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Tristan Cabral : hommage à un poète libertaire

Par |2019-05-04T20:06:42+02:00 4 mai 2019|Catégories : Rencontres, Tristan Cabral|

Hommage à un poète liber­taire que son état de san­té ne nous a pas per­mis de ren­con­trer autre­ment que par télé­phone ou par le tru­che­ment de son infir­mière, nous vous pro­po­sons la lettre de Dominique Ottavi adres­sée à Tristan Cabral, qui a sus­ci­té notre inté­rêt, et quatre poèmes choi­sis par Jean-Michel Sananes, édi­teur de son der­nier livre à paraître fin mai – ain­si que l’ébauche d’un por­trait, née de la lec­ture émue de deux de ses textes auto­bio­gra­phique, les remar­quables  :  Juliette ou le che­min des immor­telles1édi­tions du Cherche Midi, consa­cré à sa mère,  et H.D.T, Hospitalisation à la demande d’un tiers2édi­tions du Cherche Midi livre inclas­sable (mélange de récits, de poèmes et de témoi­gnages) au titre trans­pa­rent. 

 

© Didier Leclerc

Tristan Cabral, est un poète han­té – il vit avec des morts, et leur redonne vie, tan­dis qu’il perd – ou plu­tôt qu’il sacri­fie la sienne : dans un par­fait paral­lé­lisme, une ten­ta­tive de sui­cide par nau­frage pro­vo­qué en 2004 clôt le livre de Juliette, dans lequel il évoque sa mère et sa jeu­nesse, tan­dis que la « nais­sance » du poète Tristan Cabral, et son pre­mier recueil, salué par la cri­tique 3Ouvrez le feu ! : 1964-1972, par Tristan Cabral, pré­face de Yann Houssin, cou­ver­ture de Christian Bayle, ed. Plasma, 1974 pré­tend être l’oeuvre post­hume d’un poète nom­mé Tristan Cabral, oeuvre recueillie et pré­sen­tée par le pré­fa­cier, un cer­tain Yann Houssin, pro­fes­seur de phi­lo­so­phie…

Peut-on faire plus belle entrée dans le monde des mots qu’en s’annonçant déjà mo(r)t – en s’attribuant le pré­nom de Tristan, comme dans la légende d’Yseult – Yseult-Juliette, la tou­jours aimée, et le patro­nyme de Cabral, en hom­mage au révo­lu­tion­naire gui­néen Amilcar Cabral ? Les deux axes de la vie – et de l’inspiration, inti­me­ment mêlées – du poète sont dés ce moment tra­cés.

Yann Houssin, est né à Arcachon le 29 février 1944, dirait-on de façon pro­saïque. « Né d’une erreur entre le vent et la mer » dira son double, Tristan Cabral – et des amours de Juliette et d’un méde­cin mili­taire alle­mand, dans une période trou­blée par les pas­sions. Ce qu’elle paya très cher : femme ton­due par les excès de l’épuration à la Libération, elle appa­raît fan­tôme éter­nel­le­ment sai­sie dans sa pro­me­nade avec l’enfant, sur ce che­min des immor­telles le long du mur de l’Atlantique où l’évoque Tristan, ou dans le silence et la honte de la mai­son Florida, avec deux autres enfants nés d’un triste mariage de conve­nance, dans le sou­ve­nir de l’amour jamais effa­cé pour l’homme qui, de son côté, a refait sa vie au point de ne recon­naître pas Tristan lorsque ce der­nier ten­te­ra de le retrou­ver…

On porte cer­tains sou­ve­nirs comme une croix, ils vous sur­vivent comme ces fleurs séchées cueillies autre­fois dans le sable… Les dire ou les écrire n’en délivre pas, et il fau­drait « ne pas rater son nau­frage » comme l’écrit le poète… Ne pas rater cette sor­tie, qui vous amène dans les lieux évo­qués au fil de H.D.T, où les sou­ve­nirs recueillis de tous les exclus de la vie, les alié­nés, les mépri­sés, les exploi­tés, les bafoués… bour­donnent et réper­cutent l’insupportable exis­tence de toutes les injus­tices : “Le RÉEL est un CRIME PARFAIT” (p.25)

