Avec l’en­tre­tien accordé par Gili Haimovich à Mar­i­lyne Bertonci­ni,  s’ou­vre la nou­velle rubrique de Recours au Poème, où nous souhaitons présen­ter des auteurs traduits, et par­ler des prob­lèmes (et des joies) de la tra­duc­tion. Le titre “Ping-pong” est né de l’ef­fet ludique de la cor­re­spon­dance entre auteure et tra­duc­trice, où les mots et les idées passent d’une langue à l’autre,  se répon­dent, se réver­bèrent, en joyeuses paraboles, dans un jeu de questions/réponses qui ne trou­ve sa fin que par la néces­sité de pub­li­er le texte. Puissiez-vous trou­ver, à lire ces entre­tiens, autant de plaisir que nous avons eu à les faire.

 

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- Mer­ci, Gili, d’ac­cepter de répon­dre à quelques ques­tions, choisies par toi, pour don­ner à nos lecteurs une idée de ce que sig­ni­fie pour toi écrire de la poésie, en tant que poète israéli­enne, et poéte écrivant dans deux langues. Peux-tu d’abord nous par­ler  de tes débuts en poésie, et de la façon dont tu écris?

En un sens, j’ai com­mencé à écrire de la poésie avant d’être capa­ble d’écrire. Du moins selon ma mère, qui écrit des livres pour enfants. Dans l’un de ses pre­miers poèmes,  elle me cite dis­ant que “les boucles blondes de mon frère illu­mi­nent notre cham­bre la nuit”. L’édi­teur refusa de pub­li­er le poème, expli­quant qu’il était improb­a­ble qu’une fil­lette s’ex­prime si poé­tique­ment. Au cours pré­para­toire, j’écrivais mon  pre­mier poème, et en un sens, je n’ai pas cessé depuis. Bien que d’une cer­taine façon, j’aie ten­té de résis­ter. Ecrire venait si naturelle­ment que je n’en mesurais pas la valeur. Peut-être était-il aus­si dif­fi­cile par­fois d’af­fron­ter les choses que cela me ren­voy­ait. J’ai choisi d’é­tudi­er le ciné­ma et non pas une activ­ité liée à mon écri­t­ure. Mais l’écri­t­ure me pour­suiv­ait. Je me suis con­cen­trée sur l’écri­t­ure scé­nar­is­tiques en plus de la réal­i­sa­tion, mais je n’ar­rivais pas à créer des réc­its tra­di­tion­nels. Par exem­ple, mon film de fin d’é­tudes tour­nait autour des mots. C’é­tait  le dic­tio­n­naire ciné­matographique d’un per­son­nage inven­té. Quand j’é­tais étu­di­ante, j’avais aus­si com­mencé à tra­vailler comme jour­nal­iste, dévelop­pant mon pro­pre style dans une rubrique per­son­nelle sur l’art. Puis j’ai com­mencé à m’éloign­er du jour­nal­isme, j’avais l’im­pres­sion qu’il déteignait sur mon écri­t­ure, et je voulais aus­si tra­vailler dans une pro­fes­sion qui aide directe­ment les gens. J’ai com­mencé à étudi­er l’art thérapie, et pub­lié mon pre­mier livre “Con­tact Glue” en 2001. Bien qu’ayant des années d’ex­péri­ence d’écri­t­ure jour­nal­is­tique et que je con­tin­ue alors de tra­vailler comme cri­tique lit­téraire, je n’ai pub­lié aucun poème avant que mon pre­mier livre ne soit entière­ment terminé.

