> Feuilletons… Rome DEGUERGUE, Marie-Ange SEBASTI, Chantal RAVEL Christophe SANCHEZ, Gérard BOCHOLIER

Feuilletons… Rome DEGUERGUE, Marie-Ange SEBASTI, Chantal RAVEL Christophe SANCHEZ, Gérard BOCHOLIER

Par | 2018-01-06T12:49:31+00:00 21 janvier 2017|Catégories : Critiques, Gérard Bocholier|

 

Rome Deguergue, Appel du Large,

 

Du som­met de la dune du Pyla, Rome Deguergue, ran­don­neuse géo-poète, observe l'océan, et le micros­cosme des sables qui l'emporte – et avec elle le lec­teur, à tra­vers les époques et l'espace.  Ne déclare-t-elle pas : " je suis d’ici & d’autres ailleurs tra­ver­siers"

Sensible à l'étrange étran­ge­té du monde, que modi­fient les temps cli­ma­té­riques, Rome Deguergue va de l'avant, se cherche dans le monde offert au mar­cheur, nous pro­pose de "réap­prendre à voir, en écho dif­frac­té ", de rede­ve­nir

"Souffle, graine, voix échap­pée à la ronde des lunes, aux grands anneaux du temps d’avant, inache­vés et com­plices de l’avenir en expan­sion infi­nie"

et de

"per­ce­voir, mugis­santes les paroles croi­sées, sin­gu­lières, lan­cées d'autres déserts".

 

La prose poé­tique, vibrante et ryth­mée, de l'auteure, fait siennes les leçons d'Hölderlin, de l'exilé de Guernesey, évoque Edouard Glissant, Paul Valéry, Kenneth White…

Pour la poète, comme pour eux, "La terre est un mot qui embrasse la terre" et sa voix pro­phé­tique résonne, appel du large, sur "l'horizocéan" que nous dévoilent ses mots, et les belles pho­tos de Patrice Yan le Flohic.

(ce texte figure en 4ème de cou­ver­ture du recueil)

 

*

 

 

Marie-Ange Sebasti, La Connivence du mar­chand de cou­leurs

 

La Connivence du Marchand de cou­leur, chant en trois par­ties, suit le che­mi­ne­ment d'une figure jaillie de la nuit ini­tiale du poème, en brèves strophes inter­ro­geant l'énigme d'une quête qui n'est autre qu'élan, accueil, ouver­ture.

De cette à peine sil­houette, dont on ne devine rien "sinon son ombre tiède /​ d'après-midi", nous ne sau­rons, en creux, qu'ébauches d'envol, amorces de voyages, embryons de pay­sages de rêves appe­lant à la mémoire les pay­sages de Watteau ou de Corot, dans les "vapeurs de longues fêtes /​/​ long­temps ima­gi­nées" où "de lents pro­me­neurs /​ se par­tagent le cou­chant". Tout geste, toute pen­sée s'esquisse, et se nie du même mou­ve­ment : "il ne réclame rien /​ il s'habille de sable (…) mais s'en sépare vite"… Plus même :

 

Il ne s'est jamais pré­sen­té
au poste fron­tière

 

Il s'est insi­nué
sur des terres étran­gères

 

qui ne demandent jamais
d'où il vient

 

Véritable éloge du dénue­ment radi­cal, la pre­mière par­tie de ce recueil, où le lec­teur tente de suivre une ombre imper­son­nelle, semble pré­sen­ter à tra­vers elle une image de la liber­té AB-solue – libre de toute entrave, affran­chi des contin­gences, avant tout lien et toute rela­tion, "il" vogue "sur des prai­ries d'aigue-marine et d'outremer", flotte en bor­dure des rêves, en marge de la nuit.

C'est de cette nuit que sourdent les cou­leurs du marchand/​marcheur :

Jour après jour le cré­pus­cule
brasse toutes les cou­leurs

inonde l'univers

rétré­cit les galaxies

 

Comme dans le trai­té de Goethe, les cou­leurs sont autant obs­cur­cis­se­ment de la lumière qu'éclaircissement du noir, d'où elles naissent à tra­vers le bleu : l'azur, le lapis-lazu­li, le cobalt ou l'indigo forment le fond duquel sur­gi­ra, dans la lumière où il se fond, le rouge de "la pas­sion écar­late /​ d'un monde indi­cible", pour qu'enfin toutes explosent dans "l'éblouissante page /​/​ d'un seul vitrail".

