> Journal des Poètes, 4/​2017

Journal des Poètes, 4/​2017

Par |2018-05-18T20:29:02+00:00 5 mai 2018|Catégories : Journal des Poètes, Revue des revues|

Dans le numé­ro d’hiver du JDP, un dos­sier sur la poé­sie israe­lienne, réa­li­sé par Esther Orner et Marlena Braester,  pré­cé­dé d’un hom­mage à Israël Eliraz, dont 5 recueils ont été publiés par Le Taillis Pré entre 2000 et 2008.  La diver­si­té des voix poé­tiques, sou­li­gnée par la la sélec­tion, retient l’attention – en par­faite har­mo­nie avec la phi­lo­so­phie d’ouverture de la revue, telle qu’elle est défi­nie depuis l’origine, ain­si que je le signa­lais dans l’édito, consa­cré au numé­ro suivant(1) 1 . On y croise les mots du contes­ta­taire Meir Wieseltier, pour lequel “la fleur de l’anarchie se balance encore dans le vent”, ou ceux de Rivka Miriam, dont les poèmes évoquent la famille et la reli­gion avec une ten­dresse mali­cieuse :

 

Le Journal des Poètes, 4-2017, 86ème année, dos­sier “Voix de la poé­sie israé­lienne”, et 10 euros le numé­ro ou par abon­ne­ment – infor­ma­tions sur le site https://​lejour​nal​des​poetes​.be/​a​b​o​n​n​e​m​e​nt/

Quand les juifs se portent sur leurs propres épaules /​ ils perdent leur poids /​ leurs poids /​ leur poids passe aux livres /​ qui gros­sissent et gros­sissent.

Raquel Chalfi explore le côté poé­tique du monde scien­ti­fique : “Je navigue navigue navigue /​ dans l’immense uni­vers des atomes de /​ ma vie minus­cule” tan­dis que Maya Bejerano pro­pose des haï­kus sur la vie quo­ti­dienne. C’est l’actualité – vio­lences, atten­tats, viol – et leur réper­cus­sion sur les liens humains qui consti­tue l’amer arrière-plan des poèmes pré­sen­tés par Anat Zecharia : “Nous disons le mal pour le bien, le bien pour le mal /​ idées sombres”.

Cofondateur de la “Guerilla de la culture”, Roy Chicky Arad nous implique dans son poème :

Le moyen de niquer le sys­tème : le grand lac

Viens te joindre avec moi dans le grand lac

Pourquoi suis-je seul dans le grand lac ?

Rien ne vous empêche de venir au grand lac

Par exemple, toi, lec­teur,

Ne dis pas “je ne suis que le lec­teur”,

Retrousse ton pan­ta­lon, jette le maillot,

Viens main­te­nant dans le grand lac !

Décidément, c’est un auteur que j’aime beau­coup : entre une sha­do­kienne “cri­tique acide de la pas­soire /​ Insurrection contre les petits trous /​ Rébellion contre son avi­di­té sté­rile” et un texte appli­quant stric­te­ment l’injonction du titre : “Mono”, les poèmes “Le fas­cisme” et “Patriote” revi­sitent à rebrousse-res­pect ces termes avec les­quels on dresse les foules à l’obéissance, ou les unes contre les autres.

Des textes de Marlena Braester et Esther Orner, qui ont réa­li­sé ce dos­sier, com­plètent ce bref pano­ra­ma, dont on aurait aimé qu’il y ait un deuxième volume, comme pour la poé­sie croate. Des belles images de la pre­mière, je retien­drai “les vagues-dunes traînent muettes /​ le futur d’un pas­sé tou­jours plus pré­sent“, et de la seconde, le titre , “Etrangers à l’endroit”, de cet ensemble de brèves nota­tions en prose, où l’étrangeté naît de la pré­ci­sion du détail obser­vé.

On ne par­le­ra pas aujourd’hui des autres par­ties de ce numé­ro, tou­jours riches de pro­po­si­tions, des “coups de coeur” à Jean-Marc Sourdillon et Pierre Dhainaut, des deux beaux ensembles de “Paroles en archi­pel” et “Voix Nouvelle”, com­plé­tés par les cri­tiques et pré­sen­ta­tions d'”A livre ouvert” et “Poésie-pano­ra­ma’. On se conten­te­ra d’inviter le lec­teur à visi­ter le site de la revue, afin de s’y abon­ner.


Notes

  1. 1-2018, 87ème année, dos­sier “La poé­sie croate-1”[]

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Marilyne Bertoncini

Marilyne Bertoncini, co-res­pon­sable de la revue Recours au Poème, doc­teur en Littérature, spé­cia­liste de Jean Giono, col­la­bore avec des artistes, vit, écrit et tra­duit de l’anglais et de l’italien. Ses textes et pho­tos sont publiés dans diverses revues fran­çaises et inter­na­tio­nales, dans des antho­lo­gies, et sur son blog :  http://​mino​tau​ra​.unblog​.fr.

Principales publi­ca­tions :

Traductions : 

  • tra­duc­tions de l’anglais (US et Australie) : Barry Wallenstein, Martin Harrison, Peter Boyle (Recours au Poème édi­teurs, 2014 et 2015), Carol Jenkins ( River road Poetry Series, 2016)
  • autres tra­duc­tions :
  • Secanje Svile, Mémoire de Soie, Tanja Kragujevic, édi­tion tri­lingue, Beograd 2015
  • Livre des sept vies , Ming Di, Recours au Poème édi­tions, 2015
  • Histoire de Famille, Ming Di, édi­tions Transignum, avec des illus­tra­tions de Wanda Mihuleac,  juin 2015
  • Instantanés, Eva-Maria Berg, édi­tions Imprévues, 2018

Poèmes per­son­nels : 

  • Labyrinthe des Nuits, suite poé­tique, RaP édi­teur, 2015
  • La Dernière Oeuvre de Phidias, Encres Vives, avril 2016
  • Aeonde, La Porte, 2017
  • AEncre de Chine, livre-ardoise sur un pro­jet de Wanda Mihuleac
  • Le Silence tinte comme l’angélus d’un vil­lage englou­ti, édi­tions Imprévues, 2017
  • La Dernière Oeuvre de Phidias, sui­vi de L’Invention de l’absence, Jacques André édi­teur , mars 2017
  • L’Anneau de Chillida, L’Atelier du Grand Tétras, 2018
  • Mémoire vive des replis, poèmes et pho­tos de l’auteure, édi­tions “Pourquoi viens-tu si tard?”, novembre 2018
  • Sable, sur des gra­vures de Wanda Mihuleac, Transignum (à paraître mars 2019)

(fiche bio­gra­phique com­plète sur le site de la MEL : http://​www​.​m​-​e​-​l​.fr/​m​a​r​i​l​y​n​e​-​b​e​r​t​o​n​c​i​n​i​,​e​c​,​1​301 )

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