Je ne pense pas avoir une organ­i­sa­tion par­ti­c­ulière pour écrire. J’es­saie d’avoir tou­jours avec moi un car­net afin de saisir les vers qui me vien­nent n’im­porte quand. Puis je les copie dans un dossier sur mon ordi­na­teur et je les retra­vaille si néces­saire. Les saisir à l’or­di­na­teur aide égale­ment à com­pren­dre la struc­ture que requiert chaque poème. Je les aban­donne ensuite dans le dossier, je retourne rarement vers eux après la pre­mière saisie, quand je les ai copiés dans l’or­di­na­teur. Qhand j’ai l’im­pres­sion qu’ils con­stituent un ensem­ble qui peut devenir un livre, quand un thème et un style les relie, je les retra­vaille, ain­si que l’or­dre dans lequel ils seront insérés dans le livre, les con­no­ta­tions qui nais­sent des liens entre eux.

- Si tu devais don­ner une déf­i­ni­tion de la poésie en quelques mots, quels seraient-ils?

La poésie, pour moi, c’est une sorte de scalpel de vérité, qui peut, par  son exac­ti­tude, créer de la beauté. Ces vérités qu’elle crée moulent les mots dans la forme la plus proche des pre­mières empreintes que les expéri­ences, les sen­ti­ments etc. ont sur nous. La poésie peut exprimer des choses qui sou­vent sont non-ver­bales ou tues, et le fait pour­tant en util­isant des mots. C’est une forme d’art qui a la capac­ité de rester très près des “choses” en elles-mêmes, sans rien y ajouter avec le lan­gage, sans les éloign­er de l’ex­péri­ence ini­tiale elle-même. Sa ten­dance min­i­mal­iste et sa struc­ture claire sont une ten­ta­tive de créer de l’or­dre à par­tir du chaos.

- Baude­laire a écrit : “Vous pou­vez vivre trois jours sans pain – pas sans poésie ; ceux qui dis­ent le con­traire se trompent ; ils ne se con­nais­sent pas eux-mêmes.” Est-ce que tu con­sid­ères la poésie à la façon de Baudelaire?

Absol­u­ment. Je pense que l’écri­t­ure de la poésie est un out­il de survie, même s’il est en un sens inef­fi­cace. C’est ce qui donne son urgence à la poésie. J’ai eu la pos­si­bil­ité de le sen­tir avec plus de force quand je me suis instal­lée au Cana­da au début de ma car­rière. Quand je suis arrivée à Toron­to, j’avais déjà com­mencé à être une poète recon­nue en Israël. Je n’avais aucun désir d’écrire en anglais. J’avais espéré tra­vailler dans mon domaine pro­fes­sion­nel, comme art thérapiste. En fait, “le pain” man­quait. J’ai dû  accepter des travaux pour “immi­grants” au début. Toute­fois, je me suis immé­di­ate­ment mise à écrire en anglais. Des poèmes m’ar­rivaient tout sim­ple­ment en anglais, pas en hébreu. Cela pour­rait ne pas sem­bler la chose la plus raisonnable à faire mais c’é­tait une façon pour moi d’ex­plor­er et d’in­té­gr­er mon nou­v­el envi­ron­nement, et de com­mu­ni­quer avec lui. C’é­tait une façon de m’en­racin­er dans une réal­ité étrangère, un façon de me recon­naître dans un nou­veau miroir. Ce n’é­tait pas facile, j’avais besoin de deman­der con­seil à des col­lègues dont l’anglais était la langue natale, mais il ne fal­lut guère de temps pour que mon nou­v­el envi­ron­nement réponde en con­séquence, et pour que naisse ma poésie en anglais.

- Est-ce que la nature t’in­spire? Tu n’écris pas unr poésie élé­giaque dont un paysage soit le décor.

