> Eva-Maria Berg, poème pour le Mémorial de Waldkirch

Eva-Maria Berg, poème pour le Mémorial de Waldkirch

Par |2018-08-15T11:38:51+00:00 18 avril 2017|Catégories : Essais & Chroniques|

Nous vivons une période trouble de tran­si­tion, bal­lo­tée par les flux et reflux d’une his­toire où le futur tarde à éclore, et nous laisse envi­sa­ger le plus radieux, comme le plus ter­ri­fiant.
Nous vivons dans une socié­té froide et mon­dia­li­sée où natio­na­lismes fri­leux, inté­grismes reli­gieux ou éco­no­mique, fana­tisme et popu­lisme, se nour­rissent des peurs, des frus­tra­tions et ran­coeurs, et semblent chaque jour étendre leur domaine, tan­dis que dans ce déli­te­ment des liens sociaux, des liens avec l’histoire et la culture, l’humanité semble cher­cher son âme per­due. 
Pour évi­ter le nau­frage de notre civi­li­sa­tion, la perte des valeurs qui sont les nôtres – et celles de l’humanité dans son ensemble –  il  importe de ne pas oublier ce pen­chant néga­tif de l’histoire : rendre hom­mage à ceux qui dis­pa­rurent /​disparaissent à cause de la bar­ba­rie est un acte vital, un acte de sur­vie. 
Eva-Maria Berg, poète et huma­niste – mais peut-on être l’un sans l’autre ? – contri­bue  à ce devoir mémo­riel : son poème, gra­vé sur la stèle dres­sée par sa ville,  Waldkirch,  à tra­vers  les nom­breuses vic­times du nazisme aux­quelles elle rend hom­mage, nous rap­pelle que le ventre de la bête est tou­jours fécond, et notre devoir de résis­ter.  La chaîne de tra­duc­tion sus­ci­tée par ce texte témoigne de notre force d’hommes – et de femmes – de bonne volon­té pour faire re-naître l’avenir. (M.B)

 

Texte écrit pour le Mémorial de Waldkirch

 

En quelques mois, de fin juin 1941 à fin jan­vier 1945, la popu­la­tion juive de Lituanie fut qua­si­ment exter­mi­née sous l´occupation alle­mande nazie ; des mil­liers de juifs d’´Europe cen­trale, qu´on avait dépor­tés vers ce pays, subirent leur sort.
Leurs bour­reaux avaient été des membres de la Police alle­mande et des aco­lytes litua­niens.
D´après le rap­port manus­crit du com­man­dant de la Police de Sûreté (SIPO) et du Service de ren­sei­gne­ment et de sécu­ri­té de la SS (SD) de Kovno, de février 1942, avaient été exé­cu­tés aux dites dates :
138.272 per­sonnes, essen­tiel­le­ment juives, dont 55.556 femmes ain­si que 34.464 enfants.
Le res­pon­sable de ces crimes , SS-Standartenführer (colo­nel), avait été un citoyen de Waldkirch et, de sa pro­fes­sion, fac­teur d´orchestrions.
Par ce mémo­rial, les citoyennes et les citoyens de Waldkirch rendent hom­mage aux vic­times de la bar­ba­rie nazie en Lituanie.

 

 

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