Chiara Mulas, la poésie et l’expérience du terrible

Par |2022-05-06T07:26:21+02:00 4 mai 2022|Catégories : Chiara Mulas, Focus|

Une flamme – c’est la pre­mière idée qui m’est venue quand j’ai ren­con­tré Chiara Mulas. Née en 1972 à Gavoi Sar­daigne-Ital­ie, diplômée à l’académie des Beaux-arts de Bologne, elle est  par­mi les plus représen­ta­tives et inven­tives de l’art-action du XXI siè­cle, et présente en ouver­ture des Journées Poët-Poët, le seul fes­ti­val inter­na­tion­al de Poésie des Alpes Mar­itimes, qui s’est déroulé  du 19 au 27 mars. 

Un flamme brune aux yeux immenses – pro­fonds et vifs, chaleureux, et inter­ro­ga­teurs. Une flamme vêtue de noir comme un signe cal­ligraphique – menue dans la grande salle où sont exposés les auto­por­traits de son tra­vail de con­fine­ment : CORONAMASK.
Des por­traits un peu plus grands que nature, où son vis­age est caché/montré sous des assem­blages d’objets hétéro­clites, com­posant des sortes d’allégories en écho aux événe­ments de chaque jour – des fleurs, des oiseaux, des objets du quo­ti­di­en – une série intri­g­ante, dont par­le fort bien Serge Pey dans le livre qui lui est con­sacré. Des masques ten­dres, cru­els, ironiques, qui détour­nent le sens et l’usage. Un geste qu’ont bien com­pris les enfants qui, la veille, ont par­ticipé avec elle à l’atelier de créa­tion qu’elle ani­mait. L’un d’eux, dit-elle, avait apporté des balles de fusil de son père – et il avait écrit le mot PAIX sur son masque en les utilisant.

Coro­na mask, de Chiara Mulas 
chez mael­strÖm reEvolution, 
présen­ta­tion de Serge Pey

Chiara Mulas présente pour le vernissage de cette expo­si­tion un hom­mage à Pier Pao­lo Pasoli­ni, dont c’est très pré­cisé­ment la date anniver­saire : 1920–2022 : sur une bande son com­posée de musiques tra­di­tion­nelles s’avance en robe blanche comme un aube celle que je voudrais nom­mer offi­ciante, tant est solen­nelle et rit­u­al­isée la performance. 

Cette robe affiche le vis­age répété de Pasoli­ni comme un tabli­er qui la recou­vre, et Chiara impas­si­ble porte dans sa bouche une rose. A son poignet, un bracelet comme en por­tent les cou­turières, avec un coussin rouge héris­sé d’épingles, qu’elle saisit une à une d’un geste hiéra­tique, pour accrocher sur les bouch­es du poète les pétales qu’elle arrache à la rose qu’elle tient dans sa bouche. Les gestes sont lents, amples et emplis de respect. Les derniers pétales sont posés sur les yeux de Pasoli­ni, clos eux aus­si, et l’officiante quitte la robe comme on sort d’une chrysalide, réap­pa­raît en signe noir, et berce ce corps absent con­tenu dans la dépouille aux vis­ages du poète – exovie qu’elle vient de quit­ter, en chan­tant une rauque mélodie – une « ninanana » sarde réservée aux nais­sances et aux morts…

Chiara Mulas, “ex voto pour Pier Pao­lo Pasoli­ni”, La Gaude, 5 mars 2022, Les Journées Poët-Poët

Voici les mots qu’elle a bien voulu con­fi­er à Recours au Poème pour par­ler de son art : 

Artiste aux mul­ti­ples facettes, tu as des pra­tiques artis­tiques très diver­si­fiées — quels sont les élé­ments de ta for­ma­tion, et les ren­con­tres, qui t’ont amenée aux types d’expression artis­tiques que tu pra­tiques et présentes? Quels liens étab­lis-tu entre ton tra­vail et la poésie?

Je suis à la base une artiste plas­ti­ci­enne et aus­si une ouvrière. Je me suis for­mée à l’Académie des Beaux Arts de Bologna en Ital­ie où je tra­vail­lais dans une usine.

