> Chemin de feu, peinture et poésie, de Bernard Grasset

Chemin de feu, peinture et poésie, de Bernard Grasset

Par | 2018-02-21T06:22:42+00:00 2 octobre 2013|Catégories : Critiques|

 

Bernard Grasset sur un « chemin de feu »

 

    Il qua­li­fie son livre de « jour­nal poé­ti­co-pic­tu­ral en quête de lumière ». Bernard Grasset voit juste à pro­pos de l’entreprise artis­tique qu’il a menée en com­pa­gnie du peintre Glef Roch. « Un che­min de fer­veur humaine, un che­min de lumière mal­gré l’angoisse et les ténèbres », déclare-t-il dans la pré­face à son ouvrage.

     Avec Bernard Grasset, il n’y a vrai­ment pas de sur­prise. Et c’est tant mieux. Nous voi­ci de plain-pied avec lui dans un « lyrisme de l’intériorité ». Ce qu’il creuse dans cha­cun de ses livres, comme il le dit si bien, c’est « le sens de la pro­fon­deur de l’existence, le sens de l’invisible, d’un indi­cible si tenu et pour­tant tota­le­ment fon­da­teur ».

     Il y a un fil rouge pour mener à cet indi­cible, c’est le che­min, décli­né ici en « che­min rouge » ou « che­min de feu ». L’importance sym­bo­lique de ce che­min saute, bien enten­du, aux yeux. Il a quelque chose à voir avec la Voie, magni­fiée sous d’autres cieux et dans d’autres cultures, mais sûre­ment aus­si avec le che­min qu’indique le Christ (« Je suis le Chemin, la véri­té et la Vie »). Pour autant, Bernard Grasset n’alourdit pas son texte de réfé­rences bibliques. Il ne force pas le trait, même si cer­tains titres de poèmes (en réso­nance avec les pein­tures) indiquent bien à quelle source il puise : « Ascension », « Pieta », « Terre d’Israël », « Procession »… Il y a aus­si la réfé­rence expli­cite à la figure de Job dans le poème inti­tu­lé « Souffrant ».

         Lisons donc avec fer­veur ces beaux textes en prose poé­tique de l’auteur. « Tu sais l’alliance de la parole et du silence. Un bat­te­ment d’ailes monte de la nuit. Comme une cou­lée de lumière. Créer et lut­ter. Au plus secret du cœur » (extrait du poème inti­tu­lé « Surgissement »). Ou ceci encore : « Quand le soleil est brû­lant, s’effacent les heures. Penser à l’autre ver­sant. Célébrer les mots et les cou­leurs. Un peu de loin­tain dans les paumes rou­geoyantes » (poème inti­tu­lé « en route vers la mai­son »).

         Bernard Grasset est un homme des marges. Il est d’origine ven­déenne,  né aux confins de la Bretagne, de l’Anjou et du Poitou. Ses marges sont aus­si spi­ri­tuelles. « Lumière dans les champs de blé. Ecrire et peindre. Peindre et écrire. La langue de feu apprend les ultimes paroles » (extrait du poème inti­tu­lé « che­min de feu »).

     Veilleur, incon­tes­ta­ble­ment, Bernard Grasset se révèle ici, plus que jamais, comme un « poète des pré­sences », dans des textes illu­mi­nés par les pein­tures ful­gu­rantes de Glef Roch.

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