> Esquisse pour un portrait de la poésie de Serge Wellens

Esquisse pour un portrait de la poésie de Serge Wellens

Par |2018-08-16T22:23:06+00:00 23 février 2013|Catégories : Essais|

Né en 1927 à Aulnay-sous-Bois, Serge Wellens est mort le 31 jan­vier 2010, à La Rochelle. Ce Cahier des Poètes de Rochefort, à lui consa­cré, est donc post­hume. Mais au moins avait-il pu en lire les tapus­crits des dif­fé­rentes contri­bu­tions et il se réjouis­sait que l’ouvrage parût un jour. Ce jour est venu et, au-delà de la mort phy­sique de Serge, ce dos­sier contri­bue à main­te­nir en vie sa pré­sence, son esprit, sa poé­sie.

 

Je l’appelle Serge, mais en réa­li­té il s’appelle Serge Wellens. On voit par là com­bien cet homme est sou­cieux, dans son iden­ti­té même, de nous aler­ter sur l’un des effets de sa poé­sie. Du S qui com­mence son pré­nom à celui qui ter­mine son nom, on a le temps d’entendre comme un frois­se­ment à la fois léger et insis­tant de petit vent dans des branches, et plus pro­fon­dé­ment, pour moi, le frois­se­ment du sillage que laisse en nous le pas­sage de la poé­sie de Serge Wellens. Ainsi recon­naît-on les poètes majeurs, aus­si dis­crets soient-ils : à ce sillage d’après Mozart qui est encore du Mozart, à cette rêve­rie ou à cette médi­ta­tion qui per­siste en nous après la lec­ture.
Ainsi me suis-je atta­ché à la poé­sie de Serge Wellens, à cette voix à la fois simple et sub­tile, qui vibre au-delà des mots qu’elle pro­nonce parce que ces mots sont justes et que, bien que tou­jours choi­sis dans le voca­bu­laire cou­rant, l’inflexion d’une image, d’un rac­cour­ci, d’un para­doxe, les a déga­gés de toute bana­li­té pour en faire des signes.
Ce n’est pas par hasard que Serge Wellens a écrit sur Rutebeuf ou ren­con­tré, connu et aimé les poètes buis­son­niers de l’Ecole de Rochefort : comme celle du grand lyrique du XIIIe siècle, comme celle de Cadou, sa poé­sie puise à la source de l’angoisse humaine, et la charge d’humanité confère déjà aux pre­miers poèmes une gra­vi­té sin­gu­lière : Avec leur tris­tesse et leur faim /​ leurs ten­ta­tions et leur fatigue /​/​ ils étaient là pour écou­ter /​ la parole du bou­lan­ger /​/​ C’était le miracle du pain /​ la mul­ti­pli­ca­tion des hommes. Mais même en 1952, époque du pre­mier recueil, il aurait été court de dire de Serge Wellens qu’il était un poète enga­gé ; à moins de pré­ci­ser : « poète enga­gé en huma­ni­té ». Mais c’est un peu court encore. Dans un entre­tien qu’il avait accor­dé en 2003 à la revue Friches, le poète décla­rait : « Lorsque l’écriture poé­tique a pris pos­ses­sion de ma vie, j’ai su que j’entrais dans un autre monde, que tout ce que je vivrais désor­mais pas­se­rait par là et que j’allais en apprendre de belles sur mon compte. Le lan­gage avait des droits que je n’avais pas, il lui arri­vait de prendre l’initiative d’un poème dont je sou­hai­tais, en pure perte, être l’auteur. Le titre de mon der­nier recueil, Les Mots sont des chiens d’aveugle, ne signi­fie pas autre chose. » Tout ce qu’écrit Wellens est à com­prendre à par­tir de cette juste et belle « défi­ni­tion » de la poé­sie : elle agran­dit le champ visuel qui, désor­mais, capte l’homme et sa condi­tion mais aus­si autre chose autour et au-delà d’eux, qui n’est pas moins impor­tant, mais plus caché, et qu’il faut révé­ler : Il arrive qu’une porte s’ouvre, là où tes doigts ne ren­con­traient que muraille ; qu’un che­min fasse les pre­miers pas. Ou encore : Qui tend l’oreille, entend la rouille.
Quand Wellens entre dans son poème, il sait bien que le lan­gage ayant des droits, il y entre  pour s’égarer, mais pas pour se perdre dans les faci­li­tés gra­tuites du « stu­pé­fiant image ». Il y entre pour trou­ver et se trou­ver autre­ment, gui­dé en cela par les lignes de force de sa per­son­na­li­té pro­fonde : luci­di­té, géné­ro­si­té, malice, foi reli­gieuse, sens cri­tique, inquié­tude, pas­sion pour l’amitié et pour l’amour… Il y a beau­coup de convic­tions et de doutes chez Serge Wellens, et sa poé­sie ne les perd pas en route. Mais elle les res­ti­tue plus vibrants, comme sou­le­vés (et sau­vés ?) d’un lan­gage de mora­liste. Se confier au poème, c’est espé­rer par­ve­nir à dire vrai par sur­prise et dans l’émotion.
