présentation et traduction : Marilyne Bertoncini

Dans un essai dont je pro­pose ici une ver­sion résumée ( la ver­sion orig­i­nale com­plète, avec les notes et ren­vois, peut être con­sultée sur le site Jack­et) , le poète, artiste , essay­iste  bri­tan­nique Allen Fish­er, à par­tir d’un tour d’hori­zon des liens entre poésie et théoris­es sci­en­tifiques con­tem­po­raines, explicite sa  posi­tion éthique d’écri­t­ure par rap­port aux sci­ences actuelles, dans ce qui est un « art poé­tique » de la déco­hérence, qu’il­lus­tre toute la pro­duc­tion artis­tique du poète, dont nous repub­lions un poème con­fié en 2014 à Recours au Poème, ain­si que le vis­tu­ose extrait de Black Bot­tom, dont on peut lire la ver­sion anglaise sur le site lyrik line

Après avoir retracé depuis Pla­ton, et à tra­vers divers exem­ples de l’his­toire lit­téraire anglo-sax­onne,  l’évolution des  liens entre sci­ence et poésie, il déclare que  nom­bre de con­tem­po­rains (et de poètes)  éblouis par des vocab­u­laires spé­cial­isés  spé­ci­fiques issus du  monde indus­triel, com­mer­cial, ou mil­i­taire… ont provo­qué, en rai­son de l’u­til­i­sa­tion restreinte et fig­u­ra­tive du lan­gage, une aspi­ra­tion col­lec­tive à la cohérence.

« Or,  écrit-il, la poésie est en grande con­tra­dic­tion avec ces attentes, à la fois en ce qui con­cerne la logique,  la cohérence, et l’utilisation du vocab­u­laire, ce qui a con­duit à une « con­fi­ance dans la déco­hérence » — une con­fi­ance que la poésie, à son niveau de plus grande effi­cac­ité, ne peut pas suiv­re la logique, telle qu’elle est diverse­ment per­pé­tuée dans la pen­sée com­mune et pater­nal­iste, et ne peut pas aspir­er à la cohérence, comme cela est égale­ment pre­scrit. La poésie a par­ti­c­ulière­ment besoin de faire des propo­si­tions ou d’avoir des aspi­ra­tions dans notre époque de baisse de niveau exten­sive et d’exploitation du mod­ernisme avec immense var­iété de moteurs matéri­al­istes et fascistes.

En févri­er 2007, sur  Nature, heb­do­madaire sci­en­tifique inter­na­tion­al, un groupe de physi­ciens, soutenu par l’ar­mée améri­caine, l’u­ni­ver­sité de Yale et le marché, pro­po­sait de résoudre la ques­tion des états du nom­bre de pho­tons dans un cir­cuit supra­con­duc­teur. Ils comp­taient faire la dis­tinc­tion entre les champs cohérents et ther­miques (deux ordres de vocab­u­laire apparem­ment dif­férents) pour  créer un analy­seur de sta­tis­tiques de pho­tons qui génér­erait des états non clas­siques de la lumière réal­isant une logique du bit-pho­ton quan­tique par supra­con­duc­tiv­ité, la base d’un bus 11‑bus — Ensem­ble des con­duc­teurs met­tant en com­mu­ni­ca­tion les dif­férents com­posants d’un ordi­na­teur logique pour un ordi­na­teur quantique. »

L’ar­ti­cle de Nature souligne donc un dilemme. La poésie et l’en­gage­ment avec un pub­lic, tout comme la sci­ence avec son pro­pre pub­lic, offrent une dis­cor­dance sig­ni­fica­tive, poten­tielle­ment créée par un aveu­gle­ment naïf, ou plus sou­vent encore, par la tromperie volontaire. 

Vol­ume 7 Issue 2, Feb­ru­ary 2007

Les prémiss­es de cette dis­cor­dance découlent d’une série d’in­ca­pac­ités et d’i­nap­ti­tudes néces­saires aux fragilités qui sous-ten­dent les vul­néra­bil­ités. Elles con­tribuent à la pen­sée intel­li­gi­ble, et sont à la base esthé­tique et éthique de toute pra­tique poé­tique et sci­en­tifique écrite. Il s’ag­it d’un dilemme néces­saire en ter­mes con­ceptuels et his­toriques, face aux propo­si­tions occi­den­tales de logique et  aux aspi­ra­tions mod­ernistes à la cohérence. (…)

Depuis l’An­tiq­ui­té, la pen­sée occi­den­tale a débat­tu des dif­fi­cultés entre la per­cep­tion directe et les infor­ma­tions dérivées des machines, entre les démon­stra­tions de la vérité et la pré­somp­tion ou la spécu­la­tion infor­mée. Pla­ton, penseur précurseur des exi­gences de la pen­sée logique et de la vérité, four­nit un cer­tain nom­bre d’ex­em­ples sig­ni­fi­cat­ifs. Sa descrip­tion de la façon dont fonc­tion­nent les poètes dans son Apolo­gie indique immé­di­ate­ment la dif­fi­culté pro­posée . “Après les politi­ciens, je me suis adressé aux poètes, aux auteurs de tragédies, de dithyra­mbes et autres, avec l’in­ten­tion de me sur­pren­dre à être plus igno­rant qu’eux. Je choi­sis donc les poèmes avec lesquels ils sem­blaient avoir pris le plus de peine et je leur demandai ce qu’ils voulaient dire, afin de pou­voir, à la fin ‚appren­dre d’eux quelque chose. J’ai honte à dire la vérité, mais je le dois. Presque tous les audi­teurs auraient pu expli­quer les poèmes mieux que leurs auteurs. Je me suis vite ren­du compte que les poètes ne com­posent pas leurs poèmes à par­tir d’ un savoir,  mais grâce à un tal­ent inné et leur inspi­ra­tion, comme les voy­ants et les prophètes qui dis­ent aus­si beau­coup de belles choses sans com­pren­dre ce qu’ils dis­ent. Les poètes me sem­blaient avoir fait une expéri­ence sim­i­laire. En même temps, je voy­ais qu’à cause de leur poésie, ils se croy­aient très sages à d’autres égards… ”

