« Les mythes sont faits pour que l’imagination les anime ».

Marcel Camus

Les mythes sont des créa­tions du verbe, pas de vains récits du pas­sé, mais des êtres de parole dont dont l’existence dépend de nous et nous dépasse : ils nous forment, informent, donnent un sens à notre vie, tout autant qu’ils se déve­loppent, bour­geonnent, changent et par­fois meurent faute de soins.1 dans Encyclopedia Universalis : « Le mythe n’a pas seule­ment une valeur esthé­tique, il véhi­cule une méta­phy­sique de l’existence ; l’égale sen­si­bi­li­té à l’humain et au divin, le sens du tra­gique, l’importance de la luci­di­té, la valeur accor­dée à cer­taines formes de rela­tion amou­reuse mal tolé­rées ailleurs forment autant de thèmes que déve­lop­pe­ra l’œuvre de Marguerite Yourcenar. »

Commençons par Orphée et la nais­sance de son mythe, puisque tout poète n’est autre qu’une corde de sa lyre, vibrant à tra­vers sa voix :

 

1 – Naissance de l’orphisme et apparition d’Eurydice –
bref historique du mythe

Culte de mys­tères et d’initiation, l’orphisme remonte à 3000 ans – il pré­cède « notre »  Orphée, figure mythique qui se détache au 6ème siècle avant JC : il est d’abord Orphée « aga­mos » – le céli­ba­taire qui par­ti­cipe au voyage de Jason et des Argonautes. Grâce à lui, ils échappent aux sirènes, et s’emparent de la Toison d’Or parce que, de sa lyre, il charme le ser­pent gar­dien du bélier Chrysomallos . Il use en fait de l’en-chant-ement si par­ti­cu­lier, si trou­blant, de sa voix, à nulle autre pareille, capable de char­mer la nature, les monstres, les dieux, voix dont on peut – dont il faut se deman­der – d’où elle lui vient. C’est là, selon moi,  qu’apparaît la néces­si­té de pen­ser Eurydice.

Henry-John Stock.

Cette figure d’Eurydice appa­raît, quant à elle,  tar­di­ve­ment, chez Virgile (chant IV, Géorgiques – entre 37 et 30 avant JC) et Ovide (livre X, Métamorphoses pro­ba­ble­ment en l’an 1) – nous ne dis­po­sons pas de trace, même peinte, avant cette époque – elle ne par­ti­cipe pas aux pre­miers mythes, pas plus qu’à la reli­gion orphique.

Le mariage d’Orphée, puis la mort d’Eurydice (et les dif­fé­rentes ver­sions de cette mort – a-t-elle été pour­sui­vie par le ber­ger Aristée ? Virgile évoque le ser­pent…) sont une par­tie obs­cure de cette légende, comme si elle n’avait qu’une impor­tance rela­tive : Eurydice est une Nymphe (une dryade en véri­té) « des­ti­née à la mort » (ain­si que la nomme Henri Bosco) dès sa créa­tion – Elle est ombre avant même d’être… Au fond, elle appa­raît un peu comme un attri­but d’Orphée aus­si : Orphée, indis­so­ciable de sa lyre et d’ Eurydice, elle est  un « acces­soire »,  l’auxiliaire néces­saire 2théo­rie de Wladimir Propp sur la mor­pho­lo­gie du récit à l’action du per­son­nage prin­ci­pal et au déve­lop­pe­ment ulté­rieur du récit dont nous allons réca­pi­tu­ler les étapes :

Après la mort de l’épouse aimée, se place la des­cente du chantre aux Enfers :  tout comme le sor­cier des reli­gions pri­mi­tives,  Orphée est, une figure « cha­ma­nique », ayant affron­té des forces « infer­nales » (la figure ani­male et mons­trueuse de Cerbère entre autres, qu’il domine pour accé­der au cœur du pou­voir infer­nal, où il ren­contre les dieux). A  tra­vers un voyage dans l’au-delà, ou l’infra-monde,  il revient muni d’une connais­sance supra-natu­relle, une « voyance »