Si je par­le d’un paysage directe­ment dans mon tra­vail, en util­isant un élé­ment spé­ci­fique ou une descrip­tion de ce qui m’en­toure, c’est très prob­a­ble­ment un paysage urbain, car c’est ce décor qui entre en réson­nance avec moi. Le paysage, ou plus juste­ment le cadre, dans mon cas, m’in­spire davan­tage comme paysage émo­tion­nel ou poli­tique, ce qui sig­ni­fie que le décor me sert de métaphore. Les dif­férents lieux que j’ai con­nus m’ont influ­encée et m’ont per­mis d’ex­plor­er ma gamme de poète, de décou­vrir les dif­férents aspects de mes expéri­ences. Ain­si, par exem­ple, lorsque j’écris sur les chaînes de supérettes 7–111 d’Amérique du Nord, et sur les immi­grants qui y tra­vail­lent, cela me per­met d’ex­plor­er les émo­tions liées au déracin­e­ment, et à ses con­séquences poli­tiques. Et quand j’écris une série de poèmes en anglais sur les arbres que je vois de la fenêtre de mon bureau en Israël, j’ex­plore les thèmes qui sont intime­ment liés au fait d’être dérac­iné, mais d’un autre point de vue que vous. Je suis la seule à me ren­dre compte que percevoir ain­si les arbres est le fruit de mon expéri­ence cana­di­enne,  et que ma sen­si­bil­ité aux minorités, comme celles qui sont exploitées dans des lieux comme les 7‑Eleven, provient de mon expéri­ence de vie en Israël.

- Recours au Poème défend l’idée que la poésie est à la fois une action poli­tique et une métapoé­tique révo­lu­tion­naire. Qu’en penses-tu?

Je suis tout à fait d’ac­cord et je pense que j’ai ma pro­pre ver­sion de cette idée. D’abord, sur un cer­tain plan,  la poésie con­cerne tou­jours la langue, les pos­si­bil­ités qu’elle offre, etc. Et oui, en même temps, c’est un acte poli­tique, comme bien des arts, liés à l’éthique et à l’esthé­tique, util­isant sa capac­ité à observ­er la langue elle-même, et la façon dont elle con­stru­it des rela­tions avec le politique.

En tant que poète israéli­enne, que je veuille ou pas me référ­er, directe­ment ou indi­recte­ment, à la poli­tique, l’acte même d’écrire de la poésie a ses pro­pres car­ac­téris­tiques d’acte poli­tique. Dans un état comme Israël, où l’oc­cu­pa­tion de l’e­space est un prob­lème dra­ma­tique, occu­per l’e­space sur la page pour écrire de la poésie est en soi une déc­la­ra­tion. Rien d’é­ton­nant à ce que j’aie inti­t­ulé mon pre­mier recueil en anglais “Liv­ing on a Blank Page“2. Je crois que les poètes israéliens de ma généra­tion ten­dent à explor­er par l’écri­t­ure des domaines plus intimes que nationaux, ce qui sem­blerait dif­férent des généra­tions précé­dentes. Mais c’est tou­jours une protes­ta­tion poli­tique con­tre le fait de vivre en un lieu où l’é­tat nation­alise l’in­di­vidu, où la réal­ité ne cesse de vous extraire de votre vie privée vers celles de la nation, comme si on essayait de vous recruter pour le pro­gramme nation­al de l’é­tat. La vie privée, en Israël est tou­jours “inter­rompue” par une guerre, un bom­barde­ment, une exploita­tion des Pales­tiniens, si vous faites par­tie de ceux qui s’en inquiè­tent. On le ressent partout, dans la cul­ture, dans la rue même, ce sen­ti­ment qu’il n’y a nul respect pour votre espace per­son­nel et même vos droits d’être humain, et même plus, en tant que femme, dans mon cas. Cela peut être trompeur, parce que c’est en apparence un pays démoc­ra­tique, mais la cul­ture de guerre et de lutte pour la survie est tou­jours latente. Dans cette lutte de pou­voir entre l’in­di­vidu et le pays, la poésie a beau­coup à dire, même tout sim­ple­ment en choi­sis­sant d’être écrite.

