Yin Xiaoyuan : Les Mystères d’Elche

Par |2020-09-10T11:01:04+02:00 30 août 2020|Catégories : Essais & Chroniques, Yin Xiaoyuan|

Yin Xiaoyuan, poète mil­i­tante  au sein du mou­ve­ment qu’elle a fondé pour une lit­téra­ture qui tran­scende les gen­res, ani­me aus­si l’EPS  « Ency­clo­pe­dic Poet­ry School », créé par elle en 2017. Elle fédère un groupe dynamique de jeunes poètes chi­nois à l’o­rig­ine de nom­breuses actions inter­na­tionales,  qui pro­pose de nou­veaux par­a­digmes pour le mélange des gen­res ample­ment ouvert aux cul­tures inter­na­tionales, trans­for­mant  l’écri­t­ure par des jux­ta­po­si­tions lin­guis­tiques acro­ba­tiques, l’in­tro­duc­tion de sujets sci­en­tifiques inno­vants, de références à des sub-cul­tures var­iées (rock, rap, jeux vidéos…), des emprunts lin­guis­tiques (Yin Xiaoyuan est aus­si poly­glotte et tra­duc­trice) et des thé­ma­tiques his­toriques bous­culées par des  représen­ta­tions éton­nantes et non linéaires de la réal­ité, prom­enant le lecteur d’un loin­tain passé anté-his­torique à des spécu­la­tions sur un futur de science-fiction.

La tra­duc­tion du texte présen­té, réal­isée à par­tir d’une ver­sion inter­mé­di­aire en anglais pro­posée par la poète, a demandé de nom­breux ajuste­ments et ne se pré­tend pas définitive. 

Il s’ag­it de la pre­mière par­tie d’un long tra­vail con­sacré à la Méditer­ranée. Dans un sur­vol fan­tas­tique cou­vrant espace et temps, depuis les ères géologiques, Les Mys­tères d’Elche — en espag­nol Mis­te­rio de Elche, en cata­lan Mis­teri d’Elx — est une représen­ta­tion théâ­trale (un mys­tère) don­né chaque année depuis le Moyen-Âge à Elche (Espagne), où il est aus­si con­nu sous le nom de La Fes­ta (La Fête).

L’œu­vre est don­née chaque 14 et 15 août dans la Basíli­ca de San­ta Maria et représente en deux actes la Mort, l’As­somp­tion et le Couron­nement de la Vierge.

La représen­ta­tion prend sa véri­ta­ble forme avec l’in­tro­duc­tion de la com­plexe machiner­ie baroque,  déjà citée dans le Con­sue­ta de 1625. On par­le égale­ment de tirs de fusées, de son­ner­ies de cloches, de pro­ces­sions d’en­trée et sortie.

Une grande ten­ture en haut du cer­cle for­mé par le dôme  représente le ciel et cache les mécan­ismes qui per­me­t­tent l’as­cen­sion et la descente dans les airs des dif­férents objets. La ten­ture sépare les actions célestes de celles d’ici-bas.

La Grenade (Magrana) désigne le sys­tème chargé de trans­porter l’Ange appor­tant la Palme à Marie. L’ap­pareil a une struc­ture octog­o­nale et est fer­mé sur ses huit côtés, Lors de sa descente du ciel, les huit quartiers s’ou­vrent, révélant l’in­térieur décoré et l’ange avec sa palme.

Le texte du Mis­teri, à l’ex­cep­tion de quelques vers en latin, est inté­grale­ment écrit en cata­lan ancien.

La musique est un amal­game de styles de dif­férentes épo­ques qui inclu­ent des motifs du Moyen Âge, de la Renais­sance et du Baroque.