Mon ancien pro­fesseur d’art plas­tique de l’époque avait débuté son pre­mier cours en dis­ant : ce n’est pas l’Académie qui fera de vous des artistes! Il avait rai­son car le chemin de l’art est avant tout un par­cours intérieur, une expéri­ence avec le sacré, qui dia­logue à la fois avec l’invisible et la réal­ité du monde avec toute sa complexité.

Dans mon tra­vail j’aime mélanger dif­férents média : vidéo, pho­to, instal­la­tion, dessin, enreg­istrement sonores et plus rarement du texte.

Dans mon par­cours, la ren­con­tre avec Serge Pey avec lequel je partage ma vie per­son­nelle l’Art e la Poésie-Action, est fon­da­men­tale. Mon tra­vail avec Serge est un poème dont l’espace de réal­i­sa­tion est écrit à deux main. Ensem­ble nous met­tons en place des rit­uels, dans lesquels le mots, les images , les actes per­me­t­tent d’écrire un autre poème qui s’échappe de la page blanche. C’est un dia­logue per­ma­nent avec l’invisible du poème, qui se nour­rit de la réal­ité qui nous entoure, même si celle ci n’est pas tou­jours un poème.

Extraire la poésie du quo­ti­di­en pour la faire exis­ter en tant que poème c’est un acte néces­saire pour met­tre sur un autre plan la réal­ité de notre monde.

Mes « per­for­mances » sont des poèmes en action qui par­lent au monde, qui le ques­tion­nent, qui le dénon­cent. Par­fois le choquent, par­fois l’enchantent, sou­vent ser­vent à le faire com­pren­dre d’une autre manière en déplaçant le point de vue.

Dans mon tra­vail cer­tains thèmes de dénon­ci­a­tion sociale revi­en­nent plus sou­vent, par exem­ple le corps de la femme au cen­tre des con­flits, la femme et la reli­gion, le corps de la femme en tant que corps poli­tique etc.. Je mets aus­si en avant toute mon indig­na­tion face au traite­ment des sujets les plus dému­nis, frag­iles et stig­ma­tisés au sein de notre société dite mod­erne en lui ren­dant hom­mage. Nous sommes con­fron­tés au quo­ti­di­en à toute sorte d’injustices sociales, au racisme, à la vio­lence, à l’exclusion. Face à la folie de ce monde malade, le devoir de l’ artiste est aus­si de don­ner voix aux invis­i­bles et aux oubliés. Une autre thé­ma­tique cen­trale de mon tra­vail en lien avec la poésie, est celle des rit­uels liés à la mort. Mon point de départ est tou­jours la cul­ture sarde à tra­vers laque­lle je par­le au monde, comme dans le sac­ri­fice des vieux, la « Fai­da » et l’euthanasie rit­uelle. Ces deux dernières étroite­ment liées à la poésie, avec les femmes qui impro­visent les chants pen­dant les céré­monies funèbres. Il faut aus­si dire que en Sar­daigne le poème accom­pa­gne chaque instant de la vie, de la nais­sance, à la vie quo­ti­di­enne, les fêtes et la mort.

Tu soulignes — et c’est évi­dent dans les per­for­mances que j’ai pu vision­ner tout comme dans celle à laque­lle j’ai assisté — l’importance de ton enracin­e­ment culturel/géographique : peux-tu pré­cis­er en quoi cette cul­ture nour­rit ton tra­vail? De quelle façon, selon toi, la mytholo­gie, l’histoire, éclairent le présent à tra­vers ton art?

Je suis née en Sar­daigne, une île au cen­tre de la Méditerranée.

Cette mag­nifique terre, con­serve encore aujourd’hui ses tra­di­tions anci­ennes liées à sa posi­tion géo­graphique, sa con­for­ma­tion géologique et son his­toire entre dom­i­na­tion et résis­tance face aux peu­ples envahisseurs qui se sont suc­cédés au fil des siècles.

Sa con­di­tion insu­laire a forgé le car­ac­tère de ses habi­tants, con­fron­tés à un ter­ri­toire par­fois âpre et mon­tag­neux, dur à cul­tiv­er surtout dans le cen­tre de l’île, nom­mé la Barba­gia, où seule­ment l’élevage des chèvres et des mou­tons était pos­si­ble. C’est donc cette cul­ture agro-pas­torale qui a bercé et nour­ri mon imag­i­naire, fait de mythes ances­traux, de médecine pop­u­laire, de super­sti­tions, de tra­di­tions et cou­tumes entremêlés de reli­gion catholique et ani­misme, dans un syn­crétisme mag­ique mys­térieux et riche de sagesse populaire.

