bre­ton. Pour Yves Loisel, une seule ambi­tion : «  Racon­ter une vie », loin du pané­gyrique. Le biographe/journaliste n’apporte, en effet, aucun juge­ment sur l’œuvre. Des faits, seule­ment des faits. « Sur la base de « témoignages de pre­mière main », affirme-t-il.

Le poète bre­ton aurait 85 ans aujourd’hui (il est né le 22 jan­vi­er 1930 à Lan­di­visi­au, où il est enter­ré). Que nous dirait-il, en ces temps trou­blés, de la bar­barie jetant sur les routes des dizaines de mil­liers de réfugiés ? N’avait-il pas pressen­ti, comme il l’écrit dans son roman Africa Blues, cette mon­tée d’un islamisme rad­i­cal se nour­ris­sant « de le mis­ère et du Coran » ? Que dirait-il d’une Bre­tagne du 21e siè­cle engagée dans le développe­ment de gross­es aires mét­ro­pol­i­taines, au détri­ment d’une « fédéra­tion de pays typés par la forme des talus, la chan­son des fontaines, l’accent du par­ler », comme il l’écrivait si joli­ment et justement.

Oui, revenir aux into­na­tions et con­vic­tions des Grall. Le retrou­ver, grand vivant, dans cette biogra­phie. Mais aus­si le retrou­ver dans cer­tains de ses livres réédités aux édi­tions Terre de brume : des romans (Africa Blues, Can­tique à Melil­la, La fête de nuit), des poèmes (Barde ima­g­iné), des essais (Arthur Rim­baud ou la marche ou soleil, L’inconnu me dévore), des chroniques (Par­lez-moi de la terre, Mémoires de ronces et de galets). Incon­testable­ment, comme le dit Yves Loisel, un « per­son­nage aux mul­ti­ples facettes ».

 

(Xavier Grall, Yves Loisel, Coop Breizh, 432 pages, 19,90 euros.)

 

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Philippe Jac­cot­tet : ce qu’il nous dit de la poésie qu’il aime

 

Poète et tra­duc­teur, Philippe Jac­cot­tet a aus­si été un grand lecteur dont le chroniques ont ali­men­té la NRF, les Cahiers de l’Herne, la Revue des Belles-let­tres et bien d’autres pub­li­ca­tions pres­tigieuses. La plu­part de ses écrits sur la poésie sont réu­nis aujourd’hui en poche sous le titre Une trans­ac­tion secrète. Jac­cot­tet nous par­le bien sûr des poètes qu’il aime et qu’il a traduits (Ungaret­ti, Man­del­stam…), de ses amis poètes romands (Gus­tave Roud en tête, Anne Per­ri­er, Edmond-Hen­ri Crisinel…) et de ces fig­ures tutélaires que sont, pour lui, Jou­bert, Hold­er­lin, Novalis, Hop­kins… Et il aver­tit d’emblée : « Aucun de ces textes n’a été écrit pour les spé­cial­istes de la lit­téra­ture (toutes gens dont la sci­ence me con­fond), qui auraient de bonnes raisons de les trou­ver légers, et s’étonneraient sans doute aus­si d’une naïveté que, pour ma part, je suis bien for­cé de revendi­quer ». Il affirme aus­si ne pas avoir écrit pour les poètes mais « pour d’éventuels ama­teurs de poésie ». Dont acte.

Au-delà des éclairages qu’il apporte sur tous les auteurs présents dans ce livre, c’est l’approche per­son­nelle de Jac­cot­tet sur la poésie qui tran­spire dans toutes ces chroniques. Avec une grande con­stance, il affirme que « la poésie et la vie » lui ont «  tou­jours paru étroite­ment liés ». Une posi­tion, n’hésite-t-il pas à dire, « tout à fait anachronique pour cer­tains », mais qu’il revendique haut et fort face à « la lit­téra­ture à la mode » qui « se dessèche ou s’empâte » (NRF, sep­tem­bre 1976). Jac­cot­tet, à la suite de Man­del­stam, croit « aux grandes réal­ités élé­men­taires usées ou oubliées, à leur présence immé­di­ate, leur poids, leurs dimen­sions presque infinies ». Une façon de se démar­quer des « mots de la poésie, si décriés à juste titre, quand ils bril­lent pour eux-mêmes ou, aus­si bien, quand ils restent opaques ». Il le dit dans un éloge de la poésie d’Anne Per­ri­er à la fois chargée, à ses yeux, de « lumière intérieure » et de sim­plic­ité vraie.