Aussi, pour s’égarer sans se perdre, Serge Wellens n’écrit-il pas de ces poèmes empor­tés par le rythme, par l’ivresse des méta­phores, par la flui­di­té mélo­dique : ni Claudel, ni Perse, ni Aragon, Wellens ne célèbre ni ne chante. Comme en témoignent la briè­ve­té des vers (y a-t-il même ici ou là quelque alexan­drin éga­ré ?), les espa­ce­ments qui les aèrent, ses poèmes sont plu­tôt de l’ordre de la sculp­ture. Minces poèmes, en géné­ral ver­ti­caux, ils font des nœuds et des encoches dans une matière noble cha­leu­reuse à l’homme : ce ne peut être que du bois, et, connais­sant sa han­tise de l’arbre, je le ver­rais volon­tiers en sculp­teur de branches, ces par­ties de l’arbre les plus sen­sibles au vent : fra­giles, elles peuvent cas­ser, fortes, elles donnent les feuilles et les fruits. De ce  poète enra­ci­né en terre et en ciel, on peut se deman­der, comme il se le demande lui-même : Va savoir si c’est de l’homme /​ va savoir si c’est du bois. Comme l’arbre encore, Wellens n’a rien à cacher /​ il peine à faire son ombre /​ c’est une longue patience /​ un très ancien métier.
Poète enra­ci­né en terre, oui : là où se fait le plus humble de la vie, là où il faut creu­ser pour faire sourdre, contre le déses­poir, les pro­fondes rai­sons de vivre : car il y a une source per­due /​ sous le sol d’une cave /​/​ On enten­dait cogner son cœur. Là où seul le poète peut redon­ner digni­té à ce qui rampe et se traîne, comme à un sca­ra­bée : Dans la car­ros­se­rie /​ d’un moins que rien  de sca­ra­bée /​ traî­nant dans moins que rien /​ sa moins que rien de vie /​ la lune /​ se trouve belle /​ et tremble. Mais comme l’arbre qui peine à faire son ombre, Wellens sait que le poème est lui aus­si à la peine pour trou­ver de quoi sau­ver ou au moins trans­fi­gu­rer le mal­heur humain, et que le poète, d’autant plus s’il est fra­ter­nel, ne peut avan­cer qu’en s’écorchant aux épines qui par­tout pointent dans la vie ordi­naire : sur cette terre /​ où tout ce qui vit /​ ne vit que de meurtre /​/​ Ce matin /​ les nou­velles du monde sont mau­vaises. Dès le pre­mier recueil de 1952, Serge Wellens gar­dait de  l’année 1943 cette image : Le Malheur de porte en porte /​ cou­leur du ciel et de la terre /​ cou­leur du temps /​ criait le nom de ses enfants. La poé­sie de Wellens ne sur­plombe pas l’humanité, elle monte à tra­vers elle en quête des quelques rai­sons d’espérer, ou des quelques rai­sons de ne pas déses­pé­rer com­plè­te­ment, qui évi­te­ront le noir abso­lu. Et ces quelques rai­sons sont-elles-mêmes trem­blantes, fra­giles, voire sus­pectes, au point qu’elles ne sont jamais affir­mées mais plu­tôt émises comme si elles étaient prêtes à être remises en cause. On le voit par exemple à la conclu­sion inter­ro­ga­tive de ce beau poème qui évoque un moment de répit de la guerre dans l’année qua­rante : De guerre lasse la guerre /​ pose ses valises /​ sur le seuil du jar­din /​ marque le pas /​ se tait /​ s’endort /​/​ Coccinelle /​ coc­ci­nelle /​ fera-t-il beau dimanche ? Et ce doute sur les rai­sons d’espérer peut s’étendre au poème lui-même, à  sa néces­si­té, à son exis­tence même : sans très bien savoir si /​ je suis l’ombre ou le chien /​ d’un poème dont il reste /​ à prou­ver l’existence.
Mais pen­dant le doute, la poé­sie conti­nue, elle tient tou­jours ouvert son petit com­merce de bou­gies dans l’obscurité.
Serge Wellens dit l’ombre mais tout autant ce qui l’éclaire. Quête d’élévation et de trans­pa­rences, telle est aus­si et sur­tout cette poé­sie qui refuse de lais­ser résoudre par l’absurde /​ la mésal­liance des objets /​ et la muti­la­tion des mots. Pourtant, sur quoi prendre appui pour se libé­rer de ce qui ne demande qu’à rabais­ser, à humi­lier, quand chaque aube, il faut aller son train, raser les murs en quête de quelque graf­fi­ti, faire les pou­belles dans les fau­bourgs de l’indicible. Désemparé comme un écho qui aurait per­du la mémoire ? Bien enten­du, Wellens n’a pas de réponse toute prête, mais il sait par exemple com­bien la vigueur irri­guante de l’amour peut sou­le­ver hors de l’opaque, de la rési­gna­tion au non-sens sou­vent agres­sif de la vie : j’étais un mou­ve­ment /​ de l’opaque dans l’ombre /​ hiver fumée sans feu /​ j’étais seul et de trop, écrit-il dans « Une leçon de ténèbre », avant d’écrire (entre temps l’amour d’une femme est venu) : On vient tu viens la nuit /​ s’effrite sous tes racines /​ ma rayon­nante /​ mon cou­drier. Alors, oui, l’amour élève, allège, dégage dans la vie des espaces d’où l’on peut regar­der ciel et oiseaux. Des espaces où, enfin, quelque chose de pur peut adve­nir. Et l’amitié, la nature, l’art d’une vie simple dédiée à l’essentiel aident aus­si à mon­ter dans « cette voie qui cherche à gué­rir de la lèpre et de l’obscur » (Monique W. Labidoire). Parmi tous les poèmes de Serge Wellens, l’un me paraît emblé­ma­tique de cet accord pro­fond et jubi­la­toire avec le monde qui nous est par­fois auto­ri­sé :