L’UNESCO a déclaré le mys­tère d’Elche pat­ri­moine cul­turel immatériel de l’hu­man­ité le 18 mai 2001

 

1 – Evangiles Apocryphes

 

Essayez de décrire les « Ninots des Fal­las »1les ninots sont des pan­tins rudi­men­taires et masqués, pen­dus au bout d’un mât lors des fêtes pop­u­laires appelées fal­las en Cata­lan et définis­sez-les dans la nomen­cla­ture binomiale.
Selon Carl von Lin­né, « effroy­able mag­nif­i­cence » est syn­onyme de «chardons vénéneux + épines» comme celles des car­ac­tères minus­cules de l’écri­t­ure carolingienne
Déplié le par­chemin trem­pé d’en­cre, vous avez juste le temps d’ob­serv­er un vent de foehn brûler l’herbe du ver­sant sud de Muh­lacén, qui s’é­tend jusqu’à l’océan
Le soleil couchant dis­paraît dans les car­il­lons de la nuit, tan­dis que de l’urne d’éc­ume méditer­ranéenne les mou­ve­ments ryth­miques des vagues indomp­tées depuis l’époque des Wisig­oths con­ver­gent tous ici à Elx – l’His­toire, est un géant ter­ri­fi­ant, comme Léviathan dans le livre de Job.

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Yin Xiaoyuan lit “Evangiles apocryphes”

En sus­pens au-dessus des nuages, tel un arc-en-ciel, le retour de flamme lèche la fibre de papi­er et les matéri­aux pré­parés pour les rit­uels (déjà presqu’aus­si chaud que du gras qui brûle ou un ortolan qui explose dans la bouche d’un épicurien)
Un feu de joie de la Saint-Joseph éclaire le Canyon de l’An­ti­lope remon­tant à ses orig­ines dans l’An­tiq­ui­té loin­taine, les bois fruitiers évidés, les maisons et la grande arche
Avant que le mon­stre marin ne monte sur le rivage, tout le réseau hydro­graphique avait sif­flé l’alerte deman­dant s’il s’agis­sait d’ un pré­da­teur gron­dant avec les mael­stroms, ou d’un pèlerin voy­ageant à tra­vers les crachins
Un secret sans doute doit être caché sous les lugubres tem­pêtes habituelles

Ouvrez la Bible de Valence (les Psaumes y étaient mêlés de Latin), allez à la page 259
Vous avez déjà été témoin des hal­lu­ci­na­tions, rap­portées dans ces volumes
L’or, l’en­cens et la myrrhe, sur le dos des chameaux – ils mar­chaient tête bais­sée, dans les nuages de pous­sière, éparpil­lant l’or étince­lant du sable sur les notes de bas de page depuis les riv­ières de Ghana
Il y avait des bal­istes comme des éléphants géants, dressées der­rière les murs à l’in­térieur des villes antiques, après tout, on ne négo­cie rien entre hédon­isme et héroïsme

Du cab­i­net secret de La Cara Ocul­ta, depuis la spi­rale d’une pluie sur la Pénin­sule Ibérique bal­ayant les traces de son orogénie her­cyni­enne, et depuis le pla­fond au-dessus du transept de la Basilique San­ta Maria, tu march­es comme un elfe et tu regardes en bas
‑Ter­restre vs.Céleste, pièces d’une machiner­ie de théâtre aérienne
La Vierge Marie – robe blanche, man­teau bleu, auréole dorée ; Saint-Pierre – robe/aube, étole et cape blanche, piano, gui­tare et ukulele mur­mu­rant douce­ment dans la fan­tas­magorie Renaissance

«Passe au mode suiv­ant, et glisse avec ton Man­grana jusqu’au règne des mortels.»
«La foule en liesse a com­plète­ment oublié l’hor­cha­ta, mais atten­tion, l’odeur de la peste médié­vale flotte encore comme des draperies dans la brise.»
«Un endroit où se tenir» et «un levi­er assez long» ne sont pas des con­di­tions suff­isantes et nécessaires.
Expliquez : pourquoi le caducée d’Her­mès est-il le sym­bole du mer­cure, et com­ment il devint la «fleur du sommet».
La Dame d’Elx ou Dame d’Elche répon­dit d’un sourire muet comme les films.

