> Guénane, Atacama

Guénane, Atacama

Par |2017-12-27T03:55:20+00:00 24 novembre 2017|Catégories : Critiques, Guénane|

C’est un détour vers le désert d’Atacama que nous pro­posent Guénane et son édi­teur La Sirène étoi­lée. Car en effet, après “La sagesse arrive tou­jours en retard” publié chez Rougerie et “Le Détroit des Dieux” édi­té par Yves Perrine (La Porte), Guénane, grande voya­geuse et amou­reuse de l’Amérique Latine, nous emmène dans ce désert chi­lien par­mi les plus arides de la Terre.

Ayant eu déjà l’occasion à plu­sieurs reprises de lire des ouvrages de Guénane, j’ai choi­si d’attendre un jour gris pour entrer dans sa der­nière publi­ca­tion aux édi­tions La Sirène étoi­lée : Atacama. En effet, Guénane aime à nous faire voya­ger entre Bretagne et Amérique du Sud et je savais que j’allais reti­rer du soleil de ma lec­ture par temps maus­sade.

 “Pressentir est une émo­tion“, l’incipit de cet ouvrage fait bien le lien entre ce qu’on res­sent face aux mys­tères de la nature qui nous dépassent mais aus­si lors de la lec­ture d’un ouvrage de poé­sie. Pressentir, c’est bien ce que je fis en atten­dant le moment pro­pice. Pressentir, res­sen­tir la force de ce désert inhos­pi­ta­lier auquel s’attachent pour­tant de nom­breux humains. “Jamais cette terre ne sera le bal­con du rêve“. “Vous êtes seul face à la Création /​ hébé­té devant l’éternité /​ la beau­té sans simu­lacre.

GUÉNANE, Atacama, Illustrations de Gilles PLAZY, Editions La Sirène étoilée

GUÉNANE, Atacama, Illustrations de Gilles PLAZY, Editions La Sirène étoi­lée, 2016, 48 p, 12 €

Mais cet ouvrage n’est pas qu’une évo­ca­tion de la géo­gra­phie et de la géo­lo­gie de ce lieu mythique du bout du monde, c’est aus­si un hom­mage à Gabriela Mistral, cette poète chi­lienne dans l’ombre de Pablo Neruda (et pour­tant Prix Nobel à 56 ans, pre­mier écri­vain d’Amérique Latine, alors que Pablo Neruda ne le fut qu’à 67 ans). Car une terre aride “il n’a pas plu depuis quatre ans“, peut faire ger­mer de belles pages de lit­té­ra­ture, même si, à la pre­mière impres­sion,  “L’Atacama tue les mots /​ vous désarme“.

J’ai aimé ce voyage, cette “vision sou­daine de l’éternité” comme une paren­thèse acco­lée au gris du jour. Et le livre de ter­mi­ner par ces mots : “En toute vie des paren­thèses ne cessent de pal­pi­ter.”

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