C’est de véri­ta­bles tré­sors à plus d’un titre que nous allons par­ler ici, en décou­vrant la série de livres que nous présen­tons. Ils sont beaux, pour com­mencer – abon­dam­ment illus­trés : ils repro­duisent, comme les cat­a­logues qu’ils sont égale­ment, les œuvres exposées lors des dif­férentes man­i­fes­ta­tions inter­na­tionales organ­isées par Elisa Pel­la­cani, à Barcelone et à Reg­gio Emil­ia, où sont présen­tés des « livres d’artistes ». Le plus récent  Book Secret, cor­re­spond à l’ex­po­si­tion de Barcelone en avril 2018,  dont j’ai vu la man­i­fes­ta­tion jumelle en Ital­ie, en sep­tem­bre de la même année,  dans le fastueux décor du Museo Civi­co de Reg­gio Emil­ia, où la salle des antiq­ui­tés accueil­lait, comme un écrin pres­tigieux, ces créa­tions précieuses.

Ils sont beaux aus­si parce que leur con­struc­tion en elle-même est un pro­jet de par­cours ludique, qui implique le lecteur dès la couverture :

celui de 2018 cou­vre à demi la très belle illus­tra­tion de cou­ver­ture sous une jaque­tte per­cée d’un médail­lon qui la cache/révéle. On y lit une sil­hou­ette noire d’enfant/fœtus encore enroulé dans une spi­rale bleue, d’où sur­gis­sent aus­si des représen­tants vive­ment col­orés du monde ani­mal et végétal.

J ‘ai sous la main  Book seeds  — livre dou­ble de 2015 — qui se lit tête-bêche, ain­si que l’indique un mode d’emploi : chaque arti­cle est accom­pa­g­né d’un ren­voi à l’autre côté, reliant ain­si artistes/oeuvres exposées et tech­niques de fab­ri­ca­tion, dans un par­cours labyrinthique mul­ti­pli­ant les pos­si­bles entrées dans ce qui devient – comme ce qu’il présente – un objet-livre-d’artiste – évo­quant le labyrinthe de Borges, auteur cité au début du vol­ume le plus récent, et qui nous amène à ajouter la cita­tion suiv­ante à la con­struc­tion de l’ensemble, tant ces livres-cat­a­logues dressent la pos­si­bil­ité de multi-univers :

 

Qu’est-ce qu’un livre si nous ne l’ouvrons pas ? Un sim­ple cube de papi­er et de cuir avec des feuilles ; mais si nous le lisons, il se passe quelque chose d’étrange, je crois qu’il change à chaque fois.

 

Chaque cou­ver­ture apporte, par un détail, une infor­ma­tion orig­i­nale sur le con­tenu et con­stitue une propo­si­tion édi­to­ri­ale séduisante : un œuf d’or (clin d’oeil au nom­bre d’or ?) sur la cou­ver­ture de The New Book  (2012), un autre – Black out book, qui pro­pose avec humour de « fare lib­ri al buio, sen­za elet­tric­ità » — est quant à lui cou­vert par  une  illus­tra­tion qui s’il­lu­mine de toute sa phos­pho­res­cence dans la nuit… Cha­cun est une vraie réus­site artistique.

Book Secret, il libro d’artista, un mis­tero, édi­tion trilingue, anglais, cata­lan, ital­ien, Con­sul­ta Lib­ri e prog­et­ti, 248 p. 25 euros. (edizioniconsulta@virgilio.it)

Book Seeds, small but pow­er­ful, édi­tion trilingue, anglais, cata­lan, ital­ien, Con­sul­ta Lib­ri e prog­et­ti 2 x 224 p. 30 euros 

Ces livres sont aus­si rich­es de con­tenu : plusieurs illus­tra­tions de chaque œuvre présen­tée, fiche détail­lée sur les artistes – qu’on soit ou non con­cerné par la créa­tion de livres d’artiste, on le devient à feuil­leter ces ouvrages, tant les propo­si­tions poé­tiques sont var­iées. Et ceci d’au­tant plus facile­ment que chaque livre offre de façon détail­lée divers­es façons de procéder : pliages, découpages, col­lages, reli­ures, util­i­sa­tion de matéri­aux divers… les auteurs dévoilent leurs tech­niques (la deux­ième par­tie de Book Secrets s’in­ti­t­ule « NO SECRET ») à ren­fort de sché­mas ou de pho­tos explicites.

A bien con­sid­ér­er l’ensem­ble, le pro­jet édi­to­r­i­al d’Elisa Pel­la­cani s’ap­par­ente beau­coup – avec humil­ité, avec ténac­ité, mais aus­si beau­coup d’o­rig­i­nal­ité — à celui  que fut l’En­cy­clopédie des Lumières dans le temps trou­blé qui précé­da la Révo­lu­tion : rassem­bler des con­nais­sances et des tech­niques pour don­ner aux citoyens des out­ils de libération.

