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La poésie de Dominique Boudou

Par | 2018-05-28T07:08:25+00:00 15 mars 2015|Catégories : Chroniques|

 

Dominique Boudou dans la collection Poètes des profondeurs
de Recours au Poème éditeurs 

 

 

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Poète de la face nord

de Dominique Boudou

 

 

 

Biographie

 

Dominique Boudou a publié deux romans, (Un grand silence, édi­tions le Bord De L'eau et Les boîtes noires, édi­tions Gallimard). Grâce à Federico García Lorca, il découvre à treize ans la poé­sie dans une langue étran­gère et com­mence à appri­voi­ser sa propre langue. En 2001, il publie Fragments pour une dor­meuse aux édi­tions Opales, par­tiel­le­ment tra­duit en alle­mand. Suivent Quand ta mère te tue en 2007 aux édi­tions Pleine Page et Battre le corps en 2013 aux édi­tions Le Nouvel Athanor. Il figure dans quelques antho­lo­gies (l'Athanor des poètes aux édi­tions épo­nymes, Enfances aux édi­tions Bruno Doucey, Poème/​ Ultime recours chez Recours au Poème édi­teurs, et Terre à ciel). Il s'essaie aus­si à la tra­duc­tion, Pas per­dus dans des rues vides du poète madri­lène Raúl Nieto de la Torre, et écrit, tou­jours en espa­gnol, des poèmes pauvres. Comme un retour à la source où la langue bal­bu­tie.

 

Extraits

 

Le sou­ve­nir du com­men­ce­ment de l'écriture, on ne l'a jamais. On cherche la pre­mière fois dans les dépouilles de l'enfance. On l'invente puisqu'on n'a rien gar­dé de nos mots qui tré­bu­chaient. On fabrique le décor d'une chambre nue, d'une chaise qui grin­çait, de la page qu'une ampoule en sur­plomb jau­nis­sait grain à grain. On ima­gine la posi­tion du corps pen­ché. Maladroite. Corps et mots c'est pareil.

Comment faire pour qu'ils tiennent debout ?

*

On ne sait pas que le che­min dure­ra toute la vie. On ignore même qu'il s'agit d'un che­min. Les mots se perdent trop vite. Ils n'ont pas la force encore de figu­rer des cailloux.

*

[ Je me sou­viens d'un car­net bleu à petits car­reaux. Rempli de bouts rimés qui allaient de tra­vers. J'avais treize ans. Rabougri sur mon silence. Pierre Boujut  écri­vait de la poé­sie et fabri­quait des bar­riques pour le vin. Au bord de la Charente alan­guie. Je lui ai envoyé mon car­net. Il me l'a retour­né avec un mot d'espérance et quelques numé­ros de sa revue La tour de feu. ]

*

Naître à la langue qu'on n'a pas reçue. Avec laquelle on a mar­ché de tra­vers sur des che­mins qui n'avaient pas de lignes pour abou­tir. Dans une soli­tude qu'on emplis­sait pour­tant de conver­sa­tions à voix haute. Et qui effrayaient jusqu'aux oiseaux. C'est là, peut-être, non un com­men­ce­ment mais une ori­gine. Qu'on cher­chait dans une fièvre dont on igno­rait tout. Puisqu'on ne savait rien, de là d'où on venait.

*

Le début de la face nord. Dans cette absence qui ne se connais­sait pas.

*

(…)

On cherche dans la pen­sée un bout de che­min qu'on pour­rait prendre. Pour mettre de l'ordre dans ce qu'on ignore. Et tra­cer des signes qui racon­te­raient peut-être un peu ce que l'on a cru vivre. Avec le sen­ti­ment, une fois encore, qu'on res­te­ra sur le seuil.

Dans un ver­tige inter­dit.

*

Une pen­sée pour Thierry Metz, qui arpen­tait la face nord car c'était la place qu'il s'était assi­gnée, par­mi les hommes pauvres et les mots pauvres, souf­frant comme une bête.

*

 

 

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