> “Dissonances” numéro 35 : La Honte

“Dissonances” numéro 35 : La Honte

Par |2018-12-11T18:43:58+00:00 3 décembre 2018|Catégories : Revue des revues|

Recours au poème parle régu­liè­re­ment de la revue Dissonances, revue thé­ma­tique et semes­trielle qui, depuis 2002, explore avec constance et sans bar­rières des domaines variés et sou­vent effec­ti­ve­ment “dis­so­nants” – trai­tés avec ori­gi­na­li­té et un goût cer­tain de la pro­vo­ca­tion, qu’on appré­cie dans un dis­cours ambiant consen­suel et poli­cé. La liste des thèmes est élo­quente : Les Etats-Unis, L’Europe, la Religion, le Sexe, la Mort, la Folie, la Laideur (on aime­rait y jeter un coup d’oeil à l’aube d’un Printemps des poètes consa­cré à la beau­té), l’Argent, le Futur, la Merde, l’Amour, la Peur, Ivresses, L’Autre, Insurrection, Masques, Entrailles, Idiot, Maman, Le Vide, Rituels, Superstar, le Mal, la Peau, Animal(s), Orgasmes, Ailleurs, Tabou (auquel j’ai eu le plai­sir de par­ti­ci­per – plai­sir aug­men­té du fait de savoir que les publi­ca­tions, ano­ny­mées, ne per­mettent pas les “coups de pouce” aux “copains), Que du bon­heur!, Désordres, Nu, Fuir, Traces, La Honte – et à venir : La Vérité.

La revue se reven­dique “revue plu­ri­dis­ci­pli­naire à but non objec­tif” – mis­sion accom­plie !

La par­tie créa­tion pré­sente des textes (poèmes ou prose) et un port­fo­lio de 10 pages consa­cré à un artiste qui a “carte blanche”. Suit un volet “cri­tique” divi­sé en 4 par­ties : la “dis­sec­tion” d’un auteur répon­dant à un ques­tion­naire fixe, la “dis­jonc­tion” où 4 chro­ni­queurs rendent compte de leur lec­ture d’un livre remar­quable, puis “dis­si­dences” qui pré­sente 8 ouvrages “coups-de-coeur” parus chez de petits et moyens édi­teurs, et “digres­sion”, consa­crée à un domaine autre que la lit­té­ra­ture.

Soit, pour le numé­ro que j’ai en main, 16 varia­tions autour de la honte, accom­pa­gnés de belles pho­tos en noir et blanc, comme tou­jours pour cette revue grand for­mat sur papier gla­cé. Où la ver­gogne se pare de nuances, mais prend source le plus sou­vent au sein de la famille ou dans le rap­port amou­reux.

Le port­fo­lio est consa­cré à la pho­to­graphe Rim Battal et s’ouvre sur la car­casse d’un lapin écor­ché : l’artiste a pho­to­gra­phié, en très gros plan, les entrailles de l’animal, comme l’aruspice tri­pier, en quête de l’éventuel siège de la Honte – en résultent des pho­tos étranges, dans des nuages de gris où se devinent plèvre, tis­sus gras, nerfs et os… comme des épi­pha­nies presqu’irréelles – et envoû­tantes.

C’est Laurent Abarracin qui se plie au jeu ques­tion­naire, tan­dis que Le Corps les­bien, de Monique Wittig, fait  l’objet de 4 lec­tures par Julie Proust-Tanguy, Jean-Marc Flapp, Anne Monteil-Bauer et Côme Fredaigue. Le lec­teur de la revue se fera – peut-être – une idée com­plexe de l’ouvrage, entre l’émotion res­sen­tie par la pre­mière lec­trice et l’ennui évo­qué par le der­nier… il aura à coup sûr envie d’y aller voir par lui-même.

Le numé­ro se clôt sur un article de Nicolas Le Golvan, éta­blis­sant un paral­lèle entre l’humoriste Repp et Jacques Lacan.

On a plai­sir à annon­cer que le numé­ro 36, sur la véri­té, attend des contri­bu­tions,  à envoyer jusqu’au 31 jan­vier – et qu’il est très facile de s’abonner.

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Marilyne Bertoncini

Marilyne Bertoncini, co-res­pon­sable de la revue Recours au Poème, doc­teur en Littérature, spé­cia­liste de Jean Giono, col­la­bore avec des artistes, vit, écrit et tra­duit de l’anglais et de l’italien. Ses textes et pho­tos sont publiés dans diverses revues fran­çaises et inter­na­tio­nales, dans des antho­lo­gies, et sur son blog :  http://​mino​tau​ra​.unblog​.fr.

Principales publi­ca­tions :

Traductions : 

  • tra­duc­tions de l’anglais (US et Australie) : Barry Wallenstein, Martin Harrison, Peter Boyle (Recours au Poème édi­teurs, 2014 et 2015), Carol Jenkins ( River road Poetry Series, 2016)
  • autres tra­duc­tions :
  • Secanje Svile, Mémoire de Soie, Tanja Kragujevic, édi­tion tri­lingue, Beograd 2015
  • Livre des sept vies , Ming Di, Recours au Poème édi­tions, 2015
  • Histoire de Famille, Ming Di, édi­tions Transignum, avec des illus­tra­tions de Wanda Mihuleac,  juin 2015
  • Instantanés, Eva-Maria Berg, édi­tions Imprévues, 2018

Poèmes per­son­nels : 

  • Labyrinthe des Nuits, suite poé­tique, RaP édi­teur, 2015
  • La Dernière Oeuvre de Phidias, Encres Vives, avril 2016
  • Aeonde, La Porte, 2017
  • AEncre de Chine, livre-ardoise sur un pro­jet de Wanda Mihuleac
  • Le Silence tinte comme l’angélus d’un vil­lage englou­ti, édi­tions Imprévues, 2017
  • La Dernière Oeuvre de Phidias, sui­vi de L’Invention de l’absence, Jacques André édi­teur , mars 2017
  • L’Anneau de Chillida, L’Atelier du Grand Tétras, 2018
  • Mémoire vive des replis, poèmes et pho­tos de l’auteure, édi­tions “Pourquoi viens-tu si tard?”, novembre 2018
  • Sable, sur des gra­vures de Wanda Mihuleac, Transignum (à paraître mars 2019)

(fiche bio­gra­phique com­plète sur le site de la MEL : http://​www​.​m​-​e​-​l​.fr/​m​a​r​i​l​y​n​e​-​b​e​r​t​o​n​c​i​n​i​,​e​c​,​1​301 )

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