En effet, dans le domaine qu’elle investit, elle apporte à une com­mu­nauté de lecteurs-citoyens la pos­si­bil­ité de décou­vrir l’art ET celle de créer eux-mêmes – comme elle le fait au cours des ate­liers de créa­tion organ­isés  avec des publics dif­férents, par­fois en dif­fi­culté de hand­i­cap. C’est un pro­jet pro­fondé­ment POETIQUE, à tout point de vue, et par­ti­c­ulière­ment si l’on se réfère à l’é­ty­molo­gie exacte du mot, ce  poiên qui désigne l’acte de fab­ri­ca­tion, de création.

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Il s’ag­it, dans les livres d’Elisa Pel­la­cani — comme dans toute son activ­ité artis­tique —  d’une poésie qui puise à la source pre­mière de l’énigme et de la créa­tion : les séquences du « livre » de l’ADN lui-même (la spi­rale d’azur intriguant en cou­ver­ture du livre), et son secret por­teur de toute vie, reliant le par­ti­c­uli­er de chaque indi­vidu à l’universel, et à tous les pos­si­bles, comme peut le faire l’œuvre artis­tique, ain­si qu’elle le sug­gère dans la pré­face au dernier livre (toutes les pré­faces de l’artiste méri­tent d’être lues — les livres sont plurilingues, cha­cun s’ex­p­ri­mant en son pro­pre idiome – avec une tra­duc­tion pour les lecteurs anglo, ita­lo- ou hispanophones).

C’é­tait aus­si le pro­pos des poèmes de Philip Diehn, « The Remain­ing Book », dans le vol­ume  Book Seeds , illus­trés de la pho­to d’un livre d’Elisa Pel­la­cani, niché dans une noix d’ar­gent (œuvre de 2015, qui sert aus­si d’af­fiche à l’une des nom­breuses man­i­fes­ta­tions de dif­fu­sion qu’or­gan­ise Elisa Pel­la­cani, en l’oc­curence l’ex­po­si­tion Donne che fan­no lib­ri), aux­quels font écho, de l’autre côté du livre, l’ar­ti­cle et les pho­tos de Gwen Diehn, autour de la créa­tion de livres-graines avec l’in­vi­ta­tion de nous y met­tre aussi…

 

La qua­trième de cou­ver­ture de Book Secret cite un extrait de la Let­tre à un jeune poète, d’Hein­rich Heine, traduit dans les 3 langues du livre et que je re-pro­pose ici en français, en guise de con­clu­sion, et d’ap­pel aux lecteurs à se pro­cur­er ces livres-à-rêver, et peut-être à‑fabriquer, aus­si, tant ils inspirent de désir de faire, et ressem­blent à de petits manuels pour guider les pre­miers gestes créateurs :

 

Je vous prie d’être patient avec tout ce qui dans votre cœur est encore irré­solu, et de ten­ter d’aimer les ques­tions elles-mêmes comme des pièces clos­es et comme des livres écrits dans une langue fort étrangère. Ne cherchez pas pour l’in­stant des répons­es, qui ne sauraient vous être don­nées : car vous ne seriez pas en mesure de les vivre. 

