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En mai, Recours au Poème fait ce qui lui plaît

Par | 2018-02-21T18:14:46+00:00 11 mai 2015|Catégories : Essais|

 

En Mai, Recours au Poème éditeurs
 fait ce qui lui plaît

 

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Les livres numé­riques Recours au Poème édi­teurs peuvent être lus par tout le monde, avec et sans liseuse ou tablette. Un simple ordi­na­teur suf­fit.

 

LA CASADA INFIEL

Y que yo me la lle­vé al río
creyen­do que era mozue­la,
pero tenía mari­do.

Fue la noche de Santiago
y casi por com­pro­mi­so.
Se apa­ga­ron los faroles
y se encen­die­ron los grillos.
En las últi­mas esqui­nas
toqué sus pechos dor­mi­dos,
y se me abrie­ron de pron­to
como ramos de jacin­to.
El almidón de su enagua
me sona­ba en el oído
como una pie­za de seda
ras­ga­da por diez cuchil­los.
Sin luz de pla­ta en sus copas
los árboles han cre­ci­do,
y un hori­zonte de per­ros
ladra muy lejos del río.

Pasadas las zar­za­mo­ras
los jun­cos y los espi­nos,
bajo su mata de pelos
hice un hoyo sobre el limo.
Yo me qui­té la cor­ba­ta.
Ella se quitó el ves­ti­do.
Yo el cin­turón con revól­ver.
Ella sus cua­tro cor­piños.
Ni nar­dos ni cara­co­las
tie­nen el cutis tan fino,
ni los cris­tales con luna
relum­bran con ese brillo.
Sus mus­los se me esca­pa­ban
como peces sor­pren­di­dos,
la mitad lle­nos de lumbre,
la mitad lle­nos de frío,
Aquella noche corrí
El mejor de los cami­nos,
Montado en potra de nácar
Sin bri­das y sin estri­bos.
No quie­ro decir, por hombre,
las cosas que ella me dijo.
La luz del enten­di­mien­to
me hace ser muy come­di­do.
Sucia de besos y are­na
yo me la lle­vé del río,
Con el aire se batían
las espa­das de los lirios.

Me por­té como quien soy.
Como un gita­no legí­ti­mo.
Le rega­lé un cos­tu­re­ro
Grande, de raso paji­zo,
y no quise enamo­rarme,
porque tenien­do mari­do
me dijo que era mozue­la
cuan­do la lle­va­ba al río.

LA FEMME INFIDÈLE

Je l’emmenai à la rivière
croyant qu’elle était jeune fille,
alors qu’elle avait un mari.

Ce fut à la nuit de Saint-Jacques,
nous avions presque ren­dez-vous.
Les lumières se sont éteintes
Et s’allumèrent les grillons.
Là-bas, aux der­niers coins de rues,
j’ai tou­ché ses seins endor­mis,
qui pour moi s’ouvrirent sou­dain
comme des bou­quets de jacinthes.
Et son jupon ami­don­né
cris­sait aigu à mon oreille
tout comme une pièce de soie
dila­cé­rée par dix cou­teaux.
Sans lune d’argent à leurs cimes,
les arbres ont gran­di encore,
et tout un hori­zon de chiens
aboie très loin de la rivière.
Une fois pas­sés les ron­ciers,
les ajoncs et les épi­neux,
sous la touffe de ses che­veux
je fis un creux dans le limon.
Et puis j’enlevai ma cra­vate
et elle reti­ra sa robe.
Moi, mon cein­tu­ron-revol­ver,
puis elle ses quatre cor­sages.
Ni jacinthes ni coquillages
n’ont la peau aus­si déli­cate,
ni sous la lune les cris­taux
ne brillent avec cet éclat.
Sous moi ses cuisses s’esquivaient
comme des pois­sons apeu­rés,
une moi­tié rem­plies de feu,
une moi­tié rem­plies de froid.
Cette nuit-là j’ai galo­pé,
sui­vant le meilleur des che­mins,
che­vau­chant pou­liche de nacre
sans brides et sans étriers.
Je ne dirai, car je suis homme,
Les choses qu’elle me disait.
De l’entendement la lumière
m’impose grande rete­nue.
Souillée de bai­sers et de sable,
je l’éloignai de la rivière.
À l’air, au vent livrant com­bat,
les lys bran­dis­saient leurs épées.

J’ai agi comme qui je suis,
comme un Gitan selon sa loi.
Je lui ai offert un ouvrage
à cou­ture, en satin jon­quille,
mais d’elle n’ai vou­lu m’éprendre,
car, tout en ayant un mari,
me dit qu’elle était jeune fille
quand la menais à la rivière.