Le deuxième chant aura fait affleu­rer d'autres réfé­rents tout aus­si vagues et mys­té­rieux : "elle ouvre ses volets (…) elle retient quelque temps /​ l'arc-en-ciel qui le tra­verse" – puis les flot­te­ments créent des Icare hybrides qui "ajus­taient leurs ailes", et dont on ne sait s'ils seront mineurs d'or et de rubis, avant que n'apparaissent les mots, embra­sés par le cou­chant dans l'attente d'un nou­veau jour.

Et ce "voya­geur en déroute /​ navi­ga­teur fra­gile" en son périple in-accom­pli, son flot­te­ment en lisière des pay­sages, semble être une âme en quête de sub­stance, autant que de lumière, prête à renaître dans la troi­sième par­tie : âme des mots mûris­sant sous la page, avec la conni­vence du mar­chand de cou­leurs, qui leur don­ne­ra corps… peut-être.

 

*

 

 

Chantal Ravel, A peine un chant

 

Chantal Ravel nous pro­pose la cou­leur sonore de cinq varia­tions construites – com­po­sées, plus exac­te­ment – "sur une basse obs­ti­née", dans cet autre opus publié par Jacques André.

Sous les yeux du lec­teur se déploie un uni­vers musi­cal tis­sé de sou­ve­nirs de vieilles chan­sons, "comme mémoire de langue", dont le rap­pel, depuis Les Compagnons de la Marjolaine, jus­qu' aux rythmes du "shim­my en cla­quettes", revi­site les sou­ve­nirs de l'enfance et ajoute pro­fon­deur au réel :

 

Et quelque chose d'une voix qu'on avait oubliée
s'ajuste au bruis­se­ment feu­tré de la nuit

 

Dans la pre­mière varia­tion, c'est l'impondérable impro­bable de sons, venus du pas­sé, conti­nuant de nous han­ter, "voya­geur fati­gué frap­pant à a propre porte" comme l'errant d'Apollinaire sup­pliant "Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleu­rant /​ La vie est variable aus­si bien que l’Euripe" .

A tra­vers l'évocation du " cava­lier pres­sé /​qui che­vauche la nuit/​et déjà dis­pa­raît" c'est Supervielle (cité en exergue), mais aus­si en fili­grane le Goethe des Lieder de Schuman, qui sont convo­qués comme figures tuté­laires de ce retour en la mémoire pour lequel la poé­sie est le mode de trans­port.

Ce voyage mélo­dieux dans le "presque rien qui jusque là se fait" est aus­si une plon­gée sen­suelle et noc­turne où la caresse des refrains, ou mieux encore, des leit­mo­tivs, trace les cercles d'un éter­nel retour

 

"comme à chaque retour des petits dieux pen­chés sur un ber­ceau, ce balan­ce­ment régu­lier du même au même".
 

Dans la deuxième varia­tion, tout l'infini de la mémoire jaillit du sou­ve­nir pré­cis d' "un après-midi d'automne à Boucieux" : une nar­ra­tion poé­tique y alterne avec des bribes de dia­logues sai­sis sur le vif, dans une syn­taxe heur­tée, où se lit visuel­le­ment aus­si l'importance des blancs et du silence, sou­li­gnée par des vers instables, ter­mi­nant sur d'inutiles conjonc­tions lan­cées sur le vide : "Et ce chant dans mon coeur et tout ça /​qui rameute l'élan mal­gré que".

Chant cou­pé, "bles­sure de ver­ti­gi­neuses nos­tal­gies" tirant sa force dans "la fra­gile per­fec­tion de l'instant", il nous amène à la troi­sième varia­tion, sous l'égide d'une alouette à l'allégresse aus­si vive que celle de John Keats, nais­sant des lignes indé­cises d'un des­sin d'enfant à déchif­frer :

 

S'approcher et len­te­ment
de soi d'une stu­pé­fac­tion grande
ouverte sur cette pré­sence
là et si léger
vol d'alouette notre sem­blable
désir

 

dont le chant ver­ti­cal tra­verse "l'entaille du silence".

Changement de rythme et d'univers, dans la qua­trième varia­tion, drôle et jaz­zy, avec Rimbaud en trame, et Aristide Bruand. Evocation d'un père, fan­tai­siste dan­seur, sou­ve­nirs des mots d'autrefois dans un chro­mo années cin­quante, "Entre réclames de Boldoflorine/​ de Dop Dop Dop et autre chi­co­rée Leroux (où) débarquent le shi­my les cla­quettes etsé­té­ra". Tout pour­tant se ren­verse, lan­gage, conve­nances… au rythme de la danse – "une vraie transe d'estafier", bri­sant "la ronde criarde des musettes /​ enrou­lant la com­plainte des jours /​ assou­pis dans l'ivresse des genêts."