II – 13ème siècle

 

entrelacées, voici les cordes E d’une gui­tare mau­resque et d’une gui­tare latine
Bal­dr x Höðr , tel un cou­ple de série télévisée, irradie d’une même iridescence
qu’un mariage entre Fer­di­nand II d’Aragon et Isabelle de Castille noué par la Recon­quista
Des ombres se portèrent sur les let­tre fleuries du Kuf­ic aux pages d’une meno­rah, c’é­tait le temps où une croix en or et un crois­sant de lune échangeaient leur éclat dans le crépuscule
Jadis des rinceaux de vignes et de fleurs grim­paient le long des mosaïques ; une brume de minu­it inondait l’É­vangile de Reichenau, des foules mon­taient des rivages et des mon­tagnes, péris­saient dans les famines, les épidémies, les désas­tres et les guerres
Vous êtes-vous jamais inter­rogé sur la com­po­si­tion de la pluie de flo­cons d’or du rêve ? Ils étaient teints par le couchant de l’Émi­rat de Grenade, quand un cygne noir volait dans les dernières lueurs, et l’Al­ham­bra était en arrière-plan

Au milieu du 13ème siè­cle, Birg­er Jarl reçut venant du futur le terme psy­chologique de « syn­drome de Stock­holm », envoyé par « le Loop­er »
Voici pourquoi la spi­rale goth­ique de Storkykan était comme un épine sur la tige de rose de Mälaren
A la fin du même siè­cle, « Les Voy­ages de Mar­co Polo » avaient dess­iné sur la Terre la trace argen­tée qu’un satel­lite pour­rait voir
Pour rassem­bler dans ses fibres les plus fines ses nom­breux par­ti­sans, trois siè­cles plus tard était avancée la vision de la Grande y Feli­cis­si­ma Arma­da , et la route vers l’en­fer pavée d’or

«La ligne du temps a des traits absol­u­ment iden­tiques à ceux des fractales…
ses coupes trans­ver­sales se dis­sol­vent et se mul­ti­plient à la vitesse des nuages, des éclairs, des mon­tagnes et des vallées…»
Et à pro­pos de «Méth­ode de déplace­ment médi­an aléa­toire» ? Ou d’«algorithme d’in­ter­po­la­tion fractale» ?
Les sémi­o­logues sont engagés dans un com­bat corps-à-corps avec Xen­oDream qui pour­rait éventuelle­ment ren­voy­er à l’o­rig­ine de la corrida
Quelle par­faite symétrie, qu’Alphonse « X » de Castille soit égal à « trois +sept »
« Roi des Trois Reli­gions » VS « Siete Par­tidas »

Au tour­nant du siè­cle, était de nou­veau men­tion­né «der Wille zur Macht»
de nou­veau Le « car­refour» est prévu de façon à n’ap­pa­raître qu’une seule fois dans l’ensem­ble du test
Et si Robert Frost n’avait pas eu la tête trou­blée par la théorie des multi-univers ?
A la toute fin des guer­res puniques doit sur­gir la fig­ure d’Hannibal

Vous avez con­tourné Rome :
#Sur-écrivant sur History./His sto­ry# i.e Les Sept Ponts de Könisberg

III La Vêprée

 

Les pélerins afflu­aient dans les rues de la vieille ville d’Elche, comme des dino­phytes bio­lu­mi­nes­cents rejetés par les vagues sur les plages de Cairns
Une loi uni­verselle : des lignées de sang bleu prove­naient du con­ti­nent per­du de Mu
La Vierge Marie, le pas­sage de son bien­heureux som­meil à l’As­somp­tion fut un miracle
Quand elle descen­dit de La Magrana avec grâce et appa­rat, d’im­mortelles médus­es télé­pathiques for­mèrent une Grande Ourse dans les pro­fondeurs océanes
Une veil­lée funéraire est un rit­uel séparant vie et mort en des lignes obliques
A l’in­térieur de la Basilique San­ta Maria, ciel et terre se croisent à angle droit

On dit qu’en 1204, une pein­ture sacrée de la Vierge Marie avait échoué à Por­tovenere, enfer­mée dans un tronc de cèdre…
Elle pria Dieu et souhai­ta ren­con­tr­er une dernière fois les Apôtres qui venaient de loin
Puis, entourée des psaumes de con­so­la­tion et de l’é­cho des accla­ma­tions, elle s’en alla
si(est Absurde()){
retour faux ;
{
si(est Surrealism()){
retour faux ;
{
si(est Symbolism()){
retour faux ;
{
retour vrai ;