Les poètes sont encore cri­tiqués sur ce point dans le livre X de La République ; “toute la poésie, depuis Homère, con­siste à représen­ter une imi­ta­tion de son sujet, quel qu’il soit, sans saisir la réal­ité. Nous par­lions tout à l’heure du pein­tre qui peut pro­duire ce qui ressem­ble à un cor­don­nier pour le spec­ta­teur qui, lui-même igno­rant tout de la cor­don­ner­ie, ne juge que par la forme et la couleur. De même, le poète, qui ne sait que représen­ter les apparences, peut pein­dre en paroles l’im­age de n’im­porte quel arti­san de manière à impres­sion­ner un pub­lic égale­ment igno­rant et qui ne juge que la forme de l’ex­pres­sion ; le charme inhérent au mètre, au rythme et à la mise en musique suf­fit à lui faire croire qu’on a tenu un dis­cours admirable sur la tac­tique mil­i­taire, la cor­don­ner­ie ou tout autre sujet tech­nique. Dépouillez le pro­pos du poète de sa col­oration poé­tique et vous ver­rez ce que cela donne en prose simple. »

Allen Fish­er, afin de pré­cis­er sa posi­tion, pour­suit en évo­quant divers points de vue con­for­t­ant ou con­tes­tant l’opin­ion du philosophe grec : il cite ain­si Eric Have­lock, spé­cial­iste bri­tan­nique de l’an­tiq­ui­té grecque dont la pré­face explique  que Pla­ton ” com­mence par car­ac­téris­er l’ef­fet de la poésie comme une “muti­la­tion de l’e­sprit”. Il s’ag­it d’une sorte de mal­adie, pour laque­lle il faut acquérir un anti­dote. Cet anti­dote doit con­sis­ter en la con­nais­sance “de ce que sont réelle­ment les choses”. En bref, la poésie est une espèce de poi­son men­tal, elle est l’en­ne­mi de la vérité… ” —  et sur cette base de vérité, les poètes pour­raient aus­si bien per­pétuer la tromperie. La cible de Pla­ton sem­ble être pré­cisé­ment l’ex­péri­ence poé­tique en tant que telle. C’est une expéri­ence que nous qual­i­fieri­ons d’esthé­tique. Pour lui, il s’ag­it d’une sorte de poi­son psychique.

Il évoque  ensuite Charles Stein qui pré­cise le débat  à par­tir de son étude de la poésie de Charles Olson (1910–1970)  en expli­quant les liens de sa poé­tique de jux­ta­po­si­tion syn­tax­ique avec les nou­velles théories de la rel­a­tiv­ité: Pla­ton a ban­ni les poètes ” parce que leurs moyens de dis­cours entra­vaient le développe­ment des pou­voirs abstraits que Pla­ton s’ef­forçait d’en­tretenir “. Olson veut rétablir les poètes “, c’est-à-dire leur don­ner un lan­gage com­mun, ” mais il lui faut d’abord pour les com­pren­dre réac­quérir  cer­taines habi­tudes de lan­gage et de pen­sée que la révo­lu­tion pla­toni­ci­enne a fait per­dre “.Stein pour­suit : ” Olson insiste sans relâche sur les théories lin­guis­tiques con­crètes : des théories qui met­tent l’ac­cent sur la pri­mauté des sons des mots, des mots d’ac­tion et de la nom­i­nal­i­sa­tion, par rap­port à l’u­til­i­sa­tion de la langue, sur la sub­or­di­na­tion et les rela­tions gram­mat­i­cales abstraites. Dans son livre “Grammar‑a book” Olson cite des pas­sages du livre Lan­guage d’Ed­ward Sapir, selon lesquels ” l’or­dre des mots et l’ac­cen­tu­a­tion ” sont ” les méth­odes pri­maires d’ex­pres­sion de toutes les rela­tions syn­tax­iques ” et que la ” valeur rela­tion­nelle de mots et d’élé­ments spé­ci­fiques ” n’est ” qu’une con­di­tion sec­ondaire due au trans­fert des valeurs. ” …

La théorie rad­i­cale­ment con­crétiste de Sapir sur la gram­maire va de pair avec la “parataxe” de Have­lock en four­nissant à Olson des con­cepts lin­guis­tiques grâce aux­quels il peut jus­ti­fi­er l’ac­cent mis sur les aspects les plus con­crets du lan­gage au détri­ment de la syntaxe.

La pra­tique d’une “syn­taxe par appo­si­tion” est liée pour Olson à sa com­préhen­sion du “change­ment” de per­spec­tive cos­mologique opéré par la théorie de la rel­a­tiv­ité et l’in­sti­tu­tion du con­tin­u­um espace/temps comme con­texte des événe­ments de la réal­ité. Dans (The) Spe­cial View of His­to­ry, Olson souligne : « La coïn­ci­dence et la prox­im­ité, parce que le con­tin­u­um espace-temps est con­nu, devi­en­nent les déter­mi­nants du hasard et de l’ac­ci­dent et ren­dent pos­si­ble le suc­cès créatif.…

L’ac­cent mis sur l’in­cli­nai­son de la final­ité et du hasard, de l’ac­ci­dent et de la néces­sité, de la forme et du chaos, comme étant à l’in­térieur du proces­sus actuel, est la jus­ti­fi­ca­tion cos­mologique du “con­crétisme” d’Ol­son, son insis­tance pour que les mots soient traités comme des objets solides, et les poèmes comme des champs de force.…»