C’est dans ce con­texte géo­graphique et cul­turel que je puise mes idées pour créer mes per­for­mances, mes vidéos, mes tableau vivants, et mes oeu­vres plastiques.

Je plonge les mains aiguës de ma moder­nité dans la cul­ture sarde et je la mets en rela­tion avec la réal­ité du monde con­tem­po­rain, pour établir un dia­logue qui con­tient un mes­sage universel.

La forte rela­tion avec la nature qui est par­ti­c­ulière­ment présente dans mes vidéos, est étroite­ment liée à ma géo­gra­phie natale. Je suis très attachée à ma terre et sa cul­ture, c’est comme une valise intérieure invis­i­ble que je porte partout sur mon chemin de vie.

Les peu­ples des « périphéries » du monde ont beau­coup à nous appren­dre, surtout aujourd’hui en pleine glob­al­i­sa­tion, où il faut retrou­ver le chemin de la sin­gu­lar­ité et de l’authenticité et bien d’autres valeurs per­dus, que je retrou­ve encore dans la cul­ture sarde qui essaye de résis­ter face au boule­verse­ment du monde moderne.

Dans ton tra­vail, le vis­age, la rose rouge, les épingles…forment une con­stel­la­tion « lex­i­cale » qui revient et qui mar­quent plusieurs des pho­tos de Coro­na­Mask, cadrées comme des clichés de pho­to d’identité — peux-tu nous par­ler de ce vocab­u­laire qui « signe » tes créa­tions? Et nous expli­quer aus­si la façon dont est né pout toi le pro­jet Coro­na­Mask et la façon sont tu l’as mené?

Met­tre un poème en action est pour moi une façon d’exprimer l’urgence de dire. Oui : de dire, mais en images, comme une phrase écrite sous forme de rébus. Le mys­tère et l’énigme d’une action sans texte, inter­roge et au même temps offre une mul­ti­tude de clefs de lec­ture à celui qui la regarde.

C’est tou­jours un dia­logue avec l’inconnu.

La poésie d’action me per­met de réu­nir en un seul temps-espace plusieurs frag­ments de mon univers. Je tra­vaille sou­vent sous forme de rit­uel, dans lequel une cer­taine ligne esthé­tique et unité de couleurs sont présents. Par exem­ple le choix du noir, du blanc et du rouge ou l’élection de cer­tains objets que j’utilise de manière dif­férente selon l’intention.

Un poème d’action néces­site cer­tains « ingré­di­ents » avant d’être mangé. J’aime bien la for­mule de la recette de cui­sine, car le tra­vail d’artiste com­porte aus­si une par­tie arti­sanale, faite à la main.

Les « ingré­di­ents » que j’utilise dans mon tra­vail d’action et aus­si plas­tique, sont sou­vent issus du quo­ti­di­en ou d’un mag­a­sin de brico­lage, bien sur d’un fleuriste..! J’aime détourn­er les objets en les faisant explos­er de sens, c’est là que quelque chose d’inattendu peut inter­venir et c’est magique.

La poésie d’action génère une autre vision du monde et dévoile le sens caché des choses.

C’est l’éclatement d’un morceau de réal­ité qui soudain pro­duit du sens, là ou ne l’attends pas. La poésie d’action doit être tou­jours un art cri­tique, qui per­met de mon­tr­er la beauté du monde et aus­si sa mon­stru­osité, à l’image de l’être humain.

Dans la série Coro­na­Mask, j’ai procédé de la même façon. Face à cette sit­u­a­tion inédite qui a bous­culé le monde entier, j’ai ressen­ti l’urgence de dire à ma manière, toute mon indig­na­tion vis à vis de la ges­tion poli­tique et san­i­taire catastrophique.

Suite à la déci­sion d’un pre­mier con­fine­ment et à la pénurie de masques de pro­tec­tion, j’étais telle­ment furieuse et désem­parée que j’ai décroché du mur mon masque tra­di­tion­nel sarde de « Su Boe » et je l’ai endossé en prononçant la phrase «  pas de masques en phar­ma­cie? pas de souci!.. ».

