> PING-PONG : Gili Haimovich

PING-PONG : Gili Haimovich

Par | 2018-07-17T06:16:53+00:00 31 mai 2016|Catégories : Essais|

 

Avec l'entretien accor­dé par Gili Haimovich à Marilyne Bertoncini,  s'ouvre la nou­velle rubrique de Recours au Poème, où nous sou­hai­tons pré­sen­ter des auteurs tra­duits, et par­ler des pro­blèmes (et des joies) de la tra­duc­tion. Le titre "Ping-pong" est né de l'effet ludique de la cor­res­pon­dance entre auteure et tra­duc­trice, où les mots et les idées passent d'une langue à l'autre,  se répondent, se réver­bèrent, en joyeuses para­boles, dans un jeu de questions/​réponses qui ne trouve sa fin que par la néces­si­té de publier le texte. Puissiez-vous trou­ver, à lire ces entre­tiens, autant de plai­sir que nous avons eu à les faire.

 

*

 

– Merci, Gili, d'accepter de répondre à quelques ques­tions, choi­sies par toi, pour don­ner à nos lec­teurs une idée de ce que signi­fie pour toi écrire de la poé­sie, en tant que poète israé­lienne, et poéte écri­vant dans deux langues. Peux-tu d'abord nous par­ler  de tes débuts en poé­sie, et de la façon dont tu écris ?

En un sens, j'ai com­men­cé à écrire de la poé­sie avant d'être capable d'écrire. Du moins selon ma mère, qui écrit des livres pour enfants. Dans l'un de ses pre­miers poèmes,  elle me cite disant que "les boucles blondes de mon frère illu­minent notre chambre la nuit". L'éditeur refu­sa de publier le poème, expli­quant qu'il était impro­bable qu'une fillette s'exprime si poé­ti­que­ment. Au cours pré­pa­ra­toire, j'écrivais mon  pre­mier poème, et en un sens, je n'ai pas ces­sé depuis. Bien que d'une cer­taine façon, j'aie ten­té de résis­ter. Ecrire venait si natu­rel­le­ment que je n'en mesu­rais pas la valeur. Peut-être était-il aus­si dif­fi­cile par­fois d'affronter les choses que cela me ren­voyait. J'ai choi­si d'étudier le ciné­ma et non pas une acti­vi­té liée à mon écri­ture. Mais l'écriture me pour­sui­vait. Je me suis concen­trée sur l'écriture scé­na­ris­tiques en plus de la réa­li­sa­tion, mais je n'arrivais pas à créer des récits tra­di­tion­nels. Par exemple, mon film de fin d'études tour­nait autour des mots. C'était  le dic­tion­naire ciné­ma­to­gra­phique d'un per­son­nage inven­té. Quand j'étais étu­diante, j'avais aus­si com­men­cé à tra­vailler comme jour­na­liste, déve­lop­pant mon propre style dans une rubrique per­son­nelle sur l'art. Puis j'ai com­men­cé à m'éloigner du jour­na­lisme, j'avais l'impression qu'il détei­gnait sur mon écri­ture, et je vou­lais aus­si tra­vailler dans une pro­fes­sion qui aide direc­te­ment les gens. J'ai com­men­cé à étu­dier l'art thé­ra­pie, et publié mon pre­mier livre "Contact Glue" en 2001. Bien qu'ayant des années d'expérience d'écriture jour­na­lis­tique et que je conti­nue alors de tra­vailler comme cri­tique lit­té­raire, je n'ai publié aucun poème avant que mon pre­mier livre ne soit entiè­re­ment ter­mi­né.

Je ne pense pas avoir une orga­ni­sa­tion par­ti­cu­lière pour écrire. J'essaie d'avoir tou­jours avec moi un car­net afin de sai­sir les vers qui me viennent n'importe quand. Puis je les copie dans un dos­sier sur mon ordi­na­teur et je les retra­vaille si néces­saire. Les sai­sir à l'ordinateur aide éga­le­ment à com­prendre la struc­ture que requiert chaque poème. Je les aban­donne ensuite dans le dos­sier, je retourne rare­ment vers eux après la pre­mière sai­sie, quand je les ai copiés dans l'ordinateur. Qhand j'ai l'impression qu'ils consti­tuent un ensemble qui peut deve­nir un livre, quand un thème et un style les relie, je les retra­vaille, ain­si que l'ordre dans lequel ils seront insé­rés dans le livre, les conno­ta­tions qui naissent des liens entre eux.

