> Judith Rodriguez, Extases /​Ecstasies (extrait)

Judith Rodriguez, Extases /​Ecstasies (extrait)

Par |2019-02-03T06:57:59+00:00 3 février 2019|Catégories : Judith Rodriguez, Poèmes|

tra­duc­tion de Marilyne Bertoncini

reflection

 

A glass so clean it shines.

The base hives light.

Glassily, there I am

half out of water, half in,

sod­den short-tails bel­lying

and ribs rim­med with wet.

 

©Judith Rodriguez, The-cup-at-David’s-1977

 

réflexion

 

Un verre si pur qu’il brille.

Le pied dif­fuse la lumière.

Vitreusement je suis là

moi­tié hors de l’eau, moi­tié dedans,

les basques trem­pées toute ren­flées

un our­lé  humide sur les côtes.

 

 bird life

 

In ano­ther life

I shall return as a bird

in a part of the wood so deep

I shall see no human

except when a girl

wan­ders there for­lorn

and lost till I sing her home

to her lit­tle sis­ter.

 

Vie d’oiseau

 

Dans une autre vie

je revien­drai en oiseau

dans un bois si pro­fond

que je ne ver­rai pas d’humains

sauf quand une jeune fille

s’y enfon­ce­ra  délais­sée

et per­due et mon chant l’accompagnera

vers sa demeure et sa petite soeur

 

 

 I am held up

 

I am held up in the arms

of all my friends, held up

by the Indian taxi-dri­vers’

tales of fami­ly and home,

by the smi­ling sel­lers of food,

by bright eyes sud­den­ly remet

at encoun­ters. Held up, I am held.

©Judith Rodriguez, Hand Circle, 1978

 

Je suis soutenue

 

Je suis rete­nue par les bras

de tous mes amis, rete­nue

par les his­toires de famille

et de mai­son des taxis indiens,

par les sou­riants ven­deurs de nour­ri­ture

par des yeux brillants sou­dain revus

à des ren­contres. Retenue, je suis tenue.

 

dog alive

 

And I mar­vel at the dog Ashur,

his cour­sing the lawns and his rol­ling

cra­shing through ferns, his flat­te­ning,

his has­ty way past mounds,

his paws on my shoul­ders.

 

chien vivant

 

Et je m’émerveille du chien Ashur,

ses courses sur les pelouses ses rou­ler-

bou­ler à tra­vers les fou­gères, sa façon de

s’aplatir, d’accélérer devant un tertre,

ses pattes sur mes épaules

 

wind-change

 

Under the young sky

poplars glit­ter

the pond’s jets waver

sha­ken in mor­ning airs

and fling out sil­ver.

An oak pours wind.

 

Till round the walk

eddying from their game

up a beach of lawn

come three with rac­quets

hea­ded for deck-chairs

and the still end of day.

©Judith Rodriguez, Old-playground,-El-Bosque,-Armenia-1975

 

le vent change

 

Sous le jeune ciel

les peu­pliers scin­tillent

les jets de la mare trem­blotent

secoués dans l’air mati­nal

et font jaillir l’argent.

Un chêne verse du vent.

 

Jusqu’à ce qu’au détour de l’allée

sor­ties en trombe de leur jeu

sur un coin de pelouse

arrivent ces trois avec leurs raquettes

qui se dirigent vers les tran­sats

et la douce fin du jour.

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