Rimb' encore, dans l'ultime varia­tion, "si loin de la vieille Europe aux anciens para­pets" : langue et lexique tota­le­ment libé­rés "sans cha­pe­ron ou autre gue­nille d'ancienneté" – enfin "ça dégom­mait ça /​ fai­sait frette aux oreilles", sur les bords du Saint-Laurent où pour­tant reviennent les ritour­nelles "reve­nantes"– moder­ni­sées, des­ti­nées désor­mais à des "prin­cesses en bas­kets et goutte /​au nez", mais tou­jours por­tant la grâce naïve d'une langue immé­mo­rielle, enfouie au pro­fond de la rêve­rie incons­ciente où "ça chan­tait".

Avec un art très sûr de la com­po­si­tion, Chantal Ravel nous enchante, et il n'est pas cer­tain que le lec­teur ne sou­haite relire/​réentendre, en boucle, cette lec­ture musi­cale.

 

*

 


 

 

Christophe Sanchez, Morning à la fenêtre
 

Deux textes bien dif­fé­rents de Christophe Sanchez sont sor­tis en 2016. Les habi­tués de la page face­book de l'auteur ont pu dégus­ter, par épi­sodes quo­ti­diens, les frag­ments de Morning à la fenêtre, par­ta­gés au fil de l'écriture, entre le 5 novembre 2015 et le 13 jan­vier 2016.

Publié aux édi­tions Tarmac – jeune mai­son liée à la revue Festival Permanent des Mots de Jean-Claude Goiri, édi­teur qu'il convien­drait de sou­te­nir, dans sa démarche explo­ra­trice1 – ces frag­ments com­posent un élé­gant volume au for­mat allon­gé, impri­mé sur beau papier ver­gé. Sous le titre "jaz­zy", (et nous revien­drons sur cet adjec­tif), on entre dans l'intimité du labo­ra­toire poé­tique, où l'auteur, entre ciga­rette et café d'insomnie mati­nale, ins­crit dans l'encadrement res­treint d'une fenêtre sa per­cep­tion de la ville, tra­duite dans la forme contrainte et ouverte à la fois d'un poème "cadré" lui aus­si, en deux strophes de 5 vers, dont le der­nier n'est com­po­sé que d'un ou deux mots – parais­sant s'échapper, comme les élé­ments (nuages, fumée des che­mi­nées…) qui tra­versent l'espace obser­vé, s'éloignant vers l'horizon décou­vert par leur mou­ve­ment.

Ces brefs poèmes (deux par page, en posi­tion irré­gu­lière) trans­forment le banal pay­sage urbain en petits joyaux d'orfèvrerie de mots. De fami­lier – voire tri­vial "et tout le saint-frus­quin", à tech­nique, tel "le cris­se­ment bleuté/​ D'une égoïne", ou pré­cieux, (le "Poudrin parme qui voile la /​ Peine"), n'hésitant pas à recru­ter des expres­sions ver­na­cu­laires (ce van­neau qui "rou­mègue" dans sa mare et la vague qui "joue gala­piat"), toutes les res­sources du lexique pro­mènent le lec­teur, d'un ali­gne­ment de marge à l'autre, d'une per­cep­tion sur­réa­liste à l'autre. Voyez le 10 novembre (et le mot "voir" est abso­lu­ment jus­ti­fié):

 

           Par la fenêtre haute en brume
           Le réver­bère détruit d'un oeil
           Plaintif l'épouvante des ombres
           Sous le sable grêle des pau­pières
Molles
 

 

     La nuit s'est cou­chée à front de
   Grève pour un som­meil de paille
   Et ce matin, le jour a une gueule
De cro­que­mi­taine à ron­ger des os
                                                      Jaunes

 

 

Ainsi l'huis tourne-t-il sur ses gonds, dévoi­lant sur la nuit "astra­kan", l'angle d'un toit, une antenne-râteau, goe­lands et cor­beaux… toute une faune fami­lière vaquant à ses occu­pa­tions au seuil du jour "gourd", avant l'activité humaine qu'annonce le "tem­po" du gyro d'un camion de la voi­rie, reflé­té sur la vitre ou se joue l'inversion de dehors et dedans.