 

– Si tu devais don­ner une défi­ni­tion de la poé­sie en quelques mots, quels seraient-ils ?

La poé­sie, pour moi, c'est une sorte de scal­pel de véri­té, qui peut, par  son exac­ti­tude, créer de la beau­té. Ces véri­tés qu'elle crée moulent les mots dans la forme la plus proche des pre­mières empreintes que les expé­riences, les sen­ti­ments etc. ont sur nous. La poé­sie peut expri­mer des choses qui sou­vent sont non-ver­bales ou tues, et le fait pour­tant en uti­li­sant des mots. C'est une forme d'art qui a la capa­ci­té de res­ter très près des "choses" en elles-mêmes, sans rien y ajou­ter avec le lan­gage, sans les éloi­gner de l'expérience ini­tiale elle-même. Sa ten­dance mini­ma­liste et sa struc­ture claire sont une ten­ta­tive de créer de l'ordre à par­tir du chaos.

 

– Baudelaire a écrit : "Vous pou­vez vivre trois jours sans pain – pas sans poé­sie ; ceux qui disent le contraire se trompent ; ils ne se connaissent pas eux-mêmes." Est-ce que tu consi­dères la poé­sie à la façon de Baudelaire ?

Absolument. Je pense que l'écriture de la poé­sie est un outil de sur­vie, même s'il est en un sens inef­fi­cace. C'est ce qui donne son urgence à la poé­sie. J'ai eu la pos­si­bi­li­té de le sen­tir avec plus de force quand je me suis ins­tal­lée au Canada au début de ma car­rière. Quand je suis arri­vée à Toronto, j'avais déjà com­men­cé à être une poète recon­nue en Israël. Je n'avais aucun désir d'écrire en anglais. J'avais espé­ré tra­vailler dans mon domaine pro­fes­sion­nel, comme art thé­ra­piste. En fait, "le pain" man­quait. J'ai dû  accep­ter des tra­vaux pour "immi­grants" au début. Toutefois, je me suis immé­dia­te­ment mise à écrire en anglais. Des poèmes m'arrivaient tout sim­ple­ment en anglais, pas en hébreu. Cela pour­rait ne pas sem­bler la chose la plus rai­son­nable à faire mais c'était une façon pour moi d'explorer et d'intégrer mon nou­vel envi­ron­ne­ment, et de com­mu­ni­quer avec lui. C'était une façon de m'enraciner dans une réa­li­té étran­gère, un façon de me recon­naître dans un nou­veau miroir. Ce n'était pas facile, j'avais besoin de deman­der conseil à des col­lègues dont l'anglais était la langue natale, mais il ne fal­lut guère de temps pour que mon nou­vel envi­ron­ne­ment réponde en consé­quence, et pour que naisse ma poé­sie en anglais.

 

– Est-ce que la nature t'inspire ? Tu n'écris pas unr poé­sie élé­giaque dont un pay­sage soit le décor.

Si je parle d'un pay­sage direc­te­ment dans mon tra­vail, en uti­li­sant un élé­ment spé­ci­fique ou une des­crip­tion de ce qui m'entoure, c'est très pro­ba­ble­ment un pay­sage urbain, car c'est ce décor qui entre en réson­nance avec moi. Le pay­sage, ou plus jus­te­ment le cadre, dans mon cas, m'inspire davan­tage comme pay­sage émo­tion­nel ou poli­tique, ce qui signi­fie que le décor me sert de méta­phore. Les dif­fé­rents lieux que j'ai connus m'ont influen­cée et m'ont per­mis d'explorer ma gamme de poète, de décou­vrir les dif­fé­rents aspects de mes expé­riences. Ainsi, par exemple, lorsque j'écris sur les chaînes de supé­rettes 7-111 d'Amérique du Nord, et sur les immi­grants qui y tra­vaillent, cela me per­met d'explorer les émo­tions liées au déra­ci­ne­ment, et à ses consé­quences poli­tiques. Et quand j'écris une série de poèmes en anglais sur les arbres que je vois de la fenêtre de mon bureau en Israël, j'explore les thèmes qui sont inti­me­ment liés au fait d'être déra­ci­né, mais d'un autre point de vue que vous. Je suis la seule à me rendre compte que per­ce­voir ain­si les arbres est le fruit de mon expé­rience cana­dienne,  et que ma sen­si­bi­li­té aux mino­ri­tés, comme celles qui sont exploi­tées dans des lieux comme les 7-Eleven, pro­vient de mon expé­rience de vie en Israël.