Com­paré à El Gre­co et Anni­bale Car­rac­ci, Titien était meilleur scéno­graphe, lui dont « L’As­somp­tion de la Vierge » assumait une par­faite com­po­si­tion en croix
Qu’est-ce que la ten­sion visuelle ? Demande-le à l’ar­bre de feu sur la cou­ver­ture de l’al­bum d’Amor­phis, Sky­forg­er
« Les oies bar­na­cles adaptent l’époque de leur migra­tion aux mod­i­fi­ca­tions de l’ex­po­si­tion solaire »
La route entre ordi­naire et mer­veilleux s’éch­e­lonne en phas­es comme celles de la lune
Fixe les gouttes de rosée sur l’é­corce d’un olivi­er d’Hojiblanca
Un orage arrive, alors les cheveux des pélerins se dressent sous un pla­fond à cais­sons sin­isant, et un ruban de nuage échoue sur le panneau
Pre­mier ray­on de lumière – Tirant lo Blanch était piégé entre la vir­ginité de la princesse et l’om­bre de Constantinople
Même le niveau 5 de con­duite autonome n’au­rait pu vous sauver des vicis­si­tudes de la vie

IV La Fête

 

Devant eux, entouré de fougères et de palmiers, blancs et pous­siéreux dans la lumière silen­cieuse du matin, se trou­vait un immense galion espagnol.
–Gabriel Gar­cía Márquez: Cent ans de solitude

Chut… un Archéopter­ix extir­pait ses ailes d’une pierre cal­caire de Solenhofen
Pas aus­si tran­chantes qu’Ex­cal­ibur, mais elles étaient le pro­to­type de tout avec plumes rémiges, tec­tri­ces et rectrices
Comme dirait Su Tung­po : « Je me sens telle­ment bien, comme Da Mo qui tra­ver­sait la riv­ière en flot­tant sur un sim­ple roseau », un champ géo­mag­né­tique rétréc­it comme aujour­d’hui un lac en hiver
Depuis le clocher de l’église, on peut enten­dre le nom de Théophile revenant en écho de l’horizon
Plante une palme à Timan­faya pour en faire un gno­mon, avant minu­it, quand le vent chaud arrive de la mer
Vous savez bien  : le courant froid Benguela tourne ici, et le courant cir­cum­po­laire antar­tique nour­rit tou­jours une ran­cune sur sa route éprouvante
Depuis le 14 août, la Vierge Marie se rap­prochait de son immor­tal­ité, tan­dis qu’Hapi obser­vait le Nil se muant en cataractes au Soudan
Un vecteur est défi­ni par sa direc­tion opti­male, les croy­ants n’ont pas à ten­dre des filets pour saisir des man­i­fes­ta­tions aléatoires

Le con­tour de la Basilique San­ta Maria est le résumé de l’his­toire : mosquée – goth­ique et renais­sance – baroque
des reliefs muraux du 17ème siè­cle ; une robe de fla­men­co andalouse et «las cose­chas del pen­sar tran­qui­lo» (comme dans le poème de Miguel de Una­muno) à Sala­manque étaient tous de la même époque… tout ici est aus­si flex­i­ble que les légen­des et aus­si raide qu’un pistolet
«Der Tod is der zeit­lose Frieden und das leben ist der Krieg 
Nur wenn du diese Schlacht gewinnst bist auch du Antik»2Antik de Nacht­blut – album d’un groupe alle­mand de dark met­al : «La mort est la paix intem­porelle et la vie est la guerre

« un enorme cal­abazo lleno de piedras » c’est là qu’on trou­ve con­seil auprès des anciens sages
Un grand voyageur doit être équipé de ses mus­cles pour faire office d’armes
Durant la nuit les nerfs optiques exam­in­eraient le sang d’un agneau sur la porte

V Dimanche des Palmes

 

