Ani­mée et réal­isée par Lénaïg Car­i­ou, Vic­tor Malzac  et Stéphane Lam­bion (deux jeunes poètes dont Recours au poème avait accueil­li les pre­miers écrits), nous est arrivée la jeune revue « Point de chute » — entre­prise courageuse que nous salu­ons, en cette époque trou­ble où plus que jamais il nous sem­ble impor­tant que se dif­fuse la poésie. 

Sobre­ment présen­tée sous une cou­ver­ture sépia illus­trée d’une œuvre énig­ma­tique signée Mur­phy Chang, évo­quant une couronne cil­iée, comme on imag­ine la lumière absorbée par un « trou noir » de l’e­space, le numéro 1 de la revue présente, selon le vœu de ses fon­da­teurs, des textes, rien que des textes, portés par des voix qui n’ont pas encore eu la chance de se faire con­naître, espérant aus­si touch­er un pub­lic « ama­teur de poésie jeune et vive »… Pro­jet que nous ne pou­vons que soutenir. 

Ce numéro avait été précédé d’un banc d’es­sai, sous cou­ver­ture blance, mar­quée d’une série de points de chute, et annonçait le souhait  de l’équipe de devenir une revue bian­nuelle parais­sant au print­emps et à l’au­tomne : nous enga­geons nos lecteurs à s’y intéress­er, s’ils veu­lent décou­vrir de nou­veaux territoires.

Point de Chute, 66p, 5 euros, con­tact : revuepointdechute@gmail.com

Au som­maire du numéro 1, cinq voix français­es, donc, et trois tra­duc­tions – de l’anglais, de l’es­pag­nol et du litu­anien. Des poésies plutôt nar­ra­tives pour les trois pre­miers poètes :  avec les sou­venirs d’en­fance chez Loré­na Bur, et un regard déca­pant, notam­ment sur sa mère dans le savoureux « La Racaille », et chez Hort­ense Ray­nal, dont le rythme des vers libres, ample et sou­ple, sup­porte une thé­ma­tique liée à la vie rurale et à la langue :  

 

 La paille c’est pour les veaux mais c’est aus­si pour la gamine qui 

voit le pla­cen­ta au fond de la cour de la grand-mère 

Sabiez que léu…               si tu le touch­es.  

 

Et des sou­venirs de voy­age avec Pierre Bégat, entre « Upper Alma Road » et « A une éthiopi­enne ». 

Les propo­si­tions de Zsofia Szat­mari et Joep Pol­d­er­man explorent d’autres pistes, d’autres rythmes, la pre­mière plus proche d’une poésie sonore, la sec­onde analysant, ain­si que l’an­nonce le titre, l’ (E)motion créa­tive, dont une stro­phe me sem­ble don­ner sens à l’il­lus­tra­tion de cou­ver­ture :  

 

peut-être un abîme attrac­t­if 

un tun­nel par­al­lèle 

au creux des yeux 

 

La poésie traduite de Christo­pher A.K Gellert pose la ques­tion du genre avec un extrait du poème hiron­delle – elle est suiv­ie par la poésie plus méta­physique d’Elisa Chaïm, dont le dernier texte, une « let­tre à Alfon­so Reyes » indique la fil­i­a­tion revendiquée, et Gabia Enci­uté, poète litu­ani­enne ferme la sélec­tion de ce numéro, pour lequel nous remar­querons l’im­por­tance accordée aux voix de femmes poètes, et saluerons aus­si les tra­duc­teurs : Lénaïg Car­i­ou, Inés Alon­so Alon­so et Thibault jacquot-Parat­te .  

 

L’ap­pel à textes final est large­ment ouvert, et c’est avec plaisir que nous le réper­cu­tons :  

 

Nous faisons feu de tout bois. Nous recevons tous les textes poé­tiques, longs ou brefs ; des poèmes, des his­toires, en prose ou en vers, des inter­mit­tences de blanc, des planch­es mal ajustés, du matéri­au brut, du béton, de l’argile, tout ce qui sonne, résonne. Peu de notes, des per­cus­sions surtout – à peine le bruit des mots qui chutent. 

 

mm

Marilyne Bertoncini

Mar­i­lyne Bertonci­ni, co-respon­s­able de la revue Recours au Poème, à laque­lle elle col­la­bore depuis 2013, mem­bre du comtié de rédac­tion de la revue <emPhoenix, doc­teur en Lit­téra­ture, spé­cial­iste de Jean Giono, tra­vaille avec des artistes, vit, écrit et traduit de l’anglais et de l’i­tal­ien. Elle est l’autrice de nom­breux arti­cles et cri­tiques ain­si que de tra­duc­tions sur Recours au Poème. Ses textes et pho­tos sont égale­ment pub­liés dans des antholo­gies, divers­es revues français­es et inter­na­tionales, et sur son blog :   http://minotaura.unblog.fr. Prin­ci­pales publications : Tra­duc­tions :  tra­duc­tions de l’anglais (US et Aus­tralie) : Bar­ry Wal­len­stein, Mar­tin Har­ri­son, Peter Boyle (Recours au Poème édi­teurs, 2014 et 2015), Car­ol Jenk­ins ( Riv­er road Poet­ry Series, 2016) autres tra­duc­tions : Secan­je Svile, Mémoire de Soie, Tan­ja Kragu­je­vic, édi­tion trilingue, Beograd 2015 Livre des sept vies , Ming Di, Recours au Poème édi­tions, 2015 His­toire de Famille, Ming Di, édi­tions Tran­signum, avec des illus­tra­tions de Wan­da Mihuleac,  juin 2015 Instan­ta­nés, Eva-Maria Berg, édi­tions Imprévues, 2018 Poèmes per­son­nels :  Labyrinthe des Nuits, suite poé­tique, RaP édi­teur, 2015 La Dernière Oeu­vre de Phidias, Encres Vives, avril 2016 Aeonde, La Porte, 2017 AEn­cre de Chine, livre-ardoise sur un pro­jet de Wan­da Mihuleac Le Silence tinte comme l’angélus d’un vil­lage englouti, édi­tions Imprévues, 2017 La Dernière Oeu­vre de Phidias, suivi de L’In­ven­tion de l’ab­sence, Jacques André édi­teur , mars 2017 L’An­neau de Chill­i­da, L’Ate­lier du Grand Tétras, 2018 Mémoire vive des replis, poèmes et pho­tos de l’autrice, pré­face de Car­ole Mes­ro­bian, édi­tions “Pourquoi viens-tu si tard?”, novem­bre 2018 Sable, livre bilingue (tra­duc­tion en alle­mand d’ Eva-Maria Berg), avec des gravures de Wan­da Mihuleac, et une post­face de Lau­rent Gri­son, Tran­signum , mars 2019. Memo­ria viva delle pieghe/mémoire vive des replis, édi­tion bilingue, tra­duc­tion de l’autrice, pré­face de Gian­car­lo Baroni, éd. PVTST?, mars 2019 (fiche biographique com­plète sur le site de la MEL : http://www.m‑e-l.fr/marilyne-bertoncini,ec,1301 )