(tra­duc­tion : Mar­i­lyne Bertoncini)

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Gili Haimovich inter­viewed by Mar­i­lyne Bertoncini

- Thank you, Gili,  for accept­ing to answer a few ques­tions you have cho­sen, to give our read­ers an idea of what writ­ing poet­ry means for you, as an Israeli writer, and a poet writ­ing in two lan­guages. First,  tell us about your debut in poet­ry and how writ­ing is orga­nized for you:

In a way, I start­ed to write poet­ry before being able to write. At least accord­ing to my moth­er, who writes children’s books. In one of her ear­ly poems, she quot­ed me say­ing that “my brother’s gold­en curls light up our room at night.” The edi­tor refused to pub­lish the poem, explain­ing that it unlike­ly that a child would express her­self like that, so poet­i­cal­ly. In first grade, I wrote my first poem, and, in a way, I just haven’t stopped since then. Though at some point, I tried to fight it. Writ­ing came nat­u­ral­ly to me, so I didn’t appre­ci­ate it. Maybe it was also hard some­times to face the things it mir­rored. I chose to study cin­e­ma and not to do any­thing with my writ­ing. But writ­ing chased me. I focused on screen writ­ing in addi­tion to direct­ing but I couldn’t real­ly cre­ate main­stream nar­ra­tives. For instance, my grad­u­a­tion film revolved around words. It was a cin­e­mat­ic dic­tio­nary of a char­ac­ter I invent­ed. While I was a stu­dent, I also start­ed to work as a jour­nal­ist and devel­oped my own style writ­ing in a per­son­al col­umn about arts. After a while, I start­ed to remove myself from jour­nal­ism, I felt it taint­ed my writ­ing and I also want­ed to work in a pro­fes­sion direct­ly sup­port­ing peo­ple. I start­ed to study arts ther­a­py and pub­lished my first book, “Con­tact Glue” in 2001. Even though I had years of expe­ri­ence work­ing as a jour­nal­ist and to this day still work as a book crit­ic in dif­fer­ent capac­i­ties, I didn’t pub­lish a sin­gle poem before my first book came out as a whole.

I think my writ­ing isn’t par­tic­u­lar­ly orga­nized. I try to always have a note­book with me so I can cap­ture the lines that come to me at any moment. Then I’ll copy them onto a file in my com­put­er and work on them some more, if need­ed. Typ­ing them also helps in under­stand­ing the struc­ture each poem requires. For a while I’ll just dump poems in this file, hard­ly going back to them after the ini­tial edit­ing I did when copy­ing them there. When I feel that they make up a body of work that can become a book, when they have a theme and style that con­nects them, I’ll work on them close­ly and also on their order in the book, the con­no­ta­tions they cre­ate in rela­tion to one another. 

- If you had to give a def­i­n­i­tion of poet­ry, in few words, what would it be?

For me, poet­ry is some sort of a scalpel of truth that with its accu­ra­cy can cre­ate beau­ty. These truths cre­at­ed by it mold words into a form that is the clos­est to the pri­ma­ry imprint expe­ri­ences, feel­ings and such have on us. Poet­ry is able to express things that are often non­ver­bal or unsaid, and yet do it by using words. It’s an art form that has an abil­i­ty to stay very close to the “things” them­selves as they are, not titling them with words or dis­tanc­ing them from the ini­tial expe­ri­ence itself. Its min­i­mal­is­tic ten­den­cy and clear struc­ture is an attempt to cre­ate order out of chaos. 

- Baude­laire wrote: “You can live with­out bread for three days – not with­out poet­ry; those among you who pre­tend the con­trary are wrong: they don’t know them­selves.” Do you con­sid­er poet­ry the way Baude­laire did?

