Il y a quatre ans, la Russie de Poutine envahissait l’Ukraine. Des poètes se sont vite levés pour clamer la liberté et l’indépendance de leur pays. Yaryna Chornohuz en fait partie. Son recueil intitulé C’est ainsi que nous demeurons libres en est le témoignage.
Yarina Chornohuz est né à Kiev. Elle a 31 ans. Après des études de philologie et de littérature, elle a travaillé pour un éditeur en faisant des traductions de textes anglais en ukrainien. Dès 2019, elle s’était portée volontaire au sein de l’armée dans la région du Donbass en état de guerre larvée depuis 2014. Lors de l’invasion russe de 2022, Yarina Chornohuz servait comme soldat dans la région de Marioupol. La même année, elle fit un voyage aux États-Unis avec deux autres femmes soldats pour demander de l’aide militaire à la Chambre des députés et au Sénat. Depuis elle est devenue caporal-chef et pilote de drones.
La poétesse ukrainienne raconte dans son recueil, avec émotion, ce qu’elle voit autour d’elle. A la fois les menus faits de la guerre et les moments les plus tragiques. Le paysage est au diapason des souffrances subies par son peuple. « ô Don du Nord tes rives sont une zone grise/ici les gens en chassent d’autres/et moi je suis parmi eux/je veux nous voir libres, moi et toi/libres de l’ennemi russe ». La poésie est vite devenue pour Yaryna Chornohuz un outil de résistance et de préservation de l’identité ukrainienne. Quand elle rend hommage aux morts sur le champ de bataille, elle clame fort la liberté de son pays. Ainsi dans ce poème où elle unit les vivants et les morts : « Il n’y a pas de morts au-delà/ils luttent derrière le dos des vivants/et abattent dix ennemis en un coup/à la pause cigarette entre deux tirs/ils chuchotent aux vivants/la mort, on lui a déjà survécu/et pourtant, vous voyez, on continue à lutter à vos côtés/il faut savoir nous voir/mais tout le monde n’en n’est pas capable ».

Yaryna Chornohuz, C’est ainsi que nous demeurons libres, Le Tripode, 110 lignes, 16 euros.
Yaryna Chornohuz a reçu pour son livre le prix national de littérature ukrainienne, le prix Taras-Chevtchenko, du nom de ce célèbre poète ukrainien (1814–1861) chantre de la liberté et de l’indépendance de son pays (dont l’université de Kiev porte le nom) et qui écrivait : « Quand je mourrai enterrez-moi/dans une tombe du milieu de la steppe/de ma chère Ukraine ». La poétesse ukrainienne évoque d’ailleurs, dans l’un de ses poèmes, cette steppe ukrainienne où l’on meurt aujourd’hui pour la liberté : « tu es comme le vent des steppes/et si désuète que soit cette comparaison je la répéterai encore/tu es comme le vent des steppes/depuis que tu as quitté le monde des vivants/et si profonde que soit la forêt où je cours/si profondément essoufflée que je sois/à force de courir/tu continues à me porter sur ton dos ». Sans doute une adresse à son compagnon tué par un sniper sur le front en 2020.
En novembre 2024, Yaryna Chornohuz avait participé, aux Champs libres, à Rennes, à la rencontre « Face à la guerre-dialogues européens ». A cette occasion, elle avait lu en français le premier poème de son recueil, dédié à Koutcher, nom de combattant se son compagnon. « si nous restons en vie/j’essaierai pour la première fois/de planter une tige dans un champ /épargné par les mines/planter avec mes mains d’habitante des villes/qui n’a vu/ce que cache l’asphalte/qu’avec l’arrivée de la guerre ».