Tout passe, rap­pelle-t-il ici et là, par l’émotion. C’est par elle que naît le poème. « Cette émo­tion que donne tou­jours l’ouverture sur les pro­fondeurs et que rien d’autre ne donne », affir­mait-il dès 1956 (à 31 ans) dans le dis­cours de remer­ciement au prix Ram­bert qu’il venait de recevoir. Gus­tave Roud est, selon lui, un de ceux qui ont le mieux sondé ces pro­fondeurs. « Il voit ce que les autres vivent sans savoir, il voit plus loin », affirme-t-il à pro­pos du poète soli­taire de Car­rouge. Et Jac­cot­tet pose la ques­tion : « Si ce monde où il n’y a aucune place pour le poète était en réal­ité, mal­gré l’éloignement des dieux, tout imprégné encore de leur sub­stance ? Si le vagabond dému­ni y voy­ait plus clair, à sa façon, que le penseur ?

Ce « vagabond dému­ni » peut aus­si pren­dre les traits d’un auteur de haïku. Jac­cot­tet par­le, dans plusieurs chroniques, de ce genre lit­téraire « auquel le poète accède par une série de dépouille­ments, dont la con­ci­sion de son vers n’est que la man­i­fes­ta­tion ver­bale ». Il par­le de « pau­vreté, dis­cré­tion, efface­ment sinon abo­li­tion de la per­son­ne ». Et plus encore, ajoute-t-il, voici « une poésie sans images », une poésie qui « refuse le moin­dre mou­ve­ment d’éloquence » avec sa capac­ité « d’illuminer d’infini les mots quel­con­ques d’existences quel­con­ques ». Jac­cot­tet en voit des traces dans la poésie de Jean Fol­lain, loin des faiseurs d’une poésie absconse, abstraite et « pré­ten­tieuse ». Car « il faut bien cette sim­plic­ité pour nous arracher au désor­dre envahissant ». Des mots qu’on peut lire sous sa plume, en 1960, dans la Nou­velle Revue Française. Et qui restent d’actualité.

 

(Une trans­ac­tion secrète, lec­tures de poésie, Philippe Jac­cot­tet, Poésie/Gallimard, 400 pages, 7,90 euros).

 

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« La Petite plage » de Marie-Hélène Prouteau

 

Pour beau­coup d’entre nous, il y a des lieux fon­da­teurs. Ceux par lesquels on s’est éveil­lé au monde, parce que le par­fum qui s’y dégageait ou l’ambiance qui y rég­nait, ont pu nous impres­sion­ner à jamais. Parce que, en défini­tive on y a trou­vé un espace en adéqua­tion avec notre cœur et notre corps. Pour cer­tains, ce lieu fon­da­teur c’est l’école pri­maire, pour d’autres le jardin d’une grand’mère ou le gre­nier de la mai­son famil­iale. Pour d’autres encore, le lieu des amours de jeunesse. Tant d’écrivains ont écrit là-dessus.

Pour Marie-Hélène Prouteau, ce lieu fon­da­teur (ou, pour le moins, cette « madeleine de Proust ») est une petite plage de la côte sauvage du Nord-Fin­istère, du côté de Ker­fissien en Cléder. Elle le dit dans une évo­ca­tion en prose poé­tique, éclatée en autant d’évocations du lieu qu’elle garde en mémoire et qu’elle n’hésite pas, quit­tant la métro­pole nan­taise où elle habite, à arpen­ter régulière­ment pour y humer toutes les sen­teurs la rat­tachant à son enfance. « L’enfance est peu­plée de cabanes, écrit-elle. Les miennes étaient ces rochers et ces grottes (…) Née dans ce Fin­istère, je ne peux par­ler comme une vis­i­teuse. Je le ressens vive­ment : c’est un pays que j’ai quit­té mais qui ne me quitte pas. L’amour de loin pour un être loin­tain très aimé nous grandit, écrit le poète, je me dis qu’il a raison ».

Encore faut-il exprimer cela de façon per­son­nelle et orig­i­nale. C’est le cas ici car Marie-Hélène Prouteau prend le par­ti d’associer cette petite plage non seule­ment à des sou­venirs d’enfance mais aus­si à des événe­ments actuels ou à des oeu­vres cul­turelles qui l’ont mar­quée. En défini­tive, par­tir du local (et d’un local bien exigu) pour nous par­ler de ce qui la fait vibr­er aujourd’hui. Etablir égale­ment des cor­re­spon­dances. Faire sur­gir du passé des images nou­velles et con­tem­po­raines. Ain­si la vue de ces « femmes qui peinent dans les vagues sous un effort intense » la ramène-t-elle au tableau de Gau­guin « Pêcheurs de goé­mon ». Ain­si, encore, ce men­hir de Ker­gal­lec, « au milieu des artichauts », tout proche de la petite plage, lui évoque Les Stèles de Ségalen. Plus loin, à la vue de la marée mon­tante, c’est « La vague » d’Hokusaï qui sur­git. Ailleurs, les rochers lui font penser aux sculp­tures de Hans Arp. Et com­ment, face à la mer déchaînée qui s’engouffre dans la petite plage, ne pas évo­quer l’héroïsme des Sauveteurs bre­tons ou les drames actuels de Lampedusa ?