L’impossible retour d’Eurydice et la trans­gres­sion de l’interdit forment le cœur de l’intervention d’Anny Pelouse, et nous ne nous y attar­de­rons pas.  3Anny Pelouse dont La pra­tique de lan­gages sym­bo­liques (écoute des rêves, sym­bo­lique pla­né­taire, mythes, théo­lo­gie) fonde le che­min artis­tique. cer­tai­ne­ment nous éclai­re­ra en par­tie sur cet inter­dit et le lien par­ti­cu­lier qui unit ces deux figures – Orphée et Eurydice entre ini­tia­tion et trans­gres­sion 4« Eurydice et Orphée, Initiation et Transgression »

Je retien­drai, pour ma part, parce que l’image est fort belle, la dis­pa­ri­tion comme fumée qui s’évapore d’Eurydice sous les yeux d’Orphée, impuis­sant (dans les Georgiques), aban­don­né seul  à la lisière du maré­cage d’ombre, ce lieu pri­vé de lumière et de son qu’est l’Enfer, envers de la vie.

L’errance d’Orphée, son homo­sexua­li­té peut-être, par­fois sous-enten­due, et sa mort déchi­ré par les Ménades clô­turent le mythe : l’imaginaire contem­po­rain en garde l’image de sa tête flot­tant sur sa lyre le long du fleuve Evron, jusqu’à l’ile de Lesbos 5Orphée au rivage d’Evron est un recueil de  Georges de Rivas, poète orphique

 

Alagna, Orphee.

A tra­vers les récits qui recom­posent ce mythe deve­nu lit­té­raire, LE COUPLE est deve­nu  INSEPARABLE – comme le yin et le yang, animus/​anima dans la vision jun­gienne, l’avers et le revers d’une même pièce de mon­naie comme le signe lin­guis­tique, la pré­sence et l’absence … Eurydice est la part sombre d’Orphée (on retien­dra que la racine de son nom évoque l’ombre aus­si),  intrin­sé­que­ment liés à jamais…

 

 La lente sortie de l’ombre de la figure d’Eurydice

 

Longtemps pri­vée de parole – liée à l’ombre et au silence dans les ver­sions pri­mi­tives du mythe, où sa figure est conta­mi­née par le silence des Enfers  : dans les Métamorphoses, son cri n’atteint pas Orphée « Elle lui adresse un suprême adieu, qui déjà ne peut l’atteindre/et retourne d’où elle venait » – alors qu’elle s’exprimait dans la ver­sion de Virgile (5 vers), pour Ovide, elle incarne le silence de la mort.

Mais on peut aus­si pen­ser que la voix d’Eurydice, pro­ve­nant des tré­fonds, du monde sou­ter­rain, serait ter­ri­fiante – au sens fort du terme – à entendre, qu’il faille la faire taire, l’enterrer avec la morte – l’étouffer avant qu’elle ne sus­cite l’effroi…

Elle retrou­ve­ra sa voix dans l’opéra de Monteverdi  ou de Glück mais c’est tou­jours une Plainte – élé­gie, chant de mort – adieu mur­mu­ré… ques­tion­ne­ment à Orphée,  nul­le­ment une révolte. C’est une voix en réponse, comme en écho… Dans l’opéra-bouffe, au 19ème siècle – L’Orphée aux enfers d’Offenbach, en 1858 – elle devient une femme coquette qui cloue le bec à Orphée, comme dans un ménage bour­geois où elle « por­te­rait la culotte » – mais il s’agit d’une paro­die dans laquelle le mythe tient peu de place, sinon comme pré­texte à la comé­die.

Evidemment, elle n’est tou­jours pas le sujet en titre des œuvres où elle appa­raît. Elle est l’épouse per­due qui ins­pire Orphée. Elle est la voix cachée qui lui parle de ce que les humains ne peuvent connaître. Nécessairement cachée, comme les voix des oracles, celle qui parle aux Pythies, aux cha­manes qui ont fait le voyage au-delà et peuvent l’entendre  –

Jean Delville.

