> La poésie de Paolo Universo, présentée par Danièle Faugeras et Pascale Janot

La poésie de Paolo Universo, présentée par Danièle Faugeras et Pascale Janot

Par | 2018-02-17T20:35:32+00:00 4 janvier 2013|Catégories : Essais|

Paolo Universo (né en 1934 à Pula, en Croatie – alors ita­lienne -, et décé­dé à Trieste en 2002) n’a pra­ti­que­ment rien publié de son vivant. Et pour­tant, des débuts pro­met­teurs dans le monde des salons lit­té­raires, d’abord véni­tiens puis mila­nais, pou­vaient lais­ser pré­sa­ger une brillante car­rière : très jeune, il ren­contre, entre autres, Ezra Pound, Raymond Queneau et Giuseppe Ungaretti qui l’honorera de son ami­tié jusqu’à la fin de sa vie. En 1971, l’estime dans laquelle le tiennent Vittorio Sereni et sur­tout Giuseppe Pontiggia lui vaut de voir publier treize de ses poèmes de jeu­nesse dans le pre­mier numé­ro de ce qui devien­dra la très pres­ti­gieuse revue Almanacco del­lo Specchio (Mondadori, 1972) aux côtés d’Octavio Paz, Jude Stefan, Costantino Kavafis, Ezra Pound, Attilio Bertolucci, Giampiero Neri. Mais, sur le point de signer un impor­tant contrat de publi­ca­tion à Milan, il renonce, au nom d’une « poé­sie hon­nête » (selon l’expression de son aîné et conci­toyen Umberto Saba), et rentre à Trieste (ville qu’il déteste au point d’avoir inti­tu­lé un recueil de ses poèmes Delenda Trieste) où il se voue alors à une exis­tence lit­té­raire soli­taire, excen­trique et tour­men­tée, dont le prix à payer est une condi­tion sociale pré­caire et la souf­france de voir son huma­ni­té niée.

Il se consacre à l’étude et à la tra­duc­tion de l’œuvre de Rimbaud et à la rédac­tion d’innombrables variantes de son grand poème en prose, Dalla parte del fuo­co – 150 pages d’une incroyable den­si­té et force impré­ca­toire, saluées par la presse, lors de sa publi­ca­tion post­hume en 2005 (Hammerle Editori, Trieste), comme une « Divine comé­die contem­po­raine ». Paolo Universo va se tour­ner, jusqu’à la fin de sa vie, vers ceux qui, comme lui, sont des lais­sés-pour-compte de la moder­ni­té – les mar­gi­naux, les « fous » – et deve­nir un per­son­nage déran­geant. Les années 70, mar­quées à Trieste par la fer­me­ture des hôpi­taux psy­chia­triques sous l’impulsion de la pen­sée et du tra­vail de Franco Basaglia, vont être à l’origine d’écrits saty­riques, notam­ment de La bal­lade de l’ancien asile (inédit en Italie, tra­duit en fran­çais par Danièle Faugeras et Pascale Janot et publié en 2008, dans la col­lec­tion PO&PSY, Erès, Toulouse).

De l’œuvre inédite de ce poète, il reste quelques mil­liers de vers (dont une petite dizaine publiés dans Poesie gio­va­ni­li 1967-1972, L’Officina, Trieste, 2003), des œuvres plus brèves comme Pensieri per ver­si (une cen­taine d’aphorismes tran­chants) et Autoritrackt (un auto­por­trait impi­toyable), et un essai sur l’œuvre de Rimbaud.

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Poèmes choi­sis (1962-1989) :

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