Theodor Adorno lie la cohérence défail­lante du mod­ernisme à ce qu’il iden­ti­fie comme l’apparence du sens. Tout l’art mod­erne après l’im­pres­sion­nisme, y com­pris prob­a­ble­ment les man­i­fes­ta­tions rad­i­cales de l’ex­pres­sion­nisme, a abjuré l’ap­parence d’un con­tin­u­um fondé sur l’u­nité de l’ex­péri­ence sub­jec­tive, dans le “courant de l’ex­péri­ence vécue”. L’enchevêtrement, le mélange organique, est coupé, et détru­ite la croy­ance qu’une chose se fond entière­ment avec l’autre, à moins que l’enchevêtrement devi­enne si dense et com­plexe qu’il obscur­cisse com­plète­ment le sens. À cela s’a­joute le principe esthé­tique de la con­struc­tion, la pri­mauté bru­tale d’un ensem­ble plan­i­fié sur les détails et leur inter­con­nex­ion dans la microstruc­ture ; en ter­mes de cette microstruc­ture, tout l’art mod­erne peut être appelé « mon­tage ». Ce qui est inté­gré est com­primé par l’au­torité sub­or­don­née du tout, de sorte que la total­ité con­traint la cohérence défail­lante des par­ties et affirme ain­si à nou­veau le sem­blant de sens.

Même Michel Fou­cault préfère rétablir le statut de la cohérence lorsqu’il écrit : ” Nous ne sommes plus dans la vérité mais dans la cohérence des dis­cours, nous ne sommes plus dans la beauté, mais dans les rela­tions com­plex­es des formes “. Le meilleur moyen de com­pren­dre ce que j’ap­pellerais ” un mod­èle de con­nec­tiv­ité ” est de met­tre en ques­tion l’i­den­tité. Fou­cault écrit : “Il s’ag­it main­tenant de savoir com­ment un indi­vidu, un nom, peu­vent être le sup­port d’un élé­ment ou d’un groupe d’élé­ments qui, s’in­té­grant dans la cohérence des dis­cours ou dans le réseau indéfi­ni des formes, efface, ou du moins rend vacant et inutile ce nom, cette indi­vid­u­al­ité dont il porte la mar­que pour un cer­tain temps et à cer­tains égards. Nous devons con­quérir l’anony­mat, prou­ver que nous sommes jus­ti­fiés d’avoir l’énorme pré­somp­tion de devenir un jour anonymes, un peu comme les penseurs clas­siques devaient jus­ti­fi­er l’énorme pré­somp­tion d’avoir trou­vé la vérité, et d’y avoir attaché leur nom. Autre­fois, le prob­lème de celui qui écrivait était de s’ex­traire de l’anony­mat de tous ; à notre époque, c’est de par­venir à effac­er son nom pro­pre et à loger sa voix dans ce grand vacarme des dis­cours qui sont prononcés. ”

Allen Fish­er, from pro­ceeds in the gar­den, 10, 11 and 12, after Dante’s Par­adiso

 

Julia Kris­te­va  de son côté offre une sorte de con­tre-vue lorsqu’elle écrit à pro­pos de Han­nah Arendt : “Ayant […]recon­nu la décon­nex­ion entre l’his­toire en acte et l’his­toire racon­tée, Arendt ne croit pas que la car­ac­téris­tique essen­tielle de la nar­ra­tion puisse être trou­vée dans la fab­ri­ca­tion d’une cohérence au sein de la nar­ra­tion ou dans l’art de for­mer un réc­it, ce qu’elle con­firme par la suite, « Si nous nous lais­sons trop emporter par la cohérence d’une intrigue, nous oublions que le but prin­ci­pal de l’in­trigue est de révéler, » et  « Cela ne peut man­i­fester ce proces­sus logique essen­tiel que s’il devient lui-même action.(…) »

Le désir per­son­nel et l’af­fir­ma­tion publique, en par­ti­c­uli­er lorsqu’il s’ag­it de pro­mou­voir une série d’ac­tiv­ités morales, amè­nent les poètes à envis­ager toute une série de répons­es allant de l’im­pli­ca­tion engagée à la fuite. Ce dont la poésie est capa­ble à tra­vers une recherche poé­tique, délibérée et détail­lée, de la forme poé­tique et de la var­iété des vocab­u­laires util­isés, laisse sou­vent la meilleure poésie inca­pable de répon­dre à la demande générale d’une expres­sion con­tin­ue et linéaire, la demande de sig­ni­fi­ca­tions complètes.

Le sujet est trop vaste pour être totale­ment traité et l’ar­ti­cle le démon­tr­era par son approche con­fi­ante de son manque de solu­tions et de toute propo­si­tion de com­préhen­sion com­plète » écrit Allen Fish­er, qui fait ensuite appel au math­é­mati­cien Alan Tur­ing : celui-ci a prou­vé “l’ex­is­tence de prob­lèmes math­é­ma­tiques qui ne peu­vent être réso­lus par la machine de Tur­ing uni­verselle” ain­si que  de prob­lèmes math­é­ma­tiques qui ne peu­vent être réso­lus par aucune méth­ode sys­té­ma­tique — en d’autres ter­mes, qui ne peu­vent être réso­lus par aucun algorithme : 
“L’ar­gu­ment de ‘
Solv­able and Unsolv­able Prob­lems’ illus­tre pourquoi le besoin d’in­tu­ition ne peut pas tou­jours être élim­iné en faveur de règles formelles. Tur­ing, dans la con­clu­sion de son essai, écrit : “Les résul­tats qui ont été décrits dans cet arti­cle sont prin­ci­pale­ment de nature néga­tive, fix­ant cer­taines lim­ites à ce que nous pou­vons espér­er attein­dre par le seul raison­nement. Ces résul­tats, ain­si que d’autres résul­tats de la logique math­é­ma­tique, peu­vent être con­sid­érés comme allant dans le sens d’une démon­stra­tion, au sein des math­é­ma­tiques elles-mêmes, de l’i­nadéqua­tion de la “rai­son” non soutenue par le bon sens “.