Elle est L’ABSENCE même comme l’entend Mallarmé, du point de vue sémio­tique, et poé­tique, celle que défi­nit « L’absente de tout bou­quet » deve­nant « signe » dans l’écriture,«  en sa presque dis­pa­ri­tion vibra­toire selon le jeu de la parole » 6“Je dis : une fleur ! et, hors de l’oubli où ma voix relègue aucun contour, en tant que quelque chose d’autre que les calice sus, musi­ca­le­ment se lève, idée même et suave, l’absente de tous bou­quets.” , dans le per­ma­nent mou­ve­ment entre l’objet dési­gné et le mot poétique.7Ce que décrit  Jacques Rancière dans son étude sur Mallarmé : C’est cela  « l’absente de tous bou­quets » : non pas la fleur idéale ou l’idée de fleur, mais le tra­cé de cet entre­chat qui flotte entre la femme et la fleur pour des­si­ner la forme, aus­si­tôt dis­si­pée, d’un calice : schème ou matrice de toute fleur, mais aus­si de toute union entre l’ouverture d’une fleur et le geste d’une main qui lève la coupe d’une ami­tié et d’une fête (p. 32).

Eurydice, c’est une idée, un souffle :  sans voix, sans corps, sans cordes vocales – elle est la vibra­tion qui anime la lyre du poète et ses cordes d’un  bruis­se­ment d’outre-monde. Seconde et invi­sible : pour­ra-t-on un jour , à côté de l’ « orphisme » faire une place (par­don du bar­ba­risme) à un « eury­di­cisme » – façon d’envisager le mythe qui irait au-delà de la simple rééva­lu­ta­tion du per­son­nage secon­daire, telle qu’elle appa­raît ensuit ?

En effet, dans le cou­rant des 20ème et 21ème siècles, la figure d’Eurydice change :

Devenue comé­dienne dans la pièce épo­nyme (1941) de Jean Anouilh, elle s’incarne– elle devient aus­si un  per­son­nage char­nel et véné­neux dans l’oeuvre de Pierre-Jean Jouve, en ver­sion freu­dienne,  ou en ver­sion mys­tique /​ chris­tique dans la poé­sie de Pierre Emmanuel  – mais dans les deux cas, elle est la part néfaste du couple conflic­tuel qu’elle forme avec Orphée : « vulve » dévo­ra­trice chez l’un, vierge et pros­ti­tuée chez l’autre…8https://​lit​te​ra​ture​.savoir​.fr/​l​-​a​v​e​n​t​u​r​e​-​d​-​o​r​p​h​e​e​-​c​h​e​z​-​p​i​e​r​r​e​-​j​e​a​n​-​j​o​u​v​e​-​e​t​-​p​i​e​r​r​e​-​e​m​m​a​n​u​el/

Ailleurs, elle reven­dique une place, la maî­trise de son des­tin : chez Cocteau, où elle s’émancipe et s’oppose à Orphée qu’elle pro­voque :  

 

Ah ! tu en pousses des cris mélo­dieux, Orphée.
Ce n’est pas dif­fi­cile avec ta harpe fée ;
Tu as tort, tu es fou de tor­tu­rer une ombre,
De tuer la tor­tue et d’arracher tes membres.
Il mêle à l’or des dieux l’écharpe du conscrit
Orphée au bec de carpe criant l’ode !
L’hirondelle cha­vire et pousse d’autres cris
Que ceux qui te liront pour l’amour d’elle
Et l’âme de son nom (ce serait trop com­mode)
Sur l’ardoise effa­cé par un visage d’aile.
Non, non et non9Jean Cocteau, Œuvres poé­tiques com­plètes, , NRF, Gallimard, Paris, 1999, p. 527​.Il en allait de même dans  l’opéra d’Offenbach , sur le livret  de Crémieux et Halévy

 

Jean Cocteau, Orphée à la lyre.