Tout sur­prend dans ces poèmes, et d'abord le rythme syn­co­pé de la syn­taxe – rejets interne aux mots, coupe des vers… liés aux alli­té­ra­tions et inver­sions sonores, don­nant à la lec­ture ce balan­ce­ment musi­cal qu'évoque le titre, cette impres­sion de skat impro­vi­sé ( toutes les alli­té­ra­tions gut­tu­rales du per­co (qui) crie son marc et casse/​du sucre sur le dos du jour épris/​ D'une aigrette rabou­grie et bécas-/ Sonne pen­due à l'heur où un geai/​ La pren­dra"), ou cette finale de note bleue que connaissent les amou­reux du jazz :

 

                   La pen­dule affiche l'heure
                     D'été tré­pas­sé alors elle
                   Lorgne à la fenêtre et s'é-
                    Tonne des huit toc­sins à
La nuit

 

L'inventivité et la richesse des images, la pré­ci­sion des obser­va­tions (qu'elles relèvent de la nota­tion pré­cise des heures, de la situa­tion glo­bale – on est dans le plein de l'état d'urgence – ou de l'information natu­ra­liste et orni­tho­lo­gique – on y entend autant qu'on y voit par exemple toute une faune avi­cole, entre digue et étangs) n'empêchent pas l'humour, qui nous décrit l'onde de com­mo­tion pro­vo­quée par une mouette rieuse s'attachant au râteau de télé­vi­sion, ou le piaf étour­di qui "Se prend l'aile à la /​Cuistre et dis­pa­raît".

Outre ces tableaux, ce sont des récits qui s'écrivent – qu'on devine, dans le bat­te­ment des ailes du goé­land, oiseau dont on ne se sur­prend pas qu'il passe si sou­vent sur l'étang et le temps, de son vol lent, for­cé­ment. Car dans ces petits matins, le temps s'étire, comme dans un tableau de Dali, et les choses se méta­mor­phosent à tra­vers les mots, pour les­quels le pêne évoque imman­qua­ble­ment la peine – juste esquis­sée dans l'inversion d'un article :

                  Des toits s'élève une rumeur
                  De bon­heur d'être ain­si ac-
                  Croché à la pêne de la vie
                  A cher­cher la clé du jour
      à venir.
 

"Le jour étire ses jambes/​ Et craque aux chevilles/​ De la nuit une allu­mette", outre le seuil de la fenêtre, en reflet du poète qui l'observe, et reçoit "en res­sac", les impres­sions du jour… Et le lec­teur s'interroge sur les rai­sons de cette insom­nie livrée avec pudeur, comme le flux des pen­sées au matin, avant le vrai réveil dans "les aubes/​ D'oubli".

 

*

 

 

Gérard Bocholier, Les che­mins tour­nants de Pierre Reverdy

 

Les édi­tions Tituli2, fon­dées il y a trois ans par l'écrivain Christine Bonduelle, publient cet essai, le deuxième consa­cré à Pierre Reverdy3 par Gérard Bocholier, lui-même poète des pro­fon­deurs.

Né à Narbonne (Aude) en 1889, Pierre Reverdy, aujourd'hui sous-esti­mé, voire oublié, nous dit Gérard Bocholier, fut, aux côtés de Max Jacob et Guillaume Apollinaire, l'un des fon­da­teurs de la moder­ni­té. L'auteur dans son intro­duc­tion, rap­pelle que "tous, en com­men­çant par les Surréalistes, lui devront les défi­ni­tions les plus fortes et les plus durables de l'image, de l'émotion et de la fonc­tion poé­tique". Le titre de son essai, reprend de façon pro­gram­ma­tique celui d'un poème de Reverdy, qui ouvre le recueil Sources du Vent paru en 1929 et que je vous pro­pose de lire comme un avant-pro­pos :

 

Chemin tour­nant

Il y a un ter­rible gris de pous­sière dans le temps
Un vent du sud avec de fortes ailes
Les échos sourds de l’eau dans le soir cha­vi­rant
Et dans la nuit mouillée qui jaillit du tour­nant
des voix rugueuses qui se plaignent
Un goût de cendre sur la langue
Un bruit d’orgue dans les sen­tiers
Le navire du cœur qui tangue
Tous les désastres du métier

