> Thierry-Pierre Clément reçoit le Prix Aliénor d’Aquitaine pour Approche de l’aube

Thierry-Pierre Clément reçoit le Prix Aliénor d’Aquitaine pour Approche de l’aube

Par |2018-12-04T07:04:47+00:00 3 décembre 2018|Catégories : Critiques, Thierry-Pierre Clément|

Avant l’aube, il y a le  noir, l’obscur. Avec l’aube sur­git la lumière.Thierry-Pierre Clément, poète bruxel­lois, entend être le témoin – jamais las­sé – de cette évi­dence. Veilleur lui aus­si, comme tant d’autres poètes en quête de « l’indicible »et de « l’invisible ».

Qu’il se trouve « dans la mon­tagne », « sous les arbres », ou « avec les fleurs », Thierry-Pierre Clément mul­ti­plie les exer­cices de contem­pla­tion. « Les paroles sont inutiles/​être sim­ple­ment là/​présent devant le monde/​présent devant la rose ». Que de paroles inutiles, en effet, ne pour­raient être dites pour par­ler de « la beau­té » de « l’ivresse », de « la joie », de « l’espérance, du « secret »… Ce sont les titres de cer­tains de ses poèmes, autant de beaux thèmes phi­lo­so­phiques que l’auteur aborde en quelques vers bien frap­pés.

Thierry-Pierre Clément, Approche de l’aube,, pré­face de
Jean-Pierre Lemaire, édi­tions Ad Solem, 117 pages, 19 euros.

 

 

Pour par­ler de « l’ignorance », il y a ces simples six vers : « Papillon fou/​entre lampes et fenêtres/​affamé d’espace// tu ne vois pas/​la porte ouverte/​sur le jar­din ». Poèmes brefs, donc, ten­dus. Jusqu’à l’épure du haï­ku ou à ce qui y res­semble dans ces trois vers : « Chant de la grive/​même le merle/​/​écoute ».

Mais il n’y a pas chant béat dans ce recueil. Car il y a, nichés quelque part, la bles­sure et le manque. « Les poèmes me requièrent/​je ne puis que m’y livrer/​comme un cap­tif au bûcher ». Voici donc le poète évo­quant ses « para­dis per­dus ».Étreintes de la nos­tal­gie et, sans doute, cha­grins enfouis. « Tu regardes se perdre/​ce qui n’est pas venu/s’achever le printemps/​qui  n’a jamais été ». Et, plus loin : « Ce qui est perdu/​ce qui s’en est allé/​/​ qui a disparu/​qui ne revien­dra pas/​/​à quoi l’on ne s’arrête pas/​de dire adieu ».

Mais il y a tou­jours un pays der­rière le cha­grin. Une aube nou­velle après la chape noire des dés­illu­sions. Il y a l’approche de l’aube. «  Ce recueil retrace un iti­né­raire qu’on ose­ra dire mys­tique, même si Thierry-Pierre Clément se garde de toute affir­ma­tion reli­gieuse », note très jus­te­ment Jean-Pierre Lemaire dans la pré­face du recueil. Voici donc le poète « assis au seuil de la cabane/​la nuit close derrière/​le jour ouvert devant ». Il peut alors chan­ter « l’inépuisable sang des arbres et des che­mins », « la dou­ceur du vent sur l’épaule »ou « l’ivresse mauve des lilas ». De nou­veau un feu inté­rieur brûle et l’on peut remon­ter « jusqu’à la source ». Auparavant le poète aura « rou­lé la pierre » sur ses cha­grins.

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Pierre Tanguy

Pierre Tanguy est ori­gi­naire de Lesneven dans le Nord-Finistère. Ecrivain et jour­na­liste, il par­tage sa vie entre Quimper et Rennes. En 2012, il a obte­nu, pour l’ensemble de son œuvre, le prix de poé­sie attri­bué par l’Académie lit­té­raire de Bretagne et des Pays de la Loire. Ses recueils ont, pour la plu­part, été publiés aux édi­tions ren­naises La Part com­mune. Citons notam­ment “Haïku du che­min en Bretagne inté­rieure” (2002, réédi­tion 2008), “Lettre à une moniale” (2005), “Que la terre te soit légère” (2008), “Fou de Marie” (2009). Dernière paru­tion : “Les heures lentes” (2012), Silence hôpi­tal, Editions La Part com­mune (2017).

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