> Au revoir au poète Jacques Kober

Au revoir au poète Jacques Kober

Par | 2018-05-26T19:50:23+00:00 21 juin 2015|Catégories : Essais|

 

Discours pro­non­cé le 23 jan­vier 2015 : 

 

Jacques Kober (1921-2015) est né dans une famille alsa­cienne pas­sée en France en 1914, puis ins­tal­lée sur la Côte d’Azur à la fin des années 20. Il a vécu, à 20 ans, le drame de la seconde guerre mon­diale. Réfractaire du S.T.O., écri­vant dans « L’Eclaireur de Nice », il est remar­qué par Aimé Maeght, le futur créa­teur de la « Fondation Maeght » » près de Saint-Paul-de-Vence. Après avoir ren­con­tré Matisse et Bonnard, et d’autres artistes repliés en zone libre, il par­ti­ra ani­mer la gale­rie Maeght à Paris à par­tir de 1945. Il y exer­ce­ra des acti­vi­tés édi­to­riales comme direc­teur de la revue « Pierre à feu », et invente la col­lec­tion « Derrière le miroir » qui dure­ra jusque dans les années 80. A ce titre, il sera en contact direct avec les nou­veaux peintres et les grands créa­teurs des années 40 et 50, au point de lan­cer sa propre mai­son d’édition, « Réclame », à Nanterre en 1949. Son exis­tence est entrée en col­li­sion avec le renou­veau du Surréalisme d’après-guerre avec l’organisation de l’exposition « Le Surréalisme en 1947 », et par la fré­quen­ta­tion d’André Breton et de Paul Eluard, ain­si que par sa par­ti­ci­pa­tion au mou­ve­ment « Le Surréalisme révo­lu­tion­naire ». Il écrit des textes de pré­sen­ta­tion pour les peintres qu’il côtoie en même temps qu’il devient un mili­tant poli­tique. Ces acti­vi­tés de cri­tique d’art, d’éditeur et de poète seront mises entre paren­thèses des années 50 aux années 80 avec sa réins­tal­la­tion à proxi­mi­té de Nice dans un ancien mas pro­ven­çal. Il ensei­gne­ra au lycée tech­nique de Saint Roche pen­dant de nom­breuses années. Par la suite, il reprend ses acti­vi­tés dans le milieu artis­tique et poé­tique niçois, pari­sien et ailleurs. Jusqu’à un âge avan­cé, il a su mener à bien des pro­jets de livres de poé­sie avec de grands artistes et de jeunes créa­teurs. Il a conti­nué à admi­rer et à décou­vrir de nom­breux talents. En résu­mé, la vie de Jacques Kober est emblé­ma­tique d’une période de la vie cultu­relle sur la Côte d’Azur et il a mar­qué par son bouillon­ne­ment le renou­veau artis­tique de la France à l’heure où Paris était une capi­tale de l’esprit.

Poète de l’amour et de la mer, je par­tage avec lui l’amour de la vie libre et des mots à ima­gi­ner. Que sa vie erra­tique et ardente de poète soit pour nous un modèle d’allégresse. 

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