Deux visages féminins, deux poètes celtes

Par |2022-05-08T13:55:03+02:00 3 mai 2022|Catégories : Angèle Vannier, Anjela Duval, Essais & Chroniques|

Deux femmes nées au début du XXème siè­cle et décédées à un an d’intervalle, elles por­tent le même prénom à la sig­ni­fi­ca­tion sym­bol­ique : « le mes­sager », toutes deux héri­tières de Orphée, le mes­sager, le médi­a­teur et voy­ant priv­ilégié. Cha­cune a vu la nature à la façon baude­lairi­enne « comme une forêt de sym­bol­es », poètes enrac­inées en Bre­tagne rurale, riche de pier­res cel­tiques, de forêts, de con­tes, de mythes et de chan­sons pop­u­laires, elles surent célébr­er et révéler le monde tel qu’elles le voyaient.

Anjela Duval ne quit­ta jamais sa ferme de Traon An Dour sur la com­mune de Vieux-Marché dans le pays du Tré­gor. Angèle Van­nier née en bord de mer à Saint-Ser­van près de Saint-Malo, ira jeune femme et jeune épouse vivre un temps à Paris, mais elle choisira de retourn­er seule vivre dans la demeure famil­iale Le Chatelet à Bazouges-la-Pérouse en Ille-et-Vilaine.

Le bon­heur d’être dans la nature et de vivre dans une société rurale traditionnelle

« La terre est comme mon deux­ième corps », « Celui qui n’a pas de terre, n’a pas de racines » (Anjela Duval), elle restera attachée à ses quelques arpents de terre hérités de ses par­ents, toute sa vie, elle les cul­tivera : « Je n’aimais que les cam­pagnes, les cam­pagnes si belles de ma Basse-Bre­tagne », « Mes vers je les écris avec le soc de ma char­rue / Sur le chair vive de mon Pays de Bre­tagne sil­lon après sil­lon ». Elle écrit la nuit tombée et puise ses mots dans cette terre qu’elle cul­tive. Elle est émer­veil­lée par cette nature avec laque­lle elle est en com­mu­nion : « Faut pas lésin­er sur sa peine à pro­pos de la terre, parce que la terre, elle rend à mesure qu’on lui donne. » 

La terre bre­tonne est aus­si essen­tielle à Angèle Van­nier qui chante les élé­ments, la voix des arbres, l’esprit des pier­res, l’âme des ani­maux. Elle aus­si sait qu’il faut puis­er dans ses racines pour nour­rir sa poésie riche de légen­des et de mythes bretons.

« Emportez-moi dans la char­rette pau­vre et nue / Avec le grand vieil­lard et la femme et l’enfant / Emmenez-moi crev­er l’oraison des étangs / Des étangs noirs pétris de charme et de cigües. »1

Deux âmes celtes

« Je suis pro­fondé­ment celte » Angèle Van­nier2

Rev­enue en Bre­tagne lorsque la céc­ité la frappe, elle va s’inscrire dans la tra­di­tion des bardes dont on dit que beau­coup étaient aveu­gles ; comme eux, accom­pa­g­née du harpeur Myrd­hin (Mer­lin en français)3 elle ira de ville en ville, en France et à l’étranger dire et chanter ses poèmes, elle en français, lui en breton.

Pour Anjela Duval la langue bre­tonne est aus­si une terre dont elle se sent exilée, l’interdiction de par­ler bre­ton à l’école fut une blessure. La forme en bre­ton de son prénom qu’elle adopte en 1966, affirme son choix iden­ti­taire. Dès les années 60, elle écrit en bre­ton sur des cahiers d’écolier4, dans un style entre le bre­ton lit­téraire et le bre­ton pop­u­laire : « Le bre­ton coulait de sa plume avec une énergie et des expres­sions savoureuses en jail­lis­saient sans cesse. » (Ronan Le Coadic)

L’écriture essen­tielle

Deux œuvres nées de la fragilité, l’écriture est alors essen­tielle pour con­tin­uer à vivre : « Pour ce qui est de moi, ma vie est un mir­a­cle de tous les jours, je me tiens debout que par habi­tude. » (Anjela Duval). Très jeune, elle est atteinte d’une mal­adie des os qui la fera souf­frir toute sa vie. Elle qui a sac­ri­fié sa vie affec­tive et choisi de rester à la ferme pour s’occuper de ses par­ents, con­naît une pro­fonde dépres­sion à leur dis­pari­tion. L’écriture la sauve, avec des accents proches de Marie Noël, elle affirme : « Je veux devenir une petite poétesse, tel est le désir de mon cœur ici-bas. » et con­seille : « Achète-toi plutôt un cray­on, vois-tu / (tu en auras trois pour dix-huit sous) / Tu trou­veras du papi­er en quantité/ Où tu voudras. Autant que tu voudras / Et assieds-toi pour écrire ». Elle vit en ermite, l’écriture est pour elle un don qu’elle fait aux autres. Quand la célébrité vien­dra, comme un apos­to­lat, elle pren­dra le temps de répon­dre à chaque cour­ri­er qui lui est adressé. Elle écrira à des poètes comme Gérard Le Gouic, ils échang­eront des let­tres et cartes postales de 1973 à 1980.5

