Traduit de l’arabe par : Radhia Toumi
Cette traduction est la traduction d’une partie du recueil de poésie En ce qui me concerne, je ne suis pas un être humain (Falastou-min-tin)
أمّا أنا فلست (من) ـطين
Dans la quarantaine…alors qu’il dit :
Tu peux être
Accidentel
Comme n’importe quel être
Se préparant à disparaitre
Tu peux manger un sandwich sur le trottoir
Ou boire
Une tasse de café
Dans un café
Dont tu n’as pas l’habitude
Où tu es tombé du ciel
Et sur une table quelconque
Quelque bavardage s’élève
Et un peu
Du vacarme de la vapeur et de la fumée
Le parfum d’une seule femme…
Fut suffisant
Pour réveiller les habitués du café de leur inattention
Tu as le droit
De troubler une femme
Si tu veux
En la séduisant par des mots doux
De même une seule toux
était suffisante
Pour réaliser
Que tu es humain
Peut-être
As-tu le droit
De lire un journal
En étant entièrement vide
…
Tandis que je me délectais
de petites gorgées de café
J’entendis
Une voix derrière les ombres
Il est temps que tu partes…
Et tu peux, si tu veux,
Gratifier le garçon d’un pourboire
Tu as le droit d’emmener
Avec toi le reste de ton âme
Si tu veux
Mais
Sois prudent
Si tu sors dans la rue
Ne cueille pas une rose du jardin public
Afin de ne pas porter atteinte
À la pudeur de la ville
Tu as le droit d’inspirer
Un peu d’air
Et après…
Tu peux
Prendre le dernier bus
Et partir…
Tout cela
était
avant
la chute
Alors qu’il s’assoit aux urgences…
Tu peux
Traverser la chambre froide
Partir si tu veux
Sous la lumière blanche des néons
Peut-être te débarrassera-t-elle de ta solitude…
Tu as le droit
D’ignorer le gel
Qui coupe tes membres
Tu peux
Terminer
Cette nuit
Et la fracture qui l’avoisine
Tu as le droit
De saluer froidement
Les bancs nus
Et quelques cadavres
Et tu as…le droit
D’éliminer l’odeur
Du désinfectant de tes neurones…
Avant que la nuit ne se soûle à la toux
Des chagrinés
À ce moment
Les morts auront atteint la complétude
Recommençons de nouveau
Alors qu’il éclaire une huile…
Alors que l’huile semble lascive
Elle éclaire ton dernier voyage
Au fond de l’obscurité
Tu regardes l’aube froide
Tu attends
Une nouvelle mort
Il…s’approche avec les rayons de soleil…
Alors qu’il est un réfugié…
Tu as le droit
De partir vers l’avenir façonné par les décisions
Tu as le droit
De marcher dans le balcon qui donne sur les cadavres
Que tu rencontres
Tu as le droit
D’attendre le reste de ton cadavre
Qu’on expédie de ports inconnus
Le cadavre est l’incarnation
De la présence amoindrie
Où une tribu de morts
Est encore
En phase de formation
Alors qu’il avoue…
Tu as le droit
De procrastiner sur le sens de ton prénom
Jusqu’à ce que l’Histoire finisse
La problématique de ta définition
Et jusqu’à ce que cela ait lieu
Tu peux te noyer dans l’acide chlorhydrique
En réaménageant ce qui n’est plus de ton être
Dans les arbres épuisés par l’attente
Ou transformés en restes humaines
Comme ses propriétaires absents
Tu as le droit
De te retrouver bloqué en mer
Où un bateau fend les flots de la paresse
Tu hurles dans le brouillard confus
Tu bois ce qui est loin
Et tu peux réaliser que tu as perdu ton prénom
Ton nom…ta nationalité…ta silhouette
Ô progéniture de pierres,
Et le petit jardin de ton grand-père qui se nourrit
De l’illusion de l’Histoire
Tu as le droit
De rayer ce qui ne te convient pas
Ou de te mettre à l’intérieur des lettres obsolètes
Liant ce qui s’est rompu chez toi aux points cardinaux
Tu as le droit
D’être accidentel ou inutile
Mais
Seulement dans les endroits suggérés
Ou la consigne à bagages
Tes lèvres ont le droit de trembler
Quand on te pose la question :
D’où viens-tu ?