Tristan Cabral n’est pas un poète lyrique pen­ché sur sa dou­leur : il vibre pour l’homme acca­blé par un des­tin injuste, se range auprès des oppri­més, par­court le monde, sou­tient les mou­ve­ment révo­lu­tion­naires, et fera même de la pri­son en 1976, pour avoir « par­ti­ci­pé à une entre­prise de démo­ra­li­sa­tion de l’armée fran­çaise »4on conseille l’excellent article de Christophe Dauphin, dans Les Hommes sans épaules : http://​www​.les​hom​mes​san​se​paules​.com/​a​u​t​e​u​r​-​T​r​i​s​t​a​n​_​C​A​B​R​A​L​-​2​6​0​-​1​-​1​-​0​-​1​.​h​tml

 

Tristan Cabral, Juliette ou le che­min des immor­telles, Le Cherche Midi édi­teur, Collection Récits, 2013, 112 pages, 10 €.

Si le Recours au Poème a un sens, plus que jamais, comme nous le croyons, c’est à tra­vers des voix comme celle de Tristan Cabral – voix insou­mise même au pro­fond de la souf­france et de la misère – qu’il faut les écou­ter, et les trans­mettre.

 

 

Missive à Tristan Cabral

Il se met à genoux, croyant pou­voir dic­ter sa loi. Sous le para­pet cha­cun aux aguets se remé­more le bon temps pas­sé, mais il est trop tard. On était reve­nu de loin certes, mais le loin s’est per­du dans l’indistinct, comme les fraises dans le cha­grin. Il avait dit : « Ne cédez jamais. Le temps pas­sé est pas­sé, ne vous lais­sez pas gru­ger par cette putain de nos­tal­gie qui colle aux doigts, sans négli­ger le cœur. Les amours mortes sont des peaux mortes qu’on ne peut même pas tou­cher ni cares­ser. Voilà ce qu’il en est de s’être un jour sen­ti éter­nel, vou­lu éter­nel. Du reste, per­sonne d’entre nous n’avait rien fait pour le vou­loir, juste ça allait de soi, ou ça devait aller de soi. Pas de moi en tout cas. A contre­temps, on applau­dit de l’ordinaire, du fac­tice, du fal­si­fié facile et sans mys­tère.

Pas de moi en tout cas. A contre­temps, on applau­dit de l’ordinaire, du fac­tice, du fal­si­fié facile et sans mys­tère. Tu crois por­ter ta croix, tu ne fais que pous­ser ton cad­dy entre les rayons, les têtes de gon­doles et les vide-ordures. J’ai cru voir des ouis­ti­tis brû­lés vifs, se consu­mant dans l’indifférence géné­rale vou­lue par les indif­fé­rents eux-mêmes, qui appuyaient leurs consi­dé­ra­tions gros­siè­re­ment gran­di­lo­quentes de grands gestes à pro­pos, ne lais­sant aucun doute sur leur vul­ga­ri­té innée. Les chèvres esca­ladent les murs. Nous agis­sons comme elles, l’agilité en moins, et entre les pierres dis­jointes nous n’avons jamais rien déni­ché à bouf­fer. Alors nous nous nour­ris­sons, nous nous man­geons les uns les autres au lieu de nous aimer et tou­jours fai­sons sem­blant d’être au monde. Ce monde qui nous le rend bien…

Pas grave, Tristan, la pro­chaine fois je te chante : « C’est la grosse bite à Duduleuuuhhh… 

 

Dominique Ottavi

Tristan Cabral, HDT, hos­pi­ta­li­sa­tion à la demande d’un tiers,Le Cherche Midi édi­teur, col­lec­tion Poésie et chan­son, 2015, 8,99 €.