Ensuite cette phrase est dev­enue le leit­mo­tiv qui a accom­pa­g­né les 56 jours du con­fine­ment qui ont suivi, un masque par jour réal­isé dans l’espace réduit des toi­lettes, avec les objets divers­es et var­ié présentes dans mon apparte­ment. Dans cette sit­u­a­tion anx­iogène, bom­bardée d’info con­tra­dic­toires et trompeuses où tout le monde est devenu « l’expert » sauf les vrais sci­en­tifiques, j’ai détourné tous les objets à ma dis­po­si­tion en réal­isant un dia­logue cri­tique avec l’hystérie des infor­ma­tion tox­iques de tous les jours. Mon corps en pre­mière ligne comme sup­port pour don­ner voix à ces masques indignés comme des dra­peaux poli­tiques. Ce tra­vail en forme d’autoportrait ou de self­ie a voy­agé sur FB, soutenu par des cen­taines de per­son­nes qui l’ont suivi au quo­ti­di­en, a été pub­lié aux édi­tions Mael­ström ReEvo­lu­tion.

J’avais évo­qué à pro­pos de tes per­for­mances un lien avec un cer­tain « théâtre de la cru­auté » tel que le con­ce­vait Antonin Artaud, qui le définis­sait comme « souf­france d’exister » et non cru­auté envers autrui. C’est qui m’avait vrai­ment frap­pée dans le geste des pétales épinglés sur la bouche de Pasoli­ni, mais plus encore dans d’autres per­for­mances comme « Agnus Day » (jeu de mots inter­lin­guis­tique entre “day” , le jour, et “dei”, le “dieu” latin) — Que peux-tu nous en dire?
L’art que je pra­tique n’appartient pas au diver­tisse­ment, ni au spec­ta­cle, encore moins au théâtre car je ne répète jamais et je prends tou­jours le risque de me planter.

Je suis du côté de Guy Debord, d’Artaud, de l’Actionnisme Vien­nois, du Liv­ing Théâtre, de Pasolini..J’aime le tra­vail de Ana Mendi­eta, Chris Bur­den, Regi­na José Galin­do, Piotr Pavlen­s­ki, Gina Pane, Joseph Beuys etc..pour en citer quelques uns.

Face à la vio­lence du monde, mon tra­vail s’inscrit dans un espace rit­uel et con­voque une vio­lence sym­bol­ique comme un exor­cisme, une guéri­son, une réparation.

J’invente à chaque fois un dis­posi­tif d’offrande ou de sac­ri­fice pour dévoil­er la face cachée des choses. Pour inven­ter cette langue qui m’est pro­pre je dois avant tout l’arracher, comme dans l’hommage au mythe de Philomèle. Dans mon art je mêle les pra­tiques artis­tiques et céré­monielles archaïques de mon peu­ple à une nou­velle moder­nité que j’invente.

Quand je filme mon copain berg­er en Sar­daigne, qui tue et écorce l’agneau de Pâque pour ren­dre hom­mage à Pier Pao­lo Pasoli­ni, c’est pour par­ler d’un Christ par­mi tous les Christ du monde.

Quand je berce un agneau piqué de seringues, j’évoque l’Agnus Dei de Zur­baran mais aus­si le bouc émis­saire des douleurs de notre monde. L’agneau écor­cé est l’homme con­tem­po­rain tor­turé et avili qui, comme dans le passé, porte le témoignage de notre souffrance.

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“ex voto pour Pasoli­ni”, La Gaude, mars 2022

“Agnus Day”, Vil­la­sor, Sar­daigne, 2009

Je voudrais aus­si par­ler de l’extraordinaire per­for­mance de « la langue arrachée » dont je n’ai vu qu’une cap­ta­tion qui m’a mar­quée par sa « tran­quille vio­lence » pour utilis­er un oxy­mores qui, pour moi, retrace la vio­lence invis­i­ble qui nous prive de la légitim­ité de parole. On perçoit un très fort engage­ment de ta part — veux-tu nous en parler?

J’ai réal­isé cette action pour célébr­er le texte théorique « La Langue Arrachée » de Serge Pey.