L’au­teur évoque ensuite son ouvrage sur la lit­téra­ture et l’art en Amérique après 1950 dont l’in­tro­duc­tion a don­né nais­sance au texte iDam­age, qui com­mence ain­si : “En un sens, c’est un sujet dépassé, car  on con­sid­érait déjà naguère que c’é­tait un dilemme entre mélan­col­ie et espoir, ou bien on pen­sait que les cul­tures occi­den­tales ne sur­vivraient jamais au prochain mil­lé­naire. “

Une par­tie de la  thèse pour­rait impli­quer les élab­o­ra­tions exten­sives des idées de Fran­cis Bacon, Aby War­burg et  Jean Bau­drillard sur la sim­u­la­tion et le sen­ti­ment  d’hy­per­réal­ité de ce dernier. iDam­age note : ” Cela se jux­ta­pose à la recon­nais­sance qu’un engage­ment avec les exi­gences pro­pri­o­cep­tives de l’empathie pour­rait être miné par la méthodolo­gie d’assem­blage. Cepen­dant, plutôt qu’un incon­vénient, il s’ag­it d’un résul­tat néces­saire ; l’idée que les préoc­cu­pa­tions méthodologiques devraient con­duire à une focal­i­sa­tion sin­gulière serait une démon­stra­tion de dégâts qui min­eraient la pen­sée sen­si­ble en pro­mou­vant de faux cadres de vérité, encour­agés par un vision pop­u­laire som­maire et une alchimie de rac­cour­cis rap­pelant les com­pé­tences sociales du show Celebri­ty Farm et les infor­ma­tions télévisées nationales.

Shamoon_Zamir (Auteur) Allen Fish­er (Auteur) Paige Mitchell Pierre Joris (Pré­face) Aes­thet­ic Func­tion, Fac­ture, and Per­cep­tion in Art and Writ­ing since 1950 Paru en novem­bre 2016  (ebook (ePub) en anglais

Une par­tie de la  thèse pour­rait impli­quer les élab­o­ra­tions exten­sives des idées de Fran­cis Bacon, Aby War­burg et  Jean Bau­drillard sur la sim­u­la­tion et le sen­ti­ment  d’hy­per­réal­ité de ce dernier. iDam­age note : ” Cela se jux­ta­pose à la recon­nais­sance qu’un engage­ment avec les exi­gences pro­pri­o­cep­tives de l’empathie pour­rait être miné par la méthodolo­gie d’assem­blage. Cepen­dant, plutôt qu’un incon­vénient, il s’ag­it d’un résul­tat néces­saire ; l’idée que les préoc­cu­pa­tions méthodologiques devraient con­duire à une focal­i­sa­tion sin­gulière serait une démon­stra­tion de dégâts qui min­eraient la pen­sée sen­si­ble en pro­mou­vant de faux cadres de vérité, encour­agés par un vision pop­u­laire som­maire et une alchimie de rac­cour­cis rap­pelant les com­pé­tences sociales du show Celebri­ty Farm et les infor­ma­tions télévisées nationales.

“La cas­sure peut être con­sid­érée comme un proces­sus néces­saire et posi­tif. Une métonymie de civil­i­sa­tion brisée ou de devoir social détéri­oré n’est pas néces­saire­ment volon­taire. La forme ini­tiale dérive de la rup­ture directe de la recherche. Le pro­duit final est une con­séquence de la rup­ture impliquée, en par­ti­c­uli­er dans le post-col­lage et dans la poé­tique trans­for­ma­tion­nelle, où la forme du texte a été ren­due pos­si­ble grâce à une série de trans­for­ma­tions. Au niveau des mots du texte, par exem­ple, des trans­for­ma­tions peu­vent être util­isées pour créer des liens entre les mots, des mod­èles de con­nex­ion, par l’u­til­i­sa­tion de sons (rimes), de sens com­pa­ra­bles (rhé­torique), de dis­cus­sions ou de per­tur­ba­tions du sens (poé­tique) et de col­lages impar­faits (que l’on retrou­ve dans la plu­part des gen­res, y com­pris la poésie, la pein­ture et la comédie). Le pro­duit fini a donc subi une série de rup­tures et de  trans­for­ma­tions. Par­fois, cette série implique une mod­i­fi­ca­tion, une rup­ture plan­i­fiée et une répa­ra­tion for­tu­ite, par­fois l’œu­vre utilise une per­tur­ba­tion col­lag­ique de l’e­space-temps, et sou­vent le col­lage de dif­férentes par­ties simule la con­ti­nu­ité. Dans le post-col­lage, une œuvre visuelle peut subir une nou­velle présen­ta­tion et se trans­former en une nou­velle image. La forme de  iDam­age, Intro­duc­tion to Assem­blage and Empa­thy, a book in progress, fait appel à des proces­sus con­ser­va­teurs apparem­ment cohérents et par­fois rhi­zomiques, sou­vent arbi­traire­ment isolés de la con­stel­la­tion mobile de spins que l’œu­vre pro­pose et (par­fois) réfute par cette discussion”.