 

Le vent cou­rant jouait de l’orgue
dans les figuiers de Barbarie

La mer trin­quait à notre table
puis s’en allait à recu­lons
en nous fai­sant des révé­rences

 

La lune venait boire à ta bouche
comme à la fraî­cheur d’un puits
Notre ami­tié por­tait le nom
intra­dui­sible des fon­taines.

 

Mais tout bon­heur est funam­bule, et en équi­libre pré­caire. Toute clar­té peut se cor­rompre d’un pas­sage d’aile ou de nuage. Toucher, pal­per la paix ne signi­fie pas être en paix. Et même la foi en Dieu n’offre pas la grande les­sive qui puri­fie­rait le monde. De poème en poème, voire à l’intérieur d’un même poème, le va et vient entre le clair et l’obscur est de règle chez Wellens, tout est sujet à inter­ro­ga­tion. Et Dieu lui-même, plus sou­vent inter­pel­lé que glo­ri­fié dans les poèmes. Que pour le croyant Dieu existe, c’est évi­dem­ment incon­tes­table, mais Serge Wellens semble sou­vent lui deman­der pour­quoi Il nous accorde si peu de sa pré­sence dans nos vies si mal­me­nées :

 

Père je crois en toi
aus­si évi­dem­ment
qu’en cet arbre soli­taire
qui déborde mon regard

Mais donne-moi d’apercevoir
quelque trace de ta bon­té
n’importe où sur cette terre
où tout ce qui vit
ne vit que de meurtre

 

Faut-il, en regar­dant vers Lui, vers  son ciel, voir sur­tout du vide, et seule­ment par­fois, par hasard, une trace légère et fugace de sa pré­sence ? Toi /​ ciel sans pré­cé­dent /​/​ vide /​ Pour que /​ la fêlure d’un vol /​ récuse le néant. Ou alors ce vide appa­rent n’est-il pas plu­tôt un appel en creux, pour que l’attention atteigne son paroxysme et décèle la fêlure du vol ? Avoir la foi n’est pas pos­sé­der Dieu, mais le cher­cher conti­nû­ment. Et le trou­ver par­fois cru­ci­fié dans et par nos misères comme dans les haillons d’un épou­van­tail :

 

Entre l’étoffe déchi­rée
et la dou­blure décou­sue
il por­tait une espèce
de man­teau de lumière
qui dérou­tait la foudre

 

L’hiver l’ayant tra­ver­sé
il n’en demeure
que bois mort mis en croix
dont les oiseaux chantent la gloire
dans le petit matin pré­coce.

