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Petites notes d’amertume (6)

Par |2018-10-17T11:44:41+00:00 6 septembre 2013|Catégories : Chroniques|

Le mal­heur peut éle­ver comme il peut détruire.

L’exigence doit avant tout viser soi-même.

Mes plus grands défauts au fil des années sont deve­nus des qua­li­tés, ain­si l’obstination et le manque d’assurance.

La morale dans laquelle j’ai été édu­quée implique de ne pas faire à autrui ce que l’on ne vou­drait pas qu’on nous fasse. Il serait plus logique et béné­fique de faire à autrui ce qu’on vou­drait qu’on nous fasse.

Jusqu’il y a encore une poi­gnée d’années, j’avais l’orgueil de croire ma bonne san­té invin­cible, hors d’atteinte de toute mala­die.

Il n’y a aucune fata­li­té à notre des­tin, dès lors que nous gar­dons à l’esprit que d’autres pos­sibles nous appar­tiennent.

La colère est un anti­dote effi­cace  contre  l’aigreur.

La colère est un sur­saut de digni­té face à la bêtise et à l’injustice. Mais, réac­tion saine et néces­saire, elle peut aus­si tour­ner à vide sur elle-même.

La colère sou­lage, mais on ne peut pas lui en deman­der plus. Si la colère, dans ses éclats vin­di­ca­tifs, donne force et cou­rage, elle laisse sur sa faim et ne nour­rit pas l’esprit. A trop per­du­rer, elle sonne comme un renon­ce­ment, comme une abdi­ca­tion.

La saine colère frôle par­fois dan­ge­reu­se­ment le risque de se muer en vaine colère.  C’est pour­quoi elle doit res­ter un état tran­si­toire. Elle ne peut se sub­sti­tuer à la résis­tance indis­pen­sable qui fonde et scelle notre vie inté­rieure.

Et si renon­cer à la colère était  un pre­mier pas pour entrer en dis­si­dence ?

On n’a jamais rien bâti sur un coup de colère.

La colère jaillit sou­vent d’une souf­france. Mais trop de colère épuise.

Je sup­porte mal la proxi­mi­té de per­sonnes sujettes à des sautes d’humeur et au tem­pé­ra­ment colé­reux. J’apprécie la tem­pé­rance, ce qui n’exclut pas l’enthousiasme, la fougue et  la pas­sion, y com­pris… l’indignation et la saine colère.

Si je ne dis mot face à des pro­pos qui me blessent et si je n’exprime que rare­ment ma colère, ce n’est pas tou­jours par sagesse ou par gran­deur d’âme. C’est que par chance je ne trouve pas les mots qui soient à la mesure de la cir­cons­tance.

 

A paraître en jan­vier 2014, pré­face de  Claire Fourier
(Les Editions Sauvages, col­lec­tion La pen­sée Sauvage)
 

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