L’au­teur pour­suit et met en par­al­lèle une analyse de l’oeu­vre de Yeats, et la thèse de Jim Bag­got, du départe­ment de physique de Seat­tle, sur le déplace­ment des ondes lumineuses et leurs dépen­dances spa­tio-tem­porelles « de plus en plus “désalignées” : en des points spé­ci­fiques de l’e­space-temps, le pic n’est plus aligné avec le pic, le creux n’est plus aligné avec le creux. Il en résulte une inter­férence destruc­tive et une perte de cohérence de la lumière. En clair, nous obtenons des inter­férences con­struc­tives et une cohérence max­i­male des tra­jets lumineux qui ne dif­fèrent pas de manière sig­ni­fica­tive en ter­mes de dis­tance et donc de temps. Le mys­tère est main­tenant résolu. Lorsque la lumière voy­age à tra­vers un seul milieu (comme l’air), les tra­jec­toires de la lumière qui ne dif­fèrent pas de manière sig­ni­fica­tive en ter­mes de dis­tance et de temps sont toutes regroupées autour du chemin le plus court, en ligne droite, de la source à la des­ti­na­tion, qui est aus­si le chemin le moins long.’ » et plus loin, “le prag­ma­tisme et l’in­stru­men­tal­isme typ­iques de la jeune généra­tion de théoriciens impliqués dans le développe­ment ini­tial de la théorie (quan­tique), comme Heisen­berg, Dirac et von Neu­mann, exigeaient un cadre math­é­ma­tique cohérent qui fonc­tionne. Pour ces physi­ciens, il impor­tait peu que la sig­ni­fi­ca­tion pro­fonde des con­cepts de la théorie sem­ble être de plus en plus décon­nec­tée de la réal­ité que la théorie ten­tait de décrire … ” qui com­mence ain­si à s’ap­par­enter à la poésie dans le lan­gage commun.

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Allen Fish­er tire égale­ment des exem­ples  sur les fonde­ments de l’in­cer­ti­tude dans l’é­tude de l’hy­drolo­gie par Gor­dan MacK­er­ron, les théories math­é­ma­tiques (Felix Klein Mario Liv­io, et Evariste Galois) et l’in­ter­pré­ta­tion de la mécanique quan­tique, où «  cer­taine­ment le prob­lème des inter­férences macro­scopiques, que sem­blent prédire une théorie linéaire et en pra­tique et qui ne sont  jamais observées, au point même qu’elles paraitraient absur­des si nous les voyions. La réflex­ion sur ce prob­lème a con­duit à l’idée de la déco­hérence, qui est cer­taine­ment la décou­verte la plus impor­tante de l’in­ter­pré­ta­tion mod­erne …  “Lorsqu’une his­toire com­prend un phénomène mar­qué par la déco­hérence, il ne peut y avoir de cohérence pour une pro­priété ultérieure qui con­tredi­rait ce phénomène ou ses con­séquences. On ne peut pas logique­ment le nier. Il donne lieu à un enreg­istrement indélé­bile qui con­serve ses con­séquences, même s’il est effacé ou se dis­sipe. Il reste présent dans les détails internes des fonc­tions d’onde, la déco­hérence inter­dis­ant la cohérence de sa néga­tion. Toute his­toire qui ten­terait de la nier (ou ten­terait de nier ses con­séquences ultérieures) vio­l­erait néces­saire­ment les con­di­tions de cohérence, et donc les règles, de la logique.

Nous sommes par­venus à l’ère  du ” pas­sage d’un monde struc­turé par des fron­tières et des enceintes à un monde de plus en plus dom­iné, à toutes les échelles, par des con­nex­ions, des réseaux et des flux…”. Aujour­d’hui, le réseau, plutôt que l’en­ceinte, appa­raît comme l’ob­jet désiré et con­testé : le dou­ble domine désor­mais. L’ex­ten­sion et l’enchevêtrement l’emportent sur la clô­ture et l’au­tonomie ” Pour exagér­er ce prob­lème, Vlatko Vedral a noté que la con­nec­tiv­ité dans les phénomènes naturels peut en fait être mieux que par­faite. On s’en est ren­du compte pour la pre­mière fois lorsque les physi­ciens ont essayé de déduire les lois qui régis­sent le com­porte­ment des petits objets… dans l’é­tude de la physique quan­tique. .… Les élec­trons sont comme de petites toupies, cha­cun tourne à sa façon, en fonc­tion des cir­con­stances extérieures. (…)

La con­nec­tiv­ité est dev­enue la car­ac­téris­tique déter­mi­nante de notre con­di­tion urbaine du XXIe siè­cle. « Mais nous avons besoin d’une imper­fec­tion plan­i­fiée, pas d’une cor­re­spon­dance exacte, …l e réseau ultime fonc­tion­nera par les moyens quan­tiques et mag­iques de la physique quan­tique…” … Une solu­tion con­siste à intro­duire une non-linéar­ité effec­tive par des mesures résul­tant d’opéra­tions de portes prob­a­bilistes. Dans le cal­cul quan­tique à sens unique, l’er­reur de mesure quan­tique aléa­toire peut être sur­mon­tée en appli­quant une tech­nique de rétroac­tion, de sorte que la base des mesures futures dépende des résul­tats des mesures précé­dentes. … Le cal­cul quan­tique à sens unique est basé sur des états mul­ti­par­tic­u­laires haute­ment intriqués, appelés “états groupés”, qui con­stituent une ressource pour le cal­cul quan­tique uni­versel. L’in­tri­ca­tion établie entre des sys­tèmes quan­tiques situés à dif­férents endroits per­met la com­mu­ni­ca­tion privée et la télé­por­ta­tion quan­tique, et facilite le traite­ment quan­tique de l’in­for­ma­tion. L’in­tri­ca­tion dis­tribuée est établie en pré­parant une paire de par­tic­ules quan­tiques intriquées à un endroit et en trans­portant un mem­bre de la paire à un autre endroit. Cepen­dant, la déco­hérence pen­dant le trans­port réduit la qual­ité (fidél­ité) de l’in­tri­ca­tion. Un pro­to­cole de “purifi­ca­tion” de l’in­tri­ca­tion a été pro­posé afin d’amélior­er la fidél­ité après le transport.‘Cependant, les “prob­a­bil­ités de réus­site n’é­taient (que) supérieures à 35 %”.“L’ar­chi­tec­ture mul­ti­seg­men­tée de piège util­isée ici devrait per­me­t­tre de dis­tribuer les par­tic­ules intriquées à des endroits dis­tincts afin d’ex­plor­er des pro­to­coles répéti­tifs dans de futures expériences.’