 

– Recours au Poème défend l'idée que la poé­sie est à la fois une action poli­tique et une méta­poé­tique révo­lu­tion­naire. Qu'en penses-tu ?

Je suis tout à fait d'accord et je pense que j'ai ma propre ver­sion de cette idée. D'abord, sur un cer­tain plan,  la poé­sie concerne tou­jours la langue, les pos­si­bi­li­tés qu'elle offre, etc. Et oui, en même temps, c'est un acte poli­tique, comme bien des arts, liés à l'éthique et à l'esthétique, uti­li­sant sa capa­ci­té à obser­ver la langue elle-même, et la façon dont elle construit des rela­tions avec le poli­tique.

En tant que poète israé­lienne, que je veuille ou pas me réfé­rer, direc­te­ment ou indi­rec­te­ment, à la poli­tique, l'acte même d'écrire de la poé­sie a ses propres carac­té­ris­tiques d'acte poli­tique. Dans un état comme Israël, où l'occupation de l'espace est un pro­blème dra­ma­tique, occu­per l'espace sur la page pour écrire de la poé­sie est en soi une décla­ra­tion. Rien d'étonnant à ce que j'aie inti­tu­lé mon pre­mier recueil en anglais "Living on a Blank Page"2. Je crois que les poètes israé­liens de ma géné­ra­tion tendent à explo­rer par l'écriture des domaines plus intimes que natio­naux, ce qui sem­ble­rait dif­fé­rent des géné­ra­tions pré­cé­dentes. Mais c'est tou­jours une pro­tes­ta­tion poli­tique contre le fait de vivre en un lieu où l'état natio­na­lise l'individu, où la réa­li­té ne cesse de vous extraire de votre vie pri­vée vers celles de la nation, comme si on essayait de vous recru­ter pour le pro­gramme natio­nal de l'état. La vie pri­vée, en Israël est tou­jours "inter­rom­pue" par une guerre, un bom­bar­de­ment, une exploi­ta­tion des Palestiniens, si vous faites par­tie de ceux qui s'en inquiètent. On le res­sent par­tout, dans la culture, dans la rue même, ce sen­ti­ment qu'il n'y a nul res­pect pour votre espace per­son­nel et même vos droits d'être humain, et même plus, en tant que femme, dans mon cas. Cela peut être trom­peur, parce que c'est en appa­rence un pays démo­cra­tique, mais la culture de guerre et de lutte pour la sur­vie est tou­jours latente. Dans cette lutte de pou­voir entre l'individu et le pays, la poé­sie a beau­coup à dire, même tout sim­ple­ment en choi­sis­sant d'être écrite.

(tra­duc­tion : Marilyne Bertoncini)

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Gili Haimovich inter­vie­wed by Marilyne Bertoncini

– Thank you, Gili,  for accep­ting to ans­wer a few ques­tions you have cho­sen, to give our rea­ders an idea of what wri­ting poe­try means for you, as an Israeli wri­ter, and a poet wri­ting in two lan­guages. First,  tell us about your debut in poe­try and how wri­ting is orga­ni­zed for you :

In a way, I star­ted to write poe­try before being able to write. At least accor­ding to my mother, who writes children’s books. In one of her ear­ly poems, she quo­ted me saying that “my brother’s gol­den curls light up our room at night.” The edi­tor refu­sed to publish the poem, explai­ning that it unli­ke­ly that a child would express her­self like that, so poe­ti­cal­ly. In first grade, I wrote my first poem, and, in a way, I just haven’t stop­ped since then. Though at some point, I tried to fight it. Writing came natu­ral­ly to me, so I didn’t appre­ciate it. Maybe it was also hard some­times to face the things it mir­ro­red. I chose to stu­dy cine­ma and not to do any­thing with my wri­ting. But wri­ting cha­sed me. I focu­sed on screen wri­ting in addi­tion to direc­ting but I couldn’t real­ly create mains­tream nar­ra­tives. For ins­tance, my gra­dua­tion film revol­ved around words. It was a cine­ma­tic dic­tio­na­ry of a cha­rac­ter I inven­ted. While I was a student, I also star­ted to work as a jour­na­list and deve­lo­ped my own style wri­ting in a per­so­nal column about arts. After a while, I star­ted to remove myself from jour­na­lism, I felt it tain­ted my wri­ting and I also wan­ted to work in a pro­fes­sion direct­ly sup­por­ting people. I star­ted to stu­dy arts the­ra­py and publi­shed my first book, “Contact Glue” in 2001. Even though I had years of expe­rience wor­king as a jour­na­list and to this day still work as a book cri­tic in dif­ferent capa­ci­ties, I didn’t publish a single poem before my first book came out as a whole.