 

Alors, au Dieu de Wellens, inutile de bâtir des cathé­drales : peut-être est-Il en bas, par­mi nous, à par­ta­ger notre sort par amour. Qui donc en ferait autant ? Qui donc méri­te­rait d’être célé­bré par les oiseaux ? C’est mêlé à nous que Dieu trans­fi­gure par ins­tant notre condi­tion en l’habillant d’un « man­teau de lumière ». Il ne faut d’ailleurs pas oublier que chez Serge Wellens, foi et malice font un sin­gu­lier bon ménage, et que l’inversion de l’au-delà et de l’ici-bas pro­cède peut-être ce ces deux forces conjointes. Sur la vani­té de l’au-delà, on pour­rait enfon­cer le clou avec la fin du poème « L’arbre au fond de la rivière », où sur­plom­bant la misère humaine, l’oiseau /​ très haut dans le ciel /​ désert jusqu’à l’absence /​ étant seul à voir cela /​ se prend à dou­ter de ses ailes /​ et tombe Mais il est pru­dent de ne pas trop conclure sur un tel sujet, tant il est vrai que sont mys­tères aus­si bien la foi que la poé­sie.
Quoi qu’il en soit, pas plus que Dieu, Wellens ne le prend de haut. Il est remar­quable qu’un poète aus­si exi­geant dans sa vision à la fois concrète et méta­phy­sique du monde aus­si bien que dans son art d’écrire, concis, inci­sif, ait su conser­ver avec son lec­teur une rela­tion fami­lière, d’homme à homme.
Ceux qui ont le bon­heur de connaître Serge Wellens en chair et en os savent qu’entre l’homme et le poète il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à ciga­rette. Non pas qu’il écrive comme il parle : il y a de la réclu­sion, de la soli­tude et de l’art dans l’acte de poé­sie, mais les mots de ses poèmes ne sentent pas le ren­fer­mé. Mots de tout le monde, un peu usés, avec quoi il faut faire, et par­mi les­quels le lec­teur se sent accueilli comme si, en ouvrant la cou­ver­ture du livre, il avait ouvert une porte pour retrou­ver dans la parole de l’un l’humanité de tous. Il faut dire qu’aucun des poèmes de Wellens n’est écrit pour bâtir un monu­ment à la poé­sie, aucun n’est sculp­té en objet-poème plus ou moins arro­gant. Pas de culte de la forme : nous ne sommes ni chez Théophile Gautier ni chez Mallarmé, nulle part nous ne ren­con­tre­rons d’ « abo­li bibe­lot d’inanité sonore ». Le poème de Wellens est parole pui­sée dans la parole de tous, res­ser­rée, creu­sée, déca­lée mais tou­jours recon­nais­sable. Son art poé­tique est humble : Les mots sont des chiens d’aveugle /​/​ Je les entends venir /​ Leur odeur les pré­cède /​/​ Ils me lèchent les mains /​ en signe de sou­mis­sion. Mais ces chiens guides ont à la fois le pou­voir de créer le poème et de l’excéder vers la quête inlas­sable d’un autre sens de la vie. Les chiens d’aveugle ne s’arrêtent pas dans les poèmes, ils vont à tra­vers eux vers ce que nous ne voyons pas.
Dans un dépouille­ment de plus en plus sen­sible, les plus récents poèmes de Serge Wellens sont entrés dans l’exploration de la vieillesse. Les chiens d’aveugle emmènent le poète au plus pro­fond de la luci­di­té, là où se fait la pleine lumière sur les épreuves de l’âge. Cette lumière blanche qu’on ren­contre dans les hôpi­taux, Wellens en fait sa page pour don­ner tout son relief à l’appréhension du pire : Le vieux dit encore du cadavre /​ c’est mon double /​ mon double froid /​ et le cadavre /​ fait sem­blant de dor­mir /​ à l’intérieur du vieux /​/​ Un jour ce sera le contraire. Ou encore : C’est au plus pro­fond /​ de l’épais des arbres /​ que le bou­vreuil cloue ton cer­cueil. L’extrême rigueur de l’écriture et de la luci­di­té font de ces poèmes des aveux de force bien plus que de fai­blesse ! Et même dans cette écri­ture de l’épreuve, le lyrisme sans excès, voire sans éclat (mais tou­jours poi­gnant) du poète ne cède pas. Pas plus que ne cèdent la géné­ro­si­té ni l’humour.
Et c’est ain­si que Serge Wellens reste un arbre, qui conti­nue de des­si­ner à contre ciel l’exigence d’une parole ver­ti­cale, rami­fiée en ses mul­tiples registres, et qui, en nous accueillant, « fait de [nos] yeux des oiseaux. »

Contribution au numé­ro 3 des CAHIERS DES POETES DE L’ECOLE DE ROCHEFORT consa­cré à Serge Wellens sous le titre « Serge Wellens ou la Concordance des temps. »