Pour Leav­is, il est “évi­dent” que nous voyons (dans l’ode de Keats “To Autumn”) les arbres noueux et robustes avec leurs enchevêtrements de feuilles très chargées, bien que le poème n’en dise rien. De son côté,le physi­cien Roland Omnès, dans  Com­pren­dre la mécanique quan­tique, clar­i­fie la con­di­tion et la laisse en sus­pens lorsqu’il note que “l’é­tat enchevêtré est une super­po­si­tion quan­tique de deux sys­tèmes physiques dis­tincts. (Ain­si un état de deux réal­ités dans un col­lage.) C’est une sit­u­a­tion très fréquente car tout sys­tème com­pos­ite dont la fonc­tion d’onde n’est pas sim­ple­ment un pro­duit des fonc­tions d’onde de ses com­posants est enchevêtré.’ (Métaphorique­ment, la rela­tion entre la cog­ni­tion et l’esthé­tique.

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John S. Bell a été plus con­cis dans son arti­cle de 1986 : il y a “des con­trepar­ties math­é­ma­tiques dans la théorie à des événe­ments réels à des endroits et des moments défi­nis dans le monde réel (par oppo­si­tion aux nom­breuses con­struc­tions pure­ment math­é­ma­tiques qui se pro­duisent dans l’élab­o­ra­tion des théories physiques, par oppo­si­tion aux choses qui peu­vent être réelles mais non local­isées, et par oppo­si­tion aux “observ­ables” d’autres for­mu­la­tions de la mécanique quan­tique, pour lesquelles nous n’avons aucune util­ité ici). Un morceau de matière est donc une galax­ie de tels événe­ments. En tant que par­al­lélisme psy­chophysique sché­ma­tique, nous pou­vons sup­pos­er que notre expéri­ence per­son­nelle est plus ou moins directe­ment con­sti­tuée d’événe­ments dans des morceaux de matière par­ti­c­uliers, nos cerveaux, lesquels événe­ments sont à leur tour cor­rélés avec des événe­ments dans nos corps dans leur ensem­ble, et ceux-ci à leur tour avec des événe­ments dans le monde extérieur où, comme le note Karl Pop­per, “toutes les mesures de l’élan revi­en­nent à des mesures de la posi­tion”. John S. Bell écrit : “… l’ob­ser­va­tion, même lorsque l’on fait la moyenne de tous les résul­tats pos­si­bles, est une inter­férence dynamique avec le sys­tème qui peut mod­i­fi­er les sta­tis­tiques des mesures ultérieures.… ain­si que la croy­ance que les instru­ments ne sont après tout rien d’autre que de grands instru­ments de mesure.

La for­mu­la­tion quan­tique est con­stru­ite sur un ensem­ble de qua­tre pos­tu­lats, ain­si que sur la rela­tion de com­mu­ta­tion posi­tion-momen­tum, les pro­priétés de con­ver­gence de l’e­space de Hilbert et le théorème d’ex­pan­sion. Le dernier ingré­di­ent restant à con­sid­ér­er est égale­ment l’un des plus déroutants. Il s’ag­it du traite­ment math­é­ma­tique de l’indis­cern­abil­ité.…. Les pommes sont dis­tinctes parce qu’elles occu­pent des régions de l’e­space sen­si­ble­ment dif­férentes… Le fait est que les élec­trons, comme toutes les par­tic­ules d’onde quan­tique, sont indis­cern­ables. … L’indis­cern­abil­ité est une pro­priété des par­tic­ules quan­tiques qui est intrin­sèque­ment liée à leur nature onde-par­tic­ule, tout comme leur rela­tion de com­mu­ta­tion posi­tion-impul­sion et le principe d’in­cer­ti­tude de Heisen­berg. Tous ces prob­lèmes sont un seul problème.

En tant que poètes écrivant après la fin de l’his­toire, nous n’avons peut-être aucun prob­lème à com­pren­dre les déc­la­ra­tions de William Mitchell (dans Me ++ The Cyborg Self and the Net­worked City), selon lesquelles « le monde numérique est logique­ment, spa­tiale­ment et tem­porelle­ment dis­con­tinu » et « les dis­con­ti­nu­ités pro­duites par les réseaux résul­tent de la recherche de l’ef­fi­cac­ité, de la sûreté et de la sécu­rité. » Cela ne con­vient pas lorsqu’il écrit que « si vous voulez con­stru­ire des struc­tures com­plex­es », vraisem­blable­ment comme des poèmes peu­vent l’être, il ne sert à rien d’es­say­er de « min­imiser les erreurs et de cor­riger automa­tique­ment les erreurs lorsqu’elles se pro­duisent. » Les wid­gets à l’échelle nanométrique cliquent directe­ment sur le quan­tum mécanique; c’est un monde d’éc­ume, d’in­ter­férence, de déséquili­bre, d’in­cer­ti­tude et de confiance.

Exposés sur la décohérence
Video. Olivi­er Brossard © Allen Fish­er, Kent in Paris, UPEM, dou­ble change, Olivi­er Brossard, 2018.