La larme de l’église Domi­nus Fle­vit à l’ére canaan­ite suin­ta lors d’un tirage au sort de l’Athènes antique, des colombes blanch­es s’en­velop­paient de rayons de lumières quand les can­tiques com­mencèrent à réson­ner en échos, péné­trant la rosace au-dessus de l’au­tel, bril­lant à tra­vers tout le Dôme du Roc
Un char­i­ot d’Hyk­sos pas­sait par là, entraî­nant parhe­lions* 3un petit arc-en-ciel  et limailles de cuiv­re. Un pho­tographe sur le bord de la route, décon­stru­i­sait (l’im­age était entière­ment réal­isée en gneiss de Khafre intro­n­isé : une nuance bleu-thé) l’an­tique composition
Pour le dimanche des Palmes, Jérusalem s’orne de branch­es d’o­livi­er, de cèdre et d’érable negun­do, comme un cig­a­re maya qui se consume

Les bosquets de cac­tus de la Palmera se reflè­tent sur la voûte du ciel, tou­jours ondu­lant de gloire et de béat­i­tude depuis le 18ème siè­cle – la «Palme impéri­ale» ain­si nom­mée par Castag­no prenant la forme d’un chandelier
Cha­toy­ant dans la nuit, la pointe d’ar­gent des doigts de la Méditer­ranée effleu­rait Valence, Ali­cante, Mur­cia… la lune fai­sait couler sa lumière d’un coin du ciel étoilé sur Gibraltar
Chaque lieu se dou­ble de l’héritage d’An­drés de Vandelvira !
Des villes jumelles – Baez & Ube­da, des sché­mas se déroulent dans la Sacra Capil­la del Sal­vador & Pala­cio de los Cobos
dans un réseau de néons fluc­tu­ants, atteignant jusqu’à l’aque­duc de Ségovie

Une grappe d’é­toiles-de-Beth­léem a lais­sé choir ses pétales sur la nappe depuis que fut pro­duit « un soupir de Can­tor ». La « Prédes­ti­na­tion » a été repoussée par de sméraldines vagues de temps
Sur le bal­con du Palais Fran­cis­co Godoy, des gouttes de pluie remon­tant à cinq siè­cles s’at­tar­dent encore, éparpil­lées par le cad­ran de l’hor­loge – les briques for­mant bar­rière con­tre le soir qui tombe
Gravi­ton, vivre, c’est décol­or­er peu à peu la mémoire avec un détache­ment serein
Seuls les faibles ont besoin de dormir, pour éviter les foudres du Destin
Les car­il­lons dans votre poitrine son­nent le long de vos vais­seaux gou­verneurs et con­cep­teurs, préserve vos échos, parce qu’il n’est pas néces­saire d’har­monis­er un cantique

Il est des his­toires dans lesquelles ne survient jamais le Salut, et l’or et les joy­aux atten­dent à jamais au fond des océans, où dort depuis 1822 Notre-Dame d’Atocha

« La vie est un voleur nocturne
Je me tiens devant un chef-d’oeuvre »

Com­ment une mèche de cheveux peut-elle haler vers le rivage l’é­pave du Fortuna
Oublie les mon­tagnes, sois cer­tain que les vagues de l’Est bal­aieront les restes de tes rêves de leurs plumes couleur de perle

 

