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Egypte, plus vivante que jamais

Par |2018-10-21T21:13:29+00:00 8 janvier 2016|Catégories : Chroniques|

 

On savait déjà que Florence Quentin était pas­sion­née par l’Egypte. Et ses deux der­niers livres en por­taient déjà foi : l’un qui sui­vait le par­cours de la Déesse Isis, depuis le Haut Empire jusque chez nous, aujourd’hui  (son titre : Isis l’éternelle, Biographie d’un mythe fémi­nin, chez Albin Michel), l’autre qu’elle avait diri­gé, et qui ras­sem­blait une myriade de signa­tures, chez Bouquins/​Laffont, sous le titre géné­rique de « Le Livre des Egyptes « , où il s’agissait de récon­ci­lier l’imaginaire et le savoir que nous pou­vons en avoir. Nous avons d’ailleurs ren­du compte de cha­cun au moment vou­lu…

Mais voi­ci que Florence Quentin s’explique enfin sur l’origine de cette pas­sion – qui date de son enfance, lorsqu’elle fit un voyage en Haute et Basse terre avec sa mère et sa sœur, et qu’elle res­sen­tit qu’elle avait enfin trou­vé son vrai pays ! Des expli­ca­tions qui condi­tionnent tout son texte où, après une longue visite au pla­teau de Guizeh, et les consi­dé­ra­tions qui vont avec, elle nous entraine dans une pro­me­nade qui, à rebours de chez nous, nous fait aller du nord au sud, depuis le Fayoum jusqu’au temple de Philae.

Et d’abord le Fayoum : se rap­pelle-t-on seule­ment comme il fut une terre d’élection de ce qu’il est main­te­nant conve­nu de nom­mer le mani­chéisme – de nom­breux hymnes, aujourd’hui décryp­tés, en portent l’éloquent témoi­gnage ? Et l’île de Philae, avec son temple à Isis, de l’époque gré­co-romaine, que l’on dut recons­truire après le bar­rage d’Assouan, et où la Déesse règne encore tel­le­ment que je me rap­pelle l’un de mes amis, amou­reux fou, qui glis­sa quelques mots d’invocation  dans l’interstice de deux blocs de pierre, afin de s’attirer les faveurs et la béné­dic­tion de cette « femme divine » ?

Long voyage qui fait toutes les haltes néces­saires -et donne toutes les « expli­ca­tions » dont nous pou­vons avoir besoin – sur une mytho­lo­gie qui attei­gnit à la qua­si per­fec­tion, et qui n’a pas ces­sé de nous han­ter… : qu’il soit ques­tion de Louqsor ou de Karnak, de Denderah ou des construc­tions de la reine Hatschepsout, nous sommes tou­jours infor­més de tout, et, sur­tout ! invi­tés à réflé­chir sur la façon dont le Sacré se mani­feste…

Un livre inten­sé­ment poé­tique, et où de très nom­breuses cita­tions des anciens textes égyp­tiens, ou bien tirés des Textes des Pyramides, viennent scan­der comme des haltes, dans un livre qui me paraît l’un des plus per­son­nels – et par­fai­te­ment docu­men­tés – de l’auteur(e ?).

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