 

 

Quatre poème à dire

 

 

poèmes confiés par Jean-Michel Sananes,
extraits du nou­veau recueil de Tristan Cabral 1

Ce rien

Certains soirs,
On appuie­rait bien sur la gâchette,
On ten­te­rait bien le trou noir et la tendre bles­sure
Mais on ne le fait pas
Par peur
Par peur qu’après
Il n’y ait plus Rien
Même pas cette fêlure
Qui fait dan­ser la Vie !

 

L’enfant, le tilleul et le moi­neau

L’été, il court dans les avoines,
Un moi­neau le conduit ;
L’hiver, il dort au creux d’un arbre, Le moi­neau le nour­rit,

Le tilleul le pro­tège.
Ce tilleul ne perd jamais une de ses feuilles ; Le moi­neau ne perd jamais l’un de ses chants ; Cet enfant a été 
chas­sé de l’école, L’instituteur n’aimait ni les enfants, ni les tilleuls, ni les moi­neaux !

 

 

Sa der­nière lettre à Dieu

Le sol tombe…
De l’autre côté du sang
Un che­val n’a pas échap­pé à sa soli­tude… Le sol tombe
Un homme aux mains d’oiseaux
Bien plus seul qu’une étoile
Jette des pierres dans le ciel

La neige est noire
Le che­val s’est noyé
Sur les char­niers
Un homme écrit une der­nière lettre à Dieu : Elle com­mence comme ça :
“À toi le Silencieux ! À toi le grand Aveugle ! Et elle se finit par ASSEZ, ÇA SUFFIT ! “.

 

 

 

Les arbres de Kiev

Tous les arbres mou­raient…
Des men­diants de miracles pas­saient
Portant des sacs de sang ;
Les pilleurs d’étoiles
Cherchaient refuge sur la mer ;
D’autres tiraient à genoux dans l’or des aca­cias
Des loups noirs déva­laient de la Loubianka Des bou­chers les sui­vaient
D’autres hommes met­taient la lumière en joue Et on voyait par­tout

Les visages dénu­dés des assas­sins tran­quilles Mais où vont les arbres ? 

 

 

Avec les mains brû­lées

Je ne suis pas d’ici
Je viens des nébu­leuses
J’incise les époques
Et je joue sur les places
Des musiques dou­lou­reuses
Des chiens per­dus hurlent dans l’Atlantique Je com­mence un voyage
Avec les mains bru­lées
Et je fini­rai bien
Par faire de mon visage
Une île intra­dui­sible. 

 

 

 

Un Mot de l’éditeur – Jean-Michel Sananes

TRISTAN CABRAL est l’homme des révoltes et de la ten­dresse ardente. Ses textes naissent de son regard posé sur la dou­leur des hommes. Il a le cri impar­tial, aucune souf­france ne lui est étran­gère, aucune de ses indi­gna­tions n’est sélec­tive. 

Dans son nou­veau recueil : POÈMES À DIRE, publié aux Éditions Chemins de Plume, le poète fait pro­fes­sion de foi en quelques mots : J’aurai l’amour d’aimer et je pren­drai le temps ! Pourtant rien des dou­leurs du jour ne lui est épar­gné, ni de savoir “Nathalie” tom­bée au Bataclan en plein Paris, ni le sang de “Charlie” Seulement un sty­lo pour écrire tous vos noms. Il a l’âme prise dans l’internationale des dou­leurs, il sait celle de l’humain et de l’enfant : Moi, dit l’enfant, je sais qui m’a tué, Yo sé quien me mato.

Du Chili à Tarbes, de Djénine à Alger, de Calais à Birkenau, en pas­sant par Sarajevo, Tristan Cabral décline l’impatience d’aimer dans l’affligeant spec­tacle du monde. Dans cette déso­la­tion, aucune haine, aucun lar­moie­ment, il est de ten­dresse com­mu­ni­cante : Deux hommes beaux sont morts /​Qui signent d’un Silence…,  ces mots déterrent les silences posés sur toutes les vio­lences, c’est un dérou­lé d’images que l’on regarde, impuis­sant. La force de sa poé­tique nous aide à sup­por­ter l’insupportable. 