Le mythe de Philomèle est pour Serge, le mythe con­sti­tu­tif de sa thèse sur l’histoire de la poésie dans laque­lle il par­le de sac­ri­fice du lan­gage. La notion de sac­ri­fice est bien présente à plusieurs niveaux dans cette légende dra­ma­tique, rap­portée par les auteurs grecs.

Dans sa thèse, Serge mets en avant plusieurs con­ver­gences expli­quant les rela­tions com­plex­es entre écri­t­ure et réalité.

Dans mon action j’ai recon­sti­tué l’histoire de Philomèle avec des gestes, des objets et des images qui évo­quent toute la sym­bol­ique du mythe.

Quand je fais une action, ce n’est pas moi qui est en « scène », c’est une autre moi. Je suis tou­jours dans un état « autre » qui demande une grande con­cen­tra­tion. je suis présente tout en étant absente car je me trou­ve dans un espace sacré qui est celui du rit­uel. Dans cet espace, la notion du temps, les gestes et tout ce qui m’entoure y com­pris les spec­ta­teurs, sont « sus­pendus », tout en lais­sant l’ouverture à l’accident, à l’imprévu, qui peut sur­gir à tout moment.

La vio­lence tran­quille que tu évo­ques est celle de Philomèle, mais aus­si celle du cri de Dada après le mas­sacre de la Pre­mière guerre Mon­di­ale, c’est le cri d’une gueule cassé qui ne peut profér­er un mot.

Dans le con­texte actuel, l’art, la poésie, peu­vent-ils être « utiles » : c’est le sens que nous don­nons à notre revue, comme « recours » au poème — y a‑t-il encore une pos­si­bil­ité de « recours à l’art » ?

L’humanité est malade. Il suf­fit d’observer ce qui se passe ces derniers temps, sans vouloir retrac­er l’histoire de l’homme depuis sa préhis­toire, entre la pandémie, la guerre et pas seule­ment celle en Ukraine, et la bar­barie qui s’étend au monde entier. Nous sommes en train de per­dre notre human­ité, con­fron­tés à la mon­stru­osité du monde que nous avons engen­dré. La pul­sion de mort est très forte et nous sommes tous en quête du sens et de spir­i­tu­al­ité. L’art comme le poème appar­ti­en­nent à un espace sacré qui n’a rien à voir avec le religieux mais plutôt avec l’animisme. C’est ce lien per­du avec la nature qui peut nous récon­forter. Je pense que oui, nous avons la pos­si­bil­ité d’un recours à l’art et au poème en tant que forces répara­tri­ces et de guéri­son. Si nous avons per­du la bous­sole, le poème va nous indi­quer le chemin.

Ce chemin qu’indique la “poésie-bous­sole,” c’est peut-être cette pho­to qui l’il­lus­tre le mieux : cette ren­con­tre autour du corps absent du poète, l’échange amoureux de deux enfants por­teurs de l’avenir du verbe et du monde,

avec ma grat­i­tude à Chiara Mulas pour ses répons­es et sa patience.

décou­vrir Chiara Mul­las sur son site : http://chiaramulas.fr/#Home

Présentation de l’auteur

Chiara Mulas

Chiara Mulas est née en 1972 à Gavoi dans la province de Sar­daigne en Ital­ie. Elle est diplômée de l’académie des Beaux-Arts de Bologne. Elle vit et tra­vaille à Toulouse.
Vidéaste, per­formeuse, plas­ti­ci­enne, elle invente un nou­veau rap­port à l’art con­tem­po­rain, aus­si bien dans l’art atti­tude que dans le hap­pen­ing ou ses instal­la­tions vidéos dans lesquelles elle se met en scène.  Artiste du rit­uel et de l’ethnopoésie, ses recherch­es artis­tiques la con­duisent à ques­tion­ner et réac­tu­alis­er les rites et les tra­di­tions sardes à tra­vers sa pra­tique d’artiste.
Elle s’entoure pour cer­taines de ces actions, des femmes de son vil­lage de Barba­gia. Ses courts métrages, s’Accabadora, Pen­tu­ma, Barba­gia, Ruviu-Bian­cu-Nighed­­du, Agnus Day témoignent de ce choc entre moder­nité et tradition.