I do, I think writ­ing poet­ry is a sur­vival tool, even if it’s sort of an inef­fec­tive one. That’s what gives poet­ry its urgency. I had an oppor­tu­ni­ty to feel it with greater vig­or when I moved to Cana­da ear­li­er in my career. When I moved to Toron­to, I had already start­ed to be an estab­lished poet in Israel. I had no aspi­ra­tion of writ­ing in Eng­lish. I had hoped to work in my field as an  art ther­a­pist. Actu­al­ly, “bread” was lim­it­ed. I had to work in some “immi­grant” jobs in the begin­ning.  How­ev­er, I found myself start­ing to write in Eng­lish almost right away. I just sim­ply start­ed to have poems in Eng­lish, and not just in Hebrew, com­ing to me. Maybe it didn’t seem the most sen­si­ble thing to do but it was a way for me to explore and process my new sur­round­ings and com­mu­ni­cate it. It was a way to ground me in a for­eign real­i­ty, a way to rec­og­nize myself in a new mir­ror. It wasn’t easy, and I need­ed to con­sult col­leagues who are native Eng­lish speak­ers, but it didn’t take long for my new sur­round­ings to respond accord­ing­ly and for my poet­ry in Eng­lish to come to light. 

- Does land­scape inspires you? — You do not real­ly write ele­giac poet­ry with a land­scape in the background.

If I refer to land­scape direct­ly in my work using a spe­cif­ic or descrip­tive ele­ment from what is around me, it’s more like­ly to be an urban one, since this is the scenery that res­onates with me. Land­scape, or more cor­rect­ly in my case, sur­round­ing, does inspire me but more as an emo­tion­al land­scape or polit­i­cal one, which actu­al­ly means that the sur­round­ing serves me as a metaphor. The dif­fer­ent places I had expe­ri­enced influ­enced me and allowed me to explore my range as a poet, to dis­cov­er the dif­fer­ent aspects in my expe­ri­ences.  So for instance, when I write about the 7–11 chain stores in North Amer­i­ca and the immi­grants who work there, it allows me to explore an emo­tion­al state of being uproot­ed and its polit­i­cal out­comes. And when I write a series of poems in Eng­lish about the trees I see from my office win­dow in Israel, I explore the themes that are close­ly relat­ed actu­al­ly to being uproot­ed but have a dif­fer­ent point of you on them. I am the only one who is aware that notic­ing trees to this extent is some­thing I gained from my Cana­di­an expe­ri­ence, and that being sen­si­tive to minori­ties, such as the ones who are exploit­ed when they work at places such as 7‑Eleven, is tak­en from hav­ing the expe­ri­ence of liv­ing in Israel. 

- Recours au Poème defends the idea that poet­ry is at the same time a polit­i­cal action and a rev­o­lu­tion­nary metapo­et­ics – what do you think of this position ?

Yes, I agree with this idea and guess I have my own ver­sion of it. First of all, on some lev­el, poet­ry is always about lan­guage, the pos­si­bil­i­ties it can offer and so forth. And yes, at the same time, it is a polit­i­cal act as many of the arts are, deal­ing with ethics and aes­thet­ics, using its abil­i­ty to look close­ly at langue itself and how it con­structs rela­tion­ships with the political.

As an Israeli poet, whether or not I want to refer to pol­i­tics direct­ly or indi­rect­ly, the act of writ­ing poet­ry itself has its own char­ac­ter­is­tics of a polit­i­cal act. In a state such as Israel, where occu­py­ing space is a sor­row­ful issue, occu­py­ing space on the page for writ­ing poet­ry is itself a state­ment. No won­der I titled my Eng­lish poet­ry chap­book Liv­ing on a Blank Page. I feel that Israeli poets of my gen­er­a­tion tend to take their writ­ing to more inti­mate ter­ri­to­ries than nation­al ones, which might be dif­fer­ent than the gen­er­a­tion before us. But it is still a polit­i­cal protest against liv­ing in a place where the state nation­al­izes the indi­vid­ual and the real­i­ty draws you time and again from your pri­vate life to the nation’s ones, as if attempt­ing to recruit you to the nation­al agen­da of the state. Pri­vate life in Israel is always “inter­rupt­ed” by a war, a bomb­ing, an exploita­tion of Pales­tini­ans if you belong to those who care about it. It is felt every­where, in the cul­ture, on the street even, that feel­ing that there’s no respect for your per­son­al space and even your rights as a human being, and even more so, as a woman in my case. It can be deceiv­ing because it is seem­ing­ly a demo­c­ra­t­ic coun­try but the cul­ture of war and sur­vival fight is always in the air. In this pow­er strug­gle between the self and the coun­try, poet­ry has a lot to say, even just by choos­ing to be written. 

