> Xavier Grall, Les Billets d’Olivier réédités

Xavier Grall, Les Billets d’Olivier réédités

Par | 2018-02-05T14:54:23+00:00 30 septembre 2017|Catégories : Critiques, Xavier Grall|

Relire Xavier Grall : l’écrivain, le poète, le jour­na­liste. Mais aus­si le chro­ni­queur. Pendant plus de dix ans (de 1972 à 1981), il a livré chaque semaine de courts textes à l’hebdomadaire « La Vie catho­lique » sous le titre « Chronique du  Logeco » (avant son retour en Bretagne) puis « Les Billets d’Olivier », enfin « Les vents m’ont dit ».

Ces chro­niques ont lar­ge­ment contri­bué à construire sa répu­ta­tion d’écrivain au-delà des cercles prin­ci­pa­le­ment inté­res­sés par sa poé­sie. Elles ont fait de Grall un écri­vain « popu­laire » (au bon sens du mot) que tout le monde pou­vait lire (et com­prendre) en feuille­tant l’hebdo catho­lique. Ce ren­dez-vous était atten­du par des nom­breuses familles bre­tonnes puisque Grall par­lait à ces lec­teurs de ce pays où il reve­nait vivre après des années pari­siennes pas­sées du côté de Sarcelles. Saluons-donc la réédi­tion de ces Billets d’Olivier par les édi­tions Terre de Brume (1).

Xavier GRALL, Les Billets d’Olivier, pré­face de Alain-Gabriel Monot, édi­tions Terre de brume, 180 pages, 17 euros

Ce qui y domine, à l’évidence, c’est le retour aux racines, le bon­heur de humer un ter­roir par tous les pores de la peau, de voir gran­dir ses « divines » (cinq filles) sous le soleil capri­cieux ou les vents hur­lants de la Cornouaille. Son point d’ancrage (son « royaume »), à par­tir de 1974, sera le hameau de Botzulan « dans la cam­pagne de la belle Aven, au pays du cidre et de l’hydromel ».

Xavier Grall nous invite, durant toutes ces années de grande effer­ves­cence cultu­relle et poli­tique en Bretagne, à par­ta­ger ses joies et ses humeurs. A mesu­rer aus­si, au détour d’un billet, les dif­fi­cul­tés d’une vie d’écrivain et jour­na­liste free lance :

Mes filles, que met­trai-je donc dans vos sabots ? Ces jours sont rudes qui ne savent pas où nous serons demain. J’ai atten­du des droits d’auteur qui ne sont pas venus. Que met­trai-je dans vos sabots ? (19 décembre 1973).

Mais il y a, autour de lui, foi­son­nant, la nature qui apaise, cette « Cornouaille pré­ser­vée, secrète et boca­gère » qu’il arpente. Il y a aus­si ces « mois­sons d’amitié » qu’il engrange « au doux gre­nier de la mémoire ». Il y a, sur­tout, le cercle fami­lial : les filles qui gran­dissent et qui com­mencent, pour cer­taines, à prendre leur envol. « Ah, les temps pas­sants ! Mais n’est-ce pas nous qui pas­sons ? » Demeurent les sai­sons.

L’été fut splen­dide et l’automne somp­tueux. Ne nous plai­gnons pas. Soumettons-nous à la loi des sai­sons. Au temps de la lumière et des cou­leurs suc­cède celle de l’ombre. Et de la médi­ta­tion (3 décembre 1975).

Relisons Grall. Ces billets ont gar­dé tout leur « jus ». Ils nous parlent d’amour, d’amitié, de fra­ter­ni­té, de com­pli­ci­té avec les plantes, les fleurs, les bêtes. C’est d’abord un poète qui parle.

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Pierre Tanguy

Pierre Tanguy est ori­gi­naire de Lesneven dans le Nord-Finistère. Ecrivain et jour­na­liste, il par­tage sa vie entre Quimper et Rennes. En 2012, il a obte­nu, pour l’ensemble de son œuvre, le prix de poé­sie attri­bué par l’Académie lit­té­raire de Bretagne et des Pays de la Loire. Ses recueils ont, pour la plu­part, été publiés aux édi­tions ren­naises La Part com­mune. Citons notam­ment “Haïku du che­min en Bretagne inté­rieure” (2002, réédi­tion 2008), “Lettre à une moniale” (2005), “Que la terre te soit légère” (2008), “Fou de Marie” (2009). Dernière paru­tion : “Les heures lentes” (2012).

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