Présentation de l’auteur
- Yaryna Chornohuz, C’est ainsi que nous demeurons libres - 6 mai 2026
- Jean Le Besnerais, Lettres d’un hôte à ta fenêtre - 6 mars 2026
- Anne-Lise Blanchard, Tableau du peu - 6 janvier 2026
- Cypris Kophidès, Ce monde en train de naître - 6 septembre 2025
- Lucie Grall, C’est toi qui mènes la danse - 6 mai 2025
- Rainer Maria Rilke, Lettres à une jeune femme - 6 mai 2025
- Eve Lerner, Un tant soit peu de lumière - 5 février 2025
- Jean-Yves André, Jacques Poullaouec, Femmes de pierre - 6 janvier 2025
- Jacques Josse, Trop épris de solitude - 21 décembre 2024
- Le 30e numéro de Spered Gouez, L’esprit sauvage - 6 novembre 2024
- Antonia Pozzi, Un fabuleux silence - 6 septembre 2024
- Jean-Pierre Boulic, Quelques miettes tombées du poème - 6 mai 2024
- Joseph-Antoine D’Ornano, Instantanés sereins - 1 mars 2024
- Cécile A. Holdban, Premières à éclairer la nuit - 6 février 2024
- Estelle Fenzy, Une saison fragile - 6 janvier 2024
- Maurice Chappaz, Philippe Jaccottet : Correspondance, 1946–2009 - 21 décembre 2023
- Marina Tsvetaïeva, Après la Russie - 6 décembre 2023
- Hélène Dorion, Mes forêts - 29 octobre 2023
- Cécile A.Holdban, Toutes ces choses qui font craquer la nuit - 22 septembre 2023
- Colette Wittorski, Ephéméride - 6 septembre 2023
- Jean-Claude Coiffard, Le ciel était immense - 21 juin 2023
- Cécile A. Holdban, Kaléidoscope, Tapis de chiffons - 6 juin 2023
- Claude Serreau, Réviser pour après - 20 mai 2023
- Philippe Jaccottet, La promenade sous les arbres - 29 avril 2023
- Gérard Bessière, De lumière et de vent - 20 avril 2023
- Chantal Couliou, Instants nomades - 6 avril 2023
- Paul Verlaine, Nos Ardennes - 19 mars 2023
- Michel Dugué, Veille - 1 mars 2023
- Marie de la Tour et Taxis, Souvenirs sur Rainer Maria Rilke - 21 février 2023
- Haïkus : Du bleu en tête - 5 février 2023
- Marie-Josée Christien et Yann Champeau, Marais secrets - 24 janvier 2023
- Yvon Le Men, prix Paul-Verlaine - 29 décembre 2022
- Gustave Roud, Œuvres complètes - 29 décembre 2022
- Liza Kerivel, Nos - 21 décembre 2022
- Cypris Kophidès, La nuit traversière - 4 décembre 2022
- Alain Vircondelet : Des choses qui ne font que passer - 18 novembre 2022
- Benoît Reiss, Un dédale de ciels - 6 octobre 2022
- Anne-Lise Blanchard, L’horizon patient - 22 septembre 2022
- Le haïku face au changement climatique - 1 juillet 2022
- Carles Diaz : L’arbre face au monde - 19 juin 2022
- Alain Vircondelet, Des choses qui ne font que passer - 20 mai 2022
- Olivier Cousin, La vie à l’envers - 3 mai 2022
- Yvon Le Men, Les Epiphaniques - 20 avril 2022
- Jean-Claude Albert Coiffard, Il y aura un chant - 5 avril 2022
- John Keats : La poésie de la terre ne meurt jamais - 21 février 2022
- Jean Lavoué, Carnets de l’enfance des arbres - 21 janvier 2022
- Claude Serreau, Résurgence ou les parenthèses du soir - 28 décembre 2021
- Stefan Zweig, La Vie d’un poète - 21 décembre 2021
- Christine Guénanten, Féerique fougère - 6 décembre 2021
- Xavier Grall – Georges Perros, Regards croisés - 21 novembre 2021
- Marie-Josée Christien, Eclats d’obscur et de lumière - 21 octobre 2021
- Yvon Le Men, La baie vitrée, Alda Merini, La folle de la porte à côté, Chantal Couliou, Du soleil plein les yeux - 6 septembre 2021
- Yeats : le poète irlandais réédité - 5 juillet 2021
- Anne-José Lemonnier, Au clavier des vagues - 20 avril 2021
- Eve Lerner, Le Chaos reste confiant - 21 février 2021
- Marie-Josée Christien, Constante de l’arbre - 6 février 2021
- François Clairambault, Les Anges sont transparents - 21 janvier 2021
- Nathan Katz, La petite chambre qui donnait sur la potence - 6 décembre 2020
- Colette Wittorski : L’immensité des liens - 31 octobre 2020
- Claude Vigée : la disparition d’un grand poète - 19 octobre 2020
- Nicole Laurent-Catrice, Pour la vie - 6 octobre 2020
- La douceur amère de l’Américaine Sara Teasdale - 19 septembre 2020
- Alain Kervern, « praticien » du haïku - 6 septembre 2020
- Marie-Claire Bancquart, De l’improbable précédé de MO®T - 21 juin 2020
- Nicolas Rouzet, Villa mon rêve - 6 juin 2020
- La vision Claire de Jacques Josse - 21 mai 2020
- Bernard Perroy et Nathalie Fréour, Un rendez-vous avec la neige - 6 mai 2020
