> Il fait un temps de poèmes, textes rassemblés par Yvon Le Men

Il fait un temps de poèmes, textes rassemblés par Yvon Le Men

Par |2018-08-21T00:59:35+00:00 22 octobre 2013|Catégories : Blog|

     Yvon Le Men, le pas­seur. Depuis vingt ans, le poète bre­ton invite à Lannion, dans son Trégor natal, écri­vains et poètes du monde entier. En moyenne cinq auteurs par an. Cela se passe au « Carré magique » de la ville. Et, à chaque ren­contre, « il fait un temps de poème ». L’intitulé don­né à ces ren­contres, Le Men l’a choi­si en hom­mage aux vers de Jean Malrieu : « Il fait un temps de poème/​Ta chair neige j’écris la neige/​Parce que c’est beau et parce que c’est vrai ».

         Un très beau livre (volume 2 de la série) ras­semble aujourd’hui les contri­bu­tions des auteurs invi­tés à Lannion. Il s’agit de textes inédits pour la plu­part. « La poé­sie, c’est sor­tir de soi et y faire entrer les autres ». Boualem Sansal, l’écrivain algé­rien en butte aux auto­ri­tés de son pays, reprend dans son texte les mots du poète Gérald Neveu, relayés par Yvon Le Men, pour illus­trer cette belle aven­ture cultu­relle menée au Carré magique.

     Andrée Chedid, Charles Juliet, Nedim Gursel, Claude Vigée, Vassilis Alexakis, Bernard Chambaz, Alexis Gloaguen, Valérie Rouzeau… (pour ne citer que quelques uns des auteurs pré­sents dans ce livre) sont pas­sés par Lannion. « C’est magique !». L’expression est gal­vau­dée. Mais elle prend ici tout son sens.

    

     « J’ai écou­té battre les paroles de mes invi­tés », raconte en pré­am­bule Yvon Le Men. « Cerveau contre cer­veau avec Edouard Glissant dont je crai­gnais à chaque seconde perdre le fil du dis­cours. Je ne le quit­tais pas du crâne, comme si, à tra­vers l’os, j’apercevais sa pen­sée en archi­pel se fabri­quer devant moi ».

     Et ils affluent les sou­ve­nirs de ces excep­tion­nels moments de par­tage autour de la poé­sie. « D’où nous vient, inter­roge Le Men, notre sen­ti­ment d’être en lévi­ta­tion quand nous écou­tons, à fleur de peau, cir­cu­ler le souffle fra­gile de François Cheng au milieu du vide (…) D’où nous vient notre éton­ne­ment devant la capa­ci­té du Palestinien Elias Sanbar à ne pas bais­ser les bras en pre­nant appui sur les poèmes de son ami Mahmud Darwich ? »

         Qu’espérer, sinon que ce temps consa­cré au poème puisse se péren­ni­ser. Il y a bien sûr Lannion. Mais aus­si Saint-Malo, depuis quinze ans, lors du fes­ti­val Etonnants voya­geurs. Ou encore Archères, dans les Yvelines, depuis cinq ans. Parlant de Le Men, Boualem Sansal érit encore ceci : « Quel sacré guide tou­ris­tique il aurait fait si les tou­ristes étaient avant tout des poètes ». Eh oui !

                                                            

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