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L’étendue musicale de Marcelin Pleynet

Par |2018-10-21T05:56:41+00:00 14 avril 2014|Catégories : Blog, Critiques|

Le roman est un genre faux

 

   A-t-on suf­fi­sam­ment remar­qué l’invention for­melle que pro­meut le volume de Marcelin Pleynet, L’étendue musi­cale ?  L’ouvrage, comme on sait, est sous-titré « roman ».  Qui connaît l’œuvre de Pleynet ne peut ima­gi­ner que le poète ait négli­gé les leçons D’Isidore Ducasse, lequel écri­vait in POESIES 1 :  « Le roman est un genre faux, parce qu’il décrit les pas­sions pour elles-mêmes : la conclu­sion morale est absente. »  Si dans L’étendue musi­cale les pas­sions sont décrites pour elles-mêmes, la « conclu­sion morale » n’y est pas pour autant absente.

    Rien n’interdit d’entendre « le roman est un genre faux » ain­si : le roman est un genre faux parce qu’il n’est pas un genre au sens étroit et rigide d’un genre consti­tué, for­ma­té, culti­vé comme tel.  Or, jour­nal, poème, essai, fic­tion, L’étendue musi­cale dans son écri­ture et sa com­po­si­tion sub­ver­tit les genres, les libère de tout car­can pour se déployer sans garan­tie cou­tu­mière et s’inscrire par la seule force de ses traits, ses sur­gis­se­ments, ses réson­nances et équi­libres.  Par sa poé­sie. Roman.  Comme Venise elle-même, l’écriture de Pleynet à la fois contient et se laisse débor­der. Invention, pro­pre­ment moderne, d’une nou­velle forme, pous­sée de l’intérieur, auto­nome, qui libère la langue (la pen­sée, les sen­sa­tions) et tient mira­cu­leu­se­ment dans une esthé­tique du vrai.

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