Bernard Williams inter­roge  : « Les notions de vérité et de vérac­ité peu­vent-elles être intel­lectuelle­ment sta­bil­isées, de telle sorte que ce que nous com­prenons de la vérité et nos chances d’y par­venir puis­sent être mis en adéqua­tion avec notre besoin de véracité ? » 
De fait,  la poésie peut-elle  « s’adapter » à notre besoin de lan­gage com­mun  lorsque « la Vérité en tant qu’idéal con­serve son pou­voir… » Car n’y a aucun pou­voir sans vio­lence (ou dégra­da­tion) , ce qui ne per­met pas l’é­clo­sion d’une esthé­tique efficace.

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Marilyne Bertoncini

Biogra­phie Enseignante, poète et tra­duc­trice (français, ital­ien), codi­rec­trice de la revue numérique Recours au Poème, à laque­lle elle par­ticipe depuis 2012, mem­bre du comité de rédac­tion de la revue Phoenix, col­lab­o­ra­trice des revues Poésie/Première et la revue ital­i­enne Le Ortiche, où elle tient une rubrique, “Musarder“, con­sacrée aux femmes invis­i­bil­isées de la lit­téra­ture, elle, ani­me à Nice des ren­con­tres lit­téraires men­su­elles con­sacrées à la poésie, Les Jeud­is des mots dont elle tient le site jeudidesmots.com. Tit­u­laire d’un doc­tor­at sur l’oeu­vre de Jean Giono, autrice d’une thèse, La Ruse d’I­sis, de la Femme dans l’oeu­vre de Jean Giono, a été mem­bre du comité de rédac­tion de la revue lit­téraire RSH “Revue des Sci­ences Humaines”, Uni­ver­sité de Lille III, et pub­lié de nom­breux essais et arti­cles dans divers­es revues uni­ver­si­taires et lit­téraires français­es et inter­na­tionales : Amer­i­can Book Review, (New-York), Lit­téra­tures (Uni­ver­sité de Toulouse), Bul­letin Jean Giono, Recherch­es, Cahiers Péd­a­gogiques… mais aus­si Europe, Arpa, La Cause Lit­téraire… Un temps vice-prési­dente de l’association I Fioret­ti, chargée de la pro­mo­tion des man­i­fes­ta­tions cul­turelles de la Rési­dence d’écrivains du Monastère de Saorge, (Alpes-Mar­itimes), a mon­té des spec­ta­cles poé­tiques avec la classe de jazz du con­ser­va­toire et la mairie de Men­ton dans le cadre du Print­emps des Poètes, invité dans ses class­es de nom­breux auteurs et édi­teurs (Bar­ry Wal­len­stein, Michael Glück…), organ­isé des ate­liers de cal­ligra­phie et d’écriture (travaux pub­liés dans Poet­ry in Per­for­mance NYC Uni­ver­si­ty) , Ses poèmes (dont cer­tains ont été traduits et pub­liés dans une dizaine de langues) en recueils ou dans des antholo­gies se trou­vent aus­si en ligne et dans divers­es revues, et elle a elle-même traduit et présen­té des auteurs du monde entier. Par­al­lèle­ment à l’écri­t­ure, elle s’in­téresse à la pho­togra­phie, et col­la­bore avec des artistes, plas­ti­ciens et musi­ciens. Site : Minotaur/A, http://minotaura.unblog.fr * pub­li­ca­tions récentes : Son Corps d’om­bre, avec des col­lages de Ghis­laine Lejard, éd. Zin­zo­line, mai 2021 La Noyée d’On­a­gawa, éd. Jacques André, févri­er 2020 (1er prix Quai en poésie, 2021) Sable, pho­tos et gravures de Wan­da Mihuleac, éd. Bilingue français-alle­mand par Eva-Maria Berg, éd. Tran­signum, mars 2019 (NISIP, édi­tion bilingue français-roumain, tra­duc­tion de Sonia Elvire­anu, éd. Ars Lon­ga, 2019) Memo­ria viva delle pieghe, ed. bilingue, trad. de l’autrice, ed. PVST. Mars 2019 (pre­mio A.S.A.S 2021 — asso­ci­azione sicil­iana arte e scien­za) Mémoire vive des replis, texte et pho­tos de l’auteure, éd. Pourquoi viens-tu si tard – novem­bre 2018 L’Anneau de Chill­i­da, Ate­lier du Grand Tétras, mars 2018 (man­u­scrit lau­réat du Prix Lit­téraire Naji Naa­man 2017) Le Silence tinte comme l’angélus d’un vil­lage englouti, éd. Imprévues, mars 2017 La Dernière Oeu­vre de Phidias, suivi de L’In­ven­tion de l’ab­sence, Jacques André édi­teur, mars 2017. Aeonde, éd. La Porte, mars 2017 La dernière œuvre de Phidias – 453ème Encres vives, avril 2016 Labyrinthe des Nuits, suite poé­tique – Recours au Poème édi­teurs, mars 2015 Ouvrages col­lec­tifs — Antolo­gia Par­ma, Omag­gio in ver­si, Bertoni ed. 2021 — Mains, avec Chris­tine Durif-Bruck­ert, Daniel Rég­nier-Roux et les pho­tos de Pas­cal Durif, éd. du Petit Véhicule, juin 2021 — “Re-Cer­vo”, in Trans­es, ouvrage col­lec­tif sous la direc­tion de Chris­tine Durif-Bruck­ert, éd. Clas­siques Gar­nier, 2021 -Je dis désirS, textes rassem­blés par Mar­i­lyne Bertonci­ni et Franck Berthoux, éd. Pourquoi viens-tu si tard ? Mars 2021 — Voix de