Quand les feux du désert s’éteignent un à un
Quand les yeux sont mouillés comme des brins d’herbe
Quand la rosée des­cend les pieds nus sur les feuilles
Le matin à peine levé
Il y a quelqu’un qui cherche
Une adresse per­due dans le che­min caché
Les astres dérouillés et les fleurs dégrin­golent
A tra­vers les branches cas­sées
Et le ruis­seau obs­cur essuie ses lèvres molles à peine décol­lées
Quand le pas du mar­cheur dans le cadran qui compte
règle le mou­ve­ment et pousse l’horizon
Tous les cris sont pas­sés tous les temps se ren­contrent
Et moi je marche au ciel les yeux dans les rayons
Il y a du bruit pour rien et des noms dans ma tête
Des visages vivants
Tout ce qui s’est pas­sé au monde
Et cette fête
Où j’ai per­du mon temps

 

C'est toute la vie de Pierre Reverdy que nous fait par­cou­rir, chro­no­lo­gi­que­ment, jusqu'au dépouille­ment final, cet essai aus­si bref que pal­pi­tant, qui rend per­cep­tible cette affir­ma­tion du poète des pro­fon­deurs cité p. 45 : "La poé­sie est à la vie ce qu'est le feu au bois. Elle en émane et la trans­forme…" Poésie ignée qui jamais ne se pose, qui court, "use de court-cir­cuits pour déclen­cher l'illumination", en 15 cha­pitres, dont les titres sont ceux des recueils lus par Gérard Bocholier, tout le pay­sage de la poé­sie contem­po­raine se des­sine en fili­grane des expé­riences et explo­ra­tions fine­ment ana­ly­sées par Gérard Bocholier et témoigne du des­sein pour­sui­vi dans cette oeuvre unique afin de "déga­ger l'oeuvre d'art de la vie afin de "créer une émo­tion neuve et pure­ment poétique"(p.12) – but réité­ré à maintes reprises dans la revue Nord-Sud que diri­gea Pierre Reverdy.

La pré­cise étude du style, l'attention por­tée aux évo­lu­tions, clai­re­ment lisible dans l'organisation chro­no­lo­gique de l'essai, ne dévoilent peut-être pas le mys­tère impé­né­trable qui fût la quête du poète, mais per­met au lec­teur une approche vivante de ce cor­pus unique, qu'il est temps, comme le sou­ligne Gérard Bocholier, de tirer de l'oubli alors que, selon la belle expres­sion finale de l'auteur "Ce coeur, avec pudeur et force, ne ces­se­ra de battre dans l'histoire de la poé­sie."

 

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Notes :

 

1Une sous­crip­tion pour la sur­vie de la jeune édi­tion et de la revue Festival Permanent des Mots est ouverte ici : https://​fr​.ulule​.com/​t​a​r​m​a​c​-​e​d​i​t​i​o​ns/

2http://​www​.titu​li​.fr/​e​d​i​t​i​o​n​s​t​i​t​uli – l'éditeur orga­nise des lec­tures dans la librai­rie-gale­rie du 142 rue de Rennes, à Paris, dont le pro­gramme est consul­table sur le bog – adresses en sui­vant le lien.

3 Pierre Reverdy, le phare obs­cur, de Gérard Bocholier était paru en 1984 chez Champ Vallon et Les Chemins tour­nants de Pierre Reverdy avait connu une pre­mière publi­ca­tion numé­rique en 2015 chez Recours au poème édi­teurs : On ne peut que se réjouir qu'il reprenne vie aujourd'hui.

 

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Marilyne Bertoncini

Marilyne Bertoncini, cores­pon­sable de la revue Recours au Poème, doc­teur en Littérature, spé­cia­liste de Jean Giono, col­la­bore avec des artistes, vit, écrit et tra­duit.
Ses textes et pho­tos paraissent dans diverses revues fran­çaises et inter­na­tio­nales, et sur son blog mino​tau​ra​.unblog​.fr.

Ses tra­duc­tions de poètes anglais et aus­tra­liens et son recueil, Labyrinthe des Nuits, sont parus chez Recours au Poème édi­teurs, comme sa tra­duc­tion des poèmes de Ming Di, Livre des 7 Vies, et Histoire de Famille, illus­trés par Wanda Mihuleac, aux édi­tions Transignum en mars 2015.

Une pre­mière ver­sion de La Dernière Oeuvre de Phidias est parue en 2016 chez Encres Vives.

Dernières publications

  • Æncre de Chine, livre ardoise avec Wanda Mihuleac, édi­tions Transignum, 2016
  • La Dernière œuvre de Phidias, sui­vi de L’Invention de l’absence, Jacques André édi­teur, 2017
  • Aeonde, La Porte, 2017,
  • Le Silence tinte comme l’angélus d’un vil­lage englou­ti, édi­tions Imprévues, 2017
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