I think my wri­ting isn’t par­ti­cu­lar­ly orga­ni­zed. I try to always have a note­book with me so I can cap­ture the lines that come to me at any moment. Then I’ll copy them onto a file in my com­pu­ter and work on them some more, if nee­ded. Typing them also helps in unders­tan­ding the struc­ture each poem requires. For a while I’ll just dump poems in this file, hard­ly going back to them after the ini­tial edi­ting I did when copying them there. When I feel that they make up a body of work that can become a book, when they have a theme and style that connects them, I’ll work on them clo­se­ly and also on their order in the book, the conno­ta­tions they create in rela­tion to one ano­ther.             

– If you had to give a defi­ni­tion of poe­try, in few words, what would it be ?

For me, poe­try is some sort of a scal­pel of truth that with its accu­ra­cy can create beau­ty. These truths crea­ted by it mold words into a form that is the clo­sest to the pri­ma­ry imprint expe­riences, fee­lings and such have on us. Poetry is able to express things that are often non­ver­bal or unsaid, and yet do it by using words. It’s an art form that has an abi­li­ty to stay very close to the “things” them­selves as they are, not tit­ling them with words or dis­tan­cing them from the ini­tial expe­rience itself. Its mini­ma­lis­tic ten­den­cy and clear struc­ture is an attempt to create order out of chaos.      

– Baudelaire wrote : "You can live without bread for three days – not without poe­try ; those among you who pre­tend the contra­ry are wrong : they don't know them­selves." Do you consi­der poe­try the way Baudelaire did ?

I do, I think wri­ting poe­try is a sur­vi­val tool, even if it’s sort of an inef­fec­tive one. That’s what gives poe­try its urgen­cy. I had an oppor­tu­ni­ty to feel it with grea­ter vigor when I moved to Canada ear­lier in my career. When I moved to Toronto, I had alrea­dy star­ted to be an esta­bli­shed poet in Israel. I had no aspi­ra­tion of wri­ting in English. I had hoped to work in my field as an  art the­ra­pist. Actually, “bread” was limi­ted. I had to work in some “immi­grant” jobs in the begin­ning.  However, I found myself star­ting to write in English almost right away. I just sim­ply star­ted to have poems in English, and not just in Hebrew, coming to me. Maybe it didn’t seem the most sen­sible thing to do but it was a way for me to explore and pro­cess my new sur­roun­dings and com­mu­ni­cate it. It was a way to ground me in a forei­gn rea­li­ty, a way to reco­gnize myself in a new mir­ror. It wasn’t easy, and I nee­ded to consult col­leagues who are native English spea­kers, but it didn’t take long for my new sur­roun­dings to respond accor­din­gly and for my poe­try in English to come to light. 

– Does land­scape ins­pires you ? – You do not real­ly write ele­giac poe­try with a land­scape in the back­ground.

If I refer to land­scape direct­ly in my work using a spe­ci­fic or des­crip­tive ele­ment from what is around me, it’s more like­ly to be an urban one, since this is the sce­ne­ry that reso­nates with me. Landscape, or more cor­rect­ly in my case, sur­roun­ding, does ins­pire me but more as an emo­tio­nal land­scape or poli­ti­cal one, which actual­ly means that the sur­roun­ding serves me as a meta­phor. The dif­ferent places I had expe­rien­ced influen­ced me and allo­wed me to explore my range as a poet, to dis­co­ver the dif­ferent aspects in my expe­riences.  So for ins­tance, when I write about the 7-11 chain stores in North America and the immi­grants who work there, it allows me to explore an emo­tio­nal state of being uproo­ted and its poli­ti­cal out­comes. And when I write a series of poems in English about the trees I see from my office win­dow in Israel, I explore the themes that are clo­se­ly rela­ted actual­ly to being uproo­ted but have a dif­ferent point of you on them. I am the only one who is aware that noti­cing trees to this extent is some­thing I gai­ned from my Canadian expe­rience, and that being sen­si­tive to mino­ri­ties, such as the ones who are exploi­ted when they work at places such as 7-Eleven, is taken from having the expe­rience of living in Israel.        