La petite plage char­rie tout cela. Elle devient une caisse de réso­nance du monde. Un cham­bre d’écho. L’auteure en fait une relec­ture à l’aune de ses pro­pres expéri­ences et de son bagage cul­turel. Marie-Hélène Prouteau par­le joli­ment de « champ mag­né­tique » ou de « promenoir des songes », de « con­tre­point lumineux », « d’épicentre naturel ». Son appétit des vagues, d’iode et de rochers, reste, en tout cas, insa­tiable. Evo­quant François Cheng, elle par­le de « sen­ti­ment-paysage » et n’hésite pas, faisant référence à Erri de Luca, à sous-titr­er son livre « auto­bi­ogra­phie d’un lieu ». Et, con­vient-elle juste­ment, « la dis­tance a du bon, elle préserve le sacré ».

 

(La petite plage, Marie-Hélène Prouteau, La Part Com­mune, 126 pages, 14 euros.)

 

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Joël Ver­net : « L’adieu est un signe »

 

On ne met pas impuné­ment, en exer­gue d’un livre, la fameuse phrase de Novalis, « le par­adis est dis­per­sé toute la terre, c’est pourquoi nous ne le recon­nais­sons plus. Il faut réu­nir ses traits épars ». Dans le nou­veau recueil en « prose poé­tique » de Joël Ver­net, la fil­i­a­tion avec Novalis tran­spire, en effet, tout au long des pages. Et encore plus avec Gus­tave Roud et Philippe Jac­cot­tet qui, eux-mêmes, avaient repris à leur compte cette injonc­tion de Novalis.

Le par­adis c’est, ici, le pays retrou­vé après des années de bourlingue (Joël Ver­net est né en 1954 dans un petit vil­lage aux con­fins de la Haute-Loire et de la Lozère). « Ren­trant d’un long voy­age, je retrou­ve la mai­son, son silences, ses pier­res anci­ennes ». Le ton est don­né dès les toutes pre­mières lignes du livre. « La splen­deur est telle ce matin dans le jardin que mes chevilles foulant l’herbe font remon­ter jusqu’à mon cœur la douce sen­sa­tion d’être vivant sur cette terre ». Joël Ver­net évoque plus loin « le par­adis du jardin qui, loin d’être dans l’ombre appar­ente, ray­onne du feu des saisons ». Et pour­tant, avoue le poète, « j’ai con­sen­ti au départ, aban­don­nant le vil­lage et la mai­son : son seuil et tous les vis­ages, ne me retour­nant pas sur les années anci­ennes. L’adieu fut un signe (ndlr : titre du livre), mais n’est-il pas celui de tous quand les yeux se fer­ment sur la lumière ? »

De retour au pays, Joël Ver­net con­state qu’il est resté « l’enfant immo­bile ». Il nous entre­tient de « l’innocence per­due », de son « cha­grin en miettes », de la « blessure d’enfance ». Il nous dit surtout, aujourd’hui (et avec quelle puis­sance d’écriture !), que « la voie royale est le chemin vers la vie pau­vre ». Exer­ci­ce de fru­gal­ité et de mod­estie (« les grands auteurs son invis­i­bles ») dou­blée d’une forme de pro­fes­sion de foi sur le poète qu’il rêve d’être ou qu’il est sans doute déjà. « Ce qui l’absorbe, ce sont les vies, les êtres, les objets, la lumière, les ombres autour de lui ». C’est, en défini­tive, un véri­ta­ble art poé­tique qu’il décline ain­si lui aus­si — après d’autres -, fait de « con­tem­pla­tion et de désoeu­vre­ment ». Nour­ri de cette « atten­tion soutenue » chère à Czes­law Milosz, dont Joël Ver­net pour­rait aus­si se revendi­quer. Le poète, dit-il, est là pour « retran­scrire la beauté dans ce qu’il faut bien nom­mer un livre, qui n’est autre qu’une cham­bre d’écho ouverte aux qua­tre vents ».

Joël Ver­net fait sur­gir, dans ce livre mer­veilleux, le meilleur de ce qu’il ani­me. Sous sa plume, la poésie est véri­ta­ble­ment, cette « rose d’espérance ».

 

(L’ adieu est signe, Joël Ver­net, dessins de Michel Potage, Fata Mor­gana, 77 pages, 14 euros.)