La mal­adie est aus­si une des fragilités de Angèle Van­nier, opérée sans suc­cès d’un glau­come à 22 ans alors qu’elle est en 3ème année de phar­ma­cie, elle devient aveu­gle, retourne à Bazouges-la-Pérouse et se réfugie dans la poésie : « Il me sem­ble que ma vie et ma poésie ne font qu’un ». La céc­ité est une épreuve, mais aus­si une force, car elle est pour elle un éveil per­ma­nent : « La céc­ité, bien vécue, serait peut-être cet état per­pétuel de trans­po­si­tion et tout est presque vécu au niveau poétique ».

La fragilité est pour ces femmes un chemin vers le dépouille­ment qui per­met d’atteindre l’essentiel et la poésie traduit cet essentiel.

L’éloge de la sim­plic­ité et de la lenteur

Leur poésie emprunte aus­si le chemin de la sim­plic­ité et de la lenteur. « J’ai vécu comme au XIXème siè­cle (…) Je n’ai jamais eu l’électricité dans cette mai­son. Quand j’ai per­du la vue l’électricité n’était pas encore instal­lée. » (Angèle Vannier)

Angèle habite une belle demeure, mais il n’y a rien de super­flu. Une sim­plic­ité encore plus grande règne dans la ferme de Anjela Duval qui vit une sit­u­a­tion proche de la grande pauvreté.

Si Angèle Van­nier n’a rien per­du de sa féminité, Anjela elle ne con­naît aucune coquet­terie : « Elle appa­rais­sait austère, sévère, avec un bon­net recou­vrant une chevelure à la dia­ble avec jupe et sar­rau noirs. Elle allait d’un pas d’homme, sans grâce, en sabots. » (Roger Laoue­nan)6

Toutes deux vivent en écoutant le rythme des élé­ments, et peu­vent ain­si se met­tre à l’écoute de ce qu’elles sont. Anjela paysanne sait atten­dre et regarder, elle ne se met à écrire qu’à 55 ans, riche de ce temps passé à regarder et à aimer cette terre qu’elle cultive.

La demeure d’Angèle Van­nier, Le Chatelet, © Nicole Lau­rent- Catrice.

Un chemin essen­tiel pour ensuite se tourn­er vers les autres. Cette femme qui a arrêté l’école à 12 ans, seule dans sa ferme com­prend une grande par­tie des ques­tions qui se posent aujourd’hui à l’humanité, elle se pose des ques­tions d’ordre envi­ron­nemen­tal, dans son poème Sahara, elle évoque déjà la déforesta­tion et le change­ment cli­ma­tique. Elle con­stru­it, pour y répon­dre, une philoso­phie de la vie qu’elle exprime dans sa poésie et « elle a su … met­tre sa vie en accord avec sa vision poé­tique et mys­tique du monde jusqu’à en mourir » (Ronan Le Coadic)

La céc­ité impose aus­si à Angèle Van­nier la lenteur, celle du geste. Une céc­ité favorise l’écoute pour ensuite grâce l’écriture, traduire des sen­sa­tions physiques intens­es. Elles ont su se met­tre à l’écoute de ce monde char­nel qui les entoure ; pour elles, écrire : c’est retrou­ver l’incarnation.

Une poésie de l’engagement

La poésie per­met à Anjela d’apporter sa con­tri­bu­tion à la lutte pour la défense de l’identité bre­tonne et la recon­nais­sance de son peu­ple. Elle s’engage dans la défense d’une Bre­tagne autonome ; en 1979, elle écrit au pro­cureur de la cour de sûreté de l’Etat, et apporte son sou­tien aux jeunes auton­o­mistes incar­cérés pour l’attentat de Roc’h‑Trédudon. Fidèle à elle-même, elle mon­tre un esprit de résis­tance : « Je ne puis pas beau­coup pour cette généra­tion, mais elle m’est chère, c’est la Bre­tagne de demain. Mon cœur souf­fre de leur souf­france. J’ai mal à ma Bre­tagne, moi la triple­ment demeurée : demeurée bre­tonne, demeurée chré­ti­enne, demeurée ter­ri­enne. »7

Anjela, Angèle deux femmes qui éveil­lent les con­sciences, revendiquent la richesse cul­turelle bre­tonne : « Je n’ai pas envie que les celtes ail­lent envahir tous les pays. Je laisse aux autres le droit de s’exprimer dans leur pro­pre langue et mytholo­gie. Qu’on nous laisse nos couleurs, nos formes, nos rêves, notre rela­tion au monde en con­sid­érant que nous pou­vons l’enrichir. » (Angèle Van­nier)8

Por­trait d’An­jela Duval.

