LES CARTES POSTALES de Valérie Canat de Chizy

Par |2026-05-06T10:51:53+02:00 6 mai 2026|Catégories : Critiques, Valérie Canat de Chizy|

Un titre au par­fum suranné…Qui n’a gardé en mémoire cette joie douce et nos­tal­gique de recevoir une carte por­tant la mar­que du lien ami­cal et faisant rêver devant la beauté ou l’étrangeté de l’image ?…

Ouvrir le recueil de Valérie Canat de Chizy, c’est ouvrir son âme et son cœur aux mou­ve­ments de la vie, s’ancrer dans l’histoire d’une femme, enten­dre la douleur d’un enfer­me­ment insup­port­able qu’elle trans­forme par la force de ses mots en source vive et aimante. C’est ressen­tir la soli­tude, la soif d’amour, s’approprier « le grand vide intérieur » qui creuse son être mais aus­si laiss­er le soleil vous caress­er, vous réchauf­fer, vous faire sen­tir vivant, vibrant, enten­dre ce « quelque chose (qui) naît à l’intérieur voudrait grandir/comme une recon­nais­sance de (soi)-même ». C’est ramen­er « l’immense dans (son) sac à dos » après l’effort de la marche sur les sen­tiers de la beauté. Ce recueil d’une très grande sen­si­bil­ité boule­verse par la force tran­quille de ses mots qui vont chercher au fond de nous les émo­tions des jours, les ombres de nos nuits et la joie qui inonde lorsque la lumière réapparaît.

L’autrice nous fait par­ticiper à des moments de ren­con­tre, de bon­heur sim­ple comme une crêpe dégustée en Bre­tagne, une fleur « recon­nue » et achetée, une marche en ville ou en mon­tagne. Elle dévoile aus­si des joies et des douleurs d’enfance, ravive des sou­venirs et les mue en « force secrète ».

Mais si l’image des cartes postales induit l’idée de vacances et de liens entre les êtres aimés, elle traduit aus­si chez Valérie Canat de Chizy, la soli­tude du silence for­cé vécue douloureuse­ment par l’auteur et que seuls les mots écrits peu­vent fendre. Ce recueil dans sa fausse légèreté porte la souf­france d’un isole­ment que l’amour d’un père mal­mené lui aus­si par la vie apaise imparfaitement.

Valérie Canat De Chizy, Les Cartes postales, Jacques André édi­teur, Col­lec­tion : Poésie XXI, 2026, 58 pages, 12 €.

Poèmes sou­venirs, poèmes cris, poèmes bon­heurs, poèmes deuils, les textes de ce recueil sont autant de pier­res mis­es sous les pas de l’auteur pour assur­er sa marche vers l’acceptation et le dépouille­ment intérieur. « C’est comme si je marchais/ au milieu d’un ter­rain miné/sauf que cela n’explose pas » et peu à peu les « ronces du panier » sont « remplacées/et les épines ôtées » et voici que l’enfance blessée laisse remon­ter la douceur des sou­venirs heureux. Et si vivre pour la poétesse, c’est « avancer en funam­bule » avec « la men­ace » de « la mort qui guette au détour du chemin », il lui faut alors « polir chaque sec­onde tutoyer/l’instant présent » pour ressen­tir « sur la peau la douceur du moment présent » et sal­va­teur. Les poèmes de Valérie Canat de Chizy sont autant d’arrêt sur images qui tran­scrivent l’imbrication des ombres et des lumières d’une vie par­ti­c­ulière et sen­si­ble qui rejoint la nôtre et nous atteint en plein cœur.

Présentation de l’auteur

Valérie Canat de Chizy

Valérie Canat de Chizy est  bib­lio­thé­caire à Lyon. Ses pre­mières pub­li­ca­tions parais­sent en 2006 chez Encres vives. D’autres recueils suiv­ront: “Entre le verre et la men­the” chez Jacques André édi­teur en 2008, “Même si” au Pré # car­ré en 2009, “Pierre noire” aux édi­tions de l’Atlantique en 2010. Depuis 2005, elle assure des recen­sions pour la revue Ver­so. Elle est en out­re présente dans divers­es revues de poésie. 
Son blog: http://verrementhe.blogspirit.com

© Crédits pho­tos (sup­primer si inutile)

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Isabelle Poncet-Rimaud

Isabelle Pon­cet-Rimaud est née à Lyon en 1947. Après avoir vécu longtemps en divers­es régions de France et en Bel­gique, elle s’est fixée en ter­res occ­i­tanes. Depuis 1985, elle a pub­lié 17 titres en poésie, des nou­velles et reçu quelques prix dont celui de la Société des écrivains d’Alsace et de Lor­raine en 1994. Adhérente du Pen club français, elle est aus­si mem­bre de l’Académie Rhé­nane et de l’Académie Rho­dani­enne des Let­tres. Elle est pub­liée dans de nom­breuses antholo­gies tant français­es qu’étrangères et cer­tains de ses recueils ont été traduits en édi­tion bilingue (fran­co-roumain et fran­co-ital­ien). Plusieurs de ses poèmes ont égale­ment été traduits et pub­liés en Bul­gar­ie, Alban­ie, Por­tu­gal, Espagne, Islande, Grèce, Inde, Etats-Unis… Son goût pour la col­lab­o­ra­tion avec d’autres arts lui a per­mis de tra­vailler avec des pein­tres et avec le com­pos­i­teur Damien Char­ron. Ses poèmes ont été chan­tés en France et à l’étranger. Ses deux derniers recueils : Dia­logue avec le jour (Ed.Unicité- 2021) L’écorce du silence (Ed. Unic­ité ‑2024) Un recueil est en pré­pa­ra­tion. Site : isabelleponcet-rimaud.com
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