mm

Marilyne Bertoncini

Biogra­phie Enseignante, poète et tra­duc­trice (français, ital­ien), codi­rec­trice de la revue numérique Recours au Poème, à laque­lle elle par­ticipe depuis 2012, mem­bre du comité de rédac­tion de la revue Phoenix, col­lab­o­ra­trice des revues Poésie/Première et la revue ital­i­enne Le Ortiche, où elle tient une rubrique, “Musarder“, con­sacrée aux femmes invis­i­bil­isées de la lit­téra­ture, elle, ani­me à Nice des ren­con­tres lit­téraires men­su­elles con­sacrées à la poésie, Les Jeud­is des mots dont elle tient le site jeudidesmots.com. Tit­u­laire d’un doc­tor­at sur l’oeu­vre de Jean Giono, autrice d’une thèse, La Ruse d’I­sis, de la Femme dans l’oeu­vre de Jean Giono, a été mem­bre du comité de rédac­tion de la revue lit­téraire RSH “Revue des Sci­ences Humaines”, Uni­ver­sité de Lille III, et pub­lié de nom­breux essais et arti­cles dans divers­es revues uni­ver­si­taires et lit­téraires français­es et inter­na­tionales : Amer­i­can Book Review, (New-York), Lit­téra­tures (Uni­ver­sité de Toulouse), Bul­letin Jean Giono, Recherch­es, Cahiers Péd­a­gogiques… mais aus­si Europe, Arpa, La Cause Lit­téraire… Un temps vice-prési­dente de l’association I Fioret­ti, chargée de la pro­mo­tion des man­i­fes­ta­tions cul­turelles de la Rési­dence d’écrivains du Monastère de Saorge, (Alpes-Mar­itimes), a mon­té des spec­ta­cles poé­tiques avec la classe de jazz du con­ser­va­toire et la mairie de Men­ton dans le cadre du Print­emps des Poètes, invité dans ses class­es de nom­breux auteurs et édi­teurs (Bar­ry Wal­len­stein, Michael Glück…), organ­isé des ate­liers de cal­ligra­phie et d’écriture (travaux pub­liés dans Poet­ry in Per­for­mance NYC Uni­ver­si­ty) , Ses poèmes (dont cer­tains ont été traduits et pub­liés dans une dizaine de langues) en recueils ou dans des antholo­gies se trou­vent aus­si en ligne et dans divers­es revues, et elle a elle-même traduit et présen­té des auteurs du monde entier. Par­al­lèle­ment à l’écri­t­ure, elle s’in­téresse à la pho­togra­phie, et col­la­bore avec des artistes, plas­ti­ciens et musi­ciens. Site : Minotaur/A, http://minotaura.unblog.fr * pub­li­ca­tions récentes : Son Corps d’om­bre, avec des col­lages de Ghis­laine Lejard, éd. Zin­zo­line, mai 2021 La Noyée d’On­a­gawa, éd. Jacques André, févri­er 2020 (1er prix Quai en poésie, 2021) Sable, pho­tos et gravures de Wan­da Mihuleac, éd. Bilingue français-alle­mand par Eva-Maria Berg, éd. Tran­signum, mars 2019 (NISIP, édi­tion bilingue français-roumain, tra­duc­tion de Sonia Elvire­anu, éd. Ars Lon­ga, 2019) Memo­ria viva delle pieghe, ed. bilingue, trad. de l’autrice, ed. PVST. Mars 2019 (pre­mio A.S.A.S 2021 — asso­ci­azione sicil­iana arte e