Parrallèlement, en Suède, Ebba Lindqvist 10Ebba Lindqvist ,Suède – 1935-1995 – lui per­met de reven­dique le bon­heur para­doxal de res­ter aux Enfers 11cf Julie Deckens :  « qui a dit que je vou­lais te suivre, Orphée ? »  

C’est, grâce à ces deux auteurs,la pre­mière fois qu’Eurydice s’exprime avant Orphée – c’est ELLE qui QUESTIONNE, qui inter­pelle – qui choi­sit son des­tin :

Ce ne fut pas le ser­pent qui me choi­sit. Ce fut moi qui choi­sis le ser­pent. Je le vis dans la prai­rie entre les fleurs. Je dési­rai le venin”, dit-elle dans l’oeuvre d’Ebba Lindqvist, Eurydice.

On assiste à par­tir de là, à un RENVERSEMENT total du mythe de ce point de vue, et sa figure, reva­lo­ri­sée, devient le sup­port d’une reven­di­ca­tion « fémi­niste ». De nom­breux études et col­loques sont régu­liè­re­ment consa­crés à ce sujet.

Sa figure  devient ambi­guë, d’abord chez Marguerite Yourcenar, dans La Nouvelle Eurydice, œuvre « mineure » dont  elle auto­ri­se­ra seule­ment la repu­bli­ca­tion En 1931, en petits carac­tères dans la der­nière édi­tion (post­hume) de ses Œuvres roma­nesques  12dans la « Bibliothèque de la Pléiade » (2005).. Le héros, Stanislas, ayant appris la mort de son amie Thérèse, épouse d’Emmanuel, part à la quête de son sou­ve­nir. Essayant de déga­ger la véri­té du men­songe dans ce qu’on lui dit de la morte, il se détache d’elle peu à peu, pour lui pré­fé­rer Emmanuel. Le thème de l’homosexualité est sous-jacent dans cette réécri­ture du mythe où, par-delà la mort, on perd jusqu’au sou­ve­nir de l’être dont on ne sait plus s’il valait la peine d’être aimé.. Elle est tout aus­si ambi­guë, et même véné­neuse, comme goules et vam­pires, dans L’Ombre d’Henri Bosco, roman post­hume, publié en 1978, où elle n’est pas nom­mée comme telle mais figure comme arché­type de l’ombre qui veut reve­nir chez les vivants en s’accaparant le corps du nar­ra­teur.

Ce thème de l’ombre revient encore, modu­lé dif­fé­rem­ment  chez d’autres écri­vains : on la retrouve en sujet-titre dans un beau recueil de Roger Munier, Eurydice, élé­gie,(1986) – auquel  fait pen­dant un  Orphée, can­tate(1994) : Eurydice y est la part d’ombre néces­saire à la créa­tion la Nuit poétique.C’est encore en spectre qu’elle appa­raît, créé par la mélo­die qui charme les ombres dans l’Orphée de Marie-Jeanne Durry, et elle passe en fili­grane à dif­fé­rentes reprises chez  Pascal Quignard : dans  Tous les matins du monde, (1991) où  la musique de Sainte-Colombe fait appa­raître le fan­tôme de sa femme – et sous le titre Pour trou­ver les enfers, 2005).

Eurydice pour­suit sa vie sous la plume d’écrivaines et de fémi­nistes sou­vent citées lors des col­loques, nom­breux, consa­crés à cette figure. Ainsi on cite­ra Michèle Sarde, avec Histoire d’Eurydice pen­dant la remon­tée (1991)1991 – ouvrage dans lequel le regard et point de vue d’Eurydice/Sophie est pri­vi­lé­gié, tan­dis que l’Orphée/Eric qui la cherche et la perd par deux fois mour­ra acci­den­tel­le­ment au cours d’une mani­fes­ta­tion fémi­niste (rap­pe­lant le des­tin du chantre dépe­cé par les Ménades) ((NB publ en 2016 d’un roman auto­bio­gra­phique « Revenir du Silence » , mais aus­si  Hélène Cixous, dont toute l’oeuvre explore la dimen­sion orphique de la créa­tion,  et la place d’Eurydice, mais on cite­ra aus­si Murielle Stuckel (Eurydice désor­mais, 2011), poème dans lequel  la figure prend corps, et peu à peu aspire à par­ta­ger la créa­tion avec Orphée, à prendre la parole – mais dans une pers­pec­tive presque dirais-je de  « quête de l’androgyne » : Eurydice d’une cer­taine façon veut deve­nir Orphée…