Tristan Cabral le poète, est l’œil posé sur le monde, l’homme du cri, l’homme de la ques­tion.

Dans ce monde de vio­lences incom­pré­hen­sibles, il et aus­si celui qui s’interroge jusqu’aux fron­tière du doute : Parmi les mil­liards de mains /​ Ma main /​Qui es-tu ma main ? Donnes-tu ? Sais-tu sai­sir une autre main ? Apportes-tu tou­jours la bou­gie ? 

Au seuil de l’infini, il nous dit :  J’attends la vague immense/​  Qui m’ouvrira les yeux !

 

 

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Notes : 

1 – Le livre de Tristan CABRAL : “Poèmes à Dire” est en sous­crip­tion aux Éditions Chemins de Plume

– au prix de 10 €, frais de port offerts.

– ou au prix de 12 € avec un livre de Tristan Cabral offert : “La petite route”, ain­si que les frais de port offerts,  après paie­ment de l’ouvrage ache­té sur le site de Chemins de Plume, achat par Paypal ou carte ban­caire, ou par l’envoi d’un chèque à l’ordre de Poètes & Co, à envoyer à : Éditions Chemins de Plume – 156, Corniche des Oliviers V30 – Hameau de St Pancrace – 06000 Nice

Son prix public, hors sous­crip­tion, sera de 12 euros.

Chez Chemin de plume, Tristan CABRAL a déjà publié :

– Requiem en Barcelona, un poème d’amour 
– La petite route

Poèmes à Dire” sera pré­sen­té au Salon de Livre de Nice, le 31 mai 2019. 

Présentation de l’auteur

Tristan Cabral

Né à Arcachon en 1944, Tristan Cabral (nom de plume de Yann Houssin) enseigne la phi­lo­so­phie pen­dant 30 ans au lycée Alphonse Daudet de Nîmes. Il par­ti­cipe à de nom­breux mou­ve­ments de contes­ta­tion poli­tique : celle du comi­té anti-mili­­ta­­riste l’amène quelques mois en pri­son, à La Santé, en 1976.

Son pre­mier recueil de poé­sie, en 1974, Ouvrez-le feu, d’un poète sui­ci­dé à 24 ans, Tristan Cabral, est salué par la cri­tique. Yann Houssin en signe la pré­face – ce n’est que plus tard qu’on appren­dra qu’il en est aus­si l’auteur.

Principales publi­ca­tions :

Ouvrez le feu ! : 1964-1972, par Tristan Cabral, pré­face de Yann Houssin, cou­ver­ture de Christian Bayle, ed. Plasma, 1974

Du Pain et des pierres, par Tristan Cabral, pré­cé­dé d’un entre­tien avec François Bott et Pierre Drachline, ed. Plasma, 1977

Ouvrez le feu ! par Tristan Cabral, pré­face de Yann Houssin, ed. Plasma, 1979

Demain, quand je serai petit /​​ Tristan Cabral, ed. Plasma, 1979

Et sois cet océan !, par Tristan Cabral, ed. Plasma, 1981

Et sois cet océan !, par Tristan Cabral, ed. Plasma, 1983

La Lumière et l’exil : antho­lo­gie des poètes du Sud de 1914 à nos jours publié par Tristan Cabral, ed. le Temps paral­lèle, 1985

Le Passeur de silence, par Tristan Cabral, ed. la Découverte, 1986

Manifestes pour la sixième République par Jack Oriac, Tristan Cabral, Hervé Sintmary, ed. la Mémoire du futur, 1987

Sonnets par Alin Anseeuw, Jean-Pierre Bobillot, Xavier Bordes, Tristan Cabral, et al., ed. Ecbolade, 1989

Le Quatuor de Prague : 1968-1990, par Tristan Cabral, ed. de l’Aube, 1990

Le pas­seur d’Istanbul : poèmes, par Tristan Cabral…, des­sins de Ianna Andréadis, ed. du Griot, 1992