femmes, éd. Pli­may, 2020 — Le Courage des vivants, antholo­gie, Jacques André édi­teur, mars 2020 — Sidér­er le silence, antholo­gie sur l’exil – édi­tions Hen­ry, 5 novem­bre 2018 — L’Esprit des arbres, édi­tions « Pourquoi viens-tu si tard » — à paraître, novem­bre 2018 — L’eau entre nos doigts, Antholo­gie sur l’eau, édi­tions Hen­ry, mai 2018 — Trans-Tzara-Dada – L’Homme Approx­i­matif , 2016 — Antholo­gie du haiku en France, sous la direc­tion de Jean Antoni­ni, édi­tions Aleas, Lyon, 2003 Tra­duc­tions de recueils de poésie — Aujour­d’hui j’embrasse un arbre, de Gio­van­na Iorio, éd. Imprévues, juil­let 2021 — Soleil hési­tant, de Gili Haimovich, éd. Jacques André , avril 2021 — Un Instant d’é­ter­nité, Nel­lo Spazio d’un istante, Anne-Marie Zuc­chel­li (tra­duc­tion en ital­ien) éd ; PVST, octo­bre 2020 — Labir­in­to delle Not­ti (ined­i­to — nom­iné au Con­cor­so Nazionale Luciano Ser­ra, Ital­ie, sep­tem­bre 2019) — Tony’s blues, de Bar­ry Wal­len­stein, avec des gravures d’Hélène Baut­tista, éd. Pourquoi viens-tu si tard ?, mars 2020 — Instan­ta­nés, d‘Eva-Maria Berg, traduit avec l’auteure, édi­tions Imprévues, 2018 — Ennu­age-moi, a bilin­gual col­lec­tion , de Car­ol Jenk­ins, tra­duc­tion Mar­i­lyne Bertonci­ni, Riv­er road Poet­ry Series, 2016 — Ear­ly in the Morn­ing, Tôt le matin, de Peter Boyle, Mar­i­lyne Bertonci­ni & alii. Recours au Poème édi­tions, 2015 — Livre des sept vies, Ming Di, Recours au Poème édi­tions, 2015 — His­toire de Famille, Ming Di, édi­tions Tran­signum, avec des illus­tra­tions de Wan­da Mihuleac, juin 2015 — Rain­bow Snake, Ser­pent Arc-en-ciel, de Mar­tin Har­ri­son Recours au Poème édi­tions, 2015 — Secan­je Svile, Mémoire de Soie, de Tan­ja Kragu­je­vic, édi­tion trilingue, Beograd 2015 — Tony’s Blues de Bar­ry Wal­len­stein, Recours au Poème édi­tions, 2014 Livres d’artistes (extraits) La Petite Rose de rien, avec les pein­tures d’Isol­de Wavrin, « Bande d’artiste », Ger­main Roesch ed. Aeonde, livre unique de Mari­no Ros­set­ti, 2018 Æncre de Chine, in col­lec­tion Livres Ardois­es de Wan­da Mihuleac, 2016 Pen­sées d’Eury­dice, avec les dessins de Pierre Rosin : http://www.cequireste.fr/marilyne-bertoncini-pierre-rosin/ Île, livre pau­vre avec un col­lage de Ghis­laine Lejard (2016) Pae­sine, poème , sur un col­lage de Ghis­laine Lejard (2016) Villes en chantier, Livre unique par Anne Poupard (2015) A Fleur d’é­tang, livre-objet avec Brigitte Marcer­ou (2015) Genèse du lan­gage, livre unique, avec Brigitte Marcer­ou (2015) Dae­mon Fail­ure deliv­ery, Livre d’artiste, avec les burins de Dominique Crog­nier, artiste graveuse d’Amiens – 2013. Col­lab­o­ra­tions artis­tiques visuelles ou sonores (extraits) — Damna­tion Memo­ri­ae, la Damna­tion de l’ou­bli, lec­ture-per­for­mance mise en musique par Damien Char­ron, présen­tée pour la pre­mière fois le 6 mars 2020 avec le sax­o­phon­iste David di Bet­ta, à l’am­bas­sade de Roumanie, à Paris. — Sable, per­for­mance, avec Wan­da Mihuleac, 2019 Galerie Racine, Paris et galerie Depar­dieu, Nice. — L’En­vers de la Riv­iera mis en musique par le com­pos­i­teur Man­soor Mani Hos­sei­ni, pour FESTRAD, fes­ti­val Fran­co-anglais de poésie juin 2016 : « The Far Side of the Riv­er » — Per­for­mance chan­tée et dan­sée Sodade au print­emps des poètes Vil­la 111 à Ivry : sur un poème de Mar­i­lyne Bertonci­ni, « L’homme approx­i­matif », décor voile peint et dess­iné, 6 x3 m par Emi­ly Wal­ck­er : L’Envers de la Riv­iera mis en image par la vidéaste Clé­mence Pogu – Festrad juin 2016 sous le titre « Proche Ban­lieue» Là où trem­blent encore des ombres d’un vert ten­dre – Toile sonore de Sophie Bras­sard : http://www.toilesonore.com/#!marilyne-bertoncini/uknyf La Rouille du temps, poèmes et tableaux tex­tiles de Bérénice Mollet(2015) – en par­tie pub­liés sur la revue Ce qui reste : http://www.cequireste.fr/marilyne-bertoncini-berenice-mollet/ Pré­faces Appel du large par Rome Deguer­gue, chez Alcy­one – 2016 Erra­tiques, d’ Angèle Casano­va, éd. Pourquoi viens-tu si tard, sep­tem­bre 2018 L’esprit des arbres, antholo­gie, éd. Pourquoi viens-tu si tard, novem­bre 2018 Chant de plein ciel, antholo­gie de poésie québé­coise, PVST et Recours au Poème, 2019 Une brèche dans l’eau, d’E­va-Maria Berg, éd. PVST, 2020 Soleil hési­tant, de Gili Haimovich, ed Jacques André, 2021 Un Souf­fle de vie, de Clau­dine Ross, ed. Pro­lé­gomènes, 2021

Notes[+]