Artiste révo­lu­tion­naire, ses actions sont des man­i­festes, Hom­mage à Pasoli­ni, Écrits de prison de Gram­sci, rit­uels sit­u­a­tion­nistes pour Guy Debord, lutte con­tre la Fai­da qui tra­verse son île, la dénon­ci­a­tion de la pol­lu­tion de la Méditer­ranée par les trusts pétrochim­iques, ses évo­ca­tions de la Pachama­ma la terre-mère, son explo­ration de la grotte préhis­torique du Mas d’Azil, ses ex-voto vivants pour les mar­tyrs de l’immigration de l’île de Lampedusa… 

Artiste de l’action poé­tique elle col­la­bore régulière­ment avec le poète Serge Pey, qui la décrit ain­si : « Chiara Mulas est une pho­tographe, une per­formeuse, une curan­dera, une médi­um, une réveilleuse de vie, une anthro­po­logue directe. Ses films, ses per­for­mances, ses œuvres plas­tiques, incar­nant la femme de son peu­ple, sont autant de repères fon­da­men­taux pour les artistes de notre temps. La justesse de son art et de ses cibles, en fait une artiste-guer­rière de l’art con­tem­po­rain. » (https://www.maelstromreevolution.org/auteurs/item/693-chiara-mulas)

Bib­li­ogra­phie

Coro­na­mask, Livre d’art et de per­for­mance, pré­face de Serge Pey, Mael­ström, 2020.

 

