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La douceur amère de l’Américaine Sara Teasdale

Par |2020-09-21T10:51:41+02:00 19 septembre 2020|Catégories : Critiques, Sara Teasdale|

Connaît-on vrai­ment Sara Teasdale ? C’est pour­tant une figure impor­tante de la poé­sie amé­ri­caine du début du 20esiècle. Voici une antho­lo­gie bilingue qui contri­bue­ra à la révé­ler à un plus large public et à mesu­rer la pro­fon­deur de son oeuvre. C’est la sim­pli­ci­té qui domine dans ses poèmes dont « le chant témoigne d’une quête de sagesse », sou­ligne Alain Saint-Marie en pré­sen­tant ce recueil.

   Sara Teasdal fait par­tie de ces femmes poètes qui ont su, à un moment de leur exis­tence, s’émanciper de leur milieu et expri­mer une liber­té à rebours  du « sens vic­to­rien des conve­nances », comme le sou­ligne Alain Sainte-Marie qui assure la tra­duc­tion et la pré­sen­ta­tion de ce recueil. Elle publie­ra d’ailleurs ses pre­miers recueils dans une revue fon­dée par un groupe de jeunes femmes. Plus tard, en 1908, elle ren­con­tre­ra Marion Cummings Stanley, l’épouse du poète E.E.Cummings et ce sera le début d’une ami­tié féconde.

    La célé­bra­tion de l’amour (qui fut pour­tant, pour elle, l’objet de nom­breuses décon­ve­nues ou dés­illu­sions) ain­si que la joie et l’émerveillement devant les beau­tés de la nature, sont les mar­queurs essen­tiels de son œuvre.

       Sara Teasdale, Œuvres choi­sies, La Part Commune,  édi­tion bilingue, 155 pages, 14 euros.

 

Je ne mour­rai pas, car j’ai goû­té la joie
A la coupe du crois­sant de lune,
Et savou­ré comme on savoure le pain
Les nuits pro­fondes de juin 

 

Les textes de Sara Teasdale sont empreints d’une forme de sen­sua­li­té, sur­tout dans ses pre­miers poèmes mar­qués par la quête amou­reuse. A 23 ans, elle écrit :

 

J’ai offert à mon amour un rouge pavot,
Que j’ai posé sur son cœur froid comme neige :
Mais cette fleur exige un ter­reau plus chaud,
Nous avons pleu­ré la mort du coque­li­cot 

 

S’adressant à son « très cher et très ridi­cule ami », elle s’exclame : « Pourquoi fais-tu la guerre à l’amour/Pour perdre à la fin la bataille » Ailleurs, la voi­là qui se lan­guit « autant que la mare/​près du rivage ».

 

Avec le temps, les « idées noires » gagne­ront du ter­rain ain­si que les « songes froids ». Lucide jusqu’au bout sur son état, elle parle de « l’immuable dou­leur des choses ». Ce dont témoigne son recueil sans doute le plus abou­ti, La flamme et l’ombre, publié alors qu’elle a 36 ans et dont cette antho­lo­gie publie pas moins de dix-huit poèmes.

 

Quand je mour­rai, rap­pe­lez-moi
Que j’ai aimé les bour­rasques de neige,
    Même si elles piquaient comme des fouets ;
Que j’ai aimé toutes choses char­mantes,
Que j’ai fait de mon mieux pour accueillir leur dard
    D’un rire gai sans amer­tume 

 

 

 Sara Teasdale se sui­cide le 29 jan­vier 1933. Elle avait 49 ans.

Présentation de l’auteur

Sara Teasdale

Sara Teasdale est une poé­tesse amé­ri­caine née à Saint Louis. Sa mère était Mary Elizabeth Willard et son père John Warren Teasdale. Elle était la cadette d’une famille de deux frères et d’une sœur. 

Vers quinze ans, elle com­pose des poèmes et des son­nets,  une poé­sie lyrique sur les sen­ti­ments et la beau­té des choses. Ses poèmes sont rapi­de­ment  publiés dans le jour­nal local. En 1907 est édi­té le pre­mier recueil de ses poé­sies “Sonnets à Duse et autres poèmes“. En 1911, un second recueil est publié.

En 1914, elle se marie avec Ernst Filsinger, mais ils divor­ce­ront en 1929.

En 1918, sa col­lec­tion de poé­sies “Love Songs” gagne trois récom­penses lit­té­raires : le Prix de l’association de poé­sie de l’Université Columbia de New York, le Prix de l’association amé­ri­caine de poé­sies et le Prix Pulitzer de la poé­sie de 1918.

Le , Sara Teasdale se sui­cide à New York. Elle sera inhu­mée au cime­tière Bellefontaine de Saint Louis.

© Crédits pho­tos Wikipedia

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Pierre Tanguy

Pierre Tanguy est ori­gi­naire de Lesneven dans le Nord-Finistère. Ecrivain et jour­na­liste, il par­tage sa vie entre Quimper et Rennes. En 2012, il a obte­nu, pour l’ensemble de son œuvre, le prix de poé­sie attri­bué par l’Académie lit­té­raire de Bretagne et des Pays de la Loire. Ses recueils ont, pour la plu­part, été publiés aux édi­tions ren­naises La Part com­mune. Citons notam­ment "Haïku du che­min en Bretagne inté­rieure" (2002, réédi­tion 2008), "Lettre à une moniale" (2005), "Que la terre te soit légère" (2008), "Fou de Marie" (2009). Dernière paru­tion : "Les heures lentes" (2012), Silence hôpi­tal, Editions La Part com­mune (2017).

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