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Marilyne Bertoncini

Biogra­phie Enseignante, poète et tra­duc­trice (français, ital­ien), codi­rec­trice de la revue numérique Recours au Poème, à laque­lle elle par­ticipe depuis 2012, mem­bre du comité de rédac­tion de la revue Phoenix, col­lab­o­ra­trice des revues Poésie/Première et la revue ital­i­enne Le Ortiche, où elle tient une rubrique, “Musarder“, con­sacrée aux femmes invis­i­bil­isées de la lit­téra­ture, elle, ani­me à Nice des ren­con­tres lit­téraires men­su­elles con­sacrées à la poésie, Les Jeud­is des mots dont elle tient le site jeudidesmots.com. Tit­u­laire d’un doc­tor­at sur l’oeu­vre de Jean Giono, autrice d’une thèse, La Ruse d’I­sis, de la Femme dans l’oeu­vre de Jean Giono, a été mem­bre du comité de rédac­tion de la revue lit­téraire RSH “Revue des Sci­ences Humaines”, Uni­ver­sité de Lille III, et pub­lié de nom­breux essais et arti­cles dans divers­es revues uni­ver­si­taires et lit­téraires français­es et inter­na­tionales : Amer­i­can Book Review, (New-York), Lit­téra­tures (Uni­ver­sité de Toulouse), Bul­letin Jean Giono, Recherch­es, Cahiers Péd­a­gogiques… mais aus­si Europe, Arpa, La Cause Lit­téraire… Un temps vice-prési­dente de l’association I Fioret­ti, chargée de la pro­mo­tion des man­i­fes­ta­tions cul­turelles de la Rési­dence d’écrivains du Monastère de Saorge, (Alpes-Mar­itimes), a mon­té des spec­ta­cles poé­tiques avec la classe de jazz du con­ser­va­toire et la mairie de Men­ton dans le cadre du Print­emps des Poètes, invité dans ses class­es de nom­breux auteurs et édi­teurs (Bar­ry Wal­len­stein, Michael Glück…), organ­isé des ate­liers de cal­ligra­phie et d’écriture (travaux pub­liés dans Poet­ry in Per­for­mance NYC Uni­ver­si­ty) , Ses poèmes (dont cer­tains ont été traduits et pub­liés dans une dizaine de langues) en recueils ou dans des antholo­gies se trou­vent aus­si en ligne et dans divers­es revues, et elle a elle-même traduit et présen­té des auteurs du monde entier. Par­al­lèle­ment à l’écri­t­ure, elle s’in­téresse à la pho­togra­phie, et col­la­bore avec des artistes, plas­ti­ciens et musi­ciens. Site : Minotaur/A, http://minotaura.unblog.fr * pub­li­ca­tions récentes : Son Corps d’om­bre, avec des col­lages de Ghis­laine Lejard, éd. Zin­zo­line, mai 2021 La Noyée d’On­a­gawa, éd. Jacques André, févri­er 2020 (1er prix Quai en poésie, 2021) Sable, pho­tos et gravures de Wan­da Mihuleac, éd. Bilingue français-alle­mand par Eva-Maria Berg, éd. Tran­signum, mars 2019 (NISIP, édi­tion bilingue français-roumain, tra­duc­tion de Sonia Elvire­anu, éd. Ars Lon­ga, 2019) Memo­ria viva delle pieghe, ed. bilingue, trad. de l’autrice, ed. PVST. Mars 2019 (pre­mio A.S.A.S 2021 — asso­ci­azione sicil­iana arte e scien­za) Mémoire vive des replis, texte et pho­tos de l’auteure, éd. Pourquoi viens-tu si tard – novem­bre 2018 L’Anneau de Chill­i­da, Ate­lier du Grand Tétras, mars 2018 (man­u­scrit lau­réat du Prix Lit­téraire Naji Naa­man 2017) Le Silence tinte comme l’angélus d’un vil­lage englouti, éd. Imprévues, mars 2017 La Dernière Oeu­vre de Phidias, suivi de L’In­ven­tion de l’ab­sence, Jacques André édi­teur, mars 2017. Aeonde, éd. La Porte, mars 2017 La dernière œuvre de Phidias – 453ème Encres vives, avril 2016 Labyrinthe des Nuits, suite poé­tique – Recours au Poème édi­teurs, mars 2015 Ouvrages col­lec­tifs — Antolo­gia Par­ma, Omag­gio in ver­si, Bertoni ed. 2021 — Mains, avec Chris­tine Durif-Bruck­ert, Daniel Rég­nier-Roux et les pho­tos de Pas­cal Durif, éd. du Petit Véhicule, juin 2021 — “Re-Cer­vo”, in Trans­es, ouvrage col­lec­tif sous la direc­tion de Chris­tine Durif-Bruck­ert, éd. Clas­siques Gar­nier, 2021 -Je dis désirS, textes rassem­blés par Mar­i­lyne Bertonci­ni et Franck Berthoux, éd. Pourquoi viens-tu si tard ? Mars 2021 — Voix de femmes, éd. Pli­may, 2020 — Le Courage des vivants, antholo­gie, Jacques André édi­teur, mars 2020 — Sidér­er le silence, antholo­gie sur l’exil – édi­tions Hen­ry, 5 novem­bre 2018 — L’Esprit des arbres, édi­tions « Pourquoi viens-tu si tard » — à paraître, novem­bre 2018 — L’eau