- Le haïku face au changement climatique - 21 avril 2020
- Yvon Le Men et Simone Massi, Les mains de ma mère - 6 avril 2020
- Yves Elléouët, Dans un pays de lointaine mémoire - 21 mars 2020
- Etty Hillesum et Rainer Maria Rilke - 6 mars 2020
- Janine Modlinger, Pain de lumière - 26 février 2020
- Thierry Cazals et Julie Van Wezemael, Des haïkus plein les poches - 20 janvier 2020
- Bluma Finkelstein, La dame de bonheur - 5 janvier 2020
- Guénane, Ta fleur de l’âge - 20 décembre 2019
- Paul Guillon, La couleur pure - 6 décembre 2019
- Estelle Fenzy, La minute bleue de l’aube - 21 novembre 2019
- Jacques Rouil, Les petites routes - 6 novembre 2019
- Daniel Kay, Vies silencieuses - 25 septembre 2019
- En longeant la mer de Kyôto à Kamakura - 1 septembre 2019
- Autour de Salah Stétié - 6 juillet 2019
- Yvon Le Men : un poète à plein temps - 4 juin 2019
- Collection PO&PSY : le grand art de la forme brève - 4 juin 2019
- Fil autour de Jean-Claude Caër, François de Cornière, Jean-Pierre Boulic - 4 mai 2019
- Cécile A. Holdban : Toucher terre - 3 février 2019
- Rezâ Sâdeghpour, Yvon Le Men, Marc Baron - 4 janvier 2019
- Thierry-Pierre Clément reçoit le Prix Aliénor d’Aquitaine pour Approche de l’aube - 3 décembre 2018
- Gilles Baudry et Philippe Kohn, Roland Halbert, Xavier Grall - 3 décembre 2018
- Autour de Paol Keineg, Jean-Luc Le Cléac’h, Guy Allix et Amaury Nauroy - 5 novembre 2018
- Alexandre Romanès, Le Luth noir - 5 octobre 2018
- Le « roman » du poète Gustave Roud - 5 octobre 2018
- Japon : « Poèmes et pensées en archipel » - 6 avril 2018
- Marie-Hélène Prouteau enchante Nantes - 26 janvier 2018
- Antoine Arsan et son « éloge du haïku » - 26 janvier 2018
- Jean-Pierre Denis, Tranquillement inquiet - 26 janvier 2018
- Pierre Dhainaut, Un art des passages - 26 janvier 2018
- Jean-Marc Sourdillon La vie discontinue - 26 janvier 2018
- Jean Onimus, Qu’est-ce que le poétique ? - 26 janvier 2018
- Les méditations poétiques de Philippe Mac Leod - 14 octobre 2017
- Xavier Grall, Les Billets d’Olivier réédités - 30 septembre 2017
- Jean-Marie Kerwich, Le livre errant - 30 septembre 2017
- Mémoire d’Angèle Vannier - 30 septembre 2017
- Jean Lavoué, Ce rien qui nous éclaire - 30 septembre 2017
- Anne-Lise Blanchard, Le soleil s’est réfugié dans les cailloux - 30 septembre 2017
- Claude Albarède sur le Causse - 30 septembre 2017
- Fil de lecture : Yvon LE MEN, Guy ALLIX, Anne GOYEN, Terada TORAHIKO - 25 mars 2017
- Fil de lecture : Louis BERTHOLOM, Jean-Pierre BOULIC, Roland HALBERT. - 12 novembre 2016
- Fil de Lecture de Pierre Tanguy : Cécile HOLDBAN, Alain KERVERN, Gilles BAUDRY - 16 octobre 2016
- Denis HEUDRE : Sèmes Semés - 15 mai 2016
- Fil de Lecture de Pierre TANGUY : sur Philippe JACCOTTET et Jean-Michel MAULPOIX - 15 mai 2016
- Fil de lecture de Pierre Tanguy : sur Antonia POZZI, et SÔSEKI - 29 avril 2016
- FIL DE LECTURE de Pierre Tanguy : Grall, Jaccottet, Prouteau, Vernet, Bertholom - 8 février 2016
- Paol Keineg Mauvaises langues - 1 mars 2015
- Iraj Valipur, Zabouré Zane, femmes postmodernes d’Iran en 150 poèmes (1963–2013) - 17 février 2015
- Dorianne Laux, Ce que nous portons - 5 janvier 2015
- Sur deux recueils de Roland Halbert - 24 octobre 2014
- Andréï Tarkovski : ce qu’il nous dit de la poésie - 14 septembre 2014
- Pierre Jakez Hélias, une œuvre poétique à (re) découvrir - 31 janvier 2014
- A propos de Claude Vigée - 14 janvier 2014
- Lucia Antonia, funambule de Daniel Morvan - 23 décembre 2013
- Clin d’Yeu de Guénane - 27 novembre 2013
- Traversée de Marie-Hélène Lafon - 19 novembre 2013
- Hommage à Seamus Heaney - 18 novembre 2013
- Cinq méditations sur la mort, autrement dit sur la vie de François Cheng - 4 novembre 2013
- Le chant de la source de Fanch Peru - 26 octobre 2013
- Il fait un temps de poèmes, textes rassemblés par Yvon Le Men - 22 octobre 2013
- Chemin de feu, peinture et poésie, de Bernard Grasset - 2 octobre 2013
- Poétique de la théologie - 6 août 2013
- Littérature et spiritualité en Bretagne - 30 juillet 2013
- Sans adresse l’automne, Jean-Albert Guénégan - 16 juillet 2013
- Comme un nuage au fond des yeux, Geneviève Le Cœur - 9 juin 2013