 

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Louis Bertholom : « Paroles pour les silences à venir »

 

Barde jusqu’au bout des doigts. « Je viens de la gwerz/du pays de la char­rue qui creuse le sillon/du chant ances­tral ». Louis Bertholom l’affirme dans son nou­veau livre Paroles pour les silences à venir (une forme de con­nivence avec Musiques pour les silences à venir du Quim­pérois Dan Ar Bras). Un livre où le poète bre­ton nous par­le de son attache­ment au pays natal, de ses amis, de ses ren­con­tres. De sa vie pour tout dire.

Comme pour tout barde, la parole de Bertholom peut être toni­tru­ante quand il s’agit de dénon­cer les turpi­tudes des hommes. Haro, par exem­ple, sur le Paris-Dakar ou le foot­ball busi­ness, sym­bol­es de cette société de l’argent que le poète exècre. Haro aus­si sur tous les murs qui sépar­ent les hommes et cul­tivent la haine, à com­mencer par le mur des Israéliens. La parole de Bertholom peut, alors, pren­dre car­ré­ment l’allure de poèmes-tracts.

Car le poète bre­ton va droit au but. Poète engagé ? Sans doute. A la manière de Xavier Grall dont on retrou­ve la fil­i­a­tion dans plusieurs pages de ce livre. « Nous avons chan­té les blés murs/quand toute vache por­tait un nom/les fruits cueil­lis avec tendresse/à savour­er les caress­es des fenaisons/dans la lente geste paysanne » (poème dédié à Jean-Charles Per­azzi). Engagé encore plus à la manière de Glen­mor, « le plus grand brail­lard du Poher/au vis­age de rocs et de lan­des », dont il se réclame à sa façon car « vivre en mélan­col­ie c’est être barde, écrit-il, tri­bun sur les chemins de la bohême ».

Il y a aus­si, et surtout, dans son pan­théon per­son­nel, le Ker­ouac bre­ton venu à Brest quêter ses orig­ines. « Tu titubes sous la pluie rue de Siam/clochard céleste aux larmes de Cognac ». Ce « satori » brestois devient un « sat­uré à Paris » quand Louis Bertholom lui-même déam­bule, la vague à l’âme, dans la Cap­i­tale, côtoy­ant les bouquin­istes le long de la Seine ou par­tant « rue de Verneuil/lire le mur de Gainsbourg ».

Mais il y a, dans ce nou­veau livre, des accents nou­veaux. Plus per­son­nels. L’homme se con­fie. Le Bertholom intime pointe le bout du nez. Ain­si cet émou­vant adieu à Moutig, son chien fidèle. « Dans le jardin de mon enfance/il reposera sous l’ombre d’un pom­mi­er ». Il y a aus­si ce retour sur ces années de labeur d’infirmier psy­chi­a­trique et son diag­nos­tic implaca­ble sur l’accueil que l’institution réserve aux « schizos » ou à ceux qu’on appelle les fous. Par­lant de l’un d’entre eux, il écrit. « Dans l’océan tour­men­té de tes yeux/dansent les remous de l’âme/détresse infinie mal­gré la sécheresse/lacrymale ».

Bertholom a beau­coup écrit entre l’automne 2014 et le print­emps 2015. On y décou­vre un poète vic­time d’insomnies. « Absence blo­quée à la porte de l’oubli/longue écoute de la nuit/impatience des draps énervés ». Au réveil, c’est le ques­tion­nement : « Quel poème écrire aujourd’hui/pour sec­ouer la torpeur/égoutter les mots/dans l’odeur du café/de ce matin frileux ». Il le note noir sur blanc, à Quim­per, le 22 novem­bre 2014.

 

(Parole pour les silences à venir, Louis Bertholom, pré­face de Alain-Gabriel Monot, édi­tions Sauvages, 250 pages, 16,50 euros.)

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Pierre Tanguy

Pierre Tan­guy est orig­i­naire de Lesn­even dans le Nord-Fin­istère. Ecrivain et jour­nal­iste, il partage sa vie entre Quim­per et Rennes. En 2012, il a obtenu, pour l’ensemble de son œuvre, le prix de poésie attribué par l’Académie lit­téraire de Bre­tagne et des Pays de la Loire. Ses recueils ont, pour la plu­part, été pub­liés aux édi­tions ren­nais­es La Part com­mune. Citons notam­ment “Haïku du chemin en Bre­tagne intérieure” (2002, réédi­tion 2008), “Let­tre à une moni­ale” (2005), “Que la terre te soit légère” (2008), “Fou de Marie” (2009). Dernière paru­tion : “Les heures lentes” (2012), Silence hôpi­tal, Edi­tions La Part com­mune (2017).

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