Très vite la reconnaissance

Dès son retour à Bazouges-la-Pérouse lorsque la céc­ité la frappe et avant de rejoin­dre la cap­i­tale pour quelques années encore, elle fait une ren­con­tre essen­tielle. Théophile Bri­ant qui ani­me la revue poé­tique Le goé­land est réfugié dans son vil­lage, il apprend qu’elle écrit et il vient la trou­ver : « Il m’a mise au monde, il a accouché de moi en tant que femme et en tant que poète… »9. Elle s’efforcera de met­tre en pra­tique son con­seil : « Fouille tes racines, fouille ta nuit, ton âme est celte, décou­vre-la ». Il pré­face en 1947 son pre­mier recueil : Les songes de la lumière et de la brume, en 1950 Paul Elu­ard pré­face L’Arbre à feu ed Le Goé­land. Ses textes sont con­nus du grand pub­lic, elle écrit des chan­sons qui sont inter­prétées par Edith Piaf, Cather­ine Sauvage, Suzy Delair10. Elle ren­con­tre le pub­lic et ses spec­ta­cles et lec­tures sont nom­breux de 1946 à 1980, en France et à l’étranger11, elle par­ticipe à des émis­sions de radio et de télévision.

Anjela Duval entrée tar­di­ve­ment en écri­t­ure en 1960, pub­lie dès 1962 dans des revues bre­tonnes de références : Ar Bed Kel­teik et Barr-heol12. En 1971 André Voisin réal­isa­teur à l’ORTF va à sa ren­con­tre pour son émis­sion les con­teurs et met en lumière cette femme de l’ombre. D’autres émis­sions suiv­ront à la BBC et dans divers­es émis­sions étrangères. Per­son­ne ne reste indif­férent à cette femme authen­tique, habitée par l’expression poé­tique, nour­rie de son identité.

Deux poètes majeures

Ces deux poètes celtes sont des fig­ures majeures de la poésie bre­tonne, elles ray­on­nent aujourd’hui encore 40 ans après leur dis­pari­tion. Les pub­li­ca­tions se mul­ti­plient après leur mort, en 1990 paraît chez Rougerie une antholo­gie de poèmes choi­sis (1947–1978) de Angèle Van­nier, son amie la poète Nicole Lau­rent-Catrice en 2017 lui con­sacre un essai : Demeure d’Angèle Van­nier ed Sauvages.

En 1998 sur l’initiative de l’universitaire Ronan Le Coad­ic est créée l’association Mignoned Anjela afin de sauve­g­arder et de dif­fuser l’œuvre d’Angela Duval; en 2000 paraît son œuvre com­plète, la pre­mière d’un poète bre­ton : Oberenn glok ed Mignoned, les textes bre­tons sont traduits en français par le poète Paol Keineg. Des chanteurs con­tem­po­rains repren­nent les textes de Anjela en 2012, le groupe bre­ton Unité Maü dédie à Anjela son Chant de la terre, son poème Karan­tez vro (l’amour du pays) mis en musique par Véronique Autret est chan­té par Nol­wenn Leroy dans son album Bre­tonne. Leurs œuvres s’inscrivent dans la grande tra­di­tion de la lit­téra­ture celte, celle des bardes, une poésie de l’écrit mais aus­si de l’oralité qui a su se nour­rir des con­tes et des légendes.

Cette réflex­ion de Paul Elu­ard à pro­pos de l’œuvre de Angèle Van­nier con­vient aus­si à celle de Anjela Duval : « Je la tiens pour un très grand poète…Angèle Van­nier rejoint tout naturelle­ment Max Jacob, c’est-à-dire Mor­ven-le-Gaëlique et Saint-Pol Roux. C’est une bre­tonne authentique…On la sent en plein accord avec la nature…féérique sim­plic­ité qui donne à tout ce qu’elle écrit la couleur des brumes nacrées et claires de sa terre natale »

 Elles furent et restent deux poètes majeures de la lit­téra­ture cel­tique et française, bre­tonnes authen­tiques, en accord avec la nature, elles font désor­mais par­tie de cette cul­ture qu’elles ont l’une et l’autre aimée et défendue.

