> Grenier du Bel Amour (17)

Grenier du Bel Amour (17)

Par |2018-08-22T07:45:08+00:00 11 novembre 2016|Catégories : Chroniques|

De la liberté à la joie

 

Il y a sans doute plu­sieurs manières de faire de la phi­lo­so­phie. Simplement, rap­pe­lons-nous ce que, ori­gi­nel­le­ment, veut dire ce mot : l’amour de la sagesse – si ce n’est, comme j’aurais per­son­nel­le­ment ten­dance à le pen­ser, de la Sagesse comme mani­fes­ta­tion du Divin (de l’au-delà de tout mot) qui nous fonde.

Alors, comme le res­sen­taient les Antiques, la phi­lo­so­phie est de l’ordre de ce que nous appel­le­rions un « exer­cice spi­ri­tuel » : com­ment conduire sa vie sans avoir à en rou­gir au moment que nous devrons nous « éva­nouir » à ce monde ? Quelqu’un comme Pierre Hadot, à tra­vers ses tra­vaux et ses mul­tiples réflexions, avait pas­sé son temps à nous en faire sou­ve­nir – et il me semble qu’Yann-Hervé Martin, l’auteur de ce livre, et par ailleurs pro­fes­seur en Classes Préparatoires (mais ceci n’explique-t-il pas cela, au moins pour par­tie ?), en a bien rete­nu les leçons et la (longue) démons­tra­tion.

Dans un monde où règne le « moi » (du moins le croyons-nous, sans tou­jours nous rendre compte de ce que les dési­rs de ce « moi » ne sont le plus sou­vent que les reflets de ce que nous force à croire la publi­ci­té, ou une socié­té d’autant plus oppres­sante dans ses « choix » qu’elle nous laisse croire qu’elle n’y est pour rien…), il fal­lait une bonne dose d’ « incons­cience » (si ce n’est une forme de suprême conscience), pour nous assé­ner que le Bon n’est pas for­cé­ment assi­mi­lable au Bien – mais toute la tra­di­tion de la morale méta­phy­sique n’a eu de cesse de nous le seri­ner – et que, pour atteindre à ce Bien, il fal­lait dis­po­ser de toute sa liber­té inté­rieure…

Je recon­nais là, sou­vent, des accents de ce qu’il faut se résoudre à dénom­mer les « néo­pla­to­ni­ciens » chré­tiens – mais après tout, pour­quoi pas ? Comme le déplo­rait au sujet de Plotin, le fon­da­teur de la pen­sée néo­pla­to­ni­cienne, quelqu’un comme saint Augustin : « Si cogno­visses Christum !… : si tu avais connu le Christ ! ».

J’avoue que, pour ma part, je ne me sens pas spé­cia­le­ment chré­tien – mais je suis bien obli­gé de dire en même temps que, nolens volens, je suis l’héritier de deux mil­lé­naires de pen­sée et de culture chré­tiennes, et encore plus avant, de tous ceux qui ont si pro­fon­dé­ment réflé­chi à Rome, et sur­tout, dans la Grèce ancienne. Et que, sans eux, il n’y aurait tout bête­ment pas de ce que nous appe­lons un recueille­ment phi­lo­so­phique.

Alors, sachons gré à Yann-Hervé Martin, et à son pré­fa­cier Rémi Brague, de nous faire sou­ve­nir de tant de choses que notre monde actuel vou­drait oublier – et d’abord, contrai­re­ment à l’opinion reçue, de ce qu’il existe un échange fécond entre la puis­sance de la rai­son (ou faut-il dire comme Jacobi il y a quelque deux-cents ans, de l’entendement ?), et le res­sen­ti d’une trans­cen­dance qui nous dépasse de par­tout !

Notre col­la­bo­ra­teur Michel Cazenave  vient de faire paraître Le Bel amour

mm

Michel Cazenave

Ecrivain (plus de 50 livres parus, et plus de 400 articles divers), ancien pro­duc­teur de l’émission “Les Vivants et les dieux” à France Culture, Michel Cazenave est un amou­reux impé­ni­tent – dans la mesure où la femme aimée lui paraît être l’incarnation de ce qu’il appelle “La Face fémi­nine de Dieu”. C’est ain­si qu’il a publié nombre de livres de poé­sie depuis la dis­pa­ri­tion de celle qu’il a aimée toute sa vie, et que la poé­sie est clai­re­ment ce qui lui “parle” le plus aujourd’hui.

En 2014, Michel Cazenave a publié Le Bel amour, une antho­lo­gie de sa poé­sie, chez Recours au Poème édi­teurs.

voir :

http://​www​.michel​ca​ze​nave​.fr/

 

ŒUVRE POETIQUE

 

Fragments de la Sophia, Imago, 1981

Fragments d’un hymne, Arfuyen, 1998.

La Grande Quête, Arma Artis, 2003.

Péninsule de la femme, Arma Artis, 2005.

Chants de la Déesse, sui­vis de Gloses, Arbres et Fantasies,  Le Nouvel Athanor, 2005.

Dédicace à l’absente, sui­vi de Paris-Néon, sous le titre géné­ral  “Michel Cazenave”, Le Nouvel Athanor, 2007.

Primavera, Arma Artis, 2007.

Primavera viva, Arma Artis, 2007.

L’Avis poé­tique (1958 – 2006), Arma Artis, 2008.

La Naissance de l’aurore, Rafael de Surtis, 2008.

L’Œuvre d’or, sui­vi de La Verdoyante, Rafael de Surtis, 2008.

Primavera nova, Arma Artis, 2008.

Melancholia, sui­vi de Parole et silence, Rafael de Surtis, 2009.

Le Pas de la colombe, Encres vives, 2012..

 

X