> Le Bel amour (18), Le roi Arthur et ses légendes

Le Bel amour (18), Le roi Arthur et ses légendes

Par |2018-08-15T01:35:31+00:00 14 juin 2015|Catégories : Chroniques|

 

On savait déjà que Philippe Walter, ancien pro­fes­seur à l’Université de Grenoble, et, dans le sillage de Gilbert Durand, ani­ma­teur des CRI (Centres de recherches sur l’Imaginaire), était un fin connais­seur de toute la lit­té­ra­ture médié­vale. On savait aus­si, depuis son étude parue chez Artus, de la légende de Tristan et Iseut, puis ses consi­dé­ra­tions sur les « équi­va­lents » écos­sais et irlan­dais du Merlin bri­ton­nique, qu’il était par­fai­te­ment au cou­rant de  la mytho­lo­gie celte qui – au prix très sou­vent d’une chris­tia­ni­sa­tion et d’une « féo­da­li­sa­tion » for­cées – a don­né ce que nous avons pris l’habitude de nom­mer la « matière de Bretagne ».

Or, voi­ci que, coup sur coup, deux essais parus sur Merlin et sur le roi Arthur, et sur tous les mythes qui entourent ce der­nier, ou qui relèvent plus ou moins de lui, viennent, si le besoin en était, confor­ter cette opi­nion…

Sans oublier, bien sûr, que le nom d’Arthur dérive d’une vieille racine indo-euro­péenne art, que l’on ren­contre par exemple chez la « grecque » Artémis (on ne sera donc pas éton­né de trou­ver une Artémis brau­ra­nia, autre­ment dit, une Artémis ursine), dans le nom des Ardennes (qui vient d’une ancienne divi­ni­té Art-uin­na), ou chez ce roi d’Irlande qui avait tout sim­ple­ment Art pour nom, de la même manière que son fils est connu comme Cormac mac Art. Ni sans oublier que, par rap­port au Cheval (il suf­fit de pen­ser au Tristan où le roi Marc est un che­val – ce que veut dire très exac­te­ment son nom), l’Ours jouit d’une royau­té suprême, entée sur l’Autre Monde et sur l’immortalité, si ce n’est sur l’éternité du Divin qui régit le cos­mos, qui dépasse la simple royau­té du che­val…

C’est de tout cela que nous entre­tient Philippe Walter, nous obli­geant à prendre en compte que, si nous sommes bien les enfants de Rome, d’Athènes et de Jérusalem, nous sommes aus­si pétris de ces rêves qu’ont trans­por­tées avec elles les tri­bus venues des courbes du Danube.

Il ne suf­fit pas de dire, comme nous l’avons répé­té durant des décen­nies, « nos ancêtres les Gaulois », mais de prendre conscience   (le De Bello Gallico de César ne nous le démon­trait-il pas déjà à l’envie ?), de tout ce dont nous sommes rede­vables aux Celtes – et par­ti­cu­liè­re­ment des socles de nos ima­gi­na­tions et de nos croyances les plus pro­fondes.

Michel Cazenave a publié Le Bel amour chez Recours au Poème édi­teurs

 

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