Notes

1. Emportez-moi, in : Le songe de la lumière et de la brume ed Sav­el 1947
2. Rythmes vis­ages Paroles d’Angèle Van­nier Les Cahiers d’Ere 1995
3. Myrd­hin était l’un des 3 harpeurs pro­fes­sion­nels de Bre­tagne, il sil­lon­nait le monde pour trans­met­tre la musique celte. Il a dirigé les ren­con­tres inter­na­tionales de harpes cel­tiques à Dinan.
4. 40 cahiers d’écolier seront retrou­vés à sa mort.
5. Anjela Duval let­tres à Gérard Le Gouic ed Berlobi
6. Anjela Duval Une voix prophé­tique : Ar Men n° 56 jan­vi­er 1994
7. Fin de la let­tre au pro­cureur citée par Jean Lavoué in, Voix de Bre­tagne le chant des pau­vres ed L’Enfance des arbres (p.97).
8 et 9 . Rythmes vis­ages Paroles d’Angèle Van­nier, les Cahiers d’Ere (1995)
10. Le cheva­lier de Paris chan­son inter­prétée par Edith Piaf, reprise par Frank Sina­tra, Yves Mon­tand, Mar­lène Diet­rich et Bob Dylan.
11. La Vie tout entière spec­ta­cle conçu avec Myrd­hin sera joué à tra­vers l’Europe.
12. Anjela Duval pub­lie dès les années 60 des arti­cles dans la revue AR Bed Keltiek dirigée par Roparz Hemon et dans Barr-heol dirigée par l’abbé Mar­cel Klerg.

       

Présentation de l’auteur

Présentation de l’auteur

Anjela Duval

Anjela Duval, nom de plume de Marie-Angèle Duval, née le au Vieux-Marché(Côtes-du-Nord) et morte le à Lan­nion (Côtes-du-Nord) est une poétessefrançaise.

Bib­li­ogra­phie 

  • Kan an douar. Brest, Al Liamm, Le Chant de la terre, 1973.
  • Traoñ an Dour (recueil posthume), édi­tions Al Liamm, 1982.
  • Tad-kozh Rop­erz-Huon (1822–1902), Hor Yezh, 1982, 1992.
  • Me, Anjela, Mouladu­ri­où Hor Yezh, 1986, (ISBN 2–86863–023–5).
  • Rouzig ar gwiñver, Édi­tions An Here 1989.
  • Stourm a ran war bep tachenn, Édi­tions Mignoned Anjela, 1998.
  • Oberenn glok (œuvre com­plète), 2000, 2005, Édi­tions Mignoned Anjela (ISBN 2951266839).
En tra­duc­tion
  • Leno­ra Timm, A Mod­ern Bre­ton Polit­i­cal Poet, Anjela Duval A Biog­ra­phy and an Anthol­o­gy, Stud­ies in French Lit­er­a­ture Num­ber 5, Edwin Mellen Press, (ISBN 0–88946–570–3), 1990.
  • Au fil des saisons — Gant ar mare­où-bloaz, (bilingue, ver­sion française de Pierre-Jakez Hélias), Coop Breizh, 1995.
  • Qua­tre Poires, (bilingue, ver­sion française de Paol Keineg), Édi­tions Mignoned Anjela, 2005.

Poèmes choi­sis

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Ghislaine Lejard

Ghis­laine Lejard a pub­lié plusieurs recueils de poésie, dernières paru­tions en 2015 : Si brève l’éclaircie (ed Hen­ry), en 2016 : Un mille à pas lents (ed La Porte), 2018 a col­laboré avec 25 textes au livre de Bruno Roti­val Silence et Partage (ed Medi­as­paul, 2019 Lam­beaux d’humanité en col­lab­o­ra­tion avec Pierre Rosin ( ed Zin­zo­line). . Ses poèmes sont présents dans des antholo­gies, dans de nom­breuses revues et sur des sites. Elle col­la­bore régulière­ment pour des notes de lec­ture ou des arti­cles à des revues papi­er et des revues numériques. Des plas­ti­ciens ont illus­tré de ses poèmes, des comé­di­ens les ont lus. Elle organ­ise des ren­con­tres poé­tiques. Elle a été élue mem­bre de l’Académie lit­téraire de Bre­tagne et des Pays de la Loire, en 2011. Elle est mem­bre de l’association des écrivains bre­tons ( AEB). Elle est aus­si plas­ti­ci­enne, elle réalise des col­lages. Elle a par­ticipé à des expo­si­tions col­lec­tives en France et à l’étranger et a réal­isé des expo­si­tions per­son­nelles. Ses col­lages illus­trent des recueils de poésie. Elle col­la­bore avec des poètes à la réal­i­sa­tion de livres d’artiste http://ghislainelejard.com/ https://fr.wikipedia.org/wiki/Ghislaine_Lejard Elle ani­me des ate­liers de col­lage. Elle pra­tique l’art postal, a réal­isé à Nantes et en région nan­taise des expo­si­tions d’art postal ; elle a ini­tié le con­cept de « rich­es enveloppes », asso­ciant col­lage et poésie, de nom­breux poètes y ont déjà participé.
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