entre nos doigts, Antholo­gie sur l’eau, édi­tions Hen­ry, mai 2018 — Trans-Tzara-Dada – L’Homme Approx­i­matif , 2016 — Antholo­gie du haiku en France, sous la direc­tion de Jean Antoni­ni, édi­tions Aleas, Lyon, 2003 Tra­duc­tions de recueils de poésie — Aujour­d’hui j’embrasse un arbre, de Gio­van­na Iorio, éd. Imprévues, juil­let 2021 — Soleil hési­tant, de Gili Haimovich, éd. Jacques André , avril 2021 — Un Instant d’é­ter­nité, Nel­lo Spazio d’un istante, Anne-Marie Zuc­chel­li (tra­duc­tion en ital­ien) éd ; PVST, octo­bre 2020 — Labir­in­to delle Not­ti (ined­i­to — nom­iné au Con­cor­so Nazionale Luciano Ser­ra, Ital­ie, sep­tem­bre 2019) — Tony’s blues, de Bar­ry Wal­len­stein, avec des gravures d’Hélène Baut­tista, éd. Pourquoi viens-tu si tard ?, mars 2020 — Instan­ta­nés, d‘Eva-Maria Berg, traduit avec l’auteure, édi­tions Imprévues, 2018 — Ennu­age-moi, a bilin­gual col­lec­tion , de Car­ol Jenk­ins, tra­duc­tion Mar­i­lyne Bertonci­ni, Riv­er road Poet­ry Series, 2016 — Ear­ly in the Morn­ing, Tôt le matin, de Peter Boyle, Mar­i­lyne Bertonci­ni & alii. Recours au Poème édi­tions, 2015 — Livre des sept vies, Ming Di, Recours au Poème édi­tions, 2015 — His­toire de Famille, Ming Di, édi­tions Tran­signum, avec des illus­tra­tions de Wan­da Mihuleac, juin 2015 — Rain­bow Snake, Ser­pent Arc-en-ciel, de Mar­tin Har­ri­son Recours au Poème édi­tions, 2015 — Secan­je Svile, Mémoire de Soie, de Tan­ja Kragu­je­vic, édi­tion trilingue, Beograd 2015 — Tony’s Blues de Bar­ry Wal­len­stein, Recours au Poème édi­tions, 2014 Livres d’artistes (extraits) La Petite Rose de rien, avec les pein­tures d’Isol­de Wavrin, « Bande d’artiste », Ger­main Roesch ed. Aeonde, livre unique de Mari­no Ros­set­ti, 2018 Æncre de Chine, in col­lec­tion Livres Ardois­es de Wan­da Mihuleac, 2016 Pen­sées d’Eury­dice, avec les dessins de Pierre Rosin : http://www.cequireste.fr/marilyne-bertoncini-pierre-rosin/ Île, livre pau­vre avec un col­lage de Ghis­laine Lejard (2016) Pae­sine, poème , sur un col­lage de Ghis­laine Lejard (2016) Villes en chantier, Livre unique par Anne Poupard (2015) A Fleur d’é­tang, livre-objet avec Brigitte Marcer­ou (2015) Genèse du lan­gage, livre unique, avec Brigitte Marcer­ou (2015) Dae­mon Fail­ure deliv­ery, Livre d’artiste, avec les burins de Dominique Crog­nier, artiste graveuse d’Amiens – 2013. Col­lab­o­ra­tions artis­tiques visuelles ou sonores (extraits) — Damna­tion Memo­ri­ae, la Damna­tion de l’ou­bli, lec­ture-per­for­mance mise en musique par Damien Char­ron, présen­tée pour la pre­mière fois le 6 mars 2020 avec le sax­o­phon­iste David di Bet­ta, à l’am­bas­sade de Roumanie, à Paris. — Sable, per­for­mance, avec Wan­da Mihuleac, 2019 Galerie Racine, Paris et galerie Depar­dieu, Nice. — L’En­vers de la Riv­iera mis en musique par le com­pos­i­teur Man­soor Mani Hos­sei­ni, pour FESTRAD, fes­ti­val Fran­co-anglais de poésie juin 2016 : « The Far Side of the Riv­er » — Per­for­mance chan­tée et dan­sée Sodade au print­emps des poètes Vil­la 111 à Ivry : sur un poème de Mar­i­lyne Bertonci­ni, « L’homme approx­i­matif », décor voile peint et dess­iné, 6 x3 m par Emi­ly Wal­ck­er : L’Envers de la Riv­iera mis en image par la vidéaste Clé­mence Pogu – Festrad juin 2016 sous le titre « Proche Ban­lieue» Là où trem­blent encore des ombres d’un vert ten­dre – Toile sonore de Sophie Bras­sard : http://www.toilesonore.com/#!marilyne-bertoncini/uknyf La Rouille du temps, poèmes et tableaux tex­tiles de Bérénice Mollet(2015) – en par­tie pub­liés sur la revue Ce qui reste : http://www.cequireste.fr/marilyne-bertoncini-berenice-mollet/ Pré­faces Appel du large par Rome Deguer­gue, chez Alcy­one – 2016 Erra­tiques, d’ Angèle Casano­va, éd. Pourquoi viens-tu si tard, sep­tem­bre 2018 L’esprit des arbres, antholo­gie, éd. Pourquoi viens-tu si tard, novem­bre 2018 Chant de plein ciel, antholo­gie de poésie québé­coise, PVST et Recours au Poème, 2019 Une brèche dans l’eau, d’E­va-Maria Berg, éd. PVST, 2020 Soleil hési­tant, de Gili Haimovich, ed Jacques André, 2021 Un Souf­fle de vie, de Clau­dine Ross, ed. Pro­lé­gomènes, 2021