Le désert-Dieu : jour­nal de Jérusalem sous l’Intifada, par Tristan Cabral, ed. l’Alpha l’Oméga, 1996

Mourir à Vukovar : petit car­net de Bosnie, par Tristan Cabral, mis en images par Martine Mellinette, ed. Cheyne, 1997

L’enfant d’eau : jour­nal d’un éga­ré, 1940-1950, par Tristan Cabral, ed. les Cahiers de l’égaré, 1997

La messe en mort, par Tristan Cabral, ed. le Cherche midi, 1999

L’enfant de guerre : 999-1999, par Tristan Cabral, ed. le Cherche midi, 2002

Les chants de la san­souïre, avec Michel Falguières, pho­to­gra­phies de Didier Leclerc, Atelier N89, 2011

Si vaste d’être seul, par Tristan Cabral, ed. le Cherche midi, 2013

© Didier Leclerc

Poèmes choi­sis

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Marilyne Bertoncini

Marilyne Bertoncini, co-res­pon­sable de la revue Recours au Poème, à laquelle elle col­la­bore depuis 2013, doc­teur en Littérature, spé­cia­liste de Jean Giono, tra­vaille avec des artistes, vit, écrit et tra­duit de l'anglais et de l'italien. Elle est l'autrice de nom­breux articles et cri­tiques ain­si que de tra­duc­tions sur Recours au Poème. Ses textes et pho­tos sont éga­le­ment publiés dans des antho­lo­gies, diverses revues fran­çaises et inter­na­tio­nales, et sur son blog :   http://​mino​tau​ra​.unblog​.fr. Principales publi­ca­tions : Traductions :  tra­duc­tions de l'anglais (US et Australie) : Barry Wallenstein, Martin Harrison, Peter Boyle (Recours au Poème édi­teurs, 2014 et 2015), Carol Jenkins ( River road Poetry Series, 2016) autres tra­duc­tions : Secanje Svile, Mémoire de Soie, Tanja Kragujevic, édi­tion tri­lingue, Beograd 2015 Livre des sept vies , Ming Di, Recours au Poème édi­tions, 2015 Histoire de Famille, Ming Di, édi­tions Transignum, avec des illus­tra­tions de Wanda Mihuleac,  juin 2015 Instantanés, Eva-Maria Berg, édi­tions Imprévues, 2018 Poèmes per­son­nels :  Labyrinthe des Nuits, suite poé­tique, RaP édi­teur, 2015 La Dernière Oeuvre de Phidias, Encres Vives, avril 2016 Aeonde, La Porte, 2017 AEncre de Chine, livre-ardoise sur un pro­jet de Wanda Mihuleac Le Silence tinte comme l'angélus d'un vil­lage englou­ti, édi­tions Imprévues, 2017 La Dernière Oeuvre de Phidias, sui­vi de L'Invention de l'absence, Jacques André édi­teur , mars 2017 L'Anneau de Chillida, L'Atelier du Grand Tétras, 2018 Mémoire vive des replis, poèmes et pho­tos de l'autrice, pré­face de Carole Mesrobian, édi­tions "Pourquoi viens-tu si tard?", novembre 2018 Sable, livre bilingue (tra­duc­tion en alle­mand d' Eva-Maria Berg), avec des gra­vures de Wanda Mihuleac, et une post­face de Laurent Grison, Transignum , mars 2019. Memoria viva delle pieghe/​mémoire vive des replis, édi­tion bilingue, tra­duc­tion de l'autrice, pré­face de Giancarlo Baroni, éd. PVTST?, mars 2019 (fiche bio­gra­phique com­plète sur le site de la MEL : http://​www​.​m​-​e​-​l​.fr/​m​a​r​i​l​y​n​e​-​b​e​r​t​o​n​c​i​n​i​,​e​c​,​1​301 )

Notes   [ + ]