> Quantique de l’insoumise, 2/​7

Quantique de l’insoumise, 2/​7

Par |2018-08-19T17:50:59+00:00 22 janvier 2016|Catégories : Chroniques|

 

CONVERGENCES


L’atlas de nos pas
char­geait le lit des marées

Rameaux envo­lés
par d’infinis contraires

J’ai vu leurs visages
dans la nais­sance de l’appel

 

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Immuable cohorte
aux allures filées d’orient

Fondues dans l’altération
de nos sen­tiers bal­da­quins

Nous nous ras­sem­blions
au large des grands estuaires

 

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Adossées le soir
à l’écharpe des steppes

Étoles teintes volantes
sous le regard des vêpres

Nous amen­dions le vide
dans le bat­te­ment des récoltes

 

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Un merle sur la col­line
sif­fla la fin de l’été

La mous­son
dans ses ver­tiges de bruine

Chantait à main levée
la lente inflexion de l’exode

 

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Il glis­sait dans nos bouches
sou­le­vait nos che­veux

Remous fré­mis­sant
à l’orbe de nos sens

On le vit cava­lier
on le vit danse

On le vit mur­mure
au che­vet de l’enfance

Le mou­ve­ment


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On atte­la la lumière
aux cour­roies des aînées

La pous­sière accueillait
nos der­nières aqua­relles

Levées en contre-jour
dans l’étirement des grands ciels

Nous étions prêtes

 

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Quittez vos faibles soleils
vos lampes enrouées de tris­tesse
vos nus striés de nau­frages
 

Cinglez l’oxyde du prin­temps
cin­glez fort ses pol­lens
rien ne res­te­ra de ses larmes

Laissez aux sillons aux leurres
aux fièvres de l’entrevent
vos har­nais alour­dis de matière

Ajournez le bât des vagues
le givre des voiles étein­dra seul
le ventre tiède des marées

Ne conser­vez en bout de corps
de l’écorce fumée des bois
qu’un copeau de lave blanche


MIGRATIONS


Froissements au che­min
des pre­mières feuilles d’automne

Nous avan­cions
l’étoile ser­rée en cœur de poing

La terre trem­blait
de ne pas être femme

 

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Assises sur la grève
nous enten­dîmes s’armer

Lisières arra­chées
au prin­temps des mon­tagnes

Les pré­sages sus­pen­dus
des octaves du fleuve

 

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Nous avons remon­té le fleuve

Chassé la glaise
et l’eau verte des brumes

Vidé les heures
bu aux cendres volées des berges froides

Nos mains jointes brû­laient
de l’œuvre du cri des lunes 

 

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Nous avons remon­té le fleuve

Dans les soirs escar­pés
de nos chants d’espérance

Par les haut-pla­teaux
sous l’ombre des grands cierges

Nous accé­dions aux soleils
des hivers blancs du foehn

 

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Nous avons remon­té le fleuve

Arrimé aux épaves
l’ancre voi­lée des cou­rants

Fendu les contours
des pro­ces­sions de nos rêves

La nuit cas­sée riait
de nos hanches étouf­fées sous les feuilles

 

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Nous avons remon­té le fleuve

Une espiègle tris­tesse
marel­lait nos sou­rires

Versant aux épis
dévas­tés de la houle

Nos larmes répon­daient
à l’insolence du hêtre

 

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Alors que som­braient
les pavés froids
de la ville

Miroirs enli­sés
dans le visage
des foules

Inertie que scel­lait
l'approche
de l’hiver

Dans un mirage
d’eau claire
on cria

Terre

 

 

 

 

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