> Lionel Bourg, Un oiseleur, Charles Morice

Lionel Bourg, Un oiseleur, Charles Morice

Par | 2018-05-07T16:02:26+00:00 5 mai 2018|Catégories : Essais, Lionel Bourg|

Avec ce nou­vel ouvrage, publié par Le Réalgar, Lionel Bourg nous conte l’histoire de Charles Morice, écri­vain oublié, com­pa­gnon de route des deux Paul (Gauguin et Verlaine), comme s’il nous racon­tait une his­toire. Une his­toire d’un homme certes, mais aus­si et sur­tout l’histoire d’une époque : l’après Commune à la fin du 19ème siècle “A Montmartre, la Commune n’est plus qu’une poi­gnée de cerises écra­sées sous la botte ver­saillaise.” avec ses drôles d’oiseaux liber­taires et ses merles moqueurs…

Lionel Bourg, Un oise­leur, Charles Morice, Le Réalgar, 2018, 40 p., 5€.

 

Et tou­jours le style gour­mand de Lionel Bourg pour si bien décrire la socié­té de l’époque : “Rubiconds, le gilet bou­ton­né sur une pro­émi­nence abdo­mi­nale pro­por­tion­nelle à d’augustes coups de four­chette, le boî­tier de montre dûment asti­qué, les bour­re­lets au chaud sous un solide ban­dage her­niaire et, le ridi­cule ne tue pas, le pan­ta­lon tire-bou­chon­nant sur des bot­tines ver­nies, huis­siers, soyeux, ingé­nieurs, avo­cats, clercs et hauts fonc­tion­naires s’y gar­ga­ri­saient de thèses pater­na­listes ou d’alexandrins affli­gés d’arthrose avant de bati­fo­ler au bor­del.”

Lui aus­si poète mau­dit sans doute, “Charles Morice, d’emblée, sut recon­naître le génie de Camille Claudel et, l’un des pre­miers, regar­der les toiles de Pablo Picasso. Qu’à cela ne tienne ! La vie n’est pas accom­mo­dante. Démuni, les poches vides, réduit aux expé­dients d’articles des­ti­nés à des revues indignes de son talent, il fré­quen­ta d’assez près l’indigence “. Pourtant, si l’on en croit Anatole France, Morice était pro­mis pour­tant à un bel ave­nir…

Ce livre parle aus­si de la fra­gi­li­té de la recon­nais­sance pour les écri­vains faci­le­ment oubliés : qui connaît aujourd’hui Charles Morice, pour­tant théo­ri­cien du sym­bo­lisme, Francis Poictevin, Felix Fénéon, Laurent Tailhade ? Les frères Goncourt sont-t-ils encore lus de nos jours ? Les poètes ne sont-ils pas encore de nos jours, pour la plu­part des poètes mau­dits ?

Après avoir lu cet ouvrage, je me suis replon­gé dans le site Gallica pour décou­vrir les deux ouvrages de poé­sie de Charles Morice : Quincaille et Le rideau pourpre. Quand la lec­ture mène à la lec­ture… Et quand inter­net per­met de faire reve­nir les mots oubliés…

 

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