> La poésie de Khalid El Morabethi

La poésie de Khalid El Morabethi

Par | 2018-02-21T19:48:07+00:00 4 octobre 2015|Catégories : Essais|

 

Ce poète est jeune. Je ne le connais pas autre­ment que par ses vers. Une bou­teille à la mer que j’ai reçue comme ça, sans com­men­taires. J’en reçois sou­vent, sou­vent il dis­pa­raissent. Mais je réponds tou­jours. 

Khalid El Morabethi vient d’ailleurs, mais il nous semble par­fois proche. Ses poèmes m’ont tou­ché. Je les ai lus d’abord dis­trai­te­ment, puis avec l’attention que, l’air de rien, ils sol­li­ci­taient. Leurs jeunes hési­ta­tions laissent augu­rer de plus amples déve­lop­pe­ments, mieux mai­tri­sés.  Alors l’envie de les offrir à d’autre lec­teurs, afin qu’ils vivent leur vie  par eux-mêmes. Ainsi par­fois démarrent de belles tra­jec­toires.  Je le sou­haite. Je le subo­dore.

Marc Delouze

 

Depuis la nais­sance d'un sty­lo, j'ai tou­jours écrit .

Je suis Khalid EL Morabethi, né le 10 juillet 1994 à Oujda au Maroc. J’ai com­men­cé à écrire dès l'age de 12 ans. Après avoir obte­nu le bac­ca­lau­réat, j’ai déci­dé de conti­nuer mes études à la Faculté de Lettres Mohamed1 de Oujda, en lit­té­ra­ture fran­çaise.

J’aime écrire, l’écriture c’est ma vie. Parfois j’écris les mêmes phrases, les mêmes mots mais sur­tout pas les mêmes sen­ti­ments.
Je veux juste écrire un mes­sage mais il me faut juste cette chose, ce sty­lo d’or, cette force, cette voix, cette muse du ciel.
J’ai pris plai­sir à inven­ter des vies et à les racon­ter. Au début, je n’avais pas assez confiance en ce que j’écrivais pour le faire lire. Je balan­çais tout sur du papier et j'y trou­vais une pas­sion. Il m'arrivait de lire à mes parents quelques pas­sages dont j'étais per­son­nel­le­ment fier, mais je n'allais pas plus loin.

Puis, un beau jour, j’ai pris l’initiative de faire lire mes texte à d'autres per­sonnes, pas uni­que­ment à mon entou­rage. Souvent on m'a conseillé d'essayer de les publier quelque part, dans un jour­nal ou dans un blog par exemple. Je n'y son­geais pas au début, j'écrivais pour moi et je n'avais pas besoin de recon­nais­sance.
Sauf que jusque-là, je ne com­pre­nais pas que mes textes avaient besoin de cri­tiques, avaient besoin d'être hués ou féli­ci­tés par des incon­nus dépour­vus de la sub­jec­ti­vi­té liée à l'affectif.

 

 

Au fond,
Elle dit,
Hélas,
Plusieurs fois de suite,
Hélas, hélas …
Une guillo­tine en face,
Là-haut, les yeux se ferment,
Les pleurs du temps s’arrêtent,Les der­nières paroles et la pluie tom­ba abon­dam­ment, lour­de­ment sur la terre,
Une tète cou­pée, une belle his­toire s’efface, der­rière.
Si seule­ment…
Soupir en contem­plant un visage,
Vouloir com­prendre cette chose au milieu, au fond de ces pages.
Si seule­ment …
Ce Corbeau pou­vait par­ler de cette naï­ve­té qui ne cesse de déchi­rer les nuages,
De ce chant d’espoir mon­trant sa vieillesse, sa fai­blesse,
Hurlant, s’étouffant dans son oreiller et lais­sant dou­ce­ment le poi­son péné­trer.
Si seule­ment …
Ce Corbeau et son ami Oiseau pou­vaient rechan­ter ensemble,
Et dire à ce vieillard au regard amer,
Qu’à droite le che­min mène à la lumière et l’autre jette brus­que­ment en arrière.
Si seule­ment …
Un esclave pou­vait choi­sir.
Entre lais­ser ses mains dans la pous­sière,
Et se battre contre ces bras qui ont pous­sé sa flamme sourde en enfer.
Au fond,
Le som­meil du mal est ter­ri­ble­ment agi­té,
Seul dans un châ­teau où rien ne bouge, sauf l’ombre de la fata­li­té,
Regardant le pla­fond, cher­chant le par­don,
Observant dans le miroir ses yeux, ses joues trem­blantes, ses rides,
Son regard qui le per­cute de plus en plus dans le vide,
‘’Pardon … ! ‘’
A écrit sur les murs.
Au fond,
Ces trois che­mins mènent au cime­tière
Ö Mort !
Votre odeur,
Votre lueur,
Proche, proche,
Ö Mort, la seule réa­li­té, prend cette illu­sion en dou­ceur

 

Sommaires