scien­za) Mémoire vive des replis, texte et pho­tos de l’auteure, éd. Pourquoi viens-tu si tard – novem­bre 2018 L’Anneau de Chill­i­da, Ate­lier du Grand Tétras, mars 2018 (man­u­scrit lau­réat du Prix Lit­téraire Naji Naa­man 2017) Le Silence tinte comme l’angélus d’un vil­lage englouti, éd. Imprévues, mars 2017 La Dernière Oeu­vre de Phidias, suivi de L’In­ven­tion de l’ab­sence, Jacques André édi­teur, mars 2017. Aeonde, éd. La Porte, mars 2017 La dernière œuvre de Phidias – 453ème Encres vives, avril 2016 Labyrinthe des Nuits, suite poé­tique – Recours au Poème édi­teurs, mars 2015 Ouvrages col­lec­tifs — Antolo­gia Par­ma, Omag­gio in ver­si, Bertoni ed. 2021 — Mains, avec Chris­tine Durif-Bruck­ert, Daniel Rég­nier-Roux et les pho­tos de Pas­cal Durif, éd. du Petit Véhicule, juin 2021 — “Re-Cer­vo”, in Trans­es, ouvrage col­lec­tif sous la direc­tion de Chris­tine Durif-Bruck­ert, éd. Clas­siques Gar­nier, 2021 -Je dis désirS, textes rassem­blés par Mar­i­lyne Bertonci­ni et Franck Berthoux, éd. Pourquoi viens-tu si tard ? Mars 2021 — Voix de femmes, éd. Pli­may, 2020 — Le Courage des vivants, antholo­gie, Jacques André édi­teur, mars 2020 — Sidér­er le silence, antholo­gie sur l’exil – édi­tions Hen­ry, 5 novem­bre 2018 — L’Esprit des arbres, édi­tions « Pourquoi viens-tu si tard » — à paraître, novem­bre 2018 — L’eau entre nos doigts, Antholo­gie sur l’eau, édi­tions Hen­ry, mai 2018 — Trans-Tzara-Dada – L’Homme Approx­i­matif , 2016 — Antholo­gie du haiku en France, sous la direc­tion de Jean Antoni­ni, édi­tions Aleas, Lyon, 2003 Tra­duc­tions de recueils de poésie — Aujour­d’hui j’embrasse un arbre, de Gio­van­na Iorio, éd. Imprévues, juil­let 2021 — Soleil hési­tant, de Gili Haimovich, éd. Jacques André , avril 2021 — Un Instant d’é­ter­nité, Nel­lo Spazio d’un istante, Anne-Marie Zuc­chel­li (tra­duc­tion en ital­ien) éd ; PVST, octo­bre 2020 — Labir­in­to delle Not­ti (ined­i­to — nom­iné au Con­cor­so Nazionale Luciano Ser­ra, Ital­ie, sep­tem­bre 2019) — Tony’s blues, de Bar­ry Wal­len­stein, avec des gravures d’Hélène Baut­tista, éd. Pourquoi viens-tu si tard ?, mars 2020 — Instan­ta­nés, d‘Eva-Maria Berg, traduit avec l’auteure, édi­tions Imprévues, 2018 — Ennu­age-moi, a bilin­gual col­lec­tion , de Car­ol Jenk­ins, tra­duc­tion Mar­i­lyne Bertonci­ni, Riv­er road Poet­ry Series, 2016 — Ear­ly in the Morn­ing, Tôt le matin, de Peter Boyle, Mar­i­lyne Bertonci­ni & alii. Recours au Poème édi­tions, 2015 — Livre des sept vies, Ming Di, Recours au Poème édi­tions, 2015 — His­toire de Famille, Ming Di, édi­tions Tran­signum, avec des illus­tra­tions de Wan­da Mihuleac, juin 2015 — Rain­bow Snake, Ser­pent Arc-en-ciel, de Mar­tin Har­ri­son Recours au Poème édi­tions, 