> Regards sur les poésies contemporaines d’Afrique noire (1)

Regards sur les poésies contemporaines d’Afrique noire (1)

Par | 2018-05-25T07:30:29+00:00 6 août 2013|Catégories : Chroniques|

La poé­sie d'Angeline Solange BONONO

 

Sucrance

L’air se gonfle de
La fra­grance des rires volup­tueux
Des sac­cha­rum Nanas Benz .
Le goût cryp­té des Vénus d’ébène
Aux fesses poé­tiques
Doucifiant les motos sémillantes
Des rues vrom­bis­santes de Cotonou
Le temps s’arrête sur une onc­tueuse pou­pée Ashanti
Couleur café qui offre aux gour­mets
Sa pul­peuse plas­tique
Sublime rêve coros­sol.

 

Portrait

J’aime la dou­ceur de ta méla­mine d’ambre
J’aime la pourpre auréo­lée d’ébène de tes lèvres
J’aime ta mau­vaise inci­sive entre l’ivoire de tes dents
J’aime le léger lamb­da de tes jambes en fuseau
J’aime la finesse de tes doigts infi­nis
J’aime tes sen­teurs sau­vages et envoû­tantes

J’aime la poé­sie de nos ren­contres éphé­mères
J’aime nos rou­cou­lades qui sonnent comme un babil
J’aime la rudesse feinte de tes pro­pos gla­cés
J’aime tes colères et ta tié­deur biai­sées
J’aime la caresse de ta voix acci­den­tée
J’aime savoir que c’est qu’un tendre jeu

J’aime ta sil­houette altière dans ce train qui t’emmène
J’aime la tris­tesse qui m’envahit quand tu pars
J’aime pen­ser à toi avec mélan­co­lie
J’aime tes menaces de ne reve­nir jamais
J’aime espé­rer que tu pars à regret
J’aime la cer­ti­tude que demain sera toi.

SOUFFLE

Eh ! Les filles !

Nos oni­rismes de ranis,
Vous en sou­vient-il ?
Nous fau­fi­lions les entre­lacs d’herbes folles
Nous étions tendres et pas­tels comme Efagon,
Nous étions zestes de fraî­cheur.
Nous étions éva­nes­cences,
Nous étions lumi­naires,
Nous vou­lions être filles d’Apollon.

Nous avons nau­fra­gé.

Aujourd’hui nos cœurs
Furonclés,
Comme des laides cabosses de cacao
Ulcèrent le sau­mâtre.

La terre cra­pule a cra­mé
Nos arcs-en ciels.
Que nous reste-il ?
Que des fume­rolles ric­tus répul­sifs,
Que de la han­tise des ger­çures des Vénus désen­chan­tées.

Exquis

Pour toi !

Je gri­grise.
Je cro­que­mi­taine.
J’incinère :
Des cierges à Manon
Des abraxas à Bacchus
Des totems à Aphrodite
Des phy­lac­tères à tous les dieux de mon enfer.

 

Madrigal

Ton verbe sara­bande des éclats de Mvet comme des ché­ru­bins jouis­sifs sous une ondée auri­fère.

Tes can­tates fer­nan­dotent d’ambroisie, les arcanes d’une lan­gous­tine fores­tière.

Ta plume de feu et d’acier
Calcine mes fan­fa­ron­nades.

Ataraxie

Je frot­te­rai mon cœur contre un rocher pour que
Mes audaces brisent le res­sac du typhon
Et légi­fèrent le bon­heur.

PEPITA

Il est temps de sus­pendre !
Le sang en détresse, je par­ti­rai
Etriller le pavé de mes veines de mes pas écor­chés
L’amour aux tripes
Je nos­tal­gi­que­rai notre éphé­mère ren­contre
Je rumi­ne­rai la sémillance
De la saveur afri­tude
D’une négresse de lait
Pépita !
Flamboyance auri­fère
Je gar­de­rai de mes errances
Le fié­vreux res­sac des rires.

 

L’Eternel Féminin

Le Féminin angé­lique scrute les nuits phos­pho­riques
Et les clar­tés lac­tes­centes
Laissant  les déi­tés gar­nir ses délices.

L’attente sature l’atermoiement
La haine ampli­fie la haine
La rage nec­ta­rise les sar­ments

Et l’obscurité démo­niaque tra­que­ra son fatum

Les fan­tômes opaques, errants, mutants, grouillants
Seront inci­né­rés dans les pla­cards de sa mémoire

Et l’Eternel Féminin aréique ché­ri­ra ses che­mins oni­riques
Et se rira de la cabale de mâtins en proie à leurs aboie­ments scro­fu­leux.

Son cœur  gam­ba­de­ra du panache de son âme
Et l’amitié ali­men­te­ra son eupho­rie
Et l’amour allai­te­ra l’amour
Et la joie muni­ra ses pra­lines
Et l’enchantement dégus­te­ra ses chat­te­ries

Et l’Eternel Féminin aréique, exi­lé, har­cè­le­ra le soleil de ses incan­des­cences
Pour que  le bon­heur l’habite de son éter­ni­té.

 

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