Calée sur les pro­grammes de col­lège, cette col­lec­tion offre un texte inté­gral assor­ti d’un dossier. Celui-ci est clas­sique­ment organ­isé autour de 4 pôles : la décou­verte du texte, l’analyse, l’expression de l’élève (écri­t­ure poé­tique et débat) et les pro­longe­ments vers les textes con­tem­po­rains et les œuvres d’art. Clas­sique, mais j’observe un soin par­ti­c­uli­er apporté dans la clarté des infor­ma­tions, que ce soit dans les notes de bas de page du texte que dans le dossier. Prenons par exem­ple le chapitre sur la ver­si­fi­ca­tion des Romances sans paroles :

Une métrique de poésie ou de chanson ?

Le mètre est le nom­bre se syl­labes pronon­cées dans un vers. Lors de la pub­li­ca­tion des romances sans paroles, les vers les plus fréquem­ment util­isés restent (…) On trou­ve égale­ment dans le recueil des vers de qua­tre, cinq, six, sept, neuf, onze syl­labes, ce qui est une palette très divesi­fiée pour l’époque ! De plus Ver­laine utilise le vers impair, un vers alors très rare (…) L’hendécasyllabe, hérité de la chan­son (…) Selon Ver­laine, cette insta­bil­ité donne davan­tage de musi­cal­ité au vers.

 

Dans le Prévert, on ne pour­ra que louer le glos­saire sur l’argot parisien qui, out­re l’intelligence des poèmes, peut faire l’objet d’un sup­port de cours sur les reg­istres de langue.

Les ques­tions posées au jeune lecteur, loin d’être déco­ra­tives, sont claires et sans ambiguïté, aidant à s’ouvrir à l’œuvre et à ouvrir son atten­tion au sens, au style, au monde. Les pro­longe­ments for­ment d’intéressants groupe­ments de textes et d’œuvres, lesquelles prof­i­tent de la quadrichromie des 2ème et 3ème de couverture.

 

Fidèle à sa tra­di­tion d’élégance, la mai­son Gal­li­mard pro­pose une mise en page qui mérite le détour des élèves et de leurs enseignants.

La présen­ta­tion des poèmes est dans une typogra­phie clas­sique gara­mond, qui donne un aspect « vrai livre lit­téraire ». Des polices plus « doc­u­ments » sont réservées au dossier. Dans ce dernier, on ne peut qu’être séduit par les pic­togrammes intel­li­gents conçus par Lau­ra Yates. Intel­li­gence qui, loin d’être acces­soire, par­ticipera utile­ment à une for­ma­tion de l’œil de l’élève.

 

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Eric Pistouley

Débuts lit­téraires au Temps qu’il fait : Une poé­tique du livre, un essai qui explore l’instant où, avant d’en lire la pre­mière ligne, on prend un livre dans ses mains. Quand finit l’objet ? Où com­mence le texte ? His­toires de fron­tières, de pas­sages, de chevauche­ment, de jeu entre des ter­ri­toires. Suivi d’un clone de la Religieuse por­tu­gaise, Let­tres de Ré, d’une bluette sous pseu­do et divers­es col­lab­o­ra­tions dont celle depuis bien­tôt dix ans avec la revue Espace(s).