> Le Bel amour (19), Plaidoyer pour l’Ame du Monde

Le Bel amour (19), Plaidoyer pour l’Ame du Monde

Par |2018-08-22T07:42:24+00:00 21 juin 2016|Catégories : Chroniques|

Qui, hon­nê­te­ment n’a jamais enten­du par­ler de Mohammed Taleb – ce sou­fi d’origine algé­rienne, sec­ta­teur de Carl Gustav Jung, et plus pré­ci­sé­ment de la psy­cho­lo­gie arché­ty­pale déve­lop­pée par l’américain James Hillmann à Zurich, puis aux Etats-Unis, et, tout du long, lors des ren­contres d’Ascona en Suisse ita­lienne – tout autant pas­sion­né par  l’immense phi­lo­sophe Alfred North Whitehead, et par le héraut de la contre-culture que fut quelqu’un comme Theodor Roszak ?

Or, on voit bien ce qui les relie tous les uns aux autres : la croyance, dure comme fer, à ce que  depuis Plotin, et sur­tout depuis le « Timée » de Platon, il est conve­nu d’appeler l’Ame du monde. Autrement dit, la façon dont nous par­ti­ci­pons tous d’une âme uni­ver­selle, qui nous met en contact avec l’ « Intellect divin » dont nous sommes issus, et avec l’intégralité du cos­mos. Est-ce pour rien, de ce point de vue que, voi­ci déjà quelques années, Mohammed Taleb avait fait publier les entre­tiens qu’il avait menés sur le thème « Sciences et arché­types » ? (En se rap­pe­lant quelle est l’occurrence mul­ti­forme de ce der­nier mot dans toute la pen­sée dite « néo­pla­to­ni­cienne »).

Et voi­ci qu’il réci­dive aujourd’hui en nous pré­sen­tant tous les « chefs de file » de ce cou­rant, en ne s’interdisant sur­tout pas de recher­cher comme ils ont anti­ci­pé (et influé sur) cer­tains déve­lop­pe­ments de la réflexion moderne.

D’ailleurs, la cou­ver­ture du livre ne nous en pré­vient-elle pas tout de suite, qui porte : « De Plotin à Henry-David Thoreau /​ D’Ibn Arabi à Rabindranath Tagore /​ De Hadewijch d’Anvers à Carl Gustav Jung » ?

C’est ain­si à un véri­table tour du monde que nous sommes invi­tés, à com­pa­rer les voies cos­miques de l’Orient et de l’Occident, à nous ras­sa­sier de poé­sie (car qua­si­ment tous les auteurs, qu’ils écri­vissent en prose ou en « vers », furent de grands poètes – ou de grandes poé­tesses), et à redé­cou­vrir (nous le savions déjà, mais il est tou­jours bon de le rap­pe­ler), le rôle déter­mi­nant que joua la pen­sée musul­mane dans notre acces­sion à la rai­son – for­cé­ment dif­fé­rente de ce que nous nom­mons l’ « intel­lec­tus » – et à un style de prise en compte de l’Univers que notre culture avait sans doute oublié.

Faut-il dès lors s’étonner que les évo­ca­tions se ter­minent aujourd’hui, de l’importance accor­dée au grand Romantisme alle­mand, et d’une sec­tion de ce livre entiè­re­ment vouée à l’Islam ? Non, sans doute. Et, de Jung et de ses navi­ga­tions sur le lac de Zurich, ou de sa manière de ren­con­trer les dieux lares dans le feu qu’il allu­mait dans sa tour de Bollingen, à Gilbert Durand et à la mai­son for­ti­fiée qu’il habi­tait près de la fron­tière ita­lienne, on com­prend mieux pour­quoi Taleb se réclame de ce qu’il appelle une « éco­psy­cho­lo­gie » qui res­pec­te­rait tout autant la Nature que la réa­li­té de notre âme…

Bref, un livre à lire de toute urgence – ne fût-ce que pour nous faire réflé­chir et (bien) rêver !

 

 

 

 

 

 

mm

Michel Cazenave

Ecrivain (plus de 50 livres parus, et plus de 400 articles divers), ancien pro­duc­teur de l’émission “Les Vivants et les dieux” à France Culture, Michel Cazenave est un amou­reux impé­ni­tent – dans la mesure où la femme aimée lui paraît être l’incarnation de ce qu’il appelle “La Face fémi­nine de Dieu”. C’est ain­si qu’il a publié nombre de livres de poé­sie depuis la dis­pa­ri­tion de celle qu’il a aimée toute sa vie, et que la poé­sie est clai­re­ment ce qui lui “parle” le plus aujourd’hui.

En 2014, Michel Cazenave a publié Le Bel amour, une antho­lo­gie de sa poé­sie, chez Recours au Poème édi­teurs.

voir :

http://​www​.michel​ca​ze​nave​.fr/

 

ŒUVRE POETIQUE

 

Fragments de la Sophia, Imago, 1981

Fragments d’un hymne, Arfuyen, 1998.

La Grande Quête, Arma Artis, 2003.

Péninsule de la femme, Arma Artis, 2005.

Chants de la Déesse, sui­vis de Gloses, Arbres et Fantasies,  Le Nouvel Athanor, 2005.

Dédicace à l’absente, sui­vi de Paris-Néon, sous le titre géné­ral  “Michel Cazenave”, Le Nouvel Athanor, 2007.

Primavera, Arma Artis, 2007.

Primavera viva, Arma Artis, 2007.

L’Avis poé­tique (1958 – 2006), Arma Artis, 2008.

La Naissance de l’aurore, Rafael de Surtis, 2008.

L’Œuvre d’or, sui­vi de La Verdoyante, Rafael de Surtis, 2008.

Primavera nova, Arma Artis, 2008.

Melancholia, sui­vi de Parole et silence, Rafael de Surtis, 2009.

Le Pas de la colombe, Encres vives, 2012..

 

X