tra­duc­tion : Mar­i­lyne Bertonci­ni — juil­let 2020

Présentation de l’auteur

Yin Xiaoyuan

Yin Xiaoyuan(Yīn Xiǎoyuán, “殷晓媛” in Chi­nese) est un poète épique avant-gardiste  et mélant les gen­res,  ain­si qu’un écrivain mul­ti­lingue, fon­da­teur de l’En­cy­clo­pe­dic Poet­ry School (est.2007), ini­ti­a­teur d’un mou­ve­ment d’écri­t­ure qui tran­scende les gen­res,   et rédac­teur en chef de la Déc­la­ra­tion d’écri­t­ure ‘her­maph­ro­dite”, rédac­teur en chef et con­cep­teur visuel de “Ency­clo­pe­dic Poet­ry School AI Paper­cube “(Édi­tion Spé­ciale 10e Anniver­saire),” 12e Anniver­saire Poésie Pho­togra­phie╳ Album Man­u­scrits “et” Annu­aire 2020: Poésie Pho­togra­phie “, réal­isa­teur et con­cep­teur visuel de” 12ème Anniver­saire Poésie Set­Tea Deluxe Gift Set “et” 12th Anniver­sary Com­mem­o­ra­tive Medal­lions ” “. Elle dirige égale­ment “Ency­clo­pe­dic Poet­ry School Cre­ative Writ­ing & Inte­grat­ed Art Work­shop”, dont les mem­bres com­pren­nent des poètes, des écrivains, des dra­maturges, des musi­ciens et des artistes visuels / instal­la­tion / pho­togra­phie / calligraphie.

Yin Xiaoyuan est diplômé de l’U­ni­ver­sité des études inter­na­tionales de Pékin. Elle est mem­bre de l’Association des écrivains de Chine, de l’Association des tra­duc­teurs de Chine et du Poet­ry Insti­tute of Chi­na. Elle a pub­lié 11 livres, dont 5 antholo­gies de poésie: Ephemer­al Mem­o­ries (Dazhong lit­er­a­ture & art pub­lish­ing, 2010), Beyond the Tzolk’in (Chi­na Fed­er­a­tion of Lit­er­ary and Art Pub­lish­ing House, 2013), Avant-garde Tril­o­gy (Tuan­jie Pub­lish­ing House, 2015 ), Agent d’ense­mence­ment des nuages ​​(Ency­clo­pe­dic Poet­ry School ‘10th Anniver­sary Series) (Beiyue Lit­er­a­ture & Art Pub­lish­ing House, 2017), et Cloud Seed­ing Agent (Piny­on Pub­lish­ing, États-Unis); et 6 tra­duc­tions, dont The Ruby in Her Navel (Tsinghua Uni­ver­si­ty Press, 2014) du lau­réat du prix Book­er Bar­ry Unsworth, une tra­duc­tion de l’an­tholo­gie de poésie con­tem­po­raine de poète / artiste new-yorkais Bill Wolak Devenir une riv­ière (New Fer­al, 2018), deux romans de Japon­ais et une antholo­gie de haïku. TVPetrusenko, chef du départe­ment des acqui­si­tions, Bib­lio­thèque nationale de Russie, a qual­i­fié les œuvres de l’En­cy­clo­pe­dic Poet­ry School de “nou­velle ten­dance de la poésie chi­noise con­tem­po­raine” et Glen­nys Reyes Tapia, chef du départe­ment des col­lec­tions, BNPHU, les a décrites comme “un tré­sor bib­li­ographique”. de leur cul­ture (chi­noise) “.

Elle a écrit 18 épopées (ce qui représente un total de 70 000 lignes) et 24 vol­umes de poèmes encyclopédiques.

Ses œuvres ont été écrites en chi­nois, anglais, japon­ais, alle­mand et français et traduites en ital­ien, espag­nol, français, por­tu­gais, gali­cien, finnois, estonien, russe, ben­gali et bul­gare, pub­liées au pays et à l’é­tranger. Elle coopère avec plus de 100 poètes con­tem­po­rains aux États-Unis, au Roy­aume-Uni, en Suède, en Irlande, en Aus­tralie, en Espagne, au Por­tu­gal, en Russie, en Alle­magne, en France, en Fin­lande, au Cana­da, en Argen­tine, au Japon, en Inde, en Estonie, à Cuba, au Hon­duras, en Colom­bie, au Chili, en Bul­gar­ie , Bolivie et Equa­teur, etc.

Elle a voy­agé à tra­vers la Chine par ses pro­pres mon­tagnes dif­fi­ciles, notam­ment le mont Huang, le mont Hua, le mont Heng (Hunan) et le mont Tai, qu’elle a som­més à pied.