Poèmes choi­sis

Autres lec­tures

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Marilyne Bertoncini

Biogra­phie Enseignante, poète et tra­duc­trice (français, ital­ien), codi­rec­trice de la revue numérique Recours au Poème, à laque­lle elle par­ticipe depuis 2012, mem­bre du comité de rédac­tion de la revue Phoenix, col­lab­o­ra­trice des revues Poésie/Première et la revue ital­i­enne Le Ortiche, où elle tient une rubrique, “Musarder“, con­sacrée aux femmes invis­i­bil­isées de la lit­téra­ture, elle, ani­me à Nice des ren­con­tres lit­téraires men­su­elles con­sacrées à la poésie, Les Jeud­is des mots dont elle tient le site jeudidesmots.com. Tit­u­laire d’un doc­tor­at sur l’oeu­vre de Jean Giono, autrice d’une thèse, La Ruse d’I­sis, de la Femme dans l’oeu­vre de Jean Giono, a été mem­bre du comité de rédac­tion de la revue lit­téraire RSH “Revue des Sci­ences Humaines”, Uni­ver­sité de Lille III, et pub­lié de nom­breux essais et arti­cles dans divers­es revues uni­ver­si­taires et lit­téraires français­es et inter­na­tionales : Amer­i­can Book Review, (New-York), Lit­téra­tures (Uni­ver­sité de Toulouse), Bul­letin Jean Giono, Recherch­es, Cahiers Péd­a­gogiques… mais aus­si Europe, Arpa, La Cause Lit­téraire… Un temps vice-prési­dente de l’association I Fioret­ti, chargée de la pro­mo­tion des man­i­fes­ta­tions cul­turelles de la Rési­dence d’écrivains du Monastère de Saorge, (Alpes-Mar­itimes), a mon­té des spec­ta­cles poé­tiques avec la classe de jazz du con­ser­va­toire et la mairie de Men­ton dans le cadre du Print­emps des Poètes, invité dans ses class­es de nom­breux auteurs et édi­teurs (Bar­ry Wal­len­stein, Michael Glück…), organ­isé des ate­liers de cal­ligra­phie et d’écriture (travaux pub­liés dans Poet­ry in Per­for­mance NYC Uni­ver­si­ty) , Ses poèmes (dont cer­tains ont été traduits et pub­liés dans une dizaine de langues) en recueils ou dans des antholo­gies se trou­vent aus­si en ligne et dans divers­es revues, et elle a elle-même traduit et présen­té des auteurs du monde entier. Par­al­lèle­ment à l’écri­t­ure, elle s’in­téresse à la pho­togra­phie, et col­la­bore avec des artistes, plas­ti­ciens et musi­ciens. Site : Minotaur/A, http://minotaura.unblog.fr * pub­li­ca­tions récentes : Son Corps d’om­bre, avec des col­lages de Ghis­laine Lejard, éd. Zin­zo­line, mai 2021 La Noyée d’On­a­gawa, éd. Jacques André, févri­er 2020 (1er prix Quai en poésie, 2021) Sable, pho­tos et gravures de Wan­da Mihuleac, éd. Bilingue français-alle­mand par Eva-Maria Berg, éd. Tran­signum, mars 2019 (NISIP, édi­tion bilingue français-roumain, tra­duc­tion de Sonia Elvire­anu, éd. Ars Lon­ga, 2019) Memo­ria viva delle pieghe, ed. bilingue, trad. de l’autrice, ed. PVST. Mars 2019 (pre­mio A.S.A.S 2021 — asso­ci­azione sicil­iana arte e scien­za) Mémoire vive des replis, texte et pho­tos de l’auteure, éd. Pourquoi viens-tu si tard – novem­bre 2018 L’Anneau de Chill­i­da, Ate­lier du Grand Tétras, mars 2018 (man­u­scrit lau­réat du Prix Lit­téraire Naji Naa­man 2017) Le Silence tinte comme l’angélus d’un vil­lage englouti, éd. Imprévues, mars 2017 La Dernière Oeu­vre de Phidias, suivi de L’In­ven­tion de l’ab­sence, Jacques André édi­teur, mars 2017. Aeonde, éd. La Porte, mars 2017 La dernière œuvre de Phidias – 453ème Encres vives, avril 2016 Labyrinthe des Nuits, suite poé­tique – Recours au Poème édi­teurs, mars 2015 Ouvrages col­lec­tifs — Antolo­gia Par­ma, Omag­gio in ver­si, Bertoni ed. 2021 — Mains, avec Chris­tine Durif-Bruck­ert, Daniel Rég­nier-Roux et les pho­tos de Pas­cal Durif, éd. du Petit Véhicule, juin 2021 — “Re-Cer­vo”, in Trans­es, ouvrage col­lec­tif sous la direc­tion de Chris­tine Durif-Bruck­ert, éd. Clas­siques Gar­nier, 2021 -Je dis désirS, textes rassem­blés par Mar­i­lyne Bertonci­ni et Franck Berthoux, éd. Pourquoi viens-tu si tard ? Mars 2021 — Voix de femmes, éd. Pli­may, 2020 — Le Courage des vivants, antholo­gie, Jacques André édi­teur, mars 2020 — Sidér­er le silence, antholo­gie sur l’exil – édi­tions Hen­ry, 5 novem­bre 2018 — L’Esprit des arbres, édi­tions « Pourquoi viens-tu si tard » — à paraître, novem­bre 2018 — L’eau entre