 

Traduction de Michel Host
 

   

Le cirque

 

Derniers regrets avant l’oubli défi­ni­tif
Dans la soli­tude de la mort à venir
J’ai per­du  la malle en cuir de mes sou­ve­nirs
La las­si­tude de la longue route est en moi

Du plus loin que je remonte dans l’enfance 
Je porte un cirque ambu­lant dans mon ventre
Où des comé­diens de chif­fons et tristes clowns
Pleurent dans les yeux de jeunes filles aux pieds nus

Tous les hommes sont des mate­lots au regard
Des femmes tout en rires de flammes et de lumière
 Les vagues du désir à l’embarcadère
Se fra­cassent au port de toutes les Babylones

Tous les rêves mènent au même désert vide
Le clown est mort l’errance du cirque m’appelle.

 

Jacques Viallebesset est né en 1949 en Auvergne où il réside. Pseudonyme d’un édi­teur de spi­ri­tua­li­té et d’ésotérisme, franc-maçon, il s’est fait connaître comme co-auteur d’un roman La conju­ra­tion des ven­geurs ( Dervy 2006 ), où il uti­lise tous les res­sorts de l’imaginaire et de la sym­bo­lique maçon­niques, adap­té en bande des­si­née sous le titre épo­nyme en 2010 chez Glénat ; poète, il a déjà publié trois recueils, L’écorce des cœurs, en 2011 et Le pol­len des jours en 2014 aux édi­tions Le nou­vel atha­nor. Son troi­sième recueilSous l’étoile de Giono est paru en 2014 aux édi­tions Alain Gorius/​Al Manar. Ses poèmes sont pré­sents dans plu­sieurs revues et antho­lo­gies inter­na­tio­nales, dont l’anthologiePoème/​Ultime recours parue chez Recours au poème édi­teurs. Comme l’indique Paul Vermeulen, dans sa cri­tique du recueil Le pol­len des jours : « Il y a une par­ti­cu­la­ri­té dans cette voix, quelque chose d’unique même dans la poé­sie fran­çaise contem­po­raine : une espèce de métis­sage entre les pré­sences d’Eluard, les arcanes de cer­tain che­min spi­ri­tuel, Aragon, ceux qui phi­lo­sophent par le feu, et l’Amour en forme de « Banquet ». Grâce à son lyrisme ini­tia­tique, les mots « usés, trop usés d’avoir trop mal ser­vi », les vocables d’ Hofmannsthal retrouvent la parole pour ré-enchan­ter un peu le monde. Sous son nom il a été chro­ni­queur de poé­sie au Magazine lit­té­raire et chro­nique régu­liè­re­ment dans le maga­zine en ligne Recours au poème. Il anime, par ailleurs, un blog d’anthologie de poé­siewww​.jacques​.vial​le​bes​set​.scri​bouilleur​.over​-blog​.com
 

 

   

Les insur­gés

nous fûmes peu ou rien
puis, nuit et néant
ce qui n’existait pas
sur­ve­nait len­te­ment ampli­fié
de nom­breux autres,
au nom de celui qui vint
la chair s’abattit sur nous
l’un contre l’autre nous nous ser­râmes
le corps sou­le­vé
par la force de notre poids

l’humain appelle le mou­ve­ment
chante la nuit ado­les­cente
le cœur orphe­lin du rien

 

Traduction Angèle Paoli

 

Luigia Sorrentino est née à Naples. Journaliste pro­fes­sion­nelle, elle vit à Rome et tra­vaille à la Radio-télé­vi­sion ita­lienne (Rai). Elle a conçu et réa­li­sé pour Rai-news et pour Rai Radio Uno de nom­breux pro­grammes cultu­rels et inter­views d’écrivains et de poètes ita­liens et étran­gers de noto­rié­té inter­na­tio­nale. Parmi les­quels les prix Nobel Orhan Pamuk, Derek Walcott, Seamus Heaney, le prix Pulitzer Mark Strand, et Yves Bonnefoy. Elle dirige pour le site Rainews le pre­mier blog de la RAI dédié à la Poésie, à l’Art et à la Littérature  (http://​poe​sia​.blog​.rai​news​.it).