Enfin,  je cite­rai une récente lec­ture, qui m’a réjouie :  celle d’Olivier Barbarant, dans les Odes déri­soires(2016) où la nymphe remonte des Enfers-métro et reven­di­quant sa liber­té de parole dans un poème inti­tu­lé « Confidences d’Eurydice ». Eurydice-poète annonce avoir bri­sé la gui­tare de son mari, pour prendre la place d’Orphée et chan­ger les thèmes poé­tiques, pas­sant de l’élégie et du san­glot à la glo­ri­fi­ca­tion de la vie.

Le cycle est accom­pli…

 

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Marilyne Bertoncini

Marilyne Bertoncini, co-res­pon­sable de la revue Recours au Poème, à laquelle elle col­la­bore depuis 2013, doc­teur en Littérature, spé­cia­liste de Jean Giono, tra­vaille avec des artistes, vit, écrit et tra­duit de l'anglais et de l'italien. Elle est l'autrice de nom­breux articles et cri­tiques ain­si que de tra­duc­tions sur Recours au Poème. Ses textes et pho­tos sont éga­le­ment publiés dans des antho­lo­gies, diverses revues fran­çaises et inter­na­tio­nales, et sur son blog :   http://​mino​tau​ra​.unblog​.fr. Principales publi­ca­tions : Traductions :  tra­duc­tions de l'anglais (US et Australie) : Barry Wallenstein, Martin Harrison, Peter Boyle (Recours au Poème édi­teurs, 2014 et 2015), Carol Jenkins ( River road Poetry Series, 2016) autres tra­duc­tions : Secanje Svile, Mémoire de Soie, Tanja Kragujevic, édi­tion tri­lingue, Beograd 2015 Livre des sept vies , Ming Di, Recours au Poème édi­tions, 2015 Histoire de Famille, Ming Di, édi­tions Transignum, avec des illus­tra­tions de Wanda Mihuleac,  juin 2015 Instantanés, Eva-Maria Berg, édi­tions Imprévues, 2018 Poèmes per­son­nels :  Labyrinthe des Nuits, suite poé­tique, RaP édi­teur, 2015 La Dernière Oeuvre de Phidias, Encres Vives, avril 2016 Aeonde, La Porte, 2017 AEncre de Chine, livre-ardoise sur un pro­jet de Wanda Mihuleac Le Silence tinte comme l'angélus d'un vil­lage englou­ti, édi­tions Imprévues, 2017 La Dernière Oeuvre de Phidias, sui­vi de L'Invention de l'absence, Jacques André édi­teur , mars 2017 L'Anneau de Chillida, L'Atelier du Grand Tétras, 2018 Mémoire vive des replis, poèmes et pho­tos de l'autrice, pré­face de Carole Mesrobian, édi­tions "Pourquoi viens-tu si tard?", novembre 2018 Sable, livre bilingue (tra­duc­tion en alle­mand d' Eva-Maria Berg), avec des gra­vures de Wanda Mihuleac, et une post­face de Laurent Grison, Transignum , mars 2019. Memoria viva delle pieghe/​mémoire vive des replis, édi­tion bilingue, tra­duc­tion de l'autrice, pré­face de Giancarlo Baroni, éd. PVTST?, mars 2019 (fiche bio­gra­phique com­plète sur le site de la MEL : http://​www​.​m​-​e​-​l​.fr/​m​a​r​i​l​y​n​e​-​b​e​r​t​o​n​c​i​n​i​,​e​c​,​1​301 )

Notes   [ + ]