 

Epics by Yin Xiaoyuan:

Avant-garde Tril­o­gy (前沿三部曲in Chi­nese):

Nephoretic­u­lum (《云心枢》in Chi­nese)

Polysom­nus (《多相睡眠》in Chinese)

Ennead­i­men­sion­nalite (《九次元》in Chinese)

 

Wind Rose Sede­col­o­gy (风能玫瑰十六传奇in Chinese):

Iki of Bashō, Wabi of Mura­masa (《武芭蕉,雌村正》in Chinese)

Seep­ra­land (《锡璞拉群岛战纪》in Chinese)

Wind Quencher (《止风之心》in Chi­nese)

Hanoi Tow­er (《汉诺塔》in Chinese)

Turkana (《图尔卡纳》in Chinese)

la Byzan­tine(《拜占庭野心》in Chi­nese), 

Dop­pel­ganger Duet(《自他体二重唱》in Chi­nese), 

Lap­land Blood-soaked(《血沃拉普兰》in Chi­nese),

The Space-time Opti­miza­tion Bureau(《时空优化署》in Chi­nese), 

The Dis­ap­pear­ance with­in Ata­ca­ma (《盐湖疑踪》in Chinese),

Twin Flames(《双生火焰》).

 

 

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Marilyne Bertoncini

Mar­i­lyne Bertonci­ni, co-respon­s­able de la revue Recours au Poème, à laque­lle elle col­la­bore depuis 2013, mem­bre du comtié de rédac­tion de la revue <emPhoenix, doc­teur en Lit­téra­ture, spé­cial­iste de Jean Giono, tra­vaille avec des artistes, vit, écrit et traduit de l’anglais et de l’i­tal­ien. Elle est l’autrice de nom­breux arti­cles et cri­tiques ain­si que de tra­duc­tions sur Recours au Poème. Ses textes et pho­tos sont égale­ment pub­liés dans des antholo­gies, divers­es revues français­es et inter­na­tionales, et sur son blog :   http://minotaura.unblog.fr. Prin­ci­pales publications : Tra­duc­tions :  tra­duc­tions de l’anglais (US et Aus­tralie) : Bar­ry Wal­len­stein, Mar­tin Har­ri­son, Peter Boyle (Recours au Poème édi­teurs, 2014 et 2015), Car­ol Jenk­ins ( Riv­er road Poet­ry Series, 2016) autres tra­duc­tions : Secan­je Svile, Mémoire de Soie, Tan­ja Kragu­je­vic, édi­tion trilingue, Beograd 2015 Livre des sept vies , Ming Di, Recours au Poème édi­tions, 2015 His­toire de Famille, Ming Di, édi­tions Tran­signum, avec des illus­tra­tions de Wan­da Mihuleac,  juin 2015 Instan­ta­nés, Eva-Maria Berg, édi­tions Imprévues, 2018 Poèmes per­son­nels :  Labyrinthe des Nuits, suite poé­tique, RaP édi­teur, 2015 La Dernière Oeu­vre de Phidias, Encres Vives, avril 2016 Aeonde, La Porte, 2017 AEn­cre de Chine, livre-ardoise sur un pro­jet de Wan­da Mihuleac Le Silence tinte comme l’angélus d’un vil­lage englouti, édi­tions Imprévues, 2017 La Dernière Oeu­vre de Phidias, suivi de L’In­ven­tion de l’ab­sence, Jacques André édi­teur , mars 2017 L’An­neau de Chill­i­da, L’Ate­lier du Grand Tétras, 2018 Mémoire vive des replis, poèmes et pho­tos de l’autrice, pré­face de Car­ole Mes­ro­bian, édi­tions “Pourquoi viens-tu si tard?”, novem­bre 2018 Sable, livre bilingue (tra­duc­tion en alle­mand d’ Eva-Maria Berg), avec des gravures de Wan­da Mihuleac, et une post­face de Lau­rent Gri­son, Tran­signum , mars 2019. Memo­ria viva delle pieghe/mémoire vive des replis, édi­tion bilingue, tra­duc­tion de l’autrice, pré­face de Gian­car­lo Baroni, éd. PVTST?, mars 2019 (fiche biographique com­plète sur le site de la MEL : http://www.m‑e-l.fr/marilyne-bertoncini,ec,1301 )

Notes[+]

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