2015 — Secan­je Svile, Mémoire de Soie, de Tan­ja Kragu­je­vic, édi­tion trilingue, Beograd 2015 — Tony’s Blues de Bar­ry Wal­len­stein, Recours au Poème édi­tions, 2014 Livres d’artistes (extraits) La Petite Rose de rien, avec les pein­tures d’Isol­de Wavrin, « Bande d’artiste », Ger­main Roesch ed. Aeonde, livre unique de Mari­no Ros­set­ti, 2018 Æncre de Chine, in col­lec­tion Livres Ardois­es de Wan­da Mihuleac, 2016 Pen­sées d’Eury­dice, avec les dessins de Pierre Rosin : http://www.cequireste.fr/marilyne-bertoncini-pierre-rosin/ Île, livre pau­vre avec un col­lage de Ghis­laine Lejard (2016) Pae­sine, poème , sur un col­lage de Ghis­laine Lejard (2016) Villes en chantier, Livre unique par Anne Poupard (2015) A Fleur d’é­tang, livre-objet avec Brigitte Marcer­ou (2015) Genèse du lan­gage, livre unique, avec Brigitte Marcer­ou (2015) Dae­mon Fail­ure deliv­ery, Livre d’artiste, avec les burins de Dominique Crog­nier, artiste graveuse d’Amiens – 2013. Col­lab­o­ra­tions artis­tiques visuelles ou sonores (extraits) — Damna­tion Memo­ri­ae, la Damna­tion de l’ou­bli, lec­ture-per­for­mance mise en musique par Damien Char­ron, présen­tée pour la pre­mière fois le 6 mars 2020 avec le sax­o­phon­iste David di Bet­ta, à l’am­bas­sade de Roumanie, à Paris. — Sable, per­for­mance, avec Wan­da Mihuleac, 2019 Galerie Racine, Paris et galerie Depar­dieu, Nice. — L’En­vers de la Riv­iera mis en musique par le com­pos­i­teur Man­soor Mani Hos­sei­ni, pour FESTRAD, fes­ti­val Fran­co-anglais de poésie juin 2016 : « The Far Side of the Riv­er » — Per­for­mance chan­tée et dan­sée Sodade au print­emps des poètes Vil­la 111 à Ivry : sur un poème de Mar­i­lyne Bertonci­ni, « L’homme approx­i­matif », décor voile peint et dess­iné, 6 x3 m par Emi­ly Wal­ck­er : L’Envers de la Riv­iera mis en image par la vidéaste Clé­mence Pogu – Festrad juin 2016 sous le titre « Proche Ban­lieue» Là où trem­blent encore des ombres d’un vert ten­dre – Toile sonore de Sophie Bras­sard : http://www.toilesonore.com/#!marilyne-bertoncini/uknyf La Rouille du temps, poèmes et tableaux tex­tiles de Bérénice Mollet(2015) – en par­tie pub­liés sur la revue Ce qui reste : http://www.cequireste.fr/marilyne-bertoncini-berenice-mollet/ Pré­faces Appel du large par Rome Deguer­gue, chez Alcy­one – 2016 Erra­tiques, d’ Angèle Casano­va, éd. Pourquoi viens-tu si tard, sep­tem­bre 2018 L’esprit des arbres, antholo­gie, éd. Pourquoi viens-tu si tard, novem­bre 2018 Chant de plein ciel, antholo­gie de poésie québé­coise, PVST et Recours au Poème, 2019 Une brèche dans l’eau, d’E­va-Maria Berg, éd. PVST, 2020 Soleil hési­tant, de Gili Haimovich, ed Jacques André, 2021 Un Souf­fle de vie, de Clau­dine Ross, ed. Pro­lé­gomènes, 2021