Elle a publié en Italie plu­sieurs recueils de poé­sie : C’è un padre (Manni, 2003), La cat­te­drale (Il ragaz­zo inno­cuo, 2008), L’asse del cuore(Almanacco del­lo spec­chio, Mondadori, 2008), La nas­ci­ta, solo la nas­ci­ta(Manni, 2009) et Olimpia (Interlinea, 2013). Certains de ses tra­vaux ont été publiés dans d’autres langues, notam­ment dans InVerse (Italian Poets in Translation, John Cabot University Press, Denvers, Massachussetts, 2008), Venters (Twetalige bloem­le­zing Italiaanse dich­te­res­sen, 1965-2012, ed. Istituto Italiano di Cultura, Amsterdam, 2013), The Paris Review (“Two Poems by Luigia Sorrentino”, in n. 206, New York, set­tembre  2013), Terres de femmes (revue de cri­tique et de poé­sie d’Angèle Paoli).
 

 

 

Poète, essayiste et cri­tique lit­té­raire, Secrétaire géné­ral de l’Académie Mallarmé, Christophe Dauphin (né le 7 août 1968, à Nonancourt, en Normandie) est direc­teur de la revue "Les Hommes sans Épaules" (www​.les​hom​mes​san​se​paules​.com).

Cet essai retrace la vie mou­ve­men­tée de la poète et écri­vain Lucie Delarue-Mardrus, égé­rie du tout Paris, écri­vain mons­trueu­se­ment célèbre en son temps, femme amou­reuse de femmes, fémi­niste ori­gi­nale, épouse du tra­duc­teur des Mille et Une Nuits, en une époque où tout cela n'était guère… bien vu. Lucie Delarue-Mardrus est une très haute figure de la fin du 19e et du début du 20e siècles. Plus de cent pages de poèmes per­mettent en outre de mesu­rer la poète que fut Lucie Delarue-Mardrus.
 

RESPONSABILITÉS

Comme une immense mer qui monte sa marée,
Nous enten­dons la guerre autour de nous gran­dir.
Pouvons-nous vrai­ment voir sans crier et bon­dir
          Tant de jeu­nesse mas­sa­crée !

C’est la guerre qui règne et conduit le des­tin.
La folie en un jour s’empare de l’Europe,
Et la mort qui, par­tout, se dépêche et galope,
          Ne peut plus comp­ter son butin.

Nous avons tout lais­sé : pen­sée, art, rêve, éthique.
Il n’y a plus d’humains, il y a des fusils.
Dans le vent des canons, les peuples sont sai­sis
          D’une rage apo­ca­lyp­tique.

 

   

 

Premier recueil de poèmes du poète Emmanuel Baugue

La poé­sie Cabane

 

Au cœur de la forêt longs fûts de ma fatigue
Brûle une lampe
humble vacill-
-ante flam­mette
et sous les branches

Une mai­son
très sobre mais close
comme un refuge enfan­tin

Trône-se tient blot­tie
dans cette obs­cu­ri­té

Et là, gre­lot­tant bien au chaud
Je suis .

Écoutant le vent
Et regar­dant la flamme

Peut-être
une fenêtre
      et un che­min

   pour y venir  

 

Emmanuel Baugue est né à Rouen en 1965. Après des études de phi­lo­so­phie et de lit­té­ra­ture (ENS Fontenay 1987), et une thèse sur Corneille, il épouse une Finistérienne et enseigne en col­lège puis en classes pré­pa­ra­toires scien­ti­fiques à Brest. D’âme séden­taire, mais sans autre sen­ti­ment de légi­ti­mi­té que d’avoir essayé de vivre là, res­pec­tueux des récits de souf­frances et de joies du lieu et du temps, il se par­tage main­te­nant essen­tiel­le­ment entre Haute-Normandie et Basse-Bretagne. Il n’a publié que quelques poèmes en revues introu­vables (Miroir noc­turne, Rouen, 1982, Aubuscule, Reims-Paris, 2012) avant d’être accueilli par les fon­da­teurs de Recours au poème, mais il accu­mule, depuis les années 80 et au gré des cir­cons­tances bio­gra­phiques, une pro­duc­tion poé­tique assez variée. Ensourcé dans l’histoire de la poé­sie depuis le Moyen-âge et la Renaissance, il croit en une poé­sie fusion du rythme et de la figure, explora­tion musi­cale des pro­fon­deurs de l’image. Il cherche une poé­sie de la fra­gi­li­té et de l’incertitude, qui soit en même temps une poé­sie de l’affirmation tonique de la condi­tion humaine ; une poé­sie pour dépas­ser la soli­tude, une poé­sie du quo­ti­dien, de l’amitié et de la conver­sa­tion, mais qui soit en même temps une poé­sie de la beau­té et de l’importance abso­lue. 

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