Recours au Poème defends the idea that poe­try is at the same time a poli­ti­cal action and a revo­lu­tion­na­ry meta­poe­tics – what do you think of this posi­tion ?

Yes, I agree with this idea and guess I have my own ver­sion of it. First of all, on some level, poe­try is always about lan­guage, the pos­si­bi­li­ties it can offer and so forth. And yes, at the same time, it is a poli­ti­cal act as many of the arts are, dea­ling with ethics and aes­the­tics, using its abi­li­ty to look clo­se­ly at langue itself and how it constructs rela­tion­ships with the poli­ti­cal.

As an Israeli poet, whe­ther or not I want to refer to poli­tics direct­ly or indi­rect­ly, the act of wri­ting poe­try itself has its own cha­rac­te­ris­tics of a poli­ti­cal act. In a state such as Israel, where occu­pying space is a sor­row­ful issue, occu­pying space on the page for wri­ting poe­try is itself a sta­te­ment. No won­der I tit­led my English poe­try chap­book Living on a Blank Page. I feel that Israeli poets of my gene­ra­tion tend to take their wri­ting to more inti­mate ter­ri­to­ries than natio­nal ones, which might be dif­ferent than the gene­ra­tion before us. But it is still a poli­ti­cal pro­test against living in a place where the state natio­na­lizes the indi­vi­dual and the rea­li­ty draws you time and again from your pri­vate life to the nation’s ones, as if attemp­ting to recruit you to the natio­nal agen­da of the state. Private life in Israel is always “inter­rup­ted” by a war, a bom­bing, an exploi­ta­tion of Palestinians if you belong to those who care about it. It is felt eve­ryw­here, in the culture, on the street even, that fee­ling that there’s no res­pect for your per­so­nal space and even your rights as a human being, and even more so, as a woman in my case. It can be decei­ving because it is see­min­gly a demo­cra­tic coun­try but the culture of war and sur­vi­val fight is always in the air. In this power struggle bet­ween the self and the coun­try, poe­try has a lot to say, even just by choo­sing to be writ­ten.          

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Marilyne Bertoncini

Marilyne Bertoncini, co-res­pon­sable de la revue Recours au Poème, doc­teur en Littérature, spé­cia­liste de Jean Giono, col­la­bore avec des artistes, vit, écrit et tra­duit. Ses textes et pho­tos sont publiés dans diverses revues fran­çaises et inter­na­tio­nales, et sur son blog : 
http://​mino​tau​ra​.unblog​.fr.

Principales publi­ca­tions : 

  • tra­duc­tions de l’anglais (US et Australie) : Barry Wallenstein, Martin Harrison, Peter Boyle (Recours au Poème édi­teurs, 2014 et 2015), Carol Jenkins ( River road Poetry Series, 2016)
  • Secanje Svile, Mémoire de Soie, Tanja Kragujevic, édi­tion tri­lingue, Beograd 2015
  • Livre des sept vies , Ming Di,  Recours au Poème édi­tions, 2015
  • Histoire de Famille,  Ming Di, édi­tions Transignum, avec des illus­tra­tions de Wanda Mihuleac,  juin 2015

Poèmes per­son­nels

  • Labyrinthe des Nuits, suite poé­tique, RaP édi­teur, 2015
  • La Dernière Oeuvre de Phidias, Encres Vives, avril 2016
  • La Dernière Oeuvre de Phidias, sui­vi de L’Invention de l’absence,  Jacques André  édi­teur, 2017
  •  Aeonde, La Porte, 2017
  • AEncre de Chine, livre-ardoise sur un pro­jet de Wanda Mihuleac
  • Le Silence tinte comme l’angélus d’un vil­lage englou­ti, édi­tions Imprévues, 2017
  • La Dernière Oeuvre de Phidias, sui­vi de L’Invention de l’absence, Jacques André édi­teur , mars 2017.
  • L’Anneau de Chillida, L’Atelier du Grand Tétras, 2018
  • Sable, sur des gra­vures de Wanda Mihuleac, Transignum (à paraître)

(fiche bio­gra­phique com­plète sur le site de la MEL : http://​www​.​m​-​e​-​l​.fr/​m​a​r​i​l​y​n​e​-​b​e​r​t​o​n​c​i​n​i​,​e​c​,​1​301 )

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