nos doigts, Antholo­gie sur l’eau, édi­tions Hen­ry, mai 2018 — Trans-Tzara-Dada – L’Homme Approx­i­matif , 2016 — Antholo­gie du haiku en France, sous la direc­tion de Jean Antoni­ni, édi­tions Aleas, Lyon, 2003 Tra­duc­tions de recueils de poésie — Aujour­d’hui j’embrasse un arbre, de Gio­van­na Iorio, éd. Imprévues, juil­let 2021 — Soleil hési­tant, de Gili Haimovich, éd. Jacques André , avril 2021 — Un Instant d’é­ter­nité, Nel­lo Spazio d’un istante, Anne-Marie Zuc­chel­li (tra­duc­tion en ital­ien) éd ; PVST, octo­bre 2020 — Labir­in­to delle Not­ti (ined­i­to — nom­iné au Con­cor­so Nazionale Luciano Ser­ra, Ital­ie, sep­tem­bre 2019) — Tony’s blues, de Bar­ry Wal­len­stein, avec des gravures d’Hélène Baut­tista, éd. Pourquoi viens-tu si tard ?, mars 2020 — Instan­ta­nés, d‘Eva-Maria Berg, traduit avec l’auteure, édi­tions Imprévues, 2018 — Ennu­age-moi, a bilin­gual col­lec­tion , de Car­ol Jenk­ins, tra­duc­tion Mar­i­lyne Bertonci­ni, Riv­er road Poet­ry Series, 2016 — Ear­ly in the Morn­ing, Tôt le matin, de Peter Boyle, Mar­i­lyne Bertonci­ni & alii. Recours au Poème édi­tions, 2015 — Livre des sept vies, Ming Di, Recours au Poème édi­tions, 2015 — His­toire de Famille, Ming Di, édi­tions Tran­signum, avec des illus­tra­tions de Wan­da Mihuleac, juin 2015 — Rain­bow Snake, Ser­pent Arc-en-ciel, de Mar­tin Har­ri­son Recours au Poème édi­tions, 2015 — Secan­je Svile, Mémoire de Soie, de Tan­ja Kragu­je­vic, édi­tion trilingue, Beograd 2015 — Tony’s Blues de Bar­ry Wal­len­stein, Recours au Poème édi­tions, 2014 Livres d’artistes (extraits) La Petite Rose de rien, avec les pein­tures d’Isol­de Wavrin, « Bande d’artiste », Ger­main Roesch ed. Aeonde, livre unique de Mari­no Ros­set­ti, 2018 Æncre de Chine, in col­lec­tion Livres Ardois­es de Wan­da Mihuleac, 2016 Pen­sées d’Eury­dice, avec les dessins de Pierre Rosin : http://www.cequireste.fr/marilyne-bertoncini-pierre-rosin/ Île, livre pau­vre avec un col­lage de Ghis­laine Lejard (2016) Pae­sine, poème , sur un col­lage de Ghis­laine Lejard (2016) Villes en chantier, Livre unique par Anne Poupard (2015) A Fleur d’é­tang, livre-objet avec Brigitte Marcer­ou (2015) Genèse du lan­gage, livre unique, avec Brigitte Marcer­ou (2015) Dae­mon Fail­ure deliv­ery, Livre d’artiste, avec les burins de Dominique Crog­nier, artiste graveuse d’Amiens – 2013. Col­lab­o­ra­tions artis­tiques visuelles ou sonores (extraits) — Damna­tion Memo­ri­ae, la Damna­tion de l’ou­bli, lec­ture-per­for­mance mise en musique par Damien Char­ron, présen­tée pour la pre­mière fois le 6 mars 2020 avec le sax­o­phon­iste David di Bet­ta, à l’am­bas­sade de Roumanie, à Paris. — Sable, per­for­mance, avec Wan­da Mihuleac, 2019 Galerie Racine, Paris et galerie Depar­dieu, Nice. — L’En­vers de la Riv­iera mis en musique par le com­pos­i­teur Man­soor Mani Hos­sei­ni, pour FESTRAD, fes­ti­val Fran­co-anglais de poésie juin 2016 : « The Far Side of the Riv­er » — Per­for­mance chan­tée et dan­sée Sodade au print­emps des poètes Vil­la 111 à Ivry : sur un poème de Mar­i­lyne Bertonci­ni, « L’homme approx­i­matif », décor voile peint et dess­iné, 6 x3 m par Emi­ly Wal­ck­er : L’Envers de la Riv­iera mis en image par la vidéaste Clé­mence Pogu – Festrad juin 2016 sous le titre « Proche Ban­lieue» Là où trem­blent encore des ombres d’un vert ten­dre – Toile sonore de Sophie Bras­sard : http://www.toilesonore.com/#!marilyne-bertoncini/uknyf La Rouille du temps, poèmes et tableaux tex­tiles de Bérénice Mollet(2015) – en par­tie pub­liés sur la revue Ce qui reste : http://www.cequireste.fr/marilyne-bertoncini-berenice-mollet/ Pré­faces Appel du large par Rome Deguer­gue, chez Alcy­one – 2016 Erra­tiques, d’ Angèle Casano­va, éd. Pourquoi viens-tu si tard, sep­tem­bre 2018 L’esprit des arbres, antholo­gie, éd. Pourquoi viens-tu si tard, novem­bre 2018 Chant de plein ciel, antholo­gie de poésie québé­coise, PVST et Recours au Poème, 2019 Une brèche dans l’eau, d’E­va-Maria Berg, éd. PVST, 2020 Soleil hési­tant, de Gili Haimovich, ed Jacques André, 2021 Un Souf­fle de vie, de Clau­dine Ross, ed. Pro­lé­gomènes, 2021
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