Bibliographie de Serge Wellens :

– J’écris pour te don­ner de mes nou­velles, Cahiers de Rochefort, 1952

– A la mémoire des vivants, Cahiers de Rochefort, 1955
– Marguerite, Cahiers de l’Orphéon, 1957
– Les dieux existent, Millas-Martin, 1966
– Méduses, Millas-Martin, 1967
– Santé des ruines, Librairie Saint-Germain-des-Prés, 1972
– La Pâque dis­per­sée, L’Arbre, Jean le Mauve, 1981
– La concor­dance des temps, Folle Avoine, 1986
– Les rési­dents, Folle Avoine, 1990
– La concor­dance des temps, Cette antho­lo­gie qui reprend le titre du recueil paru en 1986, ras­semble des poèmes parus entre 1952 et 1992. Folle Avoine, 1997
– Les mots sont des chiens d’aveugle, Folle Avoine, 2004
– Il m’arrive d’oublier que je perds la mémoire, Folle Avoine, 2006
– Poèmes de l’inconfort, Folle Avoine, 2010
– Tout doit dis­pa­raître, six poèmes post­humes, Folle Avoine, novembre 2012
 

Ce texte est l’une des contri­bu­tions parues dans les :

 

Cahiers des poètes
de l’École de Rochefort-sur-Loire – n° 3

Serge Wellens ou la Concordance des Temps. Beau titre d’un de ses ouvrages que son édi­teur, Yves Prié de Folle Avoine publiait en 1997, regrou­pant les poèmes des années 1952 à 1992. Esprit et coeur s’épaulent et se confondent dans l’âme d’homme libre de Serge Wellens. Ce numé­ro 3 des Cahiers des poètes de l’École de Rochefort1 reprend ce titre. Serge ne fut pas de l’École de Rochefort. Il ne le reven­dique pas. Mais on peut le situer dans la 2e vague de poètes issue de cette même famille lyrique, celle qui suit la mort de René Guy Cadou. Ce numé­ro que nous avons éla­bo­ré avec Olivier Delettre a mis du temps à naître, mais il est là devant nos yeux éton­nés pour (re)lire un immense poète. « Quand je ne fai­sais pas l’école buis­son­nière, je venais en classe avec mes buis­sons » écrit-il. Ce sont des buis­sons ardents que vous allez (re)découvrir dans ce numé­ro. Les amis de Serge Wellens se sont pen­chés sur la mémoire de ses mots AVEC BONHEUR ET JUSTESSE.

 

Serge Wellens, frère en poé­sie de Rutebeuf, incarne « l’amitié de l’amitié » selon François Huglo. Pierre-Dominique Parent retient son humour par­ti­cu­lier pétri de « grande huma­ni­té ». Pour Jean-François Mathé, le poète reste un arbre « qui conti­nue de des­si­ner à contre-ciel l’exigence d’une parole ver­ti­cale ». Roland Halbert sou­ligne l’enfance heu­reuse qu’il vécut dans le monde du cirque. Alain Richer rap­pelle l’émerveillement « tra­gique et tonique » qu’il eut en décou­vrant la Provence. Soizic Audrin dit l’homme de la joie qu’il fut. André Doms raconte le com­pa­gnon des bêtes qu’il était. Pascal Commère fixe « les mots concrets de son lexique » et la rare uni­té d’une oeuvre rela­ti­ve­ment courte. Colette Nys-Mazure évoque l’empreinte que l’École de Rochefort a lais­sée comme traces et remet en pers­pec­tive la concor­dance des temps dans La Mémoire du ciel. L’Orphéon, satel­lite de Rochefort ne peut se com­prendre sans cela.

Son art poé­tique est l’humilité même et per­met l’expression d’une authen­tique fra­ter­ni­té.

 

1- Ce cahier numé­ro 3 ne s’intitule plus Cahier René Guy et Hélène Cadou parce que nous n’avons pas trou­vé les appuis maté­riels et moraux indis­pen­sables pour mener à bien une telle entre­prise. L'intérêt pour Cadou demeure, mais en nom­mant ces cahiers, Cahiers des poètes de l'École de Rochefort-sur-Loire, nous nous ouvri­rons aux autres poètes, à d'autres pos­si­bi­li­tés, d'autres études et d'autres sou­tiens.

Livre relié à la chi­noise
145 pages – 21,3 x 21,3 cm
ISBN 978-2-84273-945-4
25 €
Éditions du petit véhi­cule

 

http://​edi​tions​du